État du sommeil dans les troubles de l'attention
Le sommeil des aliénés ne révèle, en général, rien de foncièrement nouveau et intéressant. Les aliénés rééditent, le plus souvent, dins le sommeil, leurs délires de la veille. Le rêve morbide n'est, somme toute, que le délire du malade s'ampliliant, s'exagérant un peu plus. Je dis, un peu plus, parce qu ici, la différence entre la veille et le somuieil n'est pas aussi grande, aussi prononcée que chez les personnes normales. Le rêve normal s'exagère d'autant plus, que l'attention en est plus absente. Mais l'aliéné, le malade de l'esprit, ayant déjà uns attention fort réduite, dans la veille, il n'y aura plus une grande différence dans le sommeil : entre la veille et le sommeil de l'aliéné, il n'existe pas un grand contraste, parce que de part et d'autre le facteur attention est à peu ])rès le même, parce que l'aliéné n'est guère plus attentif dans la veille que dans le sommeil.
La malade d'Azam, par exemple, était atteinte, dans son état premier, d'une amnésie rétrograde remarquable. Son
état second se trouvait ainsi privé d'une lon^^ue expérience ; il y avait alors, comme une rupture dans les facultés d'acquisition, et aussi comme une interruption dans la durée des phénomènes du passé.
L'aliéné aussi répète souvent, dans la nuit, les hallucinations de la veille ; il peut avoir alors des attaques de somnambulisme et d'hystérie comme en plein jour. Il gesticule souvent avec les yeux ouverts, comme dans la veille : il est toujours sous l'influence de la vie automatique. Qu'il s'agisse d'états pathologiques proprement dits ou d*états subnormaux pathologiques, la dissolution de la vie psychique et de l'attention, en particulier, s'accomjdit toujours du complexe au simple. Cette conclusion capitale me sera très utile dans les conclusions générales.
Il me reste maintenant à montrer les effets mentaux et dissolvants de la désagrégation de l'attention parce qu'ils représentent bien la suite naturelle des désordres physiologiques que j ai étudiés dans le chapitre précédent.