LATENTE DU MUSCLE
Pour étudier rinfluence de la fotigue du muscle sur la durée de Texcitation latente du gastro-cnémien, j*ai excité successivement le muscle pendant quelque temps. A cet effet, le cylindre tournait toujours avec la même vitesse pendant un temps déterminé. La clef étant fermée à chaque tour du cylindre, c'est-à-dire toutes les secondes et demie, le muscle était excité par des excitations égales et équidistantes. Alors nous avons constaté une augmentation de la durée de la période latente à mesure que le muscle se fatiguait et que la courbe musculaire s'allongeait. Après iO à 15 minutes d'excitation, c'est-à-dire après avoir envoyé au muscle 400 à 600 excitations successives, la durée du temps perdu est devenue plus de deux fois plus grande que dans l'état normal. Cette durée s'élevait de 0,008" à 0,018'' même à 0,021'' et 0,03 de seconde.
L'influence de la fatigue sur la contraction musculaire déjà mentionnée par Helmholtz, Boeck, et Wundt (1) a été étudiée surtout par Marey, Volkmann, Kliindell (2), Kronecker(2), Funke (4), Rossbach, Harteneck (5) et Carlet (6). Tous
(1) Wundi, Die Lehre von der Moskelbewegung. Brauntchweig p. 187,
(S) Klundell. Voruntersuch. uber (L Verl. d. muskelzuckung. Arb. aus d, Kieler physiol. Institut p. 107, 1870.
(3) Kronecker. Ueber die Ermfidung u. Erhohlung d. querges. muskels. Ber. d. k. sâchs. Ces. d. wiss, matb. phys. p. 177, 1871.
(4) Funke. Ueber den Einfluss dor ErmûduDg auf d. zeillichen Verlauf d. muskellhâtigkeit Arch. f. d. Ges. pbysioL t. VIII, p. 240, 1874.
(5) Rossbach et Hêrleneck. Unters. uber Ermûdung u. Erhohlung d. quergestr. œuskelnd. warm. u. Kaltblûter. Verhandl. d. phyaik. nicdic. Gesellsch. in Wûrzburg, t. XI, p. 153-178.
(6) Carlet, Sur le retour de la contractilitô dans un muscle, etc. C.-Rend. de l'acad. d. sciences, 22 juillet 1877.
IGO
8,10etl2
14 et 16
124 MENDBLSSOHN.
ces physiologistes ont trouvé un allongement de la courbe musculaire et une augmentation de la durée de la contraction sous rinfluence de la fatigue. Volkmann donne aussi des chiffres 0,0455-0,0715 pour la durée du temps perdu d'un muscle fatigué. Dans nos expériences, nous avons observé un allongement graduel de la période latente à mesure que la fatigue augmente. Voici, par exemple, les valeurs du temps perdu dans une expérience où le muscle était excité continuellement pendant 18 minutes, tandis que la contraction musculaire n'était enregistrée que toutes les 2 minutes. (S^oy, flg. 25.)
Au début de rexpérienee. • 0,008 de seconde.
Au bout de :
2 min. et après 80 excitations la période latente est 0,011 —
On voit bien qu'au bout de 18 minutes, c'est-à-dire après avoir envoyé au muscle 720 excitations, la période latente est devenue plus que deux fois et demie plus grande que dans l'état normal.
La courbe s'allongait de façon qu'elle ne revenait plus à l'abscisse après un tour du cylindre et la hauteur de la courbe dans cette expérience, étant au début de 8 millimètres, est devenue 3 millimètres 1/2.
Cette régularité dans l'allongement du temps perdu des muscles sous l'influence de la fatigue ne s'observe pas si on laisse reposer le muscle. Alors le muscle n'étant pas excité se répare plus ou moins, quoiqu'il revienne rarement à son état primitif. Si on excite le muscle successivement pendant cinq minutes et si on le fait reposer pendant quelques minutes, la durée de l'excitation latente qui suit le repos du muscle est presque la même que celle du début de l'expérience. Mais en donnant un repos 4e dix minutes au muscle après l'avoir excité successivement pendant 15 minutes, c'est-à-dire après lui avoir envoyé 600 excitations, la période latente qui suit ce repos ne revient jamais à la durée primitive; elle
T LATSKTK DO fiASTBa-CMBIIlgN. 1X5
présente une durée égale à celle qui était observée après la 250* ou 30O excitation. Évidemment le muscle fatigué par de longues excitations ne revient pas aussi facilement h son état normal et la fatigue provenant du travail du muscle l'emporte sur l'effet réparateur du repos. Si on envoie toutes les 3 ou 4 minutes une seule excitation à un muscle, au bout d'une heure on n'observe pas de changements dans la durée de la période latente, ou cette durée, augmente très peu, ce qui peut être également attribué au refroidissement et au dessèchement du muscle détaché pendant une heure d'expérimentation.
Fif. Ht.— AcctoiueniCBl te It périoda J'cxciUIion litinieeidl>ljiiilaii de l'ittplinde tt* sccontMi niBcutlIrci pir la fi ligne.
Ces effets de la fatigue s'observent sous l'influence des courants galvaniques aussi bien que sous l'influence des courants induits, mais ils se manifestent plus rapidement quand on emploie les courants galvaniques.
Enfin ajoutons que, sur les graphiques obtenus dans les recherches sur la durée de l'excitation latente d'un muscle fatigué, nous avons eu aussi l'occasion d'observer, sous l'influence de la fatigue, une augmentation de la durée de la secousse musculaire et un allongement de la courbe, aussi bien dans son ascension que dans sa descente. Mais
126 MISNDBLSSOBN. .
c'est surtout la partie descendante de la courbe qui s'al* longe, et, dans les plus hauts degrés de la fatigue, la courbe ne revient plus à son abscisse pendant une rotation du cylindre, c'est-â-dire pendant une seconde et demie. L'excitation ultérieure trouve alors le muscle raccourci par une excitation précédente. Il nous est difficile d' expliquer ce raccour* cissement du muscle par les hauts degrés de la fatigue et cela serait peut-être d'accord avec le fait constaté par Vo/fcmann (1. c), et déjà connu par Weber, que l'extensibilité du muscle augmente avec une fatigue modérée et diminue avec une fatigue exagérée, quoique ce fait ne soit pas admis par Luchsinger (1) dans ses recherches faites dans le laboratoire de Hermann. La durée de la période latente d'un muscle raccourci par la fatigue augmente toujours un peu en suivant encore les effets de la fatigue ou , ce qui arrive le plus souvent, cette durée ne change plus et reste constante jusqu'à l'épuisement de la contraclilité musculaire par la fatigue.
(1) Lucbsingeti Arch. f, d. gesam. Physiolog., p. 205, l. VI, 1871.