‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. Marey (volume 2)Chapitre 35 sur 68 · C. Muqueme sousrS^oÙ¥fue eï ifacltéale · texte numérisé non relu

C. Muqueme sousrS^oÙ¥fue eï ifacltéale

En regard de ^îette sensibilité exquise de la muqueuse qui

tapisse répiglotte. et la région sus-glottique du larynx, on àqiX

rappeler la tolérance extrême,' de la mûqueusç des régions

spus-jacéntes. Il existe une délimitation aussi tranchée entre

(1) Cl. aernnrd, Sy&û oerr. t. i p. m\.

âl4; FRANÇOIS' FRANCK.

la sensibiliié sus et sous-glotliquo qu'entre l'innervation de l'une et l'aulre. régions. La localisation rigoureuse de l'excita-; tipn est possible quand on a soin de préserver du contact des vapeurs ammoniacales la partie supérieure de la muqueuse et d'appliquer l'extrémité du pinceau exactement en un point. Or, à partir de la face inférieure des cordes vocales jusqu'aux régions les plus basses de la muqueuse trachéale que puisse a,Lleindre une excitation directe, on constate la disparition complète des troubles qui sont si frappants quand on remonte au-dessus du niveau des cordes vocales.

. La ligure 118 a été fournie par le même animal qui présentait les grands arrêts du cœur et de la respiration à la suite de' l'attouchement du vestibule du larynx.

' Onconstale qu'il ne s'est produit absolument aucune modification des pulsations du cœur ou des mouvementsrespiratoires après l'application du pinceau chargé d'ammoniaque caustique sur la muqueuse sous-glottique.

, Cette même tolérance de la muqueuse a été constatée pour le chloroforme en applications directes.

De plus, nous avons remarqué, le professeur Marey et moi, que l' introduction des vapeurs du chloroforme dans le poumon par une bifui-calion de la canule trachéale, à une distance suffisanle des narines de l'animal, ne provoquait aucune espèce de troubles cardiaques ou respiratoires, aucun mouvement général : le lapin, soumis aux inhalations de chloroforme par la trachée, s'endormait paisiblement.

J'flirendulémoinde cette insensibilité relativedela muqueuse trachéale le professeur Dogiel, qui avait admis autrefois que

EFFETS DES EXCITAÎldNS, ETC. ^ 24o

les désordres respiratoires et cardiaques pouvaient avoir leur point de départ dans toute l* étendue de la muqueuse respiratoire. Il est vraisemblable que, dans les cas observés par M. Dogiel, le chloroforme présenté à la canule trachéale était à une trop faible distance des narines, et qii.e dès lors les arrêts constatés tenaient à une impression sur le trijumeau.

Il semT)le donc bien probable que les actes convulsifs,' les spasmes respiratoires et les désordres cardiaques si fréquents - chez riiomme et chez les animaux au début de Fadministratîon 4\x chloroforme tiennent, comme Font déjà montré MM. Gl. Bernard, P. Berl, etc., à l'irritation violente des filets sensitifs des narines, des lèvres, du larynx (portion susglottique) (1), tandis que tous ces troubles, quelquefois si graves, manquent complètement quand les vapeurs irritantes pénètrent directement dans les poumons par la trachée.

(1) Le professeur Paul Bert exprime ainsi les conclusions de ses recherchés : « n n'existe point/dans l'intoxication aneslhôsique, de véritable période d'excitation ; rirritation due au contact du chloroforme avec les muqueuses est là cause principale de l'agitation manifestée par }es animaux soumis à son înh'a- Jatron (a). »

' Cl. Bernard (/>) : « Cotte nécessité d'administrer les agents anesthésiques par le poumon est regrettable : le chloroforme irrite la membrane muqueuse du pharynx et les nerfs sensitifs très-délicats qui se distribuent dans ces parties; il en résulte des mouvements convulsifs et des phénomènes d'asphyxie, souvent une suffocation f quelquefois la mort. »

A propos des inhalations trachéales (c) : « Si ce procédé n'exigeait pas une trachéotomie, ce serait assurément le meilleur.de tous à employer. »

Gé sont là des considértition's d'une haute gravité au point de vue de Tadministration des anesthésiques chez l'homme ; je comprends, que les chirurgiens

, qui ont eu à déplorer des accidents au début de l'administration du chloroforme, se soient enthousiasmés pour les injections întra-velneuses de chloraVqai du moins ne présentent point ces terribles surprises. Maisjusqii'àceque le chloral ait fait ses preuves, et sans me permettre d'en juger en aucune façon l'opportunité, je rappelle les lignes suivantes du professeur Ijsrnard {d) : « Quand on administre le chloroforme ou l'élher en débutant par une forte dose, il se

, produit une action irritante très-vive sur l'entrée des voies respiratoires, qu provoque des contractions gpasmodiques parfois. très-violentes, et une suspension de l'acte .respiratoire Lorsqu'on donne le chloroforme lentement, les

choses no se passent plus de môme. » Ces paroles sont à méditer, ei peuvent donper à réfléchir à ceux qui croient qu'on doit sidérer les patients "au lieu de les aneslhésier progressivement.

(fl) P. Bert. Comptes rendas Acad. se. 1867. T. LXIV. — Journal âe l'Anut, et ie' la Phy»., 1867 p. 336u i.ili) Ci. Bernard. ~ Aae^lhésiqttes^'pAiH*

(c) id» id, — i»M/A,, p. 93 et suiv. • ..

(rf {Ibtd.)

â46 FRANÇOIA-PITANCK,

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