‹ Physiologie et psychologie de l'attention: évolution, dissolution, rééducation, éducationChapitre 53 sur 77 · Bases scientifiques de la rééducation · texte numérisé non relu

Bases scientifiques de la rééducation

Tous nos mouvements, qui renferment un peu de complexité, sont des mouvements appris. 11 n'est de simple, de fatal que l'instinct. Le reste est Tceuvre de l'éducation, de l'adaptation quotidienne. Les actes physiques que je désire apprendre, l'escrime par exemple, me demandent une adaptation de mouvements assez longue et assez soutenue. Mais le jour où j'accomplirai automatiquement les mises m garde, la mimique expressive, ce jour-là je saurai l'escrime, ce jour-là j'aurai fait passer le conscient dans l'inconscient ; c'est là l'œuvre essentielle de l'éducation, comme de la rééducation.

« La conscience d'une fonction, a dit J. Soury, n*est que la sensation de l'effort nécessaire pour l'accomplir. » La conscience du mouvement est en rapport direct avec la sensation de tension et d'effort. L'effort crée l'habitude et celleci ne survient qu'après un certain jeu répété et prolongé de quelques-unes de nos cellules nerveuses et de tel ou tel

l88 PHYSIOLOGIE ET PSYCHOLOGIE DE l' ATTENTION

de nos systèmes musculaires. L'éducation ne s'adresse pas directement au muscle, qui n'est que le vassal de la force motrice, mais au système nerveux qui actionne cette force. La rééducation motrice ne serait, en définitive, « que la création de réflexes moteurs coordonnés et compliqués en vue de Taccomplissement d'une fonction motrice nouvelle » (i).

Page 1