I- suite que la marche en est la même
S Du reste, le mécanisme de l'elîet vas-
Z culaire croisé a besoin d'élre étudié de
E près, car avant d'admettre un effet ré-
fî flexe des nerfs sensibles d'une main sur
les nerfs vasculaires de la main opposée, on doit successivement éliminer deux hy- 1 pothéses possibles :
1° Le refroidissement du sang par l'application de la glace à la sui-face d'une main ; i 2° L'effet produit sur le cœur par cette
S impression périphérique.
I 1° Ce n'est pas le refroidissement du sang
i lui-même par l'application d'un morceau
de glace sur la main droite qui détermine le resserrement vasculaire de la main opposée. On constate, en ctTet, la diminution du volume de la main gaucho quand on no fait que toucher pendant une seconde la peau du dos de la main droite, avec un morceau de glace : ce simple contact, tout bref qu'il soit, incapable de refroidir le sang d'une manière notable, est suffisant et au delà
VOLUMIC DES ORGANES. 43
pour déterminer une impression sur les filets nerveux cutanés de la main soumise à Faction du froid (1).' .
Quant au phénomène observé par MM. Brown-^Sé^uard et Tholozan, l'abaissement de la température dans la main^^opposée à celle qu'on refroidissait, il n'était évidemment . pas dû davantage à un refroidissement du sang^ , ' ..
Il me paraît inutile d'insister sur cette première, question. J'ai cru devoir répondre à une objection qui. m'a diéjà, été faite. En présence des obstacles matériels multipliés qui empêchent îe refroidissement léger (si tant est qu'il existe), d'une petite quantité de sang de retentir sur la température . de la masse sanguine au point d'amener de ce chef. un. resserrement des vaisseaux, je considère comme écartée l'hypothèse que je viens d'examiner. .
2** On pourrait supposer maintenant que V impression déterminée sur les filets nerveux cutanés d'une main est capable d'influencer le jeu du coeur, et d'en modifier le rhythme et V évacuation. Dès lors, la diminution du volume de la main gauche, la main droite étant impressionnée, s'expliquerait par l'afflux d'une moindre quaritîfé de sang; le débit ventriculaire étant diminué, ou la fréqiience dû côour éiSLUi moins grande.
Il y avait évidemment à compter avec cette liypothèse, et à priori elle pouvait sembler logique, étant donné l'extrême
(1) Bien que l'exclusion du refroidissement du sang puisse paraître suffisamment appuyée sur celte seule considération, que la cause n'a agi qu'un temps très-bref, j*ai cru cependant qu'il était bon de la lûotiver davantage, en me fondant sur l'examen comparatif de la température laxillaire à droite et à gauche avant et après l'expérience.
C'est ainsi, qu'en prenant les chiffres d'une expérience faite au^ mois de septembre 1875, j'arrive aux résultats, suivants :. température des deux
^ côtés 36« --avant l'expérience; pas de variation pendant que ma ma\a droite
serre un morceau de glace et le conserve 5 secondes; après l'expérience, le thermomètre du côté droit dont la main, avait été en contact avec la glace res-
tait à 36,—. le même chiffre 9' était maintenu à gauche, alops^que le volume
de la main avait très-notablement diminué.
Dans d'autres expériences faites à des moments divers, les. chiffrçs ipiti^ux variaient, mais leur valeur se maintenait comme précédemment.
44 FIM^NÇOIS-FRANGK.
sensibilité du cœur aux impressions périphériques, et la facilité avec laquelle il modifie son rhythme quand une impression extérieure un peu vive nous affecte plus ou moins péniblement.
Le seul moyen de vérifier le fait était d'étudier le jeu du cœur avant, pendant et après Tépreuve du froid.
L'influence du froid intense sur la peau de la main peut modifier la fonction cardiaque quand elle est soudaine et dou* loureuse : dans des recherches qui font l'objet d'un mémoire spécial contenu dans ce volume, j'ai déterminé, soit chez l'homme, soit chez les animaux, des troubles cardiaques passagers (arrêt, ralentissement) en impressionnant vivement et douloureusement, par surprise pour ainsi dire, des régions très-sensibles (1).
Mais, dans le cas dont je m'occupe ici, l'impression déterminée sur la peau du dos de la main gauche par l'application (i'un morceau de glace pendant une, deux ou trois secondes, s'est toujours montrée insuffisante comme intensité pour provoquer une modification cardiaque appréciable. En effet, l'examen de tous les tracés démontre que, dans les conditions de l'expérience actuelle, il n'y a pas de ralentissement du cœur, et que, par conséquent, la diminution du volume de la main gauche, observée après l'application du froid sur la main droite, ne relève point de cette cause
Mais, dira-t-on, si le cœur n'est point ralenti, sa fonction n'en est-elle pas moins modifiée ? Peut-être ne se vide-t-il plus aussi complètement à chaque systole après l'impression périphérique du froid. Il est un détail du tracé de la pulsation cardiaque dont l'examen comparatif permet de juger de la plus ou moins complète évacuation du cœur. Nous allons l'utiliser :
Quand on appliqua sur la région préoordiale le bouton d'un explorateur à tambour de Marey, la diminution du volume du cœur se vidant pendant la seconde période de la phase systolique s'accuse par une ligne obliquement descendante. L'évacuation du cœur est-elle facile et complète^ la ligne du
{1) V. Mémoires sur les inffaences des nerfs sensibles sur le cœur.
VOLUIIE DES ORGANES. 45
tracé qui la représente aura une chute rapide, presque verticale (1). Or, si l'on examine les tracés de la pulsation du cœur recueillis en même temps que ceux des changements du volume de la main pendant Texpérience de Faction du froid, on s'assure facilement que rien n'est changé à l'évacuation de ce cœur quand, diminue le volume de la main. Cet effet n'est donc point dû à un débit moins considérable du cœur.
Ces deux hypothèses sur la cause de la diminution de volume d'une main quand la main opposée est soumise au contact d'un corps froid étant éliminées, voyons si l'hypothèse d'un acte réflexe ayant son point de départ dans l'impression produite par le froid sur la peau de la main droite, son point dé réflexion à la moelle, son point d'arrivée aux nerfs vasculaires de la main gauche, satisfait aux conditions du phénomène.
Cette explication, déjà.proposée par MM. Brown-Séquard et Tholozan, a été adoptée par les physiologistes qui ont répété avec succès leur expérience. Mais il faut voir : V si les données anatomiques permettent d'interpréter ainsi nos résultats ; 2** si les différentes phases du phénomène s'accordent avec les données expérimentales connues des actions réflexes.
V Les nerfs vasculaires du membre supérieur se détachent de la moelle entre les 9" et T racines dorsales , remontent par le cordon sympathique, et vont se partager ensuite entre les nerfs mixtes du plexus brachial et les réseaux nerveux qui entourent les gros troncs artériels de la racine du membre (2).
Si donc , les nerfs vasculaires du membre supérieur proviennent de la moelle en même temps que les nerfs moteurs ordinaires, on comprend qu'une excitation périphérique cheminant jusqu'à la région des centres médullaires dont ils émanent puisse se réfléchir sur ces nerfs vasculaires, aussi bien que sur les racines dés nerfs destinés aux muscles striés.
(1) V, Marey, Mémoire sur la pulsation cardiaque ^ Travaux du laboratoire, Paris, G. Masson, 'Î875.
(2) François-Franck, Mémoire sur les nerfs vasculaires , Travaux du laboratoire du professeur Marey, 1875.
46 FRANÇOIS-FHANGK.
Je me rattacherais donc déjà, pour ce motif, à Tinterprétation ci-dessus énoncée du resserrement vasculaire ; mais je trouve, dans la discussion des phases mêmes du phénomène, une raison bien plus positive pour adopter Teffet réflexe.
2"* Les différentes phases de Texpérience sont tout à fait d'accord avec T hypothèse d'une action réflexe.
Il a sufii de Timpression passagère produite sur la peau du dos de la main droite par le contact d'un morceau de glace pour déterminer un resserrement vasculaire très-appréciable dans la main opposée.
Il s'écoule, entre l'instant de l'impression et le moment où débute le resserrement vasculaire accusé par l'inclinaison descendante du tracé, un temps relativement long, qui ne dure pas moins de trois secondes , et varie au delà de cette limite minimum dans des conditions que nous aurons à examiner tout à l'heure. Ce temps qui précède l'apparition de l'acte musculaire dont les vaisseaux sont le siège, se décompose lui-même en plusieurs facteurs : la durée de la transmission à travers les nerfs et le temps perdu des muscles proprement dit. Or, c'est évidemment le dernier terme, le temps perdu des muscles vasculaires, qui représente la m^geure partie de la durée totale de trois secondes au minimum.
Il existe un rapport constant entre la durée du temps perdu d'un muscle et la durée de la secousse : les muscles striés, à secousse brève, ont un temps perdu très-court (de deux centièmes de seconde environ) ; les muscles lisses, au contraire, dont la secousse est lente et progressive, présentent un temps perdu beaucoup plus considérable. C'est la valeur de cet intervalle, séparant le moment de l'impression du moment de la réaction, que nos courbes nous indiquent comme équivalant à plusieurs secondes.
Le temps perdu des muscles vasculaires varie, du reste, comme le temps perdu des autres muscles, avec la fatigue qui résulte de la fréquente répétition de l'acte. Quand nous reproduisons l'expérience du resserrement vasculaire réflexe un certain nombt*e de fois en peu de temps, nous voyons que le début de ce resserrement retarde de plus en plus sur le moment du contact du corps froid.
VOLUME DBS ORGANES. 47
Si nous envisageons maintenant les phases mêmes de l'acte musculaire dont nous venons d'étudier le temps perdu, nous voyons qu'il s'accentue progressivement à partir tle son début jusqu'à une certaine valeur qu'il conserve près d'une demiminute. Cette phase d'augment du resserrement vasculaire s'accuse par une diminution de volume du tissu exploré, diminution qui va d'abord croissant, puis se maintient pendant que dure le resserrement des vaisseaux. Après une période d'état, la contraction vasculaire s'atténue, et avec, elle la diminution de volume. C'est ainsi que, par degrés, le tissu reprend son volume initial. Mais quand on répète l'expérience à plusieurs reprises, on s'aperçoit que. l'effet réflexe est de moins en moins marqué.
Ce phénomène a son intérêt en ce qu'il peut être rattaché à deux causes différentes , ayant l'une et l'autre une grande part à sa production : la fatigue du muscle soumis à des réactions trop fréquentes, sans repos, compensateur, et l'accowtumance des nerfs sensibles sur lesquels est portée l'impression du froid. Il me paraît impossible de déterminer la part de chacun de ces deux facteurs dans l'affaiblissement progressif des effets observés ; mais il est constant, d'un côté, que le temps perdu de la réaction musculaire augmente par degrés, ce qui implique la fatigue musculaire, et, d'un autrecôté, que Ton s'habitue à l'impression et que la sensibilité s'émousse par la répétition même du contact du corps froid.
De ces diverses remarques, il me semble logique de con^ dure à la nature réflexe du resserrement vasculaire dans ime main^ quand on impressionne par le froid la peau de Vautre main.
48 FRANÇOIS-TRANCK.
lMfl««iee de l'éleetrldté sor le calibre des ▼ataeeaax et, par évite,
uur le Toliuie des
L'influence de l'excitation électrique des nerfs vasculaires, dans les expériences sur lés animaux, se traduit le plus souvent par le resserrement des vaisseaux, et cet effet se déduit directement de la terminaison des nerfs excités dans les fibres lisses à disposition annulaire.
Si Ton généralisait cette notion fournie par les excitations des branches vasculaires du grand sympathique, on s'attendrait à trouver, dans tous les cas d'excitation électrique portant sur les nerfs des vaisseaux, un effet identique à celui que le professeur Cl. Bernard et, après lui, tous les physiologistes ont constaté en électrisant le bout phériphérique du sympathique cervical : la contraction des vaisseaux et, avec elle, la diminution de volume et l'abaissement de température des régions qui subissent cette modification circulatoire.
Il es,t cependant incontestable que l'excitation de certains, nerfs (indépendamment des actes réflexes compliqués auxquels elle pourrait donner lieu) provoque, au contraire, la dilatation vasculaire. C'est ce qui se produit quand on agit sur le bout périphérique de la corde du tympan (Bernard, Ludwig), du sciatique (Goltz, Mazius et Vanlair), du glosso-pharyngien (Vulpian).
De cette observation date, .en physiologie, l'introduction des nerfs vaso-dilatateurs^ dont le mode d'action intime nous échappe, les notions anatomiques sur la disposition des muscles vasculaires ne nous permettant pas de concevoir le mécanisme d'une dilatation directe.
Nous sommes, dès lors, engagés à voir dans ces nerfs vaso-dilatateurs les analogues des nerfs pneumogastriques, et à les considérer comme des nerfs d'arrêt, des nerfs dont la mise en jeu suspend l'activité des centres ganglionnaires si-^ tués dans les parois vasculaires.
Dans ces recherches, j'ai cru devoir me borner à étudier l'action des nerfs vasculaires constricteurs, et j'en exposerai
YOLU¥E.DSS ORGAIOSS. , 4^
suGcinotemont Teffet, tel qu'il me semble se dégager d'un nombre assez considérable d'expériences.
Cette action a été provoquée par l'excitation de la peau au moYeti des ccmrmits induUs (i). " t
J'ai du. introduire dans mon appareil un élément . niveau pour réaliser Texpériénce de Itexcitâtion faradiqùe au sein du' liquide dans lequel ma main était plongée.
Un fil conducteur, "recouvert de soie et verni, traversait l'orifice supérieur du bocal et.se terminait par un boutori métallique que je tenais dans la main immergée.
L'autre électrode du circuit d'induction consistait en une plaque métallique que je fixais au moyen d'un ruban sur la partie antéro-interne du pli du coude.
Les choses étant ainsi disposées, je m'assurais du sens dans lequel circulait le courant induit de rupture, celui dont l'intensité est surtout importaîite à considérer, et je plaçais les conducteurs de façon à ce qu'il pénétrât dans le membre par la main et sortît par l'électrode supérieure.
Les interruptions du circuit inducteur étaient déterminées à Taide d'un trembleur réglé d'avance ; un signal électromagnétique de M. Deprez inscrivait, au-dessous du tracé des changements de volume, les clôtures et les ruptures dé ce circuit.
J'ai étudié tout d'abord l'influence d'une série d'excitations induites assez faibles pour né déterminer qu'une sensation légère de fourmillements dans le membre en expérience.
Le tracé suivant est l'un des nombreux types recueillis dans ces recherches.
On voit que les variations normales du volume de la rtiain s'inscrivent avant et pendant l'excitation sur la nlême ligne,
(1) Je n'aborderai pa^ ici 1Q9 effets produits sur la circulation vasculaire par les courants continus. Cette réserve m'a paru nécessaire en présence des assertions des auteurs qui ont attribué une action aux Courants descendants, une action inverse aux courants ascendants, et cela, sans doute, d'après des examens détaillés et des observations fréquemment répétées.
Comme je n'ai constaté, dans les expériences peu nombreuses que j^ fis sur ce sujet, qu'une action commune aux deux ordres de courants, le resserrement (du moins comme fait initial), je crois devoir subordonner mon opinion sur ce point à des recherches plus variées.
FRUiÇOIS-Ffl ANCK.
iairf niveau ne commence à s'abaisser qu'un certain iprès que l'excitation induite a cessé.
fi|. 17. — Vitiiiioni dn lalam» d« la miin.
Od Toil ti lipe de nivcan de ces tiriillou t'ibitsser proireHiiCMcnt tprèi l'eielltlita
indaiu de I* peti Rdle de 1 eo i.
Il faut chercher à établir :
1° Que la diminution de volume constatée tient à un resserrement des vaisseaux provoqué par la faradisation ;
2" Que cette modification ne reconnaît pas d'autre cause.
L'excitation induite que j'ai supposé provoquer le resserrement vasculaire pourrait agir sur les muscles striés et, déterminant leur contraction, amener ainsi l'expulsion du sang.
Pour vérifier mon hypothèse, j'ai commencé par m'assurer que l'excitation dont j'avais fait usage ne pouvait provoquer la contraction musculaire.
La main et l'avant-bras ont été soumis, en dehors de l'appareil à déplacement, à la même excitation, et aucune contraction ne s'est produite, comme j'ai pu m'en convaincre en appliquant sur divers groupes musculaires l'instrument explorateur du mouvement. (Myographe à transmission, modifié pour l'exploration des muscles chez l'homme.)
Je n'ai pas constaté d'autre phénomène que celui de la chair de poule avec redressement des poils, et son apparition n'a fait que me confirmer dans l'idée que l'excitation, même faible, produit son action sur les muscles lisses.
J'ai voulu établir de plus que la contraction des muscles striés, toute modification circulatoire mise à part, n'était nullement capable de produire par elle-même la diminution de volume du membre :
L'artère huihérale étant comprimée un temps sufiisant pour que la main se vide aussi complètement que possible du sang qu'elle contenait, j'excite l'ensemble des muscles de la main et de l'avant-bras avec des courants induits assez
VOLUME DBS ORGANES. ^51
i^tenôes. Quoique ces muscles restent contractés pendant • toute la durée du passage des courants, le niveau initial du volume de ]a main ne change p^s. Ce fait était à prévoir, maintes expériences ayant déjà démontré que le musclé, «ri se raccourcissant, ne change pas <1q volume, mais seulejment de forme. . :
Il est maintenant un détail du phénomène observé dans la diminution du volume de la main après' l'excitation induite, qui pourra nous bien assurer de la provenance- vasculaire de oe retrait : c'est le retard de son moment 'd'apparition sur l'instant de l'excitation.
En se reportant à la figure 17, on voit que . la main ne commence à diininuer qu'un certain ten^s après que l'exr citation indiquée par le signal a cessé. Or, ce temps correspond au temps perdu des muscles lisses^ sur lequel j'ai déjà insisté à propos de l'action réflexe du froid :. il est de 2 secondes 1/2 à 3 secondes.
Le phénomène que ce temps perdu précède offre ici encore les caractères d'un acte musculaire lent et progressif, ayant sa phase d'augment, sa phase d'état et sa phase dg déclin.
Je n'insisterai pas de. nouveau sur chacune de ces particularités, m'étant assez longuement étendu sur leur-, valeur dan^ le chapitre précédept.
Ces derniers détails s'ajoutent aux remarques qui précèdent pour perniettre cette conclusion : qiAC la diminution du volume de la main^ qui survient après Cexcitatipn; itiduile de la peau, est due à Vinfluence des nerfs vàso-cotistricfeurs sur le calibre des vaisseaux.
RAPPORTS DES CHANGEMENTS DU VOLUME DE LA MALN AVEC LA RESPmATlON NORMALE OU MODIFIEE.
A. Quand on examine . la ligne d'ensemble des pulsations de la main, on y remarque de grandes oscillations dans les-
&3 PRANÇOlS-rRANCK.
y quelles il est facile
^ (le reconnaître l'influence des mouve-
g menls respiratoires.
I Pour chercher à
I bien préciser dans
g- quel sens agissaient
t l'inspiration et l'ex-
S piration sur le vo-
„ lume de la main,
g ou, en d'autres ter-
■ mes, sur la circula- ^ tion périphérique, Z j'ai recueilli , en I même temps que 3 les courbes des di- 1 latations et resserf rement de la main, * ' les courbei respira- ' toire».
â Le pneumogra-
5 phe de Marey étant
% appliqué sur la poi-
■ trine, chaque inspi- I ration s'accusait par j . la ligne de descente I de la courbe respi- ■^ raloire, chaque ex- ^ piration par la ligne = ascendante.
f Au-dessous de ce tracé, et simultané-
ment, j'inscrivais
s les pulsations de la
1 main, et je pouvais
I suivre les rapports -
■S que présentaient ,
i- avec les courbes
respiratoires, les grandes oscillations de la ligne d'ensemble.
Ce sont ces rapports que Ton pe^rouvedmiSN la première partie, à gauche du double tracé de la figure 18L S
On voit que la main atteint un volume plus considérable pendant la période ascendante de la courbe respiratoire (expiration), et diminue de volume pendant rinspirationx
Si nous cherchons à interpréter cette double influence des niouvements respiratoires, nous devons nous reporter aux données physiologiques relatives à Tinfluence de la respiration sur la pression sanguine.
En effet, comme j'ai eu souvent déjà Toccasion dejle rappeler, ces deux ordres de phénomènes, volume des-: organes et pression du sang (1), sont dans un rapport constaiït.-
Les auteurs ont surtout étudié l'influence des mouvements respiratoires sur la circulation v-eineuse, et tous ont reconnu l'action aspiratrice qu'exerce la dilatation thoràcique sur le sang contenu dans les gros troncs veineux avoisinanj la poitrine. Les physiologistes qui, dépuis Ludwig, ont examiné l'action de la respiration sur lé cours du sang artériel, ont émis sur ce point les opinions les plus divergentes. ;
Le professeur Marey a justement insisté sur ia cause de cette différence dans les réssaltats constatés par ses prédécesseurs, et a montré que Tinfluence de la respiration sur la pression artérielle varie, suivant le mode respiratoire luimême.
Il résulte des recherches dé Marey : - .
l^'Que, quand on respire normalement, c'est-à-dire quand l'influence thoràcique et l'influence abdominale, inverses l'une l'autre, se contre-balancent, la ligne d'ensemble du .tracé des variations de pression île présente que des ondulations peu accusées ; . ;
2"" Que, si l'on exagère l'amplitude des mouvements de la respiration, on exagère. parallèlement les gr^indes; ondulations du tracé de la pression, et c'est alors que l'on .peut constater nettement sur le pouls radial lés rapports notés^-par Ludwig pour la pression carotidierine : l'abaissement de la pression pendant l'inspiration, son élévalîôn pendant l'expiration.
. (1) Voy, Marey, Physiologie médicale de la circulation, ^ •
La circulation de la main varie dans te même sens que le pouls radial quand on exécute de
j;^i£ larges mouvements respiratoires.
1 1 ? B La première partie du tracé (fig. 18)
s- * S- 3 montre nettement ce rapport.
!£' s I Mais il est encore bien plus ac-
s 1 1 ^ centué quand on reporte artificielle-
■ g B g ment sur la circulation sanguine
ZS Z^ Ufi6 grande partie des eiTets qui,
ïl S a normalement, s'exercent sur l'air
g 5 S g. en mouvement dans le poumon.
5 5 I- » Cette expérience consiste tout
ll'I^ simplement à' respirer en fermant
1 1 ^ I la bouche et en aplatissant une
g; I 3 narine. L'air entre et sort par un
"1 il passage étroit ; son entrée et sa sop-
f II lie sont rendues difficiles, et dés
i •- lors, quand s'exerce, pendant l'ins-
• g- s piration, l'appel de cet air vers la 2- 1 poitrine, il n'y arrive que lente- Z 1 ment. Le sang s'y trouve, par suite, ~ ■ plus énergiquement attiré et la i|. pression baisse nécessairement da-
■e- : vantage. Inversement, quand le re-
£ % ; trait du poumon tend à expulserl'air
• Sj" I pendant l'expiration, l'obstacle qui S ç ] existe à sa sortie retardant son
■ I I départ, c'est encore la circulation
I ! qui se ressent de l'excès de pres-
; sion intra-thoracique , et la tension
■m ' arlérielle s'élève plus haut que
5j dans les conditions ordinaires.
^'- J'ai réuni dans la figure sui-
|. vante (fig. 19) les effets d'une rés-
Ç, piration large et d'une respiration
favec obstacle à l'entrée et à la sor-
g tîe de l'air.
d Pendant la première partie de l'expérience, la respiration est nor-
VOLUIIE DES ORGANES. 65
maie, lente et facile : le niveau général du tracé des changements de volume de la, main varie peu ; on observé seulement une grande oscillation peu marquée i ^
A partir du point E, je respire fjlus vite en fermant la bouche et une narine ; aussitôt commencent les ondulations trèsraçcentuées dont la partie ascendante correspond à Tex- -piration, la partie descendante à rinspiration.
Dans cette seconde partie du tracé, on voit nettement prédominer les influences thoraciques..
B.—^ Influence de l'effort sur les chçingements du volume
de la main. -
. D'après les notions que je viens de rappeler sur Tinfluence que les mouvements d'inspiration et d'expiration exercéiit sur la circulation périphérique, nous' devons nous attendre à retrouver amplifiés |au maximiim ces doubles effets dans l'effort et dans l'inspiration profonde.
I;'effôrt consistant en une pression brusqué et soutenue exercée sur les organes ihtrà-thoracîques, la glotte fermée, des conséquences mécaniques de trois ordres principaux doivent en résulter': " .
l"" Le sang artériel doit être ènergiquëmeut poussé vers la périphérie; ' ' < ,
; 2** Le sang veineux doit éprouver une certaine difficulté à revenir au coeur; .. . . ■ -
' 3** Le cœur lui-même doit se vider plus facilement, d'une part à causé de la pression qui s'ajoute à rélàsticité artérielle, ^d'autre part a cause de sa situation dans le milieu comprime. ? . . : ; .: .
' Nous allons facilement constater ces effets de l'effort en examinant le tracé des 'changements duvolume de la main que je reproduis ici et dont je signale avant tout la' parfaite ressemblance avec le tracé du pouls radial, recueilli ^dans les mêmes conditions. - -,'■■■
L'effort débute au moment indiqué par, un point sur l'abscisse: on constate d'abord l'élévation graduelle de la courbe,
fRANÇOIS-FRAM».
puis son inflexion dans la dernière partie de la période ascendante, enfin sa chute brusque, qui marque le moment de la cessation de l'effort.
Vient ensuite la diminution graduelle du volume de la main et le ralentissement si remarquable des pulsations qu'on note toujours après l'effort un peu violent.
L'analyse des différentes périodes de l'effort, au point de vue des modiftcations subies par la pression artérielle, a été faite d'une manière si complète par le professeur Marey, que tout ce qu'il en a dit serait à reproduire textuellement pour ce qui concerne les changements du volume de la main.
Je résumerai donc simplement les phénomènes principaux qui s'offrent ici à l'examen, et je renverrai pour tous les détails à l'ouvrage de Marey sur la Physiologie médicale de la circulation.
Dans la iigure 20, on voit qu'au début du tracé, les trois premières pulsations de la main s'inscrivent sur un même niveau. Dés que commence l'effort, les variations du volume s'inscrivent sur un niveau de plus en plus élevé, en même temps que la fréquence des pulsations augmente et que leur dicrolisme noi-mal s'accentue davantage, tous phénomènes identiques à ceux que l'on connaît pour le pouls radia}.
Cette augmentation du volume de la main pendant l'effort est évidemment subordonnée à l'augmentation de la pression intra-thoracique qui s'exerce sur l'aorte et sur le cœur lui-même.
VOIiOME DES OR6A><ES. 57
On comprend que le sang contenu dans ràorte soil '^lus facilement chassé vers les branches périphericfiies, -puisque Télasticité du vaisseau est renforcée par 'la prefesîen qui s'exerce à sa surface. De plus le cœur, auquel ^l'texcès de la pression thoracique vient en aide, se vide plfe complélemeilt et plus vite. 1 )'.:... .
Ces deux conditions expliquent en grande partie Fa^gnièntation du volume de la main, comme elles rendent dotnpïe de l'élévation de la pression dans la radiale. ^ • > :: '•
Mais faut-il accorder également une grande ^mpor^ance à l'obstacle subi par la circulation veineuse, et considérer comme ayant une large part dans l'augmentation du volume de la main la stase du sang veineux ?
Si J'on se reporte aux expériences meBtionHées.dans le chapitre P% aux effets de la cempremon veineuse ^ on pourra s'assurer que dans l'effort le retour du sang veineux de la main n'est point entravé, ou, du moins, ne l'est que dans une assez faible . mesure pour qu'il n'y ait paslifeu d'en déduire l'augmentation de volume. ' ' ^
Nous savons en effet que la ligne de descente de chaque pulsation correspond à l'écoulement du sang dont 'le Petlux à été indiqué par la ligne d'ascension. Or, danà la côihpi'ession veineuée, l'obstacle au retour du sang se Ga(racféi*isàit par la disparition graduelle de cette ligne descendante.
Dans le tracé de l'effort , nous voyons pei^sistertëi indice de l'écoulement et s'accentuer le dicrotisme. *
Nous sommes donc en droit de n^accorder qu'une faible importance à cette stase veineuse, au moins pour ce gwî concerne la circulation d*un organe éloigné de la poitrine commue la main.
Les phénomènes qui suiecèdent à l'effort ne sont .pas moins intéressants à bien analyser: leur identité dans les changements du volume de la main et dans les variations de la pression radiale est frappante, et nécessitée, du- resté, par la communauté des causes qui les produisent dans lès diG\iyi cas.
Quand cesse brusquement l'excès de pression qiii maintenait affaissées les parois du réservoir aortique, là tension diminue brusquement dans les artères périphériques, le sang s'accumule dans cette aorte redevenue bétotô ;' le coeur dès
58 FI|AlfÇ0l8-f RANGK. .
lors déverse son contenu dans le. réseryoi^ artériel. sans que les branches qui en émanent puissent encore recevoir une grande quantité de sang. Le volume des organes diminue donc à ce moment, et ce n*est qu'après 7 ou 8 pulsations qu*il commence à reprendre son niveau, primitif.
L'étude qui précède des changements du volume de la main et des variations de la pression radiale permet donc, une fois de plus, de rapporter à une commune origine les. modifications du calibre d'une masse va,sculaire tout, entière et les changements de la tension artérielle.
Iafla«Bee de rinsplrattoa f Mfonde snr la elrettlatlo»
péripkérlqne. . -
L'influence des modifications que. l'effort d'expiration détermine jlans la circulation périphérique permet de bien comprendre les rapports qui unissent l'expiration ordinaire à l'élévation de la pression artérielle et à l'augmentation du volume de la main.
L'étude de l'influence qu'exerce une inspiration profonde, réalisant avec l'intensité maximum les conditions de l'inspiration normale, nous permettra.de comprendre également le rapport normal entre l'inspiration ordinaire et la diminution de la pression artérielle, d'une part, la diminution du volume d'un organe périphérique, d'autre part.
Fig. tl . — Diminution du \olumc de la main pendant l'inspiration profonde, de 1 en 1' .
La fiffure 21 donne un exemple très-net de la diminution de volume que subit la main pendant une inspiration profonde.
Si l'on veut obtenir la diminution niaxima, il faut évidemment déterminer la plus grande somme possible d'aspiration thoracique sur le sang veineux et artériel. Dans ce but, on
B DBS ORQANU. 59
rétrécit, par l'occlusion d'une narine, la voie d'entrée de l'air qu'appelle vers le poumon la dilatation de la paroi thoracique, et cet air n'arrivant point assez \ite,' ni en quantité sufîïsante poiir satisfaire à la diminution ■ de la pression intra-thoracique, l'af- Hux du sang veineux et l'aspiration du sang' artériel se trouvent ainsi favorisés. C'est ce qui a été fait dans l'expérience qui a fourni le tracé 21 .
Dans une même expérience, j'ai. inscrit les changements du volume de la main et la pulsation' cardiaque. On voit dans la figure 22 la courbe des battements du cœur avec les oscillations respiratoires et les courbes des pulsations de la main avec les mêmes influences de la respiration.
A partir du dernier repère vertical, j'exécute une inspiration profonde. Pendant que h main subit l'influence de l'aspiration thocaçique.on.vo»
que le cœur te gor^e de sang, que la réplélion devint prédominante. L'évacuation se faisant incomplètement, et le sang veineux y affluant de plus en plus, la systole s'atténue d'une fagon manifeste, camme on en peut juger en
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observant la déeroissancfe dés sommets dès "pulsations du cœur. (Un fait important et dont l'interprétation rigoureuse n'est point donnée , c'est la forme négative de la pulsation cardiaque. Voyez à ce sujet, dans le même volume, mon mémoire sûr l'influence des nerfs sensibles sur le cœur.)
J'ai eu surtout un but dans ce paragraphe, celui d'indiquer l'influence des mouvements respiratoires sur la circulation périphérique :
1"* En établissant tout - d'abord que les vaisseaux de la main se vident plus complètement et reçoivent moins de sang pendant Vinspiralion, et sont distendus par des afflux sanguins plus considérables pendant Vexpiration;
â"" Que l'effort pousse, sous une forte pression, du sang artériel à la périphérie et favorise l'évacuation du cœiir;
fV Qu'une inspiration profonde, avec obstacle à la rentrée de l'air, détermine une puissante aspiration veineuse et artérielle vers la poitrine, et s'accompagne d'une réplétion exagérée du cœur.