Tableaux cités in Lorain, loc. cit
P. LANGLOIS
les parois de l'œuf, de sorte que l'enfant se trouve dans un ; milieu artificiel, tant au point de vue de la chaleur que de l'état hygrométrique, et qu'il entre rapidement en transpiration. On comprend qu'il est impossible de tirer des conclusions d'expériences entreprises dans ces conditions.
La nécessité de prendre des jeunes sujets a forcément limité mes recherches, et je dois signaler dès maintenant les lacunes regrettables que je n'ai pu aborder jusqu'ici. \
Les états fébriles que j'ai étudiés étaient dus presque tous ' à des broncho-pneumonies, cette maladie si fréquente dans les hôpitaux d'enfants. Je reconnais volontiers que la bronche- ' pneumonie est loin de réaliser un type favorable pour l'étude de la fièvre. Le frisson manque toujours ou passe inaperçu. Quand la maladie atteint un degré aigu, on rencontre tous les phénomènes d'asphyxie, dyspnée intense, coloration blafarde j de la peau, lèvres tuméfiées et violettes, rythme respiratoire parfois doublé. Ce sont là certainement des conditions défavorables pour étudier le processus fébrile au point de vue de la thermogénèse, mais la broncho-pneumonie a aussi de grands avantages : la marche irrégulière de cette maladie, | ses oscillations, permettent d'étudier sur le même enfant, pen- i dant une période relativement assez courte, les modifications de la radiation dans les différentes phases de pyrexie et d'apyrexie.
On voit souvent, en effet, chez ces petits malades, après quelques jours d'une fièvre intense, tous les symptômes s'amender. La fièvre tombe, le pouls est moins fréquent, la dyspnée disparait, mais cette amélioration n'est le plus sou- ! vent que passagère, et les symptômes graves réapparaissent, amenant presque toujours, au moins dans les hôpitaux, une terminaison fatale (80 p. 100 de mortalité dans la statistique hospitalière).
La même uniformité dans la cause morbide se rencontre pour toutes mes observations, prises sur des enfants présentant de l'hypothermie : ce sont tous de jeunes enfants arrêtés
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dans leur développement par la syphilis ou la tuberculose, et présentant pour la plupart tous les symptômes de l'athrepsie. Ces malheureux enfants arrivent à l'hôpital dans un état de délabrement physiologique pitoyable. Leur appareil digestif, fatigué et usé par une nourriture irrationnelle, se refuse à digérer le lait qu'on essaie de leur donner, et l'on retrouve dans leurs fèces, quand ils ne le rejettent pas par vomissements, la presque totalité du lait coagulé, mais inattaqué. On comprend que dans ces conditions la production de chaleur doit être très affaiblie : c'est ce qu'indique le tableau où sont résumées ces observations.
Pour juger de l'affaiblissement considérable des fonctions de la thermogénèse chez ces petits malades, il faut comparer les chiffres du tableau avec les quantités de calories fournies pour un enfant sain de même poids :
NUMÉROS des
OBSERVATIONS-