‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. Marey (volume 2)Chapitre 48 sur 68 · Q ' MARK Y · texte numérisé non relu

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doit être comprimée pour que la pression du sang qu'elle renferme soit vaincue par une contre-pression extérieure, cette force, dis-je, varie suivant le diamètre du vaisseau. Or comme ce diamètre change suivant certaines influences physiologiques, et comme d'autre part, les variétés anatomiques du calibre des artères sont très-nombreuses, il est impossible de réaliser Je sphygmographe idéal qui mesurerait la pression absolue du sang artériel.

Mais si, au lieu de comprimer un vaisseau sur une de ses faces, on plongeait ce vaisseau dans un milieu comprimé à une pression qu'on pût graduer, il est clair qu'en élevant peu à peu la pression du milieu ambiant, on arriverait à un moment où la pression intérieure serait vaincue. Le moment où se produirait l'affaissement du vaisseau signalerait l'instant où la pression ambiante, mesurable au manomètre, arriverait à dépasser la pression intra-artérielle.

Ce procédé de mesurer une pression intérieure par une contre-pression extérieure peut être appliqué à un organe vivant qu'on plonge dans le milieu comprimé. En élevant graduellement la contre-pression pendant qu'on la mesure avec un manomètre, on voit, à un instant donné, que le membre ainsi comprimé extérieurement devient pâle et diminue notablement de voluinè ; c'est qu'alors la pression du sang artériel est surmontée et que le sang ne peut plus pénétrer dans l'organe exploré.

La contre-pression dont le manomètre indique en ce moment la mesure est sensiblement égale à la pression artérielle.

Pour rendre plus facilement intelligible le mode de mensuration dont je me suis- servi, l'expérience suivante me semble une préparation utile.

Prenons un sphygmoscope, appareil dont la description a été donnée précédemment (1), et mettons-le en communication avec une artère du schéma de la circulation. Nous verrons son ampoule s'emplir, puis rester tendue en permanence en présentant de très-légers mouvements de gonflement et de resserrement suivant que la pression intérieure s'élève ou s'abaisse. Dans ces conditions, la pression du liquide se met in-

(1) La méthode graphique, chap. XI, p. 197.

SU

cessamment en équilibre avec la force élastique dés parois de Tampoule de caoutchouc de très-petits changements de volume de cette ampoule suffisent à faire varier la force élastique de ses parois assez pour contre-balancer les différents degrés de la pression du liquide intérieur.

Remplissons d'eau la cavité du manchon de verre qui entoure Tampoule de l'appareil et le tube de transmission; enfin adaptons celui-ci à un manomètre également plein d'eau. Nous constaterons que ce manomètre exécute de très-faibles mouvements, parce qiie la pression du sang ne lui arrive que très-* partiellement, étant pour la plus grande partie contre-balancée par l'élasticité de l'ampoule de caoutchouc.

Fi?. 151. — Disposiliou pour mesurer la pression à Tintérieur de rampoule S, d'après la

contre-pression développée à sa surface extérieure.

Le tube T porte un branchement qui le rdië à une seringue à vis remplie d'eau. Poussons une certaine quantité d'eau dans l'espace qui communique avec le manomètre, cet instrument indiquera un niveau de pression plus élevé ; en même temps on verra ses -oscillations devenir plus étendues. C'est que l'ampoule S a diminué de volume, et que la force

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