‹ Physiologie du système nerveux, ou Recherches et expériences sur les diverses classes d'appareils nerveux, les mouvemens, la voix, la parole, les sens et les facultés intellectuellesChapitre 69 sur 136 · RAYON DE LA CORNÉE · texte numérisé non relu

RAYON DE LA CORNÉE

Infinie 27 pouces

0,333 pouce.

S'il était possible que le rayon de la cornée changeât seulement de 0,333 à 0,300 pouce , et que la longueur de l'œil s'accrût d'une ligne , la vision distincte aurait lieu pour toutes les distances au-delà de quatre pouces.

Ces résultats serviront de base aux discussions dans lesquelles je vais entrer.

Il paraît certain que des changemens dans l'intérieur de l'œil sont absolument nécessaires pour que la vision puisse s'accomplir avec la même netteté à des distances diverses. Mais les uns , tels que Delabire et Haller, parmi les anciens, Magendie,Simonoff(l) et Treviranus(2), parmi les modernes, ont réfusé à l'œil l'aptitude à subir de tels changemens, tandis que la majorité des physiciens et des physiologistes la regardent comme étant démontrée par les faits. Magendie se fonde sur ce que l'image dans l'œil du Lapin ne perd pas de sa netteté, quoique la distance de l'objet change , ce qui n'est pas vrai pour tous les cas. En calculant les effets de lentilles

(i) Journal de Physiologie , t. IV, p. 260.

(^)'Beitraege zur Anatomie und Physiologie der Sinnezwerkzenuye ^ 1828. — Beitraege zur Aufklaerung der jSrscheinungen und Gesetze des orgaîiischen Lelens, cah, I, 3.

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d'une densité croissante de dehors en dedans , Treviranus est arrivé à conclure qu'en supposant au cristallin une texture de ce genre, la distance focale de rimage resterait la même pour les différentes distances des objets , de sorte qu'il n'y aurait pas nécessité que des changemens intérieurs s'accomplissent dans l'œil.

Tout en reconnaissant l'élégance avec laquelle il a traité ce problème d'optique mathématique , on ne saurait concilier les résultats de ses calculs avec les observations faites sur l'œil. D'ailleurs Kohlrausch a nié la justesse de la déduction elle-même.

La réalité de changemens dans l'œil pour la vision distincte à distances diverses est démontrée incontestablement par des expériences aussi simples qu'exactes.

1» L'état d'accommodation de l'œil subit souvent de grands changemens dans un court espace de temps. Non seulement l'habitude de ne voir que des objets proches rend les enfans myopes , mais encore il n'est pas rare qu'une myopie passagère , qui dure quelques heures , se déclare après qu'on a fait long-temps usage du microscope. Fort souvent alors on distingue mal les objets dans la rue à vingt pieds de dislance, quoique d'ailleurs on ait une très-bonne vue^ de près comme de loin. J'ai fréquemment éprouvé cet état, qui dure parfois plusieurs heures.

2" Si l'on vise d'un seul œil les extrémités alignées de deux épingles placées à une distance différente, on aperçoit distinctement la première tandis que la seconde paraît nébuleuse , et on distingue très-bien la seconde tandis qu'on voit mal la première. Les deux images sont dans Taxe et se couvrent ; cependant il dépend d'un effort volontaire , qui se fait sentir dans l'œil , que la vision distincte soit pour l'une ou pour l'autre. Donc, quand je fixe un objet rapproché avec ma pupille rétrécie , comme elle l'est toujours en pareil cas , et que la distance focale de l'image nette de cet objet se prouve au

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