VI. — Inscrlptloii des moavemeBis r«cCili^^es ulternatlfs
La physiologie n'offre à considérer» dans le mouvement des organes, que des déplacements alternatifs de sens inverse. — Mouvements musculaires ; myographe simple; myographe à transmission-. — Myographie baeée sur l'inscription du gonflement musculaire c>t applicable à l'homme. — P.neumogrjafphe, appareil inscripterur des mouvements respiratoires. — Inscription des mouvements de la locomotion ; action des membres, réactions imprimées au corps.
Les ^mouvements dont nous avons étudié jusqu'ici le mode dinsôrrptioh sont fort simples : non-seulement ils sont rectilignes, c'est-à-dire que le style qui les trace ne se déplace qu'en ligne droite, mais ils sont d'un seul sens, c'est-à-dire que le style écrivant ne marche qu'en avant et que, par conséquent, la courbe tracée monte d'un mouvement plus ou moins brusque, s'arrête parfois pour donner naissance à un trait horizontal, mais ne redescend jamais.
La méthode que nous venons de décrire se trouverait impuissante à représenter la plupart des mouvements qui se produisent chez les êtres animés. En effet, si la locomotion de ces êtres peut avoir lieu parfois dans une direction unique, les mouvements qui engendrent cette locomotion présentent, si on les considère en eux-mêmes, un caractère essentiellement ' alternatif. Par rapport au corps de l'animal, ^ le pied avance et recule tour à tour, tandis que, sur le sol ^ il-Vatoujoiirs en avant. Le mouvement alternatif est «b-»solument imposé à tous les organes vivants; il .résulte -dé là nature même du tissu musculaire qui lui donne naissance (1).
Dans un écrit plein de verve et d'ingéniosité, L. F'oucault
(1) Ce caractère alternatif du mouvement n'existe en général qu'au lieu même oii il se produit; plus loin, transformé par diversesi influences liées à l'élasticité des tissus, le mouvement revêt souvent le caractère continu, comme dans le cours du sang, ou prend l'apparence d'un mouvement moins discontinu, comme dans l'action musculaii'e.
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a bien fait ressortir la différence qui sépare les moteurs animés des mécanismes que Fhomme construit pour en faire des moteurs. Le constructeur de machines se préoccupe d'arriver le plus tôt possible au mouvement circulaire, afin d'éviter les pertes de travail que nécessite le changement de sens du mouvement de piècesplus ou moins massives; la nature, au contraire, ne procède que par mouvements alternatifs de sens inverse. Or, le constructeur a raison d'employer le mouvement circulaire, car c'est le plus favorable à l'utilisation du travail, et si la nature n'emploie que des mouvements alternatifs, c'est qu'elle ne peut faire autrement.
L'indépendance absolue des pièces d'une machine est nécessaire pour permettre le mouvement rotatif. Un axe doit être libre dans les coussinets où il tourne, tandis que, pour les besoins de leur nutrition, de leur sensibilité ou de leur dépendance des nerfs moteurs, les différentes parties du corps doivent toujours être reliées les unes aux autres. Si un organe est mobile en certains points de sa surface, s'il peut glisser dans une certaine étendue sur les organes voisins, il doit cependant toujours avoir au moins un point d'attache au reste de l'organisme, un pédicule par lequel lui arrivent les nerfs et les vaisseaux.
En outre, la production du travail moteur dans l'organisme est essentiellement discontinue. Tout muscle, après s'être raccourci, doit revenir à sa longueur première, afin de se raccourcir encore et de faire un npuveau travail. Cette alternatiye qui existe également dans certaines. machines à vapeur ou à gaz ne peut pas, dans l'organisme vivant, être transformée en mouvement rotatif, et cela, pour les raisons dont il vient d'être parlé. L'alternance existe donc dans tous les mouvements des organes vivants; nous la retrouverons dans toutes les fonctions physiologiques.