‹ Physiologie et psychologie de l'attention: évolution, dissolution, rééducation, éducationChapitre 39 sur 77 · Troubles des réflexes de la sensibilité générale · texte numérisé non relu

Troubles des réflexes de la sensibilité générale

Les manifestations morbides des réflexes de la sensibilité générale, coirespondant à la dissolution de l'attention et de l'adaptation mentale, ne sont pas moins nettes, pas moins caractéristiques que les précédentes. Tantôt Ton remarque de riiyperesthésie, tantôt de l'hypoesthésie, et parfois même de la paresthésie. Ces troubles généraux intéressent aussi bien les sensations externes que les sensations internes, et l'attention sensorielle que l'attention-sentiment et que l'attention volontaire. Tous ces phénomènes de régression sont aussi solidaires les uns des autres que l'étaient auparavant les phénomènes d'évolution, en rapport avec l'activité normale de l'attention. Les influences exogènes et endogènes se mêlent toujours, qu'on le veuille ou non, à l'état mental du moment et en fonction des circonstances : c'est pourquoi, du reste, la cénesthésie accompagne presque toujours l'anesthésie générale, c'est-à-dire la disparition des réflexes de la sensibilité générale.

Voyons maintenant quels sont les désordres fonctionnels^ des sens externes et des perceptions en rapport avec l'atteR" tion pathologique s

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Troubles des Sens externes

4 . — Troubles de la vision en rapport avec les troubles de l'attention.

L*on note couramment, dans la paralysie générale, les démences organiques, les mélancolies,les psychoses toxiques, l'hystérie, la neurasthénie, des troubles de l'appareil visuel, tantôt en fonction de lésions des centres optiques, tantôt en fonction i'e lésions de l'organe visuel même. Les aberrations de la perception visuelle de l'espace se remarquent aussi, fort souvent, et nous savons maintenant que le réflexe d'accommodation se trouve aussi assez sérieusement atteint.

La vision est si bien solidaire du phénomène d'attention, que le D'^ Pierre Janet(i) n'a pas hésité à constituer une méthode d'étude, une technique spéciale dont elle est la base. Il a remarqué que, chez les hystériques, qui sont d'ordinaire abouliques, impulsifs, émotifs, le rétrécissement concentrique de la vision correspondait bien à leur état d'attention. L'on observe, de même, un rétrécissement partiel du champ visuel, en rapport avec l'attention, dans la neurasthénie, l'épilepsie, la mélancolie, l'alcoolisme, la stupidité mentale, etc. La vue fournit presque toujours le meilleur fonds de délire aux malades du système nerveux. La désagrégation des perceptions et des sensations visuelles constitue, de même, une mine riche et inépuisable d'hallucinations, pour les aliénés,les dyspeptiques, les psychasthéniqucs. C'est dire qu'il n'y a pas de maladies psychiques où l'on ne remarque des troubles visuels causés par la dissolution de l'attention (sensorielle, aflective ou volonlaire)ou provoqués directement par des lésions locales de l'organe. Dans ce dernier cas, lattention se trouve modifiée, à peu près de la même façon, parce que, si les centres optiques sont intacts, l'organe sensoriel accomplit très mal ses fonctions et, de ce fait, les sensations et les perceptions visuelles sont considérablement atteintes dans leur activité normale. m

(i) Pierre Janrt, Névroses et Idées Jixes, t. I, p. 77 et suiv., i vol, in-8% 3' éUit. F. Alcaii, l*aris, iûi4-

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