C. Images consécutives colorées après des images objectivet
colorées.
Fig.45.
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jaune
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Les images consécutives d'images objectives colorées sont .^toujours colorées elles mêmes ; mais jamais elles ne reproduisent la couleur objective; elles offrent toujours la teinte complémentaire de la couleur primitive. Ainsi l'image consécutive du rouge est verte; celle du vert, rouge; celle du jaune , violette ; celle du violet, jaune; celle du bleu, orangé; et celle de l'orangé, bleu.
Si l'on regarde pendant long-temps un champ d'un rouge vif sur un fond blanc , et qu'ensuite on détourne tout à coup le regard de côté sur le champ même , limage consécutive du carré apparaît sous la même forme et les mêmes dimensions, mais verte. Si l'on ne détourne qu'un peu le regard, qu'on le fasse porter, par exemple, sur le côté de l'image objective , celle-ci et l'image consécutive se couvrent en partie , comme dans la figure 46; mais une partie de l'image objective R est libre, et une partie de l'image consécutive G l'est également ; or , cette dernière partie apparaît comme une bordure verte sur l'un des côtés de l'image objective. Là où les deux images se superposent, la couleur de l'image objective existe , mais tirant sur le gris, parce qu'en cet endroit , la rétine est plus émoussée pour le rouge par l'image consécutive verte , que ne l'est la portion libre de l'image objective R, reposant sur une partie de la rétine qui voyait le fond bianc avant qu'on détournât le regard.
Fig. 46.
Ce phénomène peut être expliqué de deux manières , par les principes de la physique, et par ceux de la physiologie.
1° Explication physique. La lumière blanche renferme toutes les couleurs à la fois. Lorsque la rétine se détourne d'une image objective rouge , elle est émoussée pour la lumière rouge , mais susceptible encore de sentir les autres lumières colorées. La reporte- t-on ensuite sur une paroi blanche, son émoussement pour le rouge ue lui permet plus de sentir le rouge contenu dans la lumière de la paroi , mais ne l'empêche pas d'apercevoir les autres couleurs , c'est-à-dire la couleur complémentaire du rouge , ou le vert.
2° Explication physiologique. La vue d'une des trois couleurs principales n'est qu'un des trois états auxquels la rétine tend dans l'état d'irritation. Si l'art excite cet état , la rétine se trouve au maximum de tendance à la couleur complémentaire, qui par conséquent apparaît dans l'image consécutive.
Les deux explications sont , en général , satisfaisantes. La première semble même plus précise et plus vraisemblable : cependant les faits lui ôtent de sa probabilité. Car si la paroi blanche est la cause de limage consécutive colorée, la couleur complémentaire ne doit plus apparaître sur un fond obscur. Or , l'image consécutive d'une couleur est toujours complémentaire dans ce cas , et elle demeure telle quand on regarde dans un espace totalement obscur.
Tous les hommes ne sont point également accessibles aux phénomènes des images consécutives colorées. Il s'en trouve auxquels on a de la peine à les montrer, tandis que d'autres les voient sur-le-champ. Mais, lorsqu'on les a une fois observées , on parvient à les faire renaître avec une grande facilité. La plupart des hommes connaissent peu les images consécutives, faute d'attention. Une fois cependant qu'on les connaît, on en est poursuivi souvent jusqu'à la fatigue. Ici se rangent les bordures claires des objets pendant le crépuscule , ce qui tient à ce que l'on aperçoit l'image consécutive sur l'un ou l'autre
4l2 DES EFFETS DE LA. ïlÉTINE
bord. Telles sont aussi les apparentes lueurs qui entourent quelquefois les objets , et qui sont devenues un mystère pour certains hommes. Celui qu^ la piété fait tomber en extase devant une image peut en voir l'image consécutive partout où il tourne ses regards.