Troubles du toucher dans la dissolution de l'attention
L'on observe presque toujours ici de l'anesthésie, de l'hyperesthésie, partielles ou généralisées, selon le cas et la qualité du sujet. Il est indéniable que les formes délirantes qui se rapprochent de l'hystérie, s'accompagnent le plus souvent de troubles anesthésiques partiels et limités, soit au système nerveux central, soit au système nerveux périphérique. Mais rhystérie proprement dite agit comme la stupidité mentale et la catatonie, c'est-à-dire qu'elle provoque des troubles anesthésiques, par zones bien définies et bien détachées. Il n'y a pas de lieu d'élection de ces zones, parce que l'hystérique peut provoquer une paralysie et une anesthésie psychiques en une partie quelconque de son corps. En pareil cas, l'origine des troubles est purement psychique, puisqu'ils sont provoqués par l'obnubilation de l'intelligence.
L hystérique possédant une conscience rétrécie, amoindrie, il lui arrive souvent d'enregistrer inconsciemment les sensations les plus élémentaires. Pour bien dire, ces sensations sont faiblement fixées, mais elles ne sont pas élaborées parla conscience personnelle (i).
D'autre part, l'hyperesthésie se rencontre souvent dans les maladies de l'esprit, telle que la folie hystérique, l'hypocondrie et les délires toxiques, etc. A dire vrai, l'anesthésie et l'hyperesthésie peuvent s'observer chez des malades qui sont atteints du même mal ; cette diirérence,en « hyper » ou en « hypo », est reliée étroitement à la spécificité du sujet. Les uns réagissent peu ou pas ; les autres réagissent trop; mais tous réagissent et leur mode de réaction part d'une source commune : la désagrégation de l'attention.
L'on note aussi parfois des troubles paresthésiques, à propos des mêmes maladies : ce nouveau mode de réaction tient aussi au facteur individuel. Celui-ci éprouve des sensations paradoxales (allochirie) ; celui-là dissout les divers éléments de la sensation ; cet autre présente des anomalies
(i) Janet, loc. cit.
ï38 PHYSIOLOGIE ET PSYCHOLOGIE DE l' ATTENTION
curieuses dans la manière dont il maintient les impressions présentes à son esprit.