C. Influence des excitations sur F excitabilité ynusculaire
Étudions maintenant un autre ordre de phénomènes, à savoir l'influence des excitations successives sur l'excitabilité musculaire. Disons tout d'abord, afin d'apprécier avec certitude les résultats de l'expérience, qu'il faut expérimenter avec des interrupteurs réguliers, disposés de telle sorte que les courants de ruplure ou de clôture se fassent de la même manière. Cette régularité est difficile à obtenir. Pour atteindre autant que possible ce résultat, je faisais les interruptions par l'intermédiaire d'un métronome; le balancier était relié à un des fils du courant inducteur, et une pointe adaptée à ce balancier plongeait dans du mercure recouvert d'alcool, le mercure étant en rapport avec l'autre fil du circuit. Dans d'autres cas aussi, je faisais usage de l'interrupteur de Trouvé qui donne des interruptions très régulières, pouvant varier de 1 à 100 par seconde.
Enfin je comparais ces interruptions aux interruptions données par le trembleur à ressort annexé à la bobine de Du Bois-Reymond, et aussi aux interruptions qu'on peut faire en fermant et en ouvrant le courant avec la main, par l'intermédiaire de la clef de Du Bois-Reymond. Ces quatre modes d'interruption se contrôlaient l'un par l'autre, et j'ai toujours considéré comme nécessaire qu'ils me donnent les mêmes résultats.
On a un bon moyen de contrôle de l'exactitude des interruptions, en prenant le courant minimum qui excite le sciatique de la grenouille, et en inscrivant les secousses "musculaires de son muscle jumeau. Toutes les fois que les secousses
MUSCLES Eï NERFS DE L'ÉCREVISSE. 63
sont sensiblement égales entre elles, on peut alors considérer les interrupteurs comme suffisamment précis.
Mais avec le muscle de la pince les résultats sont assez différents.
Si en effet on excite ce muscle par des courants induits d'intensité constante et se succédant régulièrement avec une fréquence moyenne (soit par exemple 6 à 10 fois par seconde), on voit que les différentes secousses musculaires ne sont pas égales entre elles, et que, loin de se fatiguer, le muscle devient plus excitable. On peut voir déjà un exemple de ce phénomène sur la figure 26 en M' (p. 55). Les six excitations de la gauche de la figure sont égales entre elles, mais les six
— 0 u u— — ir — ir
FiG. 28. — Périodes, d'excitabilité et de fatigue du muscle delà pince. A. Dixième secousse musculaire répondant au maximum d'excitabilité du muscle.
secousses ne sont pas de hauteur égale ; la seconde est plus haute que la première, la troisième que la seconde, et ainsi de suite.
Dans la figure 19 où les courbes musculaires ont été inscrites avec la vitesse maximum du cylindre, on voit déjà que la deuxième secousse est plus haute que la première, etc. On trouvera un peu plus loin d'autres figures (fig. ^29, 32, etc.) où le même phénomène est aussi indiqué, les premières secousses étant moins élevées que les suivantes. Voici d'ailleurs (fig. 28) un tracé indiquant très nettement ce fait.
Les excitations du début sont insuffisantes pour amener uae contraction; mais, quoique celles qui suivent soient absolument identiques, elles provoquent une secousse de plus en plus haute par suite de l'excitabihté plus grande du muscle. La dixième secousse est la plus élevée, et, à partir de ce point, l'excitabilité du muscle va en diminuant; la période
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de fatigue succède à la période d'accroissement d'excitabilité.
Quelques chiffres indiqueront à quel point le muscle, sous l'influence d'excitations successives, égales entre elles, peut avoir une excitabilité croissante.
Pour mesurer la hauteur de la secousse d'un muscle, il suffit de prendre avec un compas sur les tracés obtenus la hauteur de chaque secousse musculaire depuis son point de départ jusqu'à son sommet. Soit la hauteur de la première secousse égale h 1, nous avons :
EXPÉRIEiNCES