CHAPITRE Vil
Joies de ce monde.
u nombre des multiples avantages que j'ai mentionnés plus haut (l),ilen est un que j'avais
bien qu'à lui seul il procùràtau Troupier — non achevé — toutes les jouissances, tous les enivrements , toutes les béatitudes et toutes les confortabilités désirables : je veux parler de l'avantage du sou de -poche (2), qui est pour lui une source intarissable.
(l)YoirlechapilrelII.
(a) Ce «ont les cinq centimes nels qui reviennent (liiotidienncmenl au Troupier aprti atolr oliafalt a^\
Quoique disparaissant sans cesse, ce bienheureux sou revient toujours et, nouveau Juif- Errant, le Troupier se trouve avoir perpétuellement une somme de. cinq centimes de disponible en portefeuille.
Administré par des mains habiles, le sou de poche devient une mine féconde, inépuisable, qui fournit à tous ses plaisirs, depuis le petitverre d'eau-de-vie jusqu'à la grosse pipe inclusivement. C'est à l'aide du sou de poche que le Tourlourou peut inonder son gosier de l'alcool le plus exquis de Montpellier, flatter son palais
des plus délicieux parfums de la Havane ; et pour peu qu'il sache attendre patiemment que
dépenses journalières qui lui sont imposées. Ces cinq centimes lui sont payés exactement tous les cinq jours ; ils forment ainsi une somme ronde de cinq sous, comme ({ans la chanson.
les collègues de ce sou providentiel, — qui pas
plusque lui ne sauraient manquera l'appel, — se réunissent, se groupent et s'alignent au fond de son gousset, à l'aide de cet auxiliaire avoir il peut passer les plus doux instants avec une bayadère indigène, une sylphide des bois, une nym-
phe des bords de la Seine, de l'Ourcq ou de la Marne, — a son choix, et peut-être bien de ces trois rives à la fois. Béatitudes terrestres d'autant plus réelles qu'elles sont plus rares pour lui.
Aussi le sou de poche est-il souvent, pour le Jean-Jean prodigue et voluptueux, la source dr
bien des chagrins , de bien des privations : qui 1 de malheurs, que de mécomptes n'a-t-il pas engendrés , le sou de poche ! I ! Mais il ne fam