PAROLE
Les sons que je viens de passer en revue sont les élémens essentiels de toutes les langues perfectionnées : il ne peut être question ici des différentes manières de les exprimer, ni de la confusion qu'on fait si souvent des uns avec les autres. Ç, ar et ^ ne sont pas des consonnes simples. On pourra consulter Purkinje relativement à l'existence des divers sons dans les différentes classes de lanf^^ues.
Outre les bruits consonnans ordinaires dont on se sert dans les langues parlées , il y a encore une foule d'autres bruits qui peuvent se produire dans la bouche et le larynx , tantôt explosifs, tantôt soutenus, comme ceux qu'on fait en mangeant, en se gargarisant , en détachant des mucosités du fond de la gorge , en gémissant , en baisant , en éiernuant , en soupirant, en remuant vivement la langue d'un côté à l'autre , en avalant à petits traits, en faisant vibrer les lèvres , en claquant de la langue et des dents ou du f)alais , etc. Ce dernier bruit se rencontre, d'après Lichtenstein et Sait, dans la langue des Hottentots et d'autres peuples d'Afrique.
Les différons sons et bruits de la parole étant le résultat de conditions physiques déterminées, doivent pouvoir être imités par l'art à l'aide de machines. Il y en a quelques uns qu'on produit ainsi avec une grande facilité , le <& , par exemple , quand on entonne dans un tube cylindrique , qu'on bouche et débouche alternativement avec la main , ou le i? quand le tube est un tuyau d'anche à languette membraneuse. Kratzenstein , Kempelen et R. Willis se sont occupés de ce problème. Oo est parvenu à imiter une grande partie des sons de la parole. Mais les machines sont toujours imparfaites, en ce qu'elles exigent un appareil spécial pour chaque voyelle et consonne, ce qui rend très-difficile de les unir à une seule soufflerie pour la production des mots. Nous ne devons point être surpris de ce que certains Oiseaux , comme les Perroquets et les Corbeaux , sont capables de former des sons articulés , puisque leur bouche , considérée d'une manière générale , offre les
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mêmes parois , avec des parties qui agissent comme soupapes. Nul doute qu'ils n'apprennent à les produire de la même manière que l'enfant acquiert cette aptitude. Les mouvemens nécessaires à la production de chacun finissent par passer en habitude, et par être ensuite aux ordres de la volonté lorsqu'elle a rintention d'émettre les sons possibles.