‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. Marey (volume 2)Chapitre 22 sur 68 · INSCRIPTION DES ACTES MUSCULAIRES · texte numérisé non relu

INSCRIPTION DES ACTES MUSCULAIRES

Les mouvements d'un muscle se composent de raccourcissement suivis d'un retour plus ou moins rapide du muscle à sa longueur première. Avec les appareils précédemment décrits.

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on pourrait inscrire ces alternatives de la façon suivante. Supposons que dans le chariot inscripteur le muscle exerce une traction sur le fil qui déplace le style écrivant, un contre-poids soulevé par cet effort de traction ramènera le style en sens contraire dès que le muscle tendra à revenir à sa longueur première. On aurait ainsi, avec le chariot inscfipteur, la courbe des changements alternatifs de la longueur d'un muscle. Mais, en général, ces mouvements sont étudiés sur de petits animaux, et comme retendue des changements de longueur d'un muscle est proportionnelle à la longueur même de . cet organe, les tracés qu'on obtiendrait de cette façon seraient presque microscopiques. Pour les rendre facilement saisissables, il fautles amplifier avant de les inscrire. Dans ce but, on fait agir le mouvement exploré sur un levier qui l'amplifie plus ou moins à volonté, suiy0:nt la longueur relative qu'on donne à ses deux bras.

A. Myograpfie simple.

Sur les petits animaux, l'action musculaire s'inscrit au moyen d'un appareil à levier qu'on nomme myographe. Le premier appareil de ce genre fut construit par Helmholtz. Mais dans sa disposition primitive, le myographe n'inscrivait pas fidèlement le mouvement exécute par le muscle (1).^ \ ^ \.' . -

Tous les anciens appareils inscripteurs employés^ en pliysiolôgie avaient un défaut commun: la poîiite traçante était réliée à des pièces massives qui présentaient dès oscillatiofîs' propres, de sorte que la courbe tracée ne reproduisait pas. fidèlement les mouvements qu'il s'agissait d'inscrire. .

J'ai dit ailleurs (2) la disposition que j'ai donnée au myographe , j'ai représenté et analysé les courbes qu'il fournit pour les différentes espèces de mouvements musculaires; je puis donc me borner ici à rappeler dans la figure 68 la disposition du myographe simple et fournir, dans la figure 69, un exemple des tracés que donne un muscle de grenouille soumis à des excitations sucessives. En bas sont les premières secousses, la fatigue allongé peu à peu la durée de ces mouvements.

(1) Voy, Mar.ey, Du mouvement dans les fonctions de la vie, p. 223.

(2) Lac. c/7., p.'133.

Fif/es. ~ Hfogrtphe simple dbpiMé poar induira une sétii: de Mcoùses d'un muscle de nrcnonillc.

Maïs je dois signaler une disposilion nouvelle que j'ai donnée au myographe et qui me semble destinée â rendre de grands sen'ices à la physiologie, je veux parler du myographe à lran$mission.

Cet appareil réalise une grande simplification de la myographie, puisqu'il permet d'obtenir des courbes musculaires au moyen d'un instrument : le tambour à levier qui sert déjà à un grand nombre d'usages. Voici la disposition de l'expérience,

B. Myographe à Irensmistion.

Cet appareil est représenté, vu d'en haut, figure 70. La grenouille, fixée au moyen d'épingles sur une planchette de liège, a son tendon d'Achille relié au levier d'un tambour (1). Celui-ci est établi avec la planchette sur un support commun.

(1| Habituflllemom je donna au Inviei de cette sorte de tambour (levier explorateur! plus de solidité qu'a celui dea appareils inscripteurs qui doivent Sire essentiellement légers.

LA uitHODB fiHAPHIODE. i41

Un liibe de transmission par Tair relie ce tambour à celui qui

Fus- fi9. — Secousse! d'un miticLc dï grtoonitlB Imbriquiiïs verllcilcmeiil. De btt «n hint s'observent l«i erfeli> de ti fitlguf. — En bis de la ligure, le iract d'ua diapaïon chronograpbc de 100 vlbnlion; doubles scrl i ««liiuar la iarét dej acies musculaires,

inscrira les actes musculaires ; cette transmission ne diffère en rien de celle que nous avons représentée d^à (1).

Chaque raccourcissement du muscle , faisant presser le levier contre la membrane, expulse une certaine quantité d'air du tambour explorateur dans le tambour inscripleur.

On envoie ainsi à distance le mouvement d'un muscle et ce mouvement donne des courbes identiques à celle du myographe simple. Or, pendant que le mouvement s'inscrit, l'animal peut être placé dans toutes les attitudes : il peut être plus ou moins éloigné des appareils inscripteurs, on peut le placer dans une enceinte à différentes températures, le plonger dans certains liquides ou certains gaz. Tout cela était à . peu près irréalisable avec l'ancien myographe à inscription . directe.

'1) Vol. 187.1, p. 130.

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Il nc sera pas question ici de la manière de sensibiliser ou (le désensibiliser le myographc à transmission, afin de donner aux couri)es musculaires les dimensions les plus convenables. Tous ces détails trouveront leur place dans un chapitre spécial destiné à la technique de la méthode graphique. Il en sera de même au sujet des moyens de disposer les tracés de façon à en faire tenir le plus grand nombre possible dans un petit espace. ■■

Mais je lié saurais trop insister sur la nécessité absolue d'inscrire la- courbe musculaire d'une manière complète,- c'està-dire avec les différentes phasesdu mouvement. '■ ' "

Le professeur Fick a cru faire une simplification utile dans

certains cas, en réduisant le triacé du myographe à ùrie'lfgné

■ verticale dont la Hauteur exprime l'amplitude du raccourcis- '

sèment musculaire. Ce résultat s'obtient en recueillant le tracé

myographique sur un cylindre immobile qu'on déplace seule-

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ment, dans l'intervalle des mouvements, d'une très-petite quantité pour empêdier les traits de se confondre.

La figure 71 montre un exemple de ce genre d'inscription.

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