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Les fibres nerveuses motrices ; j. Les^muscles

Il est aisé de se rendre compte que les phénomènes morbides, provoqués par des substances toxiques, ressemblent beaucoup aux phénomènes morbides proprement dits. 11 est même probable que les phénomènes psychologiques, en

(i) M"* JoTKYKo, Études isnr les anestheslqu.es et lu ]faUguem Congrès de Physiologie de Turin, 17-21 sept. 1900.

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rapport avec certains états extrêmes, comme l'agonie, se déroulent aussi selon l'ordre que je viens d'indiquer. L'agonisant, le mourant doit perdre successivement ses facultés psychiques, selon leur ordre de complexité. Tout ce qui est acquis par l'individu (attention, mémoire, idéation volontaire) disparaît en premier lieu ; les caractères propres à notre espèce (instincts, réflexes) luttent plus longtemps contre la désagrégation .

Dans toutes les maladies que je viens d'examiner, dans tous les cas pathologiques que je viens d'étudier, l'attention, Fadaptalion mentale ont été frappées, en premier lieu, parce qu'elles représentent l'activité supérieure et acquise, délicate et complexe, de noire système nerveux et de notre intelligence.

Tels sont les phénomènes d'ordre physio-pathologique qui accompagnent d'ordinaire la désagrégation de l'adaptation mentale et de l'attention. L'étude de l'attention normale nous avait appris que celle-ci retentissait sur les fonctions les y)lus importantes de notre activité physiologique et psychologique. Nous nous étions rendu compte que l'attention présidait au jeu de l'activité psychique et que les autres facultés se trouvaient fortement atteintes, pendant qu'elle fonctionnait. L'attention est à la base de toutes nos facultés psychiques, parce qu'elle les stimule et les fortifie sans cesse. Celles-ci ne peuvent se passer de son concours ; l'attention, à son tour, quoiqu'elle s'aide de celle-ci, semble avoir une certaine existence en soi, une certaine activité qui lui est propre.

L'étude de la désagrégation des processus physiologiques en rapport avec l'attention, vient de nous prouver surabondamment que toutes nos facultés psychiques sont sous la gouverne de l'attention, car dès qu'elle disparaît, elles disparaissent à leur tour. Sans l'attention, la mémoire, l'association des idées, l'idéation ne seraient rien. Dès que l'attention s'atrophie, dans la conscience, nous voyons apparaître presque aussitôt tout un cortège de phénomènes pathologiques. Ne venons-nous pas de nous rendre compte

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que les malades les plus gravement atteints, dans leurs fonctions physiologiques (mélancoliques, excités-maniaques, délirants, etc.), sont justement les plus pauvres en attention ? La désagrégation de l'attention se produit, en premier lieu, parce que l'intoxication de notre organisme commence d'abord par les organes, par les facultés les plus complexes et les plus délicates. Ma thèse physiologique de l'attention devient de plus en plus vraie. L'attention est avant tout le sentiment général d'effort psychique ; elle implique la collaboration constante des centres nerveux, du système vasculaire et du système musculaire. Comme toutes les propriétés fines et délicates du système nerveux, elle a son siège de choix dans le « cortex psychique », et celui-ci n'ignore rien de notre vie organique et psychique, puisqu'il en est informé aussitôt. Mais l'énergie considérable dont l'attention a besoin, pour se maintenir, se puise dans tous les centres de réserve de l'organisme : c'est en ce sens que l'attention est épandue, en quelque sorte, dans tout notre corps. Nous avons vu comment l'action toxique des poisons de l'intelligence pouvait être comparée à l'action désagrégatrice et morbide de l'intelligence : maladies mentales, maladies nerveuses et poisons de l'intelligence agissent selon l'ordre de complexité décroissante ; ils vont du complexe au simple, du délicat au résistant, du générai au particulier. La fatigue psychique ou physique, qui est un phénomène normal et courant, se produit aussi en nous, en raison de la faiblesse de résistance de nos organes. M'*° Joteyko (i) nous apprend encore quelles sont les fibres qui résistent le mieux à l'action de la fatigue. Les voici par ordre de susceptibilité :

I» Terminaisons nerveuses iulra-musculaires ;

2* Centres psycho-moteurs ;

3» Moelle ;

4* Tronc nerveux.

Cet auteur a observé constamment que la fibre musculaire est plus résistante que les terminaisons motrices. Partout, nous le voyons, même dans l'agonie, même à l'approche de la mort, l'homme se dissout, se désagrège et s'en

(l) M"" JOTKYKO, lOC. cit.

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Ta, selon l'ordre de résistance de ses facultés. Tout ce qui est acquis par l'individu disparaît dès l'abord (intelligence) ; tout ce qui est ancestral (instinct) résiste jusqu'au bout. C'est pourquoi le phénomène d'attention m'apparaît comme le substratum des énergies psychiques de l'être; c'est pourquoi, enfin, l'attention est un phénomène des plus généraux et des plus compliqués qui soient dans notre nature.

L'étude de la physiologie pathologique de l'attention m'autorise donc à formuler deux autres conclusions, déjà impliquées dans ce que je viens de dire :

I. L'attention constitue le substi*atum de toutes les énergies accumulées ou produites par l'intelligence, en vue d'une adaptation à faire et d'un eflbrt à vaincre. Elle représente la meilleure arme psychique, offensive et défensive, pour l'investigation des secrets de la nature, pour la connaissance de nos semblables et la connaissance de nous-même. Si elle périt plutôt que l'instinct, elle ne saurait lui être c(»mparée, pas plus que sa tendance précoce à se dissoudre et à être malade ne saurait la mettre en infériorité vis-à-vis de l'instinct. Celui-ci joue un rôle de protecteur aveugle ; il est défensif, plutôt qu'offensif; celle-là constitue notre force d'avant-garde vigilante et adaptée ; non seulement elle nous protège et nous défend, mais encore elle est active, intelligente et investigatrice : elle joue un rôle offensif.

IL Enfin, l'attention est nécessaire au bon fonctionnement de la vie de l'être. Si elle s'atrophie, elle provoque aussitôt dans l'homme la misère psychologique. Tous les organes fonciers de son activité sont frappés et paralysés. L attention est à l'homme ce que le moteur est à une machine. Selon létat de celui-ci, la machine marche peu ou pas ; selon l'état de celle-là, l'homme est plus ou moins actif, plus ou moins conscient, plus ou moins pensant.

SAYRAC II

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