‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. Marey (volume 2)Chapitre 47 sur 68 · APPAREIL MODÉRATEUR DU GCEUR · texte numérisé non relu

APPAREIL MODÉRATEUR DU GCEUR

B. Influences de C intensité et du nombre des exdlaHons.

Pour me faire une idée de la force dfes résistances opposées * à la mise .en jeu des pneumogastriques par Fappareil excitomoteur dû cœur, j'ai voulu savoir si Ton peut arrêter le cœur des grenouilles et des mammifères avec une décharge induite de rupture, unique et très-intense. x

J'employai dans ce but la grosse bobine de Ruhmkorff qui, avec le courant de 6 éléments Biinsen, donne des étincelles de 3 ou 4 millimètres de longueur.

Jamais je n'ai pu obtenir d'arrêt du cœur, avec cette secousse: unique (lîg. 148), ni sur les grenouilles, ni sur les lapins : sur les premières, je n'ai observé qu'un faible ralentissement des battements. Si, au contraire, on excite le pneumogastrique de la grenouille avec, pluisieurs décharges d'induction, quelquefois seulement deux où trois, on obtient nettemeht l'arrêt. Il est donc nécessaire d'exciter le nerf avec une séria de* décharges d'induction pour taincre les résistances opposées à Faction du pneumogastrique.

Nous connaissions, par les travaux die Donders, la propriété j que présente l'appareil terminal des pneumogastriques d'ad- | ditioniier une série d'excitations dont chacune est insuffisante • à produire l'arfêt.

Legros et Onimus se sont attachés à démontrer l'influence croissante des excitations des pneumogastriques à mesure que la fréquence dés interruptions augmente.

J'ai pu m'assurer de la valeur de celte condition dans une expérience faite avec Franck et dans laquelle nous n'avons obtenu aucune modification des battements du cœur en excitant le bout périphérique du pneumogastrique du lapin avec des coups d'induction isolés : cependant Fintensité de chaque excitation était considérable (grosse bobine Ruhmkorff, 6 éléments Bunsen).

Quand ensuite nous avons fait passer dans le même nerf, au-dessous des points primitivement excités, une série de secousses d'induction beaucoup moins énergiques (petite bobine Du Bois-Reymond, 4 Daniell), nous avons obtenu un arrêt presque complet.

Les tracés suivants présentent les résultats que je viens

DE TUtCHANOrr.

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i il .

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APPAREIL IIODBRATBIIR DU CŒUR. SOâ

d'indiquer : la figure 149 se rapporte à l'excitation du pneumogastrique avec des décharges d'induction isolées ; la figure 150 à l'excitation avec une sériede secousses beaucoup moins intenses.

. Fig. im. — EieilalioBs du lufmc pnftumDfiitriqaf, vn peu pins b««, aicc an* siirle de >ecouises indDiWs peu inlensei (Bobïiiï Du HolsJ.

D'après ces résultais, l'arrêt du cœur serait beaucoup plutôt sous la dépendance de la durée que de Vinlensité des excitations du nerf pneumogastrique ; une seule décharge de la bobine de RuhmkorJT vaut, en intensité, des centaines de décharges de la petite bobine Du Bois, mais cette forte secousse ne dure que quelques centièmes de seconde; en diminuant la force de l'excitation et en augmentant sa durée, on obtient des effets qui paraissent tout à fait légitimer notre conclusion.

Je ne terminerai point cette courte note, sans exprimer à M. le professeur Marey et à son préparateur, mon ami. François-Franck, ma -çivc reconnaissance pour l'aimable accueil qui m'a été fait dans le laboratoire.

par E.-J. MAREY.

(suite (1)^)

La première partie de ce mémoire avait pour but de montrer la nécessité qui s'impose au physiologiste de ne point séparer Tétude de la pression du sang de celle de la vitesse de son mouvement. Ces deux notions, en effet , sont nécessaires pour caractériser Tétat de la circulation du sang chez un animal. Du reste, les faits expérimentaux nombreux énumérés dans ce premier travail tendaient à identifier les phénomènes de la circulation artérielle avec ce qui se passe dans les conduits où circule un liquide.

Toutes les variations que peut offrir la circulation vasculairé tiennent à des changements survenus, soit dans dans la force impulsive du cœur, soit dans la résistance que les petits vaisseaux présentent au passage du sang. Or il devient facile de faire la part dé chacune de ces deux influences du moment où Ton connaît la pression et la vitesse du sang dans un vaisseau artériel.

On a vu en outre, dans ce premier travail, que les variations de la pression et de la vitesse du sang artériel sous Tinfluence de Faction cardiaque ont beaucoup d'intensité quand

(1) Voir le premier volume 1875, p. 387.

la pression artérielle est faible, tandis qu'elles sont très-peu intenses quand la pression artérielle est forte.

Ce fait est très-important, car il fournit un moyen indirect de connaître l'état delà pression artérielle chez Thomme. Il révèle entre l'état de la pression vasculaire et l'activité de la fonction cardiaque une solidarité qu'il importe de bien définir.

L'objet des chapitres prochains est de chercher la valeur absolue de la pression du sang chez l'homme, après quoi on essayera de bien déterminer V influence réciproque de la pression artérielle sur le travail du cœur et du travail du cœur sur la pression artérielle.

On peut comparer ces relations à celles qui existent entre la pression de l'eau dans une pompe en action et celle qui existe dans les conduits où cette pompe envoie le liquWe. Le raisonnement tout seul permettrait d'émettre certaines prévisions. Ainsi on pourrait prévoir l'analogie qui existe nécessairement entre les maxima de pression dans la pompe et dans le conduit , la différence qui existe entre les minima de la pression dans ces deux organes, grâce à l'indépendance qu'établit entre eux la clôture de la soupape au moment où la pompe se remplit, etc. Bien que ces raisonnements conduisent à comprendre assez clairement le jeu de la circulation ventriculo-aortique, ils seraient toutefois bien insuffisants pour éclairer le mécanisme merveilleusement délicat de cette pompe vivante. Aussi, eslà l'expérimentation que nous devrons recourir pour obtenir à cet égard des notions précises.

PRESSION ET VITESSE DU SANa. d09

HeMire manométriqiie de la pressl«»ii jdn nmn^ dans les «rtères de

l*liomme.

Importance d'uDe pareille mesure, au point de yuo. physiologique et n^édical, si elle pouvait être obtenue sans mutilation. — Ou peut mesurer la pression inlérleure que supporté un tube ou une ampoule en communication avec le sang artériel en faisant agir une contre-pression extérieure que l'on mesure.

. Expérience du sphygmoscQpe. -— Appareil servant à placer la mqin et Tavant-bras dans* l'air comprimé; mesure de la pression du sang sur l'homme. — Immersion dé la main dans de l'eau sous pression; inscription des changements de la pulsation.

Dans un des mémoires contenus dans ce volume (1) j'ai dit comment, à travers. les tissus vivants, on peut apprécier. les changements rhythïnés de la pression cardiaque ou artérielle. Mais ce n'est là qu'une mesure relative,; annonçant que .la pression s'élève ou s'abaisse plus ou moins vite et que ses variations ont plu« ou moins de durée; serait-il possible .d'avoir, 3ur l'homme vivant, la mesure absolue, de la pression du sang, telle que le manomètre la donne sur les. animaux?

On trouve dans la science des exemples d'application du manomètre aux artères humaines, mais ces cas sont fort rares et ne peuvent passer que pour de stériles satisfactions de la curiosité des expérimentateurs, tandis que si Ton trouvait ;un procédé simple et pratique de mesurer la pression du sang chez l'homme, on rendrait un véritable service non-seulement à la physiologie, mais à la médecine. Je ne veux pour preuve de cette dernière assertion que l'ardeur que certains médecins ont mise à rechercher un sphygmographe qui marquât la valeur absolue de la pression artérielle.

Je crois avoir surabondamment démontré que cette recherche est vaine, attendu que la force avec laquelle une artère

(1) La méthode graphique, chap. X.

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