‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. Marey (volume 2)Chapitre 9 sur 68 · NERFS · texte numérisé non relu

NERFS

A côté des phénomènes purement mécaniques que nous venoûg d'étudier, vient se placer toute une série de modifications vasculaires produite par la mise enjeu des infliiences nerveuses.

Nous savons aujourd'hui, par les recherches multipliées qu'ont suscitées les admirables travaux du professeur Çl. Bernard, que les vaisseaux de petit calibre sont susceptibles d'éprouver des variations considérables sous l'influence des nerfs qui se distribuent dans leurs parois.

Le plus frappant des effets provoqués par Faction de ces nerfs vasculaires, celui que la disposition annulaire, des muscles des vaisseaux permet facilement de saisir, c'est le resserrement des parois musculaires et» à sa suite, la diminution de la quantité de sang admise dans les vaisseaux, l'abaissement de la température, là diminution de volume.

Cette dernière conséquence, la plus immédiate, pour ainsi dire, est aussi la plus facile à constater. Beaucoup de causes d'err€ur viennent en effet compliquer sur l'homme la recherche de l'abaissement de température ; au contraire, le fait de la diminution de volume ne peut se dérober à l'investigation, •quelque minime qu'on suppose la variation.

C'est donc par l'étude de la diminution de volume due au resserrement vasculaire que j'ai cherché à constater l'influence des nerfs vaso-moteurs provoquée directement ou par voie réflexe.

Le froid et Y excitation électrique sont les deux agents dont j'ai fait usage pour mettre enjeu l'intluence vasculaire, et l'action du froid me paraissant plus simple, c'est elle que j'indi^ querai tout d'abord.

VOLUUE DKS QRGANEf. t^O

Action du froid sur les vaisseaux. '

Dans une première série d'expériences, la main était plongée dans Tappareil contenant de Teau à 18° centigrades. Le bocal étant placé dans un graiid vase, un robinet pouvait être ouvert à voloiité, et verser tout d'un cowp une grande quantité d'eau très-froide sur le b.ocal lui-même et par conséquent refroidir notablement son contenu.

Dans ces conditions, le resserrement des vaisseaux de la main se manifeste un peu tardivement à cause de la lenteur relative avec laquelle se produit l'abaissement de température du liquide dans lequel elle est plongée, mais on constate nettement la diminution de volijme qui s'accentue à mesure que lerefrbidissementaugmente.il suffit du reste d'un abaissement de 3** ou 4° pour produire un effet très-marqué.

J'ai obtenu des résultats semblables, mais plus accusés, en refroidissant d'une autre manière l'eau dans laquelle ma main était plongée.

Au lieu de faire couler à la surface de l'appareil à immersion de l'eau très-froide, j'ai fait entourer le bocal de glace pilée mélangée de sel. Ce mélange réfrigérant a rapidement abaissé la température de l'eau de l'appareil, et en peu d'instants le volume de la main a considérablement diminué.

Ces expériences ne me permettaient pas de rechercher par quelle voie s'exerçait l'inlluence du froid, de savoir si les vaisseaux de la main étaient directement atteints, si l'impression, primitivement cutanée, se réfléchissait sur l'appareil nerveux vasculaire, et quelle pouvait être la voie de cet acte réflexe.

Pour pénétrer plus avant dans le mécanisme probable du phénomène, j'ai. agi, non plus sur la main elle-même, mais sur la peau de l'avant-bras.

J'ai fait appliquer sur la peau de la région antérieure et interne du pli du coude un large morceau de glace, pendant que la partie inférieure de l'avant-bras et la main étaient plongées dans l'appareil, et que le tracé •s'inscrivait;

rn ANçoiB-rit ANCK .

La figure ci-jointe montre qu'à partir du moment de l'application de la glace, qui a duré du point F au point F, il ^ s'est écoulé un certain temps (4 secon-

s des) avant que le volume des régions

^ immergées ait commencé à diminuer,

I On voit alors baisser notablement le

niveau des variations de volume. La ligne générale tombe assez bas pen- £ dant une quinzaine de secondeg, puis

I remonte graduellement, mais elle n'at-

S teint point pourtant son niveau pri-

ç milif indiqué par la ligne de repère ho-

m rizontale.

s- Ce n'est .qu'après quelques instants

1 que les vaisseaux se resserrent ; ils ^ restent ainsi resserrés quelques se- ^ condes, puis se relâchent peu à peu.

2 N'est-ce pas là la marche habituelle 1 des phénomènes de mouvement déter- * minés par l'excitation portée sur les

7 nerfs ? Un temps perdu, une période d'ani/ment, une période de déciin ou de-

^ reldcliement (1).

° Examinons maintenant quel est le

a Irfget probable de cette action ner-

veuse.

- La glace a été appUquéesurune ré-

8 gion où le paquet vasculo-nerveux hu-

it) L'inOueDce du IVoid sur le calibre des vaisseaux peut, du reste, Be démontrer chez rhomme do plusieurs autres manières. Par exemple, pendant qu'an inscrit le pouls de l'artère radiale avtc le sphygmographe à Iransmiasion, on peut délermioer le resserrement de l'artère en appliquant sur son trajet un petit morceau de glace.

Dans le tracé suivant (fig. 11), nn voit la radiale SB rélracler après l'applJcalioD d'an fragment de glace faite eu début du tracé.

méral est très-superficiel. On pourrait supposer, dés lors, qu'il s'est produit sur les filets vasculaires accompagnait l'artère humérale et sur ceux qui sont contenus dans les nerfs médian, brachial cutané interne et cubital", une influence directe à cause de la proximité du point d'application.

Pour vérifier celte hypothèse, j'ai repris l'expérience en appliquant la glace au côté externe et postérieur de la région. Le même effet s'est produit, malgré l'épaisseur du tissu qui séparait le réfrigérant du paquet vasculo-nerveux.

J'ai donc dû songer à la possibilité d'une influence réflexe dont le point de départ était dans les filets nerveux cutanés de la région sur laquelle on appliquait la glace, le point de réflexion aux centres nerveux médullaires, et l'aboutissant aux nerfs vaaeulairea du membre en expérience.

La réalité de ces réflexes des nerfs sensibles sur les nerfs vasculaires ne me semble pas douteuse, si l'on se borne à observer l'effet du resserrement vasculaire : la diminution du volume de la main gauche, pendant qu'on soumet un instant la main droite à l'influence du froid. Le fait n'est pas contestable, son interprétation seule peut prêter à la discussion; mais, comme je vais essayer de l'établir", lé réflexe vasculaire rend bien compte du phénomène, et ce mécanisme, étant démontré pour l'expérience de l'effet croisé, me semble devoir être admis pour l'expérience de l'efi'et direct:

La main gauche étant placée dans l'appareil, on recueille le tracé des changements de volume. On voit dans la première partie du tracé suivant (ftg. 15) le, niveau général des pulsations s'inscrire au-dessus de la ligne horizontale qui sert de repère.

Au point F, un morceau de glace est appliqué sur la main

•- ■ FRANCO IB-nUKCK.

a Jroite, et l'on voit, au bout de trois se-

' :»)ndes, diminuer le volume de la main gau-

fche. Cette diminution de volume s'accentue peu à peu, atteint un certain niveau, reste

I à ce niveau une demi-minute, puis dimi-

^ nue progressivement. Au bout d'une mi-

« nute la main a repris son volume natu-

i Si l'on veut bien rapprocher cette expé-

. pience de celle dans laquelle, un morceau

I de glace étant appliqué sur la peau de

"5 l'avant-bras du côté immergé, on notait

^ les mêmes phénomènes, on verra tout de

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