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Localisation de l'attention

Je ne saurais m'attarderà discuter la question de l'origine centrale ou périphérique du phénomène d'attention, tant que nous n'aurons pas étudié de très près les modifications physiologiques qu'il provoque. Cependant, a priori^ je déclare nettement qu'il est dilïicile de concevoir que l'acte d'attention, qui implique une adaptation, une synthèse savante et compliquée de notre esprit, puisse être ignoré, surtout dès l'origine du phénomène, par notre cerveau.

La plupart des auteurs s'accordent à localiser l'attention dans le lobe frontal qui représente la partie la plus précieuse du cortex psychique. L'attention spontanée, c'est^ à-dire à forme « réûexe », n'est peut-être pas la propriété

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exclusive des lobes frontaux, car elle est probablement produite par l'action commune des zones sensorielles de l'écorce [Bianehi (i)]. Quant à l'attention voulue, c'est-à-dire à caractère un et durable, elle doit être conditionnée par l'action combinée de son centre spécifique et des autres zones sensorielles, y compris celles de la périphérie. Cependant, Heinrich (2) traite de fantaisiste la localisation de Tattention dans le lobe frontal, aussi bien que sa fonction d'arrêt... Nous verrons bientôt ce que nous devons penser de cette façon de voir.

Une discussion considérable, qui a parfois dégénéré en polémique et qui ressemble assez aux débats suscités par le problème de l'émotion, a été instituée sur la question de l'origine centrale ou périphérique de l'attention. L'opinion de Ferrier (3) sur ce point, bien que trop catégorique, n'est pas sans intérêt : il estime que la faculté d'attention avec tout ce qui s'y rattache dans la sphère des propriétés intellectuelles doit être en relation intime avec les centres de r « aperception» (4) visuelle et de i'idéation. Sans doute, je

[i.le répète, il serait mesquin et puéril de vouloir loger, si à l'étroit, Tattention. De plus, la physiologie nous autorise (sans chercher à lui fixer exclusivement telle portion du lobe frontal) à lui donner une place d'élection où elle s'élabore, se reconnaît, s'ordonne, en un mot. Il est certain

^^ que, si nous éparpillions nos énergies psychiques, nous ne saurions les employer avec unité et méthode. C'est pour-

j quoi le cortex psychique est tout indiqué, pour unifier, pour grouper et pour adapter nos énergies nerveuses. Il importe

[donc, si l'on veut voir clair dans le vaste problème de l'attention, d'étudier d'abord les phénomènes purement physiolo- ^giques qui lui sont « concomitants » et qui semblent, sinon l'expliquer tout entier, au moins l'éclairer, pour une bonne part.

(i) BiANCHi, Trattato di psichiatria: Local, cérébi'!. de l'aUen., v. Napoli, 1902, pp. 190 et suiv.

(2.) Loc. cit., p. i3,

(3) Loc. cit. , p. 8.

(4) Ferrier entend ici le mot « aperception » au sens de Wiindt et de son école. Aperception, malgré certaines subtilités, est synonyme d'attention.

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