II E U R E
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la loi de Newton; de sorte que, si la boule est très chaude, elle rayonne beaucoup ; elle rayonne peu si elle est froide. Alors, au début, elle perd peu de chaleur, et toute la chaleur que lui envoie le lapin est acquise; mais il arrive un moment oii la chaleur perdue par la boule dans l'atmosphère est précisément égale à la chaleur qu'elle gagne par le fait du lapin qui y est enfermé. C'est le moment oii l'équilibre est atteint et où alors l'écoulement est nul.
C'est au bout d'une heure pour la boule, et d'une heure et demie pour l'œuf, que cet équilibre final est obtenu.
A la rigueur, il ne faudrait arrêter l'expérience que lors-
qu'on a constaté cet équilibre; mais en général l'intervalle d'une heure est suffisant. Aussi toutes mes obtfervations portent-elles sur une durée d'une heure, et le chiffre adopté finalement est-il celui qui résulte de l'observation faite au bout d'une heure. Ainsi se peut faire la comparaison entre les expériences diverses.
Je ne dois pas négliger, en terminant cette étude technique, de noter deux graves inconvénients de mon calorimètre.
D'abord il ne peut pas rétrograder, en ce sens qu'une fois que le liquide est tombé, il ne peut plus revenir dans l'appareil. C'est donc un appareil à maximum qui indique, non pas tant la variation dans la production de chaleur que le maximum de calorique dégagé à tel moment précis par l'animal en expérience.
En second lieu, dans la boule oii est le lapin, il s'est fait, pour ainsi dire, un milieu artificiel de température notablement plus élevée que la température ambiante, et, par conséquent, dans une certaine mesure, anormale.
Ce dernier inconvénient est plus sérieux que l'autre , car, pour celui de la non-rétrogradation, cela m'importe peu, puisque je voulais simplement connaître le maximum de chaleur, et non ses variations dans le cours d'une expérience.
Je ne connais guère que le premier calorimètre de M. d'ArsoNVAL qui remédie à cet inconvénient de réchauffement par la chaleur propre de l'animal. C'est pour que réchauffement ne soit pas trop grand encore, que j'ai évité de faire recouvrir l'appareil d'une enveloppe de laine, ou l'enduire de noir de fumée ou d'une couche de céruse. En effet, si j'avais diminué le refroidissement de la boule, la sensibilité de l'appareil eût été plus grande, mais un animal se fût bien vite échauffé luimême, et, au lieu d'être dans un milieu de li2 ou 15% il eût été dans un milieu de 30 à 35^ Malgré cette diminution de sensibilité, ma boule calorimétrique est bien suffisamment
CALORIMÉTRIE. 171
sensible pour qu'on puisse faire avec profit des expériences avec des moineaux qui ne pèsent pas plus de 20 grammes.
Avant d'exposer les expériences, je vais indiquer comment j'ai établi à combien de calories était équivalente la dilatation de l'air du récepteur. Mon principe a été le suivant :
Etant donnée une masse d'eau de quantité connue et de température connue, le rayonnement de cette masse d'eau, autrement dit sa perte en chaleur, peut se calculer très exactement. Donc, si l'on place dans le récepteur un litre d'eau, je suppose, à 43°, et si au bout d'une demi-heure sa température est à 37°, cela fait 1 000 grammes qui ont perdu 6°, soit 6 000 calories. Ces 6 000 calories représentent la chute d'une certaine quantité d'eau, et, alors, on peut en déduire à combien de calories répond la chute d'un centimètre cube d'eau.
Ce procédé, quelque simple qu'il paraisse, est cependant très exact, et donne des indications précises. Surtout ses indications sont comparables; car je me suis placé, pour la quantité et la température de l'eau, à peu près dans les mêmes conditions que pour le poids et la température des animaux en expérience ^
Voici quelques chiffres :
NUMÉROS des
EXPÉRIENCES-
TEMPÉRATURE
NOMBRE de
CALORIES
VALEUR de l'écoulement d'un centimètre cube en
CALORIES
degrés.
de 41,6 à 35,4