ACTION DES NERFS
quels ils se distribuent , et l'irritation galvanique du bout musculaire détermine des contractions convulsives dans ces muscles. Tous communiquent par un filet avec quelque ganglion du grand sympathique, afin de mieux unir et de mieux harmoniser les actes des deux vies. Tous enfin se distribuent aux muscles exclusivement.
A leur origine, tous les nerfs sont donc divisés en sensitifs et en moteurs ; mais la plupart, dans leur trajet, s'unissent avec des rameaux qui les rendent mixtes en leur donnant la qualité qu'ils n'ont pas. Ainsi , le grand hypoglosse, d'abord insensible, devient plus loin très-sensible, en s'unissant avec quelques filets sensitifs du plexus cervical ; ainsi , le facial acquiert de la sensibilité par son union avec quelques rameaux du trifacial ; ainsi, le pneumogastrique et le glosso-pharyngien acquièrent, par leur union avec le facial et avec le spinal, la faculté motrice qu'ils déploient dans les muscles auxquels ils envoient certains rameaux. Ce n'est que de cette manière que peuvent s'expliquer et les terminaisons, en apparence mixtes, de certains nerfs , et les erreurs des anatomistes, qui leur ont attribué une double terminaison et une double action.
Dans les plexus , les nerfs ne font que s'accoler \ ils ne se confondent jamais, comme l'ont prétendu quelques physiologistes. Il n'y a pas de véritables anastomoses. Les fibres primitives marchent depuis leur point de départ jusqu'à leur destination , ce que les expériences de Van Deen et de Kronenberg ont démontré. Elles ont prouvé, l'inexactitude de celle de Panizza, lorsqu'il avait cru voir le mouvement se conserver dans tout le membre de la grenouille . malgré la section de deux ou trois nerfs qui se rendent au plexus sciatique, pourvu qu'il restât un nerf qui y portât l'action nerveuse dont ils étaient tous solidaires.
Nerfs moteurs.
Les nerfs musculaires de l'œil, moteur oculaire commun, pathétique, abducteur , sont tous moteurs. Ils ne jouissent pas de la sensibilité qu'on remarque à un faible degré dans les autres nerfs moteurs : ils ne portent leur influence motrice qu'aux sept muscles de l'œil et non à l'iris, comme le prétendent Muller et Longet. Nous faisons voir autre part que la convergence des yeux cause la dilatation de la pupille par une tout autre influence que celle des nerfs moteurs oculaires. S'il en était ainsi, nous pourrions mouvoir à volonté l'iris. Or, la chose n'est pas possible. S'ils ne le peuvent pas, la chose n'est donc pas dans leurs attributions. Leur lésion cause soit le prolapsus de la paupière, soit le strabisme, soit le défaut de rotation de l'œil, selon le filet nerveux lésé , par conséquent selon le muscle auquel il va se distribuer. Leur anatomie connue indique leurs fonctions , et l'expérience a toujours justifié l'idée qu'on s'en était faite.
Le nerf masticateur est le nerf non ganglionnaire de la cinquième paire
Il est essentiellement moteur, et fait contracter tous les muscles qui meuvent la mâchoire inférieure et les tenseurs du voile du palais , à l'exception du génio-hyoïdien. Les expériences d'Eschricht, et celles de Herbert-Mayo, ne laissent pas de doute à cet égard.
Bellingeri, le premier, chercha à connaître les fonctions distinctes du nerf facial et du trifacial ; mais il se trompa. Ch. Bell découvrit toute la vérité. Depuis, elle a été constatée par des faits pathologiques nombreux , et par les expériences d'Herbert-Mayo, d'Eschricht, de Land, de Backer, etc. Ce nerf est essentiellement moteur de tous les muscles sous-cutanés de la face, à l'exception du masseter. Cependant, il est très-sensible lorsqu'on le coupe ou le tiraille, ce qu'il doit aux filets du trijumeau qui viennent se joindre à lui, puisque sa sensibilité survit à sa section, et qu'elle s'éteint parla section du trijumeau. Quelquefois, cependant, il conserve encore une faible sensibilité , que Bischoff, Berthold, Morganti, etc. , ont attribuée à une double origine présumée ; et que Comparetti, Cuvier, Muller, etc. , ont attribuée à un filet de communication qu'il reçoit du nerf vague , à son passage par l'aqueduc de Fallope 5 de façon qu'il reste purement moteur.
Le nerf facial va aussi animer les muscles du voile du palais , excepté le péristaphylin externe. Ainsi, il anime les constricteurs et les dilatateurs des orifices oculaire, nasal et buccal, et ceux de l'orinVe bucco-pharyngien. 11 agite aussi le pavillon de l'oreille et même son intérieur. Ce n'est que de cette manière, en faisant ouvrir et fermer les orifices sensoriaux, qu'il exerce une influence sur les organes des sens. Toutes les conséquences de leurs paralysies sont dès-lors faciles à expliquer.
Le nerf grand Jiypoglosse est essentiellement le nerf moteur de la langue, ainsi que Galien l'avait déjà reconnu. Boerhaave, Lecat, Cheselden, Lieutaud se sont donc trompés quand ils en ont fait le nerf sensitif du goût. Willis, Vieussens, Hoffmann, Bohn, Morgagni, Ribes ne se sont pas moins trompés lorsqu'ils ont voulu accorder les deux opinions, pour en faire à la fois le nerf gustatif et le nerf moteur de la langue. Mayer, Desmoulins, Herbert-Mayo, ont reproduit cette opinion et en ont fait un nerf mixte. D'après les expériences de Muller et de Longet , il n'est que moteur, parce qu'à son origine il n'a qu'une racine antérieure spinale. Ainsi, il fait mouvoir les muscles de la langue, les muscles qui servent à la déglutition, tous ceux de la région sous-hyoïdienne et quelques-uns de la région sus-hyoïdienne.
L'origine singulière du nerf spinal et son association au nerf pneumogastrique, ont bien souvent répandu un certain louche sur ses fonctions. Aujourd'hui , il ne reste plus de doute , il est essentiellement moteur. Son origine du bulbe rachidien et de la moelle spinale près des nerfs moteurs, et sa distribution exclusive à des muscles, en sont une raison que les expériences ont confirmée. Sa branche cervicale ou externe anime les muscles sternocléido-mastoidien et trapèze. Sa branche bulbaire ou interne, celle qui s'unif à la huitième paire, anime les muscles du larynx et quelques-uns du pharynx