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I. — DéterminaHon des rapports de la pulsation cardiaque

avec lep^uls aortique.

La figure 58 montre le double tracé JPdu pouls à Torigine deTaorte et PFde la pulsation du ventricule gauche. Ces deux tracés sont pris avec une grande vitesse de rotation du cylindre et une grande sensibilité du levier inscripteur, afin que les rapports de succession soient faciles a mesurer sur les deux courbes ainsi agrandies.

Sur la ligne PV, un premier repère 50 correspond au début de la systole de Toreillette gauche; un second repère sv signale le début de la systole ventriculaire , enfin le repèro fs marque la fin de la systole du ventricule.

Ces repères ont été reportés sur la courbe P et montrent que le pouls aortique ne porte pas de trace sensible de la systole de Toreillette; mais qu'il coïncide, au contraire, assez parfaitement avec le début de la systole ventriculaire.

Le léger retard du pouls sur la systole du ventricule tient, avons nous dit plus haut (1), à ce que l'effort ventriculaire doit avoir atteint un certain degré pour que les valvules sigmoïdes se soulèvent et que le sang pénètre dans l'aorte. On voit ainsi que pendant la phase systolique, tandis que la pression s'élève graduellement dans l'aorte, la courbe de la pulsation cardiaque s'abaisse ; cela tient à ce que le ventricule se vide peu à peu. Or, on a vu, à propos de la pulsation cardiaque (2), la part du changement de volume du cœur dans la forme de sa pulsation.

Enfin, pendant la phase systolique, on observe, dans le pouls aortique aussi bien que dans la pulsation du cœur, des ondulations au nombre de trois. Ce sont les traces d'oscillation du liquide à l'intérieur de l'aorte. Nous avons déjà parlé de ce phénomèae, à propos de la bifurcation du sommet la de pulsation du cœur, phénomène qui s'observe, après un effort, au moment où la tension aortique est faible. Nous allons montrer

(2) Trav. Lêb., 1875, p. 57.

aCuiMX A DOVHS-CIBCULATION.

■un exemple ae repro beaucoup plus inte ces oscilllatioo» on aortiquea et de leu tisoement sur y* P du cœur.

IL — Retentissenu ondes aortiques su salion du cœur.

Les exemples de bifurqué de la puisai diaque s'expliquent nous dît, par le rei ment des ondes ao Chaque fois que l'ac tendue et par cou très extensible, reç ondée sanguine anim impulsion rapide, il duil, à l'intérieurde seau, des oscillalioi nativement oentrifi centripètes. Les pc la colonne liquidi donner son coup di comme on dit en lique, sont le siég élévation de press sorte que, d'après le d'ondulations que la courbe du pouls recueilli à l'origini vaisseau, on peut j nombre d'oscillation sont produites.

Pour mettre un dans les condition:

pareilles ondes se produisent avec inlensité, il faut que les capillaires offrent peu de résistance, alin que la tension soit faible dans les artères et que les parois de l'aorte soient extrêmement extensibles; on obtient cet effet sur le schéma en dépouillant l'aorte des bandelettes d'étoffe inextensible qui la revêtent partiellement.

On voit alors, à chaque impulsion du cœur, se produire quatre ou cinq ondes aortiques. Pour faire cesser ces oscillations, il suffit de comprimer légèrement l'aorte vers ses régions initiales, alin de ne laisser passer le liquide qu'avec une vitesse modérée.

La ligure 59 représente le tracé du cœur PV et du pouls aortique PA avec ou sans production des ondes aortiques.

Dans la première moitié de la figure, avant le repère r, on comprimait légèrement l'aorte, de manière à empêcher la brusque pénétration du liquide et la formation d'oscillations ou ondes

SCHÉMA A DÔ^gUiS: CIRCULATION. :j<|

aorliques. Dans la deuxième moitié, on a graduellement supprimé celle compression. .

On voit que, tanl que le pouls de l'aorte a été dépourvu d 'oscillations, la pulsation cardiaque présentait à son sommet la f6rme ordinaire ; mais, à mesure que Ip décompression de Faorte laissait former plus librement les oscillations duliquidedaris ce vaisseau, le sommet de la pulsation cardiaque présentait la trace de ces oscillations, devenait d'abord bifurqué, puis offrait jusqu'à trois ondulations dont le synchronisme avec celles de l'aorte est facile à établir au moyen des repères, i

La pulsation du cœur offre dans cette figure, une particularité, c'est l'absence de l'ondulation qui correspond à la systole de l'oreillette. En effet, l'ondulation o qu'on observe après la période de vacuité post-systolique n'est autre que le flot de l'oreillette, afflux passif du sang qui, de l'oreillette, coiile brusquement dans le ventricule relâché. Rien de plus variable que la présence ou l'absence des effets de la sylole de l'oreillette dans la pulsation du cœur; l'expérience suivante ept destinée à montrer une des conditions qui favorisent ou empêchent l'apparition de la systole auriculaire dans la pulsation du cœur.

III. — Influence de la vacuité ou de lu réplétion du cœur sur Vapparition des effets de la systole de l'oreillette dans le tracé de la pulsation ventriculaire.

Le schéma étant en marche et les appareils inscripleurs disposés, comme dans l'expérience 1", pour donner des tracés très amplifiés, on inscrit (fig. 60) la pulsation du ventricule gauche S V en même temps que le pouls aortique ; ce dernier présente des oscillations assez prononcées.

Au début du tracé, on avait comprkné fortement les vaisseaux pulmonaires depuis quelques instants, de sorte que les cavités gauches du cœur, étant peu remplies pendant la phase diâstolique, envoyaient des ondées de petit volume. A partir de la première pulsation inscrite sur le tracé, on relâche les vaisseaux pulmonaires, alors le sang affluant en plus grande abondance dans le cœur gauche, les pulsations du cœur 1, 2, 3, et celles de l'aorte grandissent d'une façon continue. Or, à mesure que

LAB. MABBY. IV. ^g

la réplétioD du cœur gauche s'effectuait, la systole de l'oreillette qui ne s'apercevaitpasdans la première pulsation (en avant de S V repère de la systole du ventricule), appa- ■ raît nettement, d'abord à

' l'état de vestige ; elle de-

I vient plus forte dans la

i deuxième et la troisième.

î Si l'on poursuit l'expé-

1 rience, l'inscription de

i l'ondulation de l'oreillette

i après avoir atteint son

E maximum, reprend son

amplitude ordinaire, lorsque le sang accumulé I dans les régions veineu-

■ ses a repris sa propor-

i tioii normale.

I On voit encore dans

8 cette figure que, souël'in-

1 nuance de l'obstacle pul-

I monâire , la pression

. ventriculaîre tombe plus

» bas, à la fin de la dias-

% lole, dans la première

. g partie du tracé que dans

S la seconde. îte sorte que

*" la réplétion plus com-

I plète des cavités du cœur

gauche, non seulement fournit â l'aorte des ondées plus volumineuses, mais encore laisse le ventricule moins vide après que sa systole est accomplie. Des lignes ponctuées

SCH^IIA A DOUBLE dtCOLATION. Si3

tracées sous chacune des courbes permettent de mesurer «ette élévation de la pression. . , . -, , ■ ,

IV. -^ Effets de$ obstackt-^ l^ eiri^taim puttHmaire sur le eœur et sur te pouls.

Bien que ces effets ressortent déjà dès' expériences précédentes, nous avons voulinionnër un nouveau type des modifications produites par un obstacle à la circulation pulmonaire. La compression des vaisseaux caprllairés des poumons estfaite à la deuxième pulsation, dans la figure 51; soiidèbnt etsai^rée sont marqués par une accolade en bas delà figure. Tous les effets de la moindre réplélion ventriculaire a|;)pariaissent nettement ;

1" Abaissement de la pression dans le cœur et dans les arlères ;

2* Petitesse du pouls carolidien et fémoral;

3* Production d'ondes plus nombreuses et plus apparentes dans les artères moins tendues; .,,,,'

4** Retentissement de ces ondes dans la pulsation cardiaque ;

5** Diminution du retard du pouls carotidien et fémoral par suite de rabaissement de la tension artérielle. Cette diminution du retard se mesure d'après les repères r* et r*.

V. — ModilicatUms qui se produisent dans le pouls artériel en amont et en aval d'une poche anévrysmale.

Une tumeur anévrysmale agit par l'élasticité de ses parois pour modifier la pression du sang qui la traverse ; elle tend à uniformiser cette pression et, par conséquent, à diminuer Tamplitude du pouls. Cette diminution peut aller jusqu'à l'extinction complète de la pulsation dans la partie de l'artère située en avald'unanévrysme, comme on en a ci té des exemples.

J'ai exposé autrefois ces effets de l'anévrysme et j'en ai donné la démonstration sur le schéma. Il existe toutefois une influence moins bien connue, c'est celle qui se produit dans le cours du sang en amont de la tumeur. Cette modification du cours du sang est-elle très considérable et peut-elle jouer un rôle dans ces dilatations énormes qu'on a souvent observées dans la portion de l'artère située en amont de l'anévrysme ? : L'existence d'une vaste dilatation sur une artère a-t-elle une influence sur la circulation du sang, abstraction faite des . effets de l'élasticité de cette poche?

Telles sont les questions qui ont motivé l'expérience suivante :

Fiy. (jS. —Disposition de IVipi'ricnec destinée à reproduire les effets d'un tnévrjsne

sor la circulttloD artérielle.

scbAma a double CIRCOUTION. S45

Sur le tr^et d'une des arlères du schéma, je dispose une ampoule de caoutchouc fusiforme (A, fig. 62) qui jouera le rôle d'anévrysme ; celle-ci est placée dans un malras à trois tubulures, l'artère afl'érenle traverse l'une des tubulures enfjl'efférenle en ('. La troisième tubulure se prolonge par un large tube vertical muni d'un robinet. On remplit d'eau le matras jusqu'à ce que le niveau du liquide soit en h, et l'on fait fonctionner le schéma. A chaque impulsion du cœur, la poche anévrysmate subit des mouvements d'expansion bientôt suivis de retrait, et le niveau n, s'élève et s'abaisse alternativement. Si l'on inscrit le pouls de l'artère, en amont et en aval de la tumeur anévrysmale.on constate une grande différence dans la forme des pulsations, ainsi que le montre la figure 63. En amont, le pouls a une grande amplitude, le soulèvement de l'artère est bref et suivi d'un dicrotisme placé très bas. En aya/del'anévrysme, le pouls, très affaibli, est de forme arrondie et totalement dépourvu de dicrotisme,

A un moment donné, on ferme le robinet du tube vertical : aussitôt, le déplacement du liquide étant impossible, la poche anévrysmale devient inextensible et les pulsations, enaval et en amont de l'anévrysme, présentent toutes deux sensiblement la même forme (1). L'anévrysme agit donc exclusivement par l'élasticité de ses parois.

Enfin, si l'on compare la forme du pouls en amont de la tumeur dans les deux phases de l'expérience, on voit que

(I) Les légbres dirréreneas qui l'obBerrant dsns les diui Irtcéa liennsDt i ce que les explorateurs du pculs ne sont pss rigoureusemeol ■«mblableB ealra

246 HARBY.

pendant la période d'extensibilité de la poche (l"^ partie delà figure), les pulsations, fortes et brèves, constituent pour ainsi dire une série d'expansions brusques ou de chocs qui peuvent avoir une influence sur la dilatation artérielle qu'on observe en cette région ; mais à cet égard on ne saurait encore formuler que des conjectures. Des recherches ultérieures pourront seules apprendre si, dans le cas où les pulsations offriraient ces caractères pendant un temps prolongé, on observerait de pareilles dilatations des artères. Mais de semblables formes du pouls ne s'observent guère que dans certaines anémies et dans la fièvre hectique, ;et encore n'est-ce que d'une manière intermittente. Il est donc, pour le moment, impossible de tracer le plan d'une vérification expérimentale de l'hypothèse que nous venons d'émettre.

VI. — Reproduction des caractères de la pulsation du cœur et de celle des artères dans les principales altérations des orifices du cœur.

J'ai bien souvent déjà indiqué les formes que prend le pouls artériel dans les lésions organiques du oœui^ (1) et montré que le concours [des caractères graphiques de pouls et des signes fournis par l'auscultation permettent de diagnostiquer le siège d'une lésion, même dans des cas fort embar* rassants. La précision du diagnostic s'accroît encore lorsqu'on y fait concourir Tinscriplion de la pulsation car-^ diaque, dont la forme est souvent très caractéristique.

Ainsi celle de l'insuffisance aorlique (2) ; celles que deux do mes élèves, M^ Tridon (3) et M. François-Franck ^(4) ont signalées pour l'insuffisance mitrale. "

11 est à désirer qu'on puisse bientôt dresser le tableau com-^ plet des caractères physiques par lesquels se l^évèle chacune des lésions du cœur; mais bien des difficultés relardent l'achèvement de ce travail.

Le véritable intérêt des signes graphiques n'est pas de con-

(1) Physiologie médicale de là circulation du sang.

(2) NUrey, Archives de Physiologie 1869 p. 01'77. (8) Tridon, Thhsé inaugurale. Paris .1875.

(4) François Franck, Trav. daLab. 1877. Mém. II.

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