PAR LES IMPRESSIONS DOULOUREUSES
L'arrêt diaslolique (ou le ralentissement plus ou moins considérable du cœur) et la suspension de la respiration, observés à la suite de rexcitation des narines du lapin par Taltouchement avec des liquides irritants et volatils, ne forment qu'un cas particulier d'une loi générale exprimée par le professeur Cl. Bernard en ces termes : « V arrêt du cceur ou syncope peut succédera toute action perturbatrice violente et sulfite, ' de quelque nature quelle soit,»
Chez rhomme, un grand nombre d'intermittences du cœur, de syncopes et quelques morts subites, ne reconnaissant pas d'autre cause qu'une impression douloureuse violente, quelle qu'en soit l'origine (cérébrale ou périphérique).
Les appareils précis employés pour l'exploration et l'inscription des battements du cœur, des variations de la pression artérielle, des mouvements respiratoires, etc., permettent de saisir tin àrrét passager du cœur et bien d'autres détails qui ont pu échapper à l'observation simple, r u^iA'iW Gxcite, avec des irritants variés, les principaux nerfs sensibles^ on, f^rrivo aux résultats généraux suivants :
Les excitations des narines avec l'ammoniaque, l'acide iacétique, le chloroformé,' sont transmises au bulbe rachidien (spécialement mais non exclusivement par le trijumeau), tout comme les impressions douloureuses produites par J'àttouche-
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ment avec une aiguille rougie, ou par une forte décharge d'induction.
Le retentissement s'opère sur le cœur par Fintermédiaire des pneumogastriques, et Teffet est proportionnel à Vintensité de Texcitation ; mais il faut tenir compte de la soudaineté de Timpression, de la durée d'application de Texcitant et de V étendue de la surface impressionnée.
L'excitation de la muqutuse laryngée avec les mêmes agents produit des arrêts du cœur et de la respiration très-accusés, quand elle atteint la région sus-glottique (nerfs laryngés supérieurs), des effets presque nuls quand elle porte sur la région sou8-glotliqtJb€ (nerfs laryngés récurrents et anastomose de Galien)..
Les excitations des nerfs rachidiens (branches auriculaires du plexus cervical, racines postérieures, nerfs sciatique et crural, déterminent aussi un ralefitissement.ou un arrêt du cœur (suivant l'intensité de l'excitation) et un arrêt respiratoire.
Les nerfs viscéraux (nerfs des plexus mésentériques) irrités surtout aj)rès inflammation préalable, deviennent le point de départ d'actes réflexes identiques aux précédents, soit chez la grenouille, soit chez les mammifères.
Le bulbe rachidien est le centre par lequel doivent nécessairement passer, pour y être transformées en incitations centrifuges, toutes les impressions péri{dtmqiies sksser intenses pour amener des perturbations cardiaques.
Le trajet suivi dans la substance grise du bulbe a été étudié spécialement pour les excitations du trijumeau : les expériences et l'anatomie permettent de considérer comme réelle l'union des noyaux des trijumeaux entre eux, et avec les noyaux des nerfs spinaux et pneumogastriques ; cette union est opérée par des connectifs directs et entre-croisés.
C'est par les nerfs pneumogastriques que s'exécute la transmission centrifuge des impressions réfléchies sur le cœur, mais ce sont les anastomoses des racines bulbaires des nerfs spinaux qui constituent les voies de réflexion.
Comme corollaire de tout ce qui précède, on peut dire : la suppression des tîentres de réflexion (bulbe), des voies de
transmission ceiitrifiige (tronc du pneumogastrique ou bran-* che interne du spinal), entraîne la disparition dés -troubte» cardiaques provoqués par l'excitation des nerfs sensibles.
En cherchant à supprimer Félément douleuppduP savoir s'ib était nécessaire, que l'impression fût perçue, on s'aperçoit que le chloroforme, le chloral, ia morphine, l'asphyxie et la commotion cérébrale font disparaître les troubles caMiaques i:iui s'observent quand l'animal est sensible. Mais dans tôtis ces cas, les pneumogaskicfues se montrent complètement inexcitables; l'animal n'a donc plus les organes nécessaires à la manifestation extérieure d'une douleur perçue ; ce qui n'împUque en aucune façon, comme le prouve la pratique ehirùrgicale^ que les moyens anesthésiques permettent encore la perception douloureuse. ^
La conservation de l'arrêt respiratoire dans les cas où on a Supprimé le réflexe cardiaque, par la section defe pneumogastriques, par l'iiyection d'atropine, etc., démontt*e l'indépendance des deux ordres de phénomènes cardiaques et ^respiratoires. - ■ . '^'
SECONDE PARTIE