CHAPITRE II
Phénomènes sensoriels. — Phénomènes musculaires. — Phénomènes vasculaires et viscéraux. — Phénomènes chimiques. — Phénomènes de fatig-ue, d'oscillations, de sommeil et de pêves. — M^am&nie physiologique de l'attention. — Conclusions.
Introduction
L'attention, comme tout phénomène psychique, s'accompagne de réactions organiques, parce que les phénomènes mentaux sont étroitement liés, par la loi de causalité, aux phénomènes physiologiques. C'est pourquoi il n'est rien de plus dangereux que de vouloir chercher à séparer la vie de l'esprit et de la vie organique, car celle-là est étroitement solidaire de celle-ci. En même temps que j'affirme que je pense^ je provoque en moi des réactions physiologiques qui font partie intégrante de mon affirmation d'exister. L'on ne saurait séparer scientifiquement l'acte psychique de son concomitant physique. Sans oser dire, avec quelques idéologues, que la pensée est une sécrétion du cerveau, tout nous porte à supposer qu'elle est un mode — fort complexe, sans doute — de notre activité nerveuse.
Dès que l'homme devient attentif, nous notons en lui des modifications physiologiques de toute sorte : phénomènes
centraux et périphériques, réactions viscérales et circulatoires, variations de température, etc. Si l'attention se prolonge, l'individu s'excite ou se fatigue, selon sa manière propre de réagir ou selon son état organique du moment. D'ailleurs, l'excitabilité consécutive à une longue séance d'attention finit toujours par le fatiguer, car elle n'est, somme toute, que le signe avant-coureur d'un état de prostration parfois dangereux .