‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. MareyChapitre 24 sur 93 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DURÉE DE l'excitation LATENTE DANS UN MUSCLE CONTRACTÉ , DANS UN MUSCLE DONT ON A COUPÉ LE NERF MOTEUR.

1" Muscle contracté.

Nous avons tu dans nos expériences que sî on excite un inuscle déjà raccourci par une contraction précédente, il présente une secousse d*une amplitude plus grande et une période latente plus courte. Nous avons ainsi excité les muscles dont la courbe n'était pas encore revenue à Tabscisse, c'est-à-dire qui se trouvaient encore dans la période passive de leur contraction. La période latente devenait d'autant plus longue que le muscle était excité à un moment plus voisin du retour à son état normal, c'est-à-dire à un moment où la seconde conti*action arrivait en un point de la descente de la première plus voisin de l'abscisse* Évidetnment le InusCle contracté est plus excitable et il réagit plus vitCâ Satis chercher l'explica-^ tion de ce phénomène ni dans la théot^ie physique de du Bois^ Heymondini dans la théorie chimique^ nous nous dontentond de le signaler ici. Ce fait^ du reste^ a été déjà en pat'tie observé pai* plusidut'd physiologistes qui ont tfouVé uile augmentation de l'exdtabilité du muscle (Contracté; Du Bois- Heymond (1), qui a constaté une diminution de la résistance d'un muscle ^raccourci, à vu l'augmentation de l'excitabilité dans un muscle tétanisé. Charles Richet (â)j dans ses i*éôéntes recherches sur l'excitabilité du muscle pendant les

(i) pu Èotd'Rtè^mond, Gbsam. Abhand. t. Il, ^, 94. (j) Gh. Richet. De l'excitabilité du inuscle pendadt les dtfférenteâ péHodës db sa contraction. C* H. Acad. doé sciences) 28 juillet 1879;

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différentes périodes de sa contraction, arrive à conclure que le muscle en état de contraction est plus excitable qu'à Tétat * de repos.

Cependant il y a quelques exceptions. Nous avons vu déjà qu'un muscle raccourci par la fatigue provoquée par des excitations successives ne donne pas, si on Texcite pendant qu'il est raccourci, une courbe plus élevée et un temps perdu plus court. Au contraire, la courbe s'allonge toujours et le temps perdu augmente ou reste stationnaire sous l'influence de la fatigue. Probablement le phénomène de l'augmentation de l'excitabilité dans un muscle raccourci est dans ce cas masqué par les effets de la fatigue qui prédominent. Nous verrons plus loin une exception semblable pour le raccourcissement d'un muscle vératriné.

Nous n'avons pas cherché la période latente d'un muscle excité pendant la phase active de son raccourcissement, ce qui a été dernièrement étudié par H. Sewall (1. c). Ce physiologiste prétend que si on envoie une seconde excitation au muscle, avant le commencement de la secousse provoquée par la première on voit que la période latente de la seconde secousse est à peu près ou tout à fait annulée, et pour les deux secousses il y a sommation, dès le début de la secousse, des deux excitations.

En résumé, nous pouvons dire que la période latente d'un muscle raccourci par une secousse précédente diminue en raison du raccou^'cissement du muscle, si celui-ci ne dépasse pas sa limite normale, ou si le muscle n'est pas très fatigué par une série d'excitations successives.

2** Section du nerf moteur.

Pour étudier l'effet de la section du nerf moteur sur la durée de la période latente, nous avons laissé tourner le cylindre d'une façon continue, et, après avoir enregistré la période latente normale du gastro-cnémien, nous avons découvert le nerf sciatique au niveau de la moitié inférieure de la cuisse. Le nerf étant sectionné, nous avons excité le muscle directement et enregistré le temps perdu.

RBGBERCHB8 SUR L*BXC1TÀTI0N LATENTE DU 6ASTR0-GNÉMIEN. 129

. Or, nous avons toujours trouvé la période latente du mmcle diminuée aussitôt après la section du nerf. Cette période, à Tétat normal, était de 0^008 de seconde ; elle n'est plus après là section du nerf que de 0,004 et moins encore. En même temps, la hauteur de la courbe musculaire augmente de 1 à 3 millimètres. La période latente d'un muscle diminue donc aussitôt après la section du nerf ; elle reste diminuée pendant 10 à 15 minutes; elle commence ensuite a revenir à sa valeur normale, et enfin, au bout de 30 à 40 minutes, elle augmente . Ce dernier phénomène est probablement l'effet de la fatigue ou du refroidissement du muscle. Parfois, la durée de la période latente^ tout en étant diminuée après la section du nerf présente pendant plusieurs minutes quelques irrégularités et ce n'est qu'après 3 à 5 minutes qu'elle reste désormais continuellement diminuée. Le tableau suivant réprésentant les données obtenues dans deux expériences, explique mieux les phénomènes qui se produisent dans le muscle dont le nerf moteur a été sectionné.

lr« EXPERIENCE.

PCaiODE LATBRTB.

(Dimiaotion régulière.)

Normale 0,008

Nerf sectionné.... 0,00ft

Après B minotes

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