TUBERCULOSE DU CHIEN
ESSAIS DE DIÉTÉTIQUE EXPÉRIMENTALE Par Aug. H. Perret
MM. J. Héricourt et Ch. Richet ont montré, à la suite de longues recherches sur la tuberculose, que l'alimentation carnée avait une influence extrêmement bienfaisante sur l'évolution de cette maladie chez le chien.
Plus tard Ch. Richet a bien voulu m'associer à ses recherches, et nous avons poursuivi ensemble une étude méthodique sur l'influence de l'alimentation sur la tuberculose, comparativement à celle de la viande crue.
A cet effet, j'ai nourri pendant longtemps des chiens normaux et des chiens tuberculeux, mesurant, chaque jour, leur poids et la quantité d'aliments qu'ils prenaient. J'ai
uni à cette étude celle de la constitution chimique de la viande sous ses différentes formes et celle des propriétés physiologiques du myosérum et de quelques produits analogues, de telle sorte que l'ensemble de ce travail comprend : 1° des recherches chimiques et physiologiques sur la viande et les principes que l'on peut en extraire.
2° Des recherches physiologiques relatives à l'alimentation chez l'animal normal;
3° Une étude sur l'influence des différentes sortes d'alimentations sur l'animal tuberculeux.
Étude chimique et physiologique de la viande crue considérée comme aliment.
Composition chimique de la viande crue. — Le tissu musculaire qui forme la base de l'alimentation azotée de tous les carnassiers présente une composition un peu variable, quant aux proportions relatives des éléments azotés et des éléments gras. Cela tient évidemment à la nature même de l'animal auquel a appartenu le muscle considéré, à son alimentation, à son embonpoint, etc.
Sans résumer, dans ce travail, tous les faits qui ont été établis sur cette question, nous donnerons simplement à titre d'exemple quelques analyses relatives au tissu musculaire, renvoyant pour plus de détails aux mémoires originaux, en particulier ceux de Kômgs.
La composition chimique de la viande crue serait, d'après Konigs :
Animal Animal moyennement gras. très gras.
Eau 72,25 70,08
Matières azotées 21,39 21,51
Graisse 5,19 7,47
Cendres 1,17 0,78
A. PERRET
D'après Gorup-Besanez, les chiffres sont encore plus variables :
Eau
Bœuf moyennement gras.
Filet. Aloyau.
Bœuf très gras.
Filet.
Matières albuminoïdes. .
Graisse
Matières extractives. . .
Cendres
Enfin, d'après A. Gautier, la composition de la viande crue (rumsteck; de bœuf — variété bœuf rouge du Quercy — serait la suivante :
Eau 74,75
Globulines (avec un peu d'albumine) de la partie de
viande soluble dans l'eau 3,06
Peptones préexistantes 2,24
Myosine 10,96
Myostroïne 4,30
Matières indigestibles (éiastine, kératine) 0,24
Matières extractives (ferments, leucomaïnes, etc.). . 0,97
Glycogène 0,38
Graisse et cholestérine 1,97
Sels minéraux solubles. 0,65
— insolubles 0,44
Nous pouvons résumer ce tableau plus simplement en le présentant ainsi :
Eau . . . . . 74,75
Matières azote'es 21,77
Glycogène 0,38
Graisse et cholestérine . . . 1,97 Cendres 1,09
D'après les quelques tableaux que nous venons de donner, on voit que les auteurs ont obtenu des chiffres très variables; et cela démontre ce que nous disions plus haut quant à la variation de constitution du muscle considéré
et à la qualité de la viande. Par suite des différents facteurs qui font varier la quantité de graisse que renferme le muscle, un tel produit ne peut donner aucune constance au point de vue de sa valeur thermodynamique : c'est précisément la graisse dont le coefficient est le plus élevé qui varie dans des proportions considérables, de 1 à 10. — Mais on peut arriver à une composition sensiblement constante si l'on emploie de la viande soigneusement dégraissée et débarrassée aux ciseaux de tout ce qui n'est pas, à l'œil nu, fibre musculaire : tendons, aponévroses, etc.
Dans ces conditions, on constate tout d'abord qu'il reste encore une certaine quantité de corps gras épuisables par le chloroforme et qui semblent dissimulés dans l'intimité même de la fibre. Cette proportion est constante dans la viande de bœuf de boucherie habituelle, et elle s'élève (avec la cholestérine) à 2 p. 100.
Les quantités de matières solides et d'eau renfermées dans 100 parties de muscle de bœuf ont été :
i ii ni
Matières solides. . . . 24,405 24,730 24,300 Eau •. 75,595 75,270 75,700
La proportion de matières albuminoïdes a été déterminée par dosage de l'azote total par la méthode de Kjeldahl.
Les chiffres trouvés oscillent entre 3,90 et 3,75 p. 100, soit environ 23 p. 100 d'albumine. La quantité de cendres est voisine de 1 (0,96). En moyenne la composition de la viande de bœuf ainsi nettoyée répond donc, d'après nos analyses, à la composition centésimale suivante :
Matières azotées 23
Graisse 2
Gendres 1
Eau 74
Nous trouvons une proportion d'eau un peu plus élevée