‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. Marey (volume 2)Chapitre 31 sur 68 · DE LA REPRODUCTION FIDÈLE DES TRACES GRAPHIQUES · texte numérisé non relu

DE LA REPRODUCTION FIDÈLE DES TRACES GRAPHIQUES

Lorsqu'une expérience fournit deslracéslrés-délicats, riches en inflexions de toute sorte dont chacune présente nécessairement une signification, il est d'une grande importance, pour la publication de ces tracés, de les repi"oduire avec une fidélité parfaite. Les expérîm^tateurs qui ont eu recours à la méthode graphique n'ont peut-être pas été suffisamment frappés de celte importance ; ils ont abandonne la reproduction du' graphique à des dessinateurs qui croient avoir remjJi leur tâche en imitant l'aspect général des courbes, sans s'attacher à la scrupuleuse reproduction de tous les détails. Aussi, dans les pubhcations françaises, on constate avec regret qu'il n'est peut-être pas un tracé sur vingt qui soit absolument fidèle.

Assurément, les tracés défectueux dont je parle montrent ce qu'ils doivent montrer dans le cas particulier ; l'auteur qui les publie a surveillé la reproduction de telle ou telle inflexion de la courbe dont il connaissait et voulait expliquer la signification; mais, presque toujours, il a négligé de contrôler l'exactitude des parties du tracé dont la valeur lui a échappé; n'y trouvant pas d'intérêt actuel, il a souvent laissé passer des formes défectueuses qui rendent la figure qu'il publie entièrement inutile et même dangereuse'à consulter pour ceux qui voudraient y chercher des renseignements nouveaux.

Or, l'essence de la méthode graphique est de fournir de» courbes dont le sens se dégagera de plus en plus complètement, grâce aux études successives dont elles seront l'objet. C'est parfois sur une courbe vieille de 15 ans qu'on trouve la vérification d'une hypothèse qui "vient de se présenter à l'esprit. Et ce n'est pas un des moindres avantages de la méthode que de ' fournir des miUiers d'expériences, toujours présentes, que l'on peut compulser, comparer et interroger â tout instant.

Tant que les appareils inseripteurs ne seront pas arrivés A leur forme définitive, tant qu'on n'aura pas admis un type satisfaisant qui inscrive les phénomènes avec des amphfications ou des réductions toujours semblables pour des actes physio-

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logiques sembkbles.entre eux^ la comparaison des tracés recueillis par les différents auteurs sera toujours difficile. Un mouvement respiratoire, une pulsation du cœur, une secousse de muscle présenteront des aspects divers s'ils sont recueillis avec des appareils différents. De sorte que les tracés publiés dans différents pays et avec des appareils divers ne constitueroii^t pas une sorte de collection d'expériences toutes faites, livrées à rinterprétation du public scientifique. Toutefois, le lecteur prévenu des conditions dans lesquelles un tracé a été recueilli pourra, s'il en a acquis une certaine habitude, trouver dans ce tracé dés détails que personne n'aura aperçus avant ^ lui et faire ainsi d'importantes découvertes. Mais, pour cela, le tracé doit être d'une fidélité irréprochable ; si la reproduction de la courbe n'a pas été entourée de soins minutieux, celle-ci n'est bonne, tout au plus, qu'à montrer le phénomène pour la démonstration duquel elle a été gravée ; elle doit être rejetée pour tout autre usagée

Le meilleur moyen pour obtenir, avec une fidélité absolue, un cliché typographique d'une courbe, c'est de recourir à Y héliogravure (1). Outre qu'on supprime ainsi l'intervention delà main de l'homme, on peut, à volonté, amplifier ou réduire les tracés qui ne seraient pas à une échelle convenable sur l'original.

Ce procédé serait fort coûteux si l'on n'avait qu'une seule courbe à reproduire, mais si l'on peut rassembler un grand nombre de tracés qu'on dispose les uns à côté des autres, *de façon à couvrir un rectangle qui ait les dimensions des plus grandes plaques héliographiques, on a, sur une seute planche de cuivre, une série de 30 ou 40 figures dont chacune, découpée et montée à part fournit un cliché irréprochable et d'un prix assra peu élevé*

D'autres procédés moins parfaits peuvent encore trouver leur place lorsqu'il n'est pas possible de recourir à l'héliogravure.-

Ainsi la photographie mr bois livre au graveur une image,

(1) Presque toutes les figures des mémoires de M. François-Franck ont été reproduites par ce procédé.

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agrandie ou réduite au besoin, mais toujoUi's fidèle, d'une: courbe dont le décalque eût présenté de grandeâ difficultés; Le graveur devra prendre grand soin de ne point s'écarterdes traits qu'il doit reproduire ; on aura* évité, du moins, par l'emploi de là photographie, toutes les causes d'erreur qui peuvent survenir dans le décalque d'une courbe et dans le transport renversé de cette courbe sur le bois.

Enfin, un procédé aussi bon que la photographie, mais beaucoup plus simple et plus expéditif, consiste dans le transport direct du tracé original sur le bois qui doit être gravé. Voici comment on. fait ce transport:

he tracé doit être recueilli sur un. papier spécial, connu dans le commerce de Paris sous le nom de papier à décalrque. C'est une téuille ordinaire sur laquelle on a étalé une couche de colle d'amidon et qui a été ensuite satinée. Ce papier doit être placé sur le cylindre de manière qu'il tourne en dehors sa face encollée sur laquelle le noir de fumée devra être dépoisé. Le tracé étant obtenu comme à l'ordinaire (notons que cette surface de colle bien satinée est particulièrement favorable au glissement de la plume écrivante), on le fixe au vernis et on le conserve dans un album jusqu'au jour où l'on a besoin de le reproduire.

On découpe alors un morceau bien i^ctangulaire du tracé, ayant la justification du livre auquel il est destiné, puis, prenant un bois à graver de dimension pareille, on enlève la gouache qui se trouve ordinairement sur la face où doit être fait un dessin. On étend sur cette face une couche d'une solution tiède de gélatine à 3 0/0 environ, et on frotte cette surface avec le doigt pour bien étendre la gélatine qui sèche peu à peu. Quand toute la gélatine est presque sèche, et quand la surface du bois n'est plus qu'un peu gluante, c'est le- moment favorable pour transporter le tracé sur le bois préparé. La' face qui a reçu le tracé doit être appliquée sur la gélatine,, puis, on frotte légèrement sur le dos du papier afin d'assurer l'adhérence des deux surfaces et on laisse sécher.

Aussitôt que la préparation est sèche, on la plonge dans l'eau de façon à humecter fortement le papier qui portait le tracé. Au bout d'une minute à peine on peut prendre ce pa-

LA MÉTHODE GRAP«[1QU|:. %id

pier par un de ses angles et le détacher entièrement du bois. Le papier qui se décolle est absolument blanc; il a laissé sur le bois tout le noir de fumée dont il était couvert et sur ce noir on voit se détacher, avec une pureté parfaite, la courbe qu'il s'agissait de transporter en la retournant comme cela doit être fait pour préparer le travail du graveur.

Ce procédé, extrêmement expéditif, est plus pratique que la photographie sur bois ; en s' exerçant un peu avec des tracés qu'on ne craint pas de détruire, on arrive bien vite à acquérir l'habitude suffisante et à éviter les accidents qui, parfois, font que l'original est perdu sans qu'on ait réussi à le transporter sur le bois. Lorsqu'un original est précieux et difficile à reproduire, nous ne conseillerons pas aux débutants d'en risquer le transport direct. Mieux vaudra recourir à la photographie sur bois et surtout à l'héliogravure.

Enfin, le transport des tracés peut se faire sur verre aussi bien que sur bois. On obtient par ce procédé de véritables clichés transparents, soit pour faire des projections avec la lanterne magique, soit pour amplifier considérablement les courbes dont l'œil, même armé de la loupe, ne pourrait saisir tous les détails.

EFFETS DES EXCITATIONS DES NERFS SENSIBLES SUR LE CŒUR, LA RESPIRATION ET LA CIRCULATION

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