‹ Physiologie et psychologie de l'attention: évolution, dissolution, rééducation, éducationChapitre 49 sur 77 · Psychométrie pathologique de rattention · texte numérisé non relu

Psychométrie pathologique de rattention

Somme toute, nous avons constaté que la littérature des « temps de réaction » chez les aliémis est loin d'être riche ou tout au moins, satisfaisante. C'est pour remédier à cet inconvénient, et dans la mesure de mes moyens, que j'ai étudié (i) presque exclusivement, pendant quelques années, les temps de réaction chez les aliénés. Je me suis servi du chionoscope de d'Arsonval, que je contrôlais le plus minutieusement possible. J'ai préférableinent pris des réactions auditives et tactiles. La plupart de mes sujets ne connaissaient pas l'appareil de d'Arsonval . Ce n'est qu'après leur en avoir bien expliqué le maniement, et au bout d'un certain temps d'exercice (vers la centième réaction), que je commençais à tenir compte des résultats. Toutes mes expériences ont duré jusqu'à épuisement du sujet : la fatigue apparaissait, tantôt comme réelle, tantôt comme fictive ; elle revêtait alors la forme automatique. Tous mes malades sont bien typiques des cas qu'ils représentent. J'ai vainement essayé de prendre les temps de réaction de trois aphasiques, d'un paralytique général avancé, d'un théomane, d'une spirite et d'une persécutée avancée: je n'ai jamais pu les rendre attentifs, même un instant, à mes expériences.

Ici encore, j'ai noté la période de choc et la période de concentration, qui précèdent l'attention affective ou spontanée d'une part, et l'attention volontaire, d'autre part. Le début de mes expériences était toujours très irrégulier et 4rès instable : c'était la période d'adaptation.

(i) Ëxpct'iences faites de 1901 à 1904 au Laboratoire de psychologie *tle l'asile clinique Sainte-Anne.

PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE DE L ATTENTION l^t»

Les résultats que j'ai obtenus sont bien en rapport avec rimportaiice de la maladie. Plus le malade est plongé dans la désagrégation psychique et d'autant son temps de réaction est long et irrégulier. De la sorte, la psychométrie peut être un aide très précieux pour la pathologie et l'étiologic mentales, et c'est ce dont ne semble pas s'être rendu compte le professeur Wundt.

Mes expériences ont porté sur quinze malades, qui représentent les dilïérentes sortes de maladies de l'esprit. Le mystique (n' i) en voie de guérison, mis à part, tous mes sujets fournissent des graphiques nettement pathologiques, ce qui infirmerait presque tous les chiilres obtenus par Buccola. Gela tient-il à ce que ces malades étaient moins exercés que les siens ou à la qualité inêiine de mes malades ? Quoi qu'il en soit, mes mesures me semblent plus expressives que les siennes et en même temps plus franchement morbides. Les réactions tactiles m ont l'ourni une courbe à peu près semblable à la courbe des réactions auditives. A tel point qu'il m'est indifférent de classer les malades, seloa l'un ou l'autre mode de réaction, car, de part et d'autre, l'on obtient la mOme progression dans le classement. Dans les réactions tactiles, un sujet seulement se trouve rétrograder d'une place, en pi^nant pour base le rang qu'il occupe, dans les réactions auditives.

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