‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. MareyChapitre 21 sur 93 · DESCRIPTION DES APPAREILS ET DES PROCÉDÉS D 'EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DES APPAREILS ET DES PROCÉDÉS D 'EXPÉRIENCES

Pour nos recherches sur la grenouille, nous avons adopté les appareils employés par M. Marey (1) dans ses recherches myographiques. Ainsi, nous nous sommes servi du myographe de Marey à levier horizontal, qui constitue un instrument fidèle, facile à manier, et fondé sur le principe commun, Texploration et Tinscription avec le levier. La courbe du phénomène était tracée par la plume inscrivant sur un papier recouvert d'une légère couche de noir de fumée et entourant un cylindre tournant ; celui-ci était adapté â Taxe le plus rapide d*un mouvement cl*horlogerid dont l'uniformité est assurée par un régulateur de Foucault. Nous avons contrôlé la régularité de la rotation du cylindre à l'aide d'un diapason, dont les vibrations étaient inscrites tantôt directement, tantôt électriquement, et ainsi nous nous sommes assuré que le cylindre, dont la circonférence était de 42 centimètres, tournait tou-

(1) Marey. La Méthode graphique, p. 508.

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jours avec une vitesse de 280 millimètres par seconde ;, il faisait donc un tour en une seconde et demie.

Pour éviter toute cause d'erreur dans l'arrangement des appareils, j'ai veillé à ce qu'il n'y eût ni frottement ni résistance inutile qui eût pu amener un retard. Le levier, à la base duquel le tendon du muscle s'attachait au moyen d'un fil inextensible, était d'une longueur de 12 centimètres ; une plume de baleine réduite à une très faible épaisseur, terminée en pointe fine était adaptée à TeXlfémité libi*e du levier à l'aide d'une parcelle de cire â modelef. Pour fticiliter la descente de la plume dans la période de relâchement du muscle, et pour donner en même temps une tension convenable au muscle, je me suis servi d*un poîds tenseur adapté récemment par M. Marey à ses nouveaux myographes. C'est autour de la base du levier, muni à cet effet d'une gorge, que s'enroule un ftl élastique, qui soutient un petit plateau sur lequel j'ai toujours placé 10 grammes.

Pour obtenir des graphiques des secousses musculaires imbriquées verticalement, je faisais cheminer le myographe, avec la plaque de liège portant la grenouille, sur. un chariot qui, entraîné par un mouvement d'horlogerie, glisse sur un chemin de fer. Ainsi, j'obtenais le déplacement du myographe parallèlemetit au cylindre sans toucher l'appareil petldalit toute la durée de l'expérience, ce qui me permettait d'éviter toute cause d'erreur.

Gomme excitations électriques, je me suis servi petidant quelque temps des décharges d'induction d'une pile de Grenet et du chariot de du Bois-Reymond. Mais bientôt j'ai renoncé â ce procédé qui donne des excitations très inégales. Alorô, pour avoir des excitations parfaitement égales, j'ai eu recours aux décharges d'un condensateur employé maintenant presque exclusivement par M. Marey dans ses expériences sur les muscles. Ce condensateur, qui permet de savoir quelle quantité d'électricité est employée dans chaque excitation, correspond à un dixième dé mlcro^farad subdivîsible lui-même eti dixièmes. La disposition de l'appareil électrique était la suivante : d'utie pile constante de Gaiffe (24 éléments de Ddniell), le fil négatif se rend à l'armature supérieure du condensateur, d'où il continue son tr^get et, aprèà avoir passé par Un levier-

RECHBRGHBS SUR l'bXCITATION LATHNTB DU GASTRO-GNÉMIBN. i09

clef de du BoU-rReynwnd^ il ae rend à un interrupteur automatique. Sur ce trajet, entre la clef et Vinterrupteur, se place le muscle. L'autre fil venant du pôle positif se rend à Tinterrupteur auquel vient aussi de la face inférieure du condensateur un iil qui se termine dans une tige oscillante, pouvant se porter tour à tour contre les deux bornes, dans lesquelles viennent se rendre les fila négatif et positif. Cette tige, dont l'extrémité est en verre» constitue la partie essentielle de Tinterrupteur ; en reliant tour à tour la foce inférieure du condensateur avec la pile ou avec Tarmature supérieure, elle produit tantôt la charge, tantôt la décharge. Comme excitateurs, je me suis servi des conducteurs métalliques ordinaires soutenus par une tige de plomba qui était portée par une pincesupport appliquée sur la plaque de liège. Cette tige de plomb se pliant très facilement, permettait de maintenir les rhéo^ phores en place sans risquer les défauts de contacta Enfin, pour éviter la recomposition possible des courants à trar vers les pièces métalliques de Tappareil, nous avons isolé la plaque du myographe de la plaque de liège par une bande de taffetas gommé et attaché le tendon au levier par im fil de chanvre. Pour avoir des excitations toi^ours à un même instant de la rotation du cylindre, nous avons placé sur Taxe même du cylindre une roue dentée concentrique à 400 dents. Sur un support était une autre roue aussi de 100 dents, qui porte une goupille au moyen de laquelle Textrémité de la tige oscillante de T interrupteur électrique est soulevée à chaque tour de la roue. Quand on place l'appareil de telle sorte que les deux roues s*engrènent réciproquement, ces deux mobiles ayant 100 dents, il s'ensuit que chaque révolution du cylindre provoque une excitation électrique de la grenouille.

En renvoyant, pour plus de détails, à la description minutieuse de ces appareils par le professeur Marey, dans sa Méthode graphique (p. 508 et suiv.), nous parlerons encore de l'exécution des expériences et du moyen de déterminer sur le tracé la période latente du muscle.

Je me suis servi ordinairement de grenouilles d'hiver (Ramt esculenta)^ de taille moyenne. Mais pour étudier la durée de temps perdu dans diverses circonstances, j'ai eu aussi recours

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à des grenouilles de différentes tailles et a des grenouilles d*été» Les grenouilles étaient conservées dans unegrande caisse remplie d'eau courante et placées dans une chambre non chauffée. Avant le commencement deTexpérienceJ'ai examiné tous les appareils pour m*assurer s'ils fonctionnaient bien et pour pouvoir commencer l'expérience aussitôt après. avoir préparé le muscle, en évitant ainsi son dessèchement et les suites de la fatigue. Après avoir fixé la grenouille sur la planchette de iège couverte par du taffetas gommé, j'immobilisais l'attache supérieure dugastro-cnémien, en plantant une épingle au-dessous du genou correspondant, dans l'espace tibio-péronéal. Alors je mettais à nu le tendon du gastro-cnémienparune section de la peau ayant 1 centimètre 1/2 de longueur, je détachais de la jambe une partie de muscle avec le tendon, et après avoir sectionné ce dernier près du muscle sans la moindre perte de sang, je le liais solidement avec un fil de chanvre très fin que j 'attachais d'autre part au levier inscripteur portant à cet effet un curseur mobile muni d'un crochet. Ce curseur était placé dans toutes les expériences à 2 centimètres 1/2 de Taxe de rotation du levier inscripteur. Les conducteurs électriques reposaient au-dessous du muscle» et, tout en restant en parfait contact avec lui ne produisaient pas le moindre frottement pendant la contraction. Pour éviter les déviations, flexions et frottements du levier lui-même, nous avons pris soin que la traction du muscle s'exerçât dans un plan horizontal, parallèle à celui dans lequel se mouvait le levier, et que celte traction s'exerçât aussi perpendiculairement que possible par rapport à la direction du bras de levier. Ceci étant fait, nous avons placé le chariot portant la grenouille avec le myographe bien parallèle à l'axe de rotation du cylindre que nous avons mis en mouvement. Tant que le cylindre n'avait pas acquis toute sa vitesse, la clef restait ouverte et l'électricité ne passait pas ; nous évitions ainsi les excitations inutiles qui pouvaient fatiguer le muscle. La plume bien appliquée contre le papier enfumé qui couvrait le cylindre traçait pendant ce temps l'abscisse, et ce n'est qu'au moment où le cylindre était en pleine vitesse, que la clef était fermée. Le muscle recevait alors des excitations, et on voyait la courbe de la contraction musculaire s'élever au-dessus

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de Tabscisse tracée. La courbe était toujours régulière, ce qui indiquait que toutes les conditions nécessaires d'une boime expérience étaient remplies.

Quand je me suis servi des appareils d'induction, le moment d'excitation était marqué par le signal Deprez. Mais pour avoir par ce moyen des indications exactes, il faut que la pointe du levier inscripteur et la plume du signal se trouvent constamment sur la même ligne droite parallèle à Taxe du chariot ou du cylindre, sinon des erreurs peuvent se produire. Pour cette raison nous avons abandonné ce procédé de déterminer le début de l'excitation et nous avons eu recours à un autre moyen, qui est même devenu nécessaire dans la plus grande partie des expériences où nous nous sommes servi des décharges du condensateur. Ce moyen, depuis longtemps indiqué par Helmholtz, consiste à tourner le cylindre le plus lentement possible : le muscle excité transmet son mouvement au levier qui trace alors une ligne droite perpendiculaire a l'abscisse. Le point où cette ligne part de l'abscisse indique le vrai moment de l'entrée de l'excitation électrique dans le muscle. En prolongeant cette ligne par le glissement du chariot, nous avons tracé pour toute la série d'expériences le vrai moment d'excitation du muscle. Malgré cela, pour être tout à fait sûr que ce moment est bien toujours celui de l'excitation, nous avons répété souvent dans le cours de la même expérience cette épreuve, et le moment d'excitation est toujours tombé sur la ligne tracée d'avance. Nous nous sommes assuré aussi que le moment de l'excitation est toujours exactement marqué dans le même point, soit qu'on Tait tracé par la secoiisse du muscle pendant une très lente rotation du cylindre, soit qu'on ait eu recours au signal de Deprez, si celui-ci est bien disposé. — Le commencement de la contraction était déterminé dans le point où la courbe musculaire se détache de Tabscisse, qui était toujours une ligne parfaitement droite. — Nous avons employé toujours des excitations faibles pour le courant induit comme pour la décharge du condensateur. Dans le premier cas, la bobine induite était à 10 (le étant le point du rapprochement complet des deux bobines). Dans le second nous avons employé 8 éléments de la pile de Gaiffe avec 5 subdivisions du micro-farad.

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— Noua avons mei^uré le temps avec un diapason qui ii^scri^ vait sup le cylindre âSO vibrations par seconde, ce qui nous a permis de compter les fractions de seconde avec une préci*sion parfaite. Nous avons exprimé nos chiffres en millièmes en acceptant tout ce qui dépassait le 0,QÛÛ5 comme 0^001 et en rejetant les chiffres au<«desaous de 0,005.

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