EMPLOI D*DN NOUVEAU POLTGRAPBE
période (en dessous de Taccolade) sont de même durée; la révolution cardiaque à repos trop court, et celle à repos trop long^ «goûtées entre elles, ont la même durée que deux révolutions normales. On peut s'assurer de cette égalité en mesurant au compas l'intervalle qui sépare le début de la l'** systole de celui de la 3*^ ; cet intervalle est le même que celui qui sépare le début de la 3"" de celui de la 5* (1*^ pulsation de la période suivante).
Ce rythme ne s'observe pas dans les irrégularités que produit l'insuffisance mitrale; il se rencontre, au contraire, constamment lorsqu'on trouble le rythme du cœur par des excitations électriques ou autres (1). Il est assez vraisemblable que des influences excitatrices intervenaient chez le sujet qui a donné ces tracés et provoquaient les systoles anticipées.
Enfin, ces (tracés superposés permettent de mesurer le retard de la pulsation artérielle sur celle du cœur et montrent que ces retards sont inégaux, suivant l'intensité de la pulsation artérielle. Quatre repères s'observent dans la figure 54 ; tous quatre correspondent aux débuts des systoles ventriculaires ; or, la 4" systole du cœur précède la 4* pulsation artérielle d'un temps à peu près double de celui qu on observe pqur les pulsations normales. Les expériences sur la vitesse, de propagation des ondes liquides m'avaient déjà montré que la vitesse de transport des ondes faiblement lancées est moindre que celle des ondes à grande force.
Il est probable qu'en poussant plus loin l'analyse comparative de ces deux courbes, on y trouvera encore bien des renseignements intéressants; ce qui vient d'être dit suffît pour montrer combien les tracés simultanés révèlent de caractères importants qui échappent au toucher le plus délicat et à l'oreille la plus exercée.
Double tracé physiologiquey cœur el pouls, avant et après
un effort.
Des expériences antérieures, dans lesquelles je n'inscrivais qfue les battements du pouls radial, m'ont fait voir que cer-
(1) Voir le Mémoire sur les excitations électriques du eœur^ Trav. Lab, 1876, p. 08.
taines modifications se produisent toujours dans Tamplitude, la forme et la fréquence du pouls, après un effort prolongé. Ces tracés sont bien connus et j'en ai souvent représenté des types (1) dans lesquels on peut suivre les modifications qui se produisent pendant et après l'effort. Mais ces courbes, recueillies sur des cylindres tournant deux fois moins vite que celui du nouveau polygraphe, ont un aspect un peu différent qui pourrait dérouter le lecteur non prévenu. La figure 55 montre une pulsation du cœur C et du pouls radial R avant un effort qui a lieu en E pendant l'arrêt du cylindre. L'effort a duré environ 30 secondes, et dès qu'il eut cessé, on remit le cylindre en marche; les deux tracés, cœur et pouls, furent recueillis jusqu'à la fin de la figure.
On voit, dans la ligne du pouls, la forme des pulsations se modifier immédiatement après l'effort : le sommet en est plus aigu, l'amplitude moindre, la fréquence plus grande; mais, peu à peu, ces caractères disparaissent et le pouls devient plus ample et plus rare qu'avant l'effort.
Dans rinterprétation de ces changements de forme, j'ai dit autrefois (2) que, pendant la durée de l'effort, le sang est expulsé plus abondamment des artères, par la compression intérieure à laquelle l'aorte est soumise, dans le thorax et l'abdomen ; que, d'autre part, le sang veineux, retenu par l'effort aux abords des cavités thoraciques et abdominales, s'accumule dans les veines. Au moment où l'effort cesse, on a donc : d'un côté, des artères flasques et à faible tension; de l'autre, un flot de sang veineux qui se précipite dans les grosses veines et dans le cœur droit, aussitôt que la pression baisse dans les cavités splanchniques.
Les premières pulsations qui suivent l'effort se ressentent de la vacuité du cœur ; mais bientôt le sang veineux rentre dans le thorax, puis, ayant traversé le poumon, afflue au cœur gauche avec une abondance croissante : de là, les fortes pulsations, conséquence des ondées volumineuses envoyées par le cœur dans le système artériel. Ces effets n'exigent pour se produire que trois à quatre secondes, tant est rapide le pas-
(1) Voy. Méthode graphique^ p. 584.
(2) Physiologie médicale de la circulai ion du saog, p. 296.
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sage du sang par la petite circulation. Une ligne ponctuée montre sur le tracé R que la pression du sang dans la radiale» tombée, immédiatement après Teffort, au-dessous de son maximum ordinaire,, le dépasse au bout de quatre pulsations.
Il est curieux de rechercher ce que devient la pulsation du cœur pendant que le pouls artériel subit les modifications que nous venons de décrire.
Au début de la figure 55, à gauche du point E, la courbe G présente les caractères classiques de la pulsation du ventricule gauche : on y retrouve tous les éléments de la révolutioii cardiaque (1). Le repère 1 marque Tinstantoùlasystoleduven* tricule ajoute son effet à celui de la systole de l'oreillette, qui a lieu un peu auparavant. Les repères 2, 3, 4 marquent tous les débuts des systoles ventriculaires.
Or, si^ron compare les formes de la pulsation du cœur avant et après Teffort, on voit que le phénomène initial, celui qui donne lieu à la pulsation {choc)^ correspond, avant l'effort E, au maximum de hauteur de la courbe cardiaque. Après l'effort, au contraire, ce phénomène initial est suivi d'une autre élévation de pression plus forte encore que la première. Un second choc a lieu. (On sent parfaitement ce second choc en appliquant le doigt contre la paroi ventriculaire gauche, quand on est prévenu de son existence par l'inspection des tracés. C'est un exemple, entre beaucoup d'autres, de l'importance des appareils inscripteurs pour faire l'éducation du tact.)
La première pulsation du cœur est produite par l'élévation de pression que la systole ventriculaire doit atteindre pour vaincre la pression du sang dans l'aorte; on conçoit que cette élévation soit très faible immédiatement après E, quand la tension artérielle est basse, et que sa hauteur s'accroisse graduellement à mesure que s'élève la pression artérielle (2).
Il ne faut pas se préoccuper des valeurs absolues de ces élévations de pression dans les courbes du cœur et du pouls, car ces courbes ne sauraient être obtenues à une même échelle ; la pulsation du cœur a plus de force que celle du pouls, à cause
(1) Voir, pour TaDalyse de ce tracé, Trav, Lab., iSlô^ p. 71.
(2) J'ai demonlré la solidarité dos .pressions xnaxima intravenlriculaire et intra-eorlique, Trav,, Lab. 1876, p, 819.
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de rinégalité des'surfaces cardiaque et artérielle sur lesquelles agissent les explorateurs.
Or, si la systole ventriculaire a besoin d'un effort de plus en plus grand pour soulever les valvules sigmoïdes de l'aorte, ce soulèvement aura lieu à des phases de plus en plus avancées de la systole, à mesure que s'élèvera la pression artérielle. La pénétration du sang dans l'aorte retardera de plus en plus sur le début de la pulsation cardiaque et ce retard se fera sentir jusque sur le pouls radial. Cette prévision est entièrement confirmée par la comparaison des tracés du cœur et du pouls dans la figure 55. Le repère 1 , avant reffort E, montre que la pulsation artérielle retarde sur celle du ventricule d'un certain temps. Immédiatement après l'effort (repère 2), le retard du pouls n'a guère que le tiers de sa durée normale, puis, s'accroissant graduellement, à mesure que la pression artérielle s'élève, le retard du pouls augmente : il atteint et dépasse même sa valeur normale (repère 4) quand la pression est très élevée.
Comment expliquer la seconde pulsation du cœur?
Cette seconde pulsation a lieu pendant la durée de la période syélolique. Or, à ce moment, le cœur et l'aorte sont en communication, puisque les valvules sigmoïdes de l'aorte sont ouvertes. Une modiflcation de la pression dans le ventricule doit s'accompagner d'une modification semblable de la pression aortique, « le sommet du pouls aortique ayant toujoursune « forme semblable à celui de la courbe de la pression intrat ventriculaire (1) ». Comme il n'est pas possible de recueillir sur l'homme le pouls de l'aorte, j'ai dû rechercher la cause de ce second battement de cœur en faisant des expériences sur le schéma^ et j'ai pu constater que le redoublement de la pulsation cardiaque se produit toutes les fois qu'une ondée sanguine, violemment lancée dans l'aorte, provoque une onde rétrograde, c'est-à-dire centripète, qui, des extrémités terminales de l'aorte, revient au ventricule. Cette interprétation sera justifiée plus loin par des expériences spéciales .
En résumé, les deux doubles tracés recueillis à l'aide du nouveau polygraphe se prêtent à des comparaisons fructueu-
(1) Voir Tràr,, Lab., 1876, p. 827.
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ses et bien plus intéressantes que l'analyse isolée de chacun des tracés. Je n'ai voulu donner qu'un aperçu de cette méthode que j'emploie depuis longtemps, mais qui, avec les anciens appareils, présentait beaucoup de difficultés.