LIGATURE ET SECTION DU PNBUUOGASTMQUE A LA PARTIE MOYENNE DU COU
I 2. Effetu de la Jigtture du pneumogastrique sur le rythme du caur:
t. Effets immâdiBls : réflexe cardiaque modérateur hg produisant, soit par le poeuiDOgaslriqne opposé, soi! par la pneuaiogaslrîqua dont on bit la ligature : ddmanttnlioa du paaaaga du rêOexe par le nerf lié. Conditions qui empËcheot ce réilexe de se produire (chloroforme, curare, atropine, refroidis sèment, btmorriiegie, etc.).
b. Effets consécutifs à ia ligature ou à la aeclion des deux pueumogastriques :
Nous passerons successivement en revue les e^'els respiratoires, les effets cardiaques et les effets vasculaires immédiats et consécutifs produits par les ligature et section d'un seul pneumogastrique ou des deux pneumogastriques à la partie moyeimedu cou.
986 FStNÇ01»-«U|ICK.
) 1.— Efr«t« de Ift U(*tared'nBraenBoyaslr]4M«a^l«rcBplr«tlaB.
A. Effets immédiats. — l' Quand on pratique la ligalure ou la section d'un nerf pneumoj^astrique chez le chien, le chat, le lapin, l'animal réagit toujours p£(r une inspiration. Cet effet se produit à quelque moment de la respiration que soit pratiquée la ligature: si le nerf est lié au début d'une inspiration, le mouvement commencé s'exagère comme amplitude, ou s'accomplit plus brusquement (fig. 71); quand la liga-
f\t' ^l.— AmplilDdc eiigérés d'ana Inipiralion roninencéi, la ligaUitc brisqie du pstniM- Kiurlqne élut faile u poinl L. (Canrbes de ['«iilralloa ibMiciqoc oblennei inr le eldea ■vsc ans lODde pleural*. — E. Eiplrallon. ), Intptrilivii.]
ture surprend la respiration au moment de l'expiration, celle-ci est interrompue et une brusque dilatation thoracique se produit (fig. 72).
- Eiflritliiii
■» de 11 Ii|i(Dte du pneimogisIriqHe fi
lal. — B. EipinlloD, J. InspiriliOD.)
â* Suivant la rapidité avec laqu^eest &ilela ligature oula section du nerf, ta réaction inspiratoire se fait plus ou moins
■■rLBXBS DO BOITT «NTKAI, DU FNBDHOGASTBIQUB. 387
bruiquement et se maintient un temps plus ou moins long. Ainsi, avec une ligature graduellement serrée, l'effet inspiratoire, débutantplus lentement, seprolonge(Iavantage(fig. 73).
Fl(. TJ. — Laitunr iiMirtt et tmpliludf pins gnnda des DOuvcmcnrn nMpïralntrfi, ■»sllAl i|irè« l> lltialure do pD«iiiuo)ii5lriqiie en ËE. eba le lipln. (Conrbes d« 1i preision pleurale, Pr. PI. — E. eipiutlDn. ), Inspirailon. S, ilfiiat électrique indiquât la moment de 11 llgalure.
En un mot, l'excilalion traumatique produite par la ligature ou la section, régie, d'après sa rapidité et sa propre durée, la rapidité et la durée de la réaction inspiratoire. Ceci s'observe du moins chez les animaux qui, comme le lapin et les chiens de certaines races, ne réagissent pas d'ordinaire par des mouvements généraux ; chez les animaux irritables, notamment chez le chat, le rapport signalé tout à l'heure, entre la durée d'application de la ligature et la durée du réflexe inspiratoire, ne se retrouve plus : l'inspiration brusque du début ne se soutient pas, et il se produit à sa suite une série de respiralions rapides qui ne sont évidemment que des manirestations douloureuses: on les supprime avec l'éther et on voit s'établir alors le rapport indiqué.
3* L'efTet inspiratoire immédiat provoqué par la ligature
sibilité générale : nous verrons plus loin (Chap. II) que la véritable réaction respiratoire du pneumogastrique ne se produit qu'avec une excitation beaucoup plus prolongée.
B. Effets respiraioire» consécutifs à la Ugalure des PneU' mogastriques. — 1* Ligature ou section d'un seul pneumogas'
S8S fijU(çoi»-pungk. i
trique. — Après l'inapiration initiale qu'elle provoque, comme agent d'irritation traumatique, la ligature d'un seul pneumo-. gastrique entraine souvent un ralentissement plus ou moins persistant de la respiratioh : elle agit alors comme agent de suppression. Mais cet eCet consécutif n'apparait chez les animaux excitables, comme le chat, qu'après une période de respirations rapides et irrégulières ; d'autres fois, il se produit aussitôt après la réaction inspiratrice du début.
Quand le ralentissement de la respiration survient à la suite de la section d'un seul pneumogastrique, il est d'ordinaire moins notable que celui qui résulte de la section des deux nerfs, et il persiste moins longtemps. Du reste, les caractères soittles mêmes que ceux du ralentissement consécutif àla section des deux nerfs et sur lequel nous allons insister.
Le ralentissement de la respiration qui fait suite à la double section des pneumogastriques est un fait bien connu et constant chez le chien, le chat, le lapin et le cochon d'Inde.
1° Modifications de l'inspiration. — Quand on examine la manière dont se modifie la respiration pour arriver à ce ralentissement, on voit que la phase d'inspiration est toujours très notablement prolongée. Mais cet allongement ne se produit pas d'une manière identique chez tous les animaux ; chez le chien, par exemple, l'inspiration se fait d'habitude lentement, mais régulièrement, de son début à sa fin (fig. 74) ; chez
¥\f. 74. — Tr*D(foniiallan do ijpe rctpiraloire tbn le (bien, ptr U double aecUOD des pnemioicislTiqitet. — A, (iini^ P, iprii ta «eeilan. — LlDspintiOD 1 s'dIoDge neubte- ■Mitj l'eiplrillw E te fill ei de» teapi. {P>, toiibei pieuwgnpliiqae* conuJl«e« par l'eiploniion de Et preieion pleunie.)
le lapin, l'inspiration, encore prolongée dans son ensemble, débute brusquement. Le chat présente aussi un allongement
KEFLEXES DU BOUT CENTRAL DO PEVEfTMOGASTRlQUE. 5289
delà phase inspiratoire, mais c'est surtout sur la période d'expiration que porte la modification du type respiratoire chez cet animal.
Malgré les différences dans la manière dont il se produit, Vallongement de la phase d'inspiration n'en est pas moins un phénomène commun aux divers animaux, chien, chat, lapin dont les pneumogastriques viennent d'être sectionnés.
Un autre fait qui s'observe également chez chacun d'eux, c'est l'amplitude si frappante de l'inspiration avec dilatation considérable du thorax.
Cette amplitude extrême de l'inspiration a peut-être sa raison d'être dans la suppression des voies nerveuses centripètes qui relient la surface respiratoire à l'appareil moteur de la respiration : l'interruption des nerfs sensibles du poumon, supprimant les rapports normaux entre la muqueuse respiratoire et les muscles inspirateurs, détruit la coordination normale. On peut supposer que dans les conditions physiologiques, le degré de dilatation de la poitrine soit subordonné à la sensation de plénitude du poumon ; après la section des nerfs sensiblesde cet organe, aucune influence régulatrice n'intervientplus pour guider et limiter le mouvement de dilatation thoracique, et les puissances inspiratrices agissent désormais sans mesure pour produire une aspiration thoracique exagérée. Cette hypothèse a pour elle les notions acquises sur les rapports physiologiques du poumon et de l'appareil moteur de la respiration (1).
L'extrême lenteur de l'inspiration ne peut, du reste, s'expliquer par une gêne au passage de l'air à travers le larynx, dont les muscles intrinsèques sont paralysés : par la section des pneumogastriques: l'inspiration se fait tout aussi lentement chez l'animal trachéolomisé.
On ne peut l'expliquer davantage par la perte du tonus des petites bronches à la suitede la section de leuirs nerfs moteurs; c'est seulement pour l'interprétation des modifications de l'expiration que cette altération fonctionnelle peut être invoquée.
2*» Modifications de Fexpiration. — Quand on compare la phase d'expiration après la section des deux pneumogastriques
(1) Voy, Hering. — Wien. SHzungsb. Cl. 2, lvii.
LAB. MAfiET. IV. *9
SM rRANÇOK-FUMCK.
à la phase d'expiration normale, on la trouve, comme celle d'inspiration, notablement prolongée. Mais ici encore se présentent des différences notables suivant les animaux employés. Tandis que chez le chien (fig. 74), l'expiration débute par un relâchement brusque du diaphragme et des autres muscles inspirateurs et se termine par une poussée abdominale, chez le lapin, au contraire (fig. 75), le début de l'expiration se fait
F)e. ra. — Tipe nsplntoire ta lipin oui (A) M iprès (P) la doible iteiioa dM pMiBO-
f a slrLqnf] (Pu. courbes paeiino(t*phii|aes pirtic dcscendinte. tntpinlioai pitiic ticendaaie, eipirdioo,
lentement et la seconde moitié avec une assez grande rapidité. Dans ces deux types différents, il y a cependant un fait commun, la lenteur avec laquelle s'opère une partie de l'expiration, partie terminale chez le chien, partie initiale chez le lapin. La raison pour laquelle cette période d'expulsion lente occupe un instant différent de la phase expiratrice, chez le lapin et chez le chien, nous échappe. Mais nous pouvons admettre que la paralysie des muscles bronchiques joue un rôle important dans la production de ce phénomène.
Les troubles respiratoires (ralentissement de la respiration par allongement des deux phases, mais surtout de l'inspiration) s'observent pendant un certain temps, à la suite de la double section des pneumogastriques. Mais, au bout d'un nombre d'heures qui varie avec l'espèce animale, avec l'âge du sujet, les caractères sur lesquels je viens d'insister se modifient. L'inspiration devient plus brève et l'expiration s'allonge de telle façon qu'il se produit une très longue pause expiratrice. A ce moment, il y a déjà dans le poumon des désordres anatomiques, et les modifications du rythme respiratoire ne résultentplus seulement de la perturbation fonctionnelle provoquée par la double section des pneumogastriques. Aussi laisserons-nous de côté ces modifications secondaires dont l'étude est en dehors de notre sujet.
KirUXES DU BOUT CBKTSU BU FNBUtlOGASniQnB.
1' Effets immédiats de la ligature d'un ptieumogastrique, le pneumogastrique opposé étant intact. — La ligature du pneumogastrique d'un côté, quand le pneumogastrique opposé est intact, provoque, dans les conditions normales, un effet cardiaque modérateur. Cet effet consiste presque toujours en un raleotissement notable, portant sur les deux oii trois battements qui suivent la ligature.
1 Mtme inlliicDce, de 10 t 18 c. Vg. (P. t., pression fc
La section du pneumogastrique faite d'un coup de ciseaux produit ordinairement le même effet ; cependant quelquefois, quand on se sert de ciseaux tins, très tranchants, et que la section est opérée très rapidement, l'effet cardiaque modérateur fait défaut.
Cet effet n'est pas le résultat d'une irritation centrifuge descendant vers le cœur par le nerf lié ou sectionné, car si on répète la ligature ou la section sur le segment périphérique du pneumogastrique , on n'observe pas de ralentissement du cœur (1).
|1) C'est du moias ce qu'on consiate dans la trci grand» nujorilé des caa tar te chien, la chai cl te tepln. MH. Daeire et Moret m'ont dit avoir égaler ment obserrA l'absence d'effet cardiaque par U ligature ou la. section du segment p4ripliAtique du paeumogaatrique chez les aiammitcres domeetiqucsi chei la tortue terrestre ile onl*n, bu contraire, avec M, Jolyet, Taclion modt' ratrice provoquée directement par la ligature du bout )i6ripbiriquB du pueumogastriqua. Dans quatre eipériences j'ai notd un rslentissemsat du c<»ur par la ligature du bout inrérieur du paenmo gastrique, uoe fois chei: un chien, trois foie chez le chat: ce sont les seuls cas dans lesquels j'ai vu cet effelvo produire.
ns nivçoo'nufCK.
L'action modératrice résulte d'un réflexe cardiaque, comme le démontre la reproduction du ralentissement du cœur , quand on fait une seconde ligature du pneumogastrique audessus de la première (1 ) .
2° Effets immédiats de la ligature d'un pneumogastrique, le pneumogastrique opposé étant coupé. — La ligature du pneumogastrique droit ou gauche, celui du côté opposé ayant été sectionné, produit un ralentissement du cœur presque aussi notable que la ligature d'un pneumogastrique quand le nerf symétrique est intact {fig. 17).
Comme la ligature du bout périphérique ne produit que très exceptionnellement un effet cardiaque, et que d'autre part la voie réflexe de l'autre pneumogastrique est supprimée par la section, il faut admettre que le nerf sur lequel on pratique la ligature sert Fig. n.-Arrè. riii.ie d» »»r pr«d.up.ri. lui-même dcvoîe de irans"
Ugainco brusque (L) ta pnsNinogisInqae
dioii, le gmbe «udl coopé. (Cbii. Bipiota- missiou Centripète et ceniio» de 1. pr«,io. fémuri]. P.F. ..« an ^^'^^ ^ l'actiou réflexe
minomeire à mereore.) ^
modératrice.
Ce fait est d'accord avec ce qu'on observe dans les ligatures ou sections des nerfs mixtes, du sciatique, par exemple : la secousse musculaire , provoquée par une ligature brusque du sciatique dans sa continuité ou. mieux par une section, est plus prolongée que la secousse simple déterminée par une section brusque du bout périphérique : l'elTet réflexe s'ajoute dans le premier cas à l'efFet direct.
|t| HM. Kohts Bt E. Tiegel ont éludié les efTets de le seclion dos poeumogealriquBS sur le cœur et le reapirallon. Dans la partie de leur trtvnil qui Iraita des «rtets oardtaquea, ila diaant qus le seclion du pnaumoftialrique produit chez les lapina et ohez lea chiens un ralenti aïe ment passager qui ae répète avec de nouvelles ligalurea ou aecliona. La aeclion doit par cansâqueni produire une eicilation durable Boit à l'eadroît oii elle eti telle, soit dans les centres qui e g lèsent sur le nerf. (Kohle el Tiegel (Strauburg). Einduas der VaguB^urchschneidttDg vit Henscblag UDd Albmung. — Arcb. f. à. Gen. Phi'3iol,.JMi. Résumé in Jarhersb. voa Horrmann tt. Scbwaibe. PAvsi'o/. 1877, p. 53.)
RÉFLBXB8 DU BOUT CENTRAL DU PNEUMOGASTRIQUE. 293
La réalité du passage du réflexe modérateur par le pneumogastrique sur lequel porte la ligature, celui du côté opposé étant sectionné, est démontrée par ce fait, qu'une seconde ligature faite au-dessus de la première ne produit pas de ralentissement du cœur.
Dans le cas de ligature du pneumogastrique, Tirritation provoquée par le début de là constriction du fil, produit un réflexe modérateur qui a le temps de passer par le même nerf, avant que la continuité des tubes nerveux ne soit complètement interrompue. Ce passage sefait extrêmement vite, caries ligatures les plus brusques ne Tempèchent pas de se produire. Je poursuis en ce moment des expériences pour calculer la durée de ce réflexe en interrompant la continuité du nerf avec une lame mousse ou tranchante, poussée par un ressort : le nerf est sectionné avec une rapidité variable qui est indiquée par deux signaux électriques successifs avec un petit appareil que je désigne sous le nom de Névrotome à sifjnal électrique (fig. 78).
Awpr
Fig. 78. — Néprotome à siguûi électrique ^ comlruit par M. GALAMrs. Le o«rr étant saisi sans compression ni tiraillement entre la branelie (M) et la branctie(F) de l'instrument, on pousse le piston P qoi se termine par une lame monsse on tranehanie {L solvant les eonditions de Tetpcrlenee. Cette lame > s'engage dans la bifarcation de la branche F, et, à IMnstant précis où ellj vient toucher le nerf, la rupture d'un courant «électrique se produit, quand le eonuctC passe sur la pièce isolante I. Le signal inscripleur de M. Deprès qai est Intercalé dans le circuit donne à ce moment l'indication de la ruptare. Quand le nerf a été comprimé ou sectionné par la lame, le eonrant se referme par le contact du point C et du point C", et un nouveau signal est enregistré. On peut exécuter le mouvement très lentement ou très vite» et la rapidité avec laquelle il a été produit se trouve indiquée par l'écart entre les deax signaux. - On enregistre en même temps les variations de la pression artérielle ou les battements du cœur et on «'assure aiiiu des rapporta entre TefTet cardiaque et la durée d'appllcatloa de la compression.
Malgré la rapidité de Tacte réflexe qu'implique la production du ralentissement du cœur dans les cas de ligature brusque, l'effet modérateur n'apparaît que tardivement, c'està-dire plusieurs dixièmes de seconde après la ligature. Il ré-
294 PRANÇ0I9-FMANCE.
suite de là que la presque totalité du retard est de provenance périphérique ; ceci s'accorde, du reste, avec ce que nous ont appris les recherches de Donders et celles de Tarchanoff sur la lenteur relative de la réaction modératrice à la suite de Texcitation du bout périphérique du pneumogastrique.
9* Conditions des expériences dans lesquelles la ligature du pneumogastrique n^a pas produit de ralentissement ou d'arrêt réflexe du cœur {chloroforme^ curare, refroidissetnenty etc.). — Chez les chiens âgés, peu sensibles, chez les animaux qui exécutent, au moment où on touche le fil qui entoure le nerf, des mouvements généraux violents, le ra* lentissement réflexe du cœur peut manquer.
Il fait aussi défaut chez les animaux qui viennent de suby* une anesthésie chloroformique complète, chez ceux dans les vaisseaux desquels une certaine quantité du carbonate de soude du manomètre a pénétré auparavant, a la suite d'une chute de pression.
Sous rinfluence de certains poisons, comme Y atropine, le réflexe cardiaque fait nécessairement défaut, en raison de la paralysie bien connue des appareils modérateurs périphériques.
La même raison explique la disparition de l'effet cardiaque quand le curarisation a été poussée très loin : à ce moment, comme on le sait, le bout périphérique du pneumogastrique devient inexcitable. Mais bien avant cette période, alors que l'action du curare n'a pas encore supprimé complètement l'influence des muscles sur la respiration, les réflexes cardiaques ont disparu : j'insisterai sur ce fait dans le proch^ii^ chapitre à propos des excitations du bout central du pneumogastrique. Je le signale seulement ici au sujet des conditions expérimentales qui suppriment les efl'ets cardiaques réflexes de la ligature du pneumogastrique.
Chez les animaux refroidis par une immobilité prolongée ou qui ont été soumis à une réfrigération artificielle avec un appareil à courant d'eau (1), chez ceux qui ont subi une
(1) L*appareil à réfrigération que j'ai employé consiste en un manchon de caoutchouc à double paroi sur lequel on fait circuler un courant d'eau froide. Cet appareil a été construit par M. Galante.
, RJBFLBXB8 DU BOUT GBICTRAL DU PNEUMOGASTIIQUB. 295
perte de sang importante, les réflexes cardiaques de la ligaturé du pneumogastrique font défaut ou sont très notablement atténués.
4"" Effets consécutifs de la ligature ou de la section du pneumogastrique sur le rythme du cœur.
Quand Teffet immédiat de la ligature ou de la section d*un pneumogastrique a été le ralentissement du cœur, comme c'est la règle, on voit ensuite survenir une accélération qui est ordinairement passagère (fig. 76, 77). Le caractère transitoire de cette accélération la distingue de Taccélération consécutive à la double section des nerfs pneumogastriques, dont il sera question tout à rheure. Elle paraît être la conséquence du ralentissement lui-même, en ce sens qu'elle ne se produit que si le ralentissement initial réflexe a eu lieu, qu'elle est proportionnée, dans sa valeur et dans sa durée, à la valeur et a la durée du ralentissement. Quant à la nature des rapports qui existent entre l'accélération consécutive passagère et le ralentissement initial des battements du cœur, nous pouvons l'interpréter de deux façons : ou bien l'accélération consécutive au ralentissement est le résultat d'une tendance à Vuniformité du rythme: l'influence modératrice a été un instant prédominante, et, pendant ce temps, l'influence accélératrice s'est pour ainsi dire accumulée pour se dépenser librement après la suspension de l'action modératrice ; cette première hypothèse repose sur les notions acquises de l'interférence entre les influences modératrices et les influences accélératrices ; ou bien la chute de pression qui s'est produite pendant la phase de ralentissement du cœur favorise le débit ventriculaire et permet au cœur d'accélérer ses battements : cette seconde hypothèse repose sur la loi d^uniformité de travail de cœur formulée depuis longtemps par M. le professeur Marey.
L'accélération des battements du cœur après la section des deux nerfs pneumogastriques est généralement considérée, depuis V. Bezold, comme la conséquence de la suppression des influences modératrices centrales. Les expériences dont les ré^ltats sont indiqués ci-dessous semblent tout à fait conflrmatives de cette opinion devenue classique.
En eflet, l"" quand on a fait la section du pneumogastrique
296 PBÂKÇOtt-raAMCE.
d'un côté, le pneumogastrique opposé étant déjà coupé, on voit le cœur s'accélérer ensuite d'une façon persistante.
^ L'accélération consécutive à la double section des pneumogastriques fait défaut chez les animaux dont Tappareil modérateur du cœur est déjà paralysé par Tatropine.
â"* Les animaux profondément curarisés, ceux qui ont reçu dans les vaisseaux, et spécialement dans le bout central de la carotide, une certaine quantité de carbonate de soude, ne présentent pas d'accélération consécutive a la section des pneumogastriques ; mais ils ont aussi, comme les animaux atropinisés, perdu Texcitabilité de leurs appareils cardiaques modérateurs.
4'' Cette accélération n'est pas la conséquence de l'élévation de la pression, car elle se produit chez les animaux dont les splanchniques ont été arrachés et chez lesquels la pression ne peut s'élever que très modérément et d'une façon pasagère (1).
(1) Une opinion contraire a été défendue dans un travail très remarquable par M. Rutherford {Journal of AnaL a. PhysioL, 1868-1869, p. 403 elauiv.). Ce physiologiste a vu se produire raccéléralion chez les animaux atropinisés (dans 5 cas sur 9 expériences chez le chien; dans 1 cas sur 4 expériences chez le lapin); il a de plus noté sur un lapin que la section du vague d*ua côté et de la branche modératrice du vague du côté opposé n'ayant pas produit d'accélération du cœur, la section du tronc du pneumogastrique du côté où la branche modératrice avait élé coupée, a été suivie d'accélération. Il conclut que Taccélération cousécutive à la section des pneumogastriques est due à la section d'autres fllels que ceux qui ralentissent le cœur. D'autres expériences l'amenèrent à conclure que l'élévation de la pression qui s'observe chez les animaux en état de digestion stomacale et qui fait défaut chez les animaux à jeun est le phénomène initial de la section du pneumogastrique; que le cœur ne s'accélère que consécutivement et à cause de l'élévation de la pression.
Les expériences dont j'ai présenté les résultats ne comportent pas les mêmes conclusions : j'ai vu le cœur s'accélérer chez les animaux à jeun et chez les animaux en digestion; l'accélération du cœur s'est produite sans élé* vation notable de la pression quand les splanchniques étaient coupés; chez les chiens et chats atropinisés à un degré suffisant pour que l'excitation du bout périphérique du pneumogastrique ne produisit plus aucun effet cardiaque (1 milligr. chez le chat, 3 milligr. chez le chien en injection dans la plèvre), la double section des pneumogastriques n'a produit ni élévation pareistante de la pression, ni accélération du cœur.
J'ajouterai que la théorie de M. Rutherford, bien qu'elle puisse paraître appuyée par ses propres expériences, ne s'appliquerait précisément pas au cas particulier du lopin qui est en digestion stomacale presque continue et chez lequel la double section des pneumogastriques ne produit souvent aucun effet vasculaire cardiaque.
Le seul fait dont l'interprétation m'échappe et qui m'avait fait prêter une
■ÉrLBXBI DD BOUT OmimAL MF PXIUMOGASTMOOI. 197
t 111. — E«M« «e te ■%«■■« 4m rmtmmmgmUtv* «n la p K —l —
Effets immédiats. 1' Quand la ligature du tronc d'un pneumogastrique, celui du côté opposé étant intact ou coupé, produit le l'alentissement ou l'arrêt réflexe du cœur, la pression artérielle subit une chute proporlioanelle à la durée de l'arrêt ou à le valeur du ralentissement.
2* Quand la ligature du pneumogastrique ne produit pas pour l'une des raisons déjà notées (p. 295), de ralentissement ou d'arrêt réflexe du coeur, la pression artérielle s'élève. Dans la plupart de ces exemples l'élévation de la pression, au moment de la ligature et dans les instants suivants, doit être altribuéeà un réflexe vaso-moteur; le ralentissement du cœur étant supprimé soit par l'atropine (fig. 79), soit par lecurare,
Vif. 19.— BCM* «tM-toniIrlEUiin rélain piixlilli par la Ufilnr* L da pi droit, cbei un chai iiro^niié, la imesnogulrlqiia fiaeliB flinl inUcL Aprii un première ehDW (olT«l Insplntolrc piMifer) li proiion cirolidleune P. C. l'élËic it <o à 11,9 t. Hg. (manoiiilre I mercore.}
la ligature du tronc du pneumogastrique a agi comme l'îrrie son bout central. Quelmt être invoqué seul : dans ixécuté des mouvements ence sur la pression est ■e(l).
ligature du pneumogas-
.. . .^ .. __... .'ord esl relaté dan* mes lableaux
d'eipérieocM ; il s'agît d'une jaune cbaU«, à jeun depuis la veille; la liga-
lure du pDSUniogastrJqne gauche produisit un réOexe cardiaque modérateur
et la secliOD da l'aulra pneumogastrique oe fut suivie d'aucuno accéliraUon.
(1) On obaerva quelquefois Ciiez Iss animaux qui oot les paeumogaslrlques
i98 rUNÇOIS-FUNCE.
trique produise un léger ralenlissement du cœur on peut observer encore une élévation de la pression artérielle. On doit expliquer cette anomalie apparente par ce fait que, le ralentissement du cœur ayant été très modéré, il n'a pas sufll à dissimuler l'intluence antagoniste du resserrement réflexe des vaisseaux sur la pression.
4* Exceptionnellement la pression artérielle ne subit pas de variation ou s'abaisse légèrement aussitôt après la ligature : l'absence d'élévation de la pression, le cœur ne subisant pas de ralentissement, peut s'expliquer soit par un défaut de sensibilité du nerf irrité, soit par l'action aspiratrice exercée sur le sang par la brusque inspiration qui accompagne la ligature du pneumogastrique.
Effets consécutifs, — 1" Il est peu fréquent de noter, à la suite de la ligature ou de la section d'un seul pneumogastrique une élévation persistante de la pression. C'est seulement dans les rares circonstances où la section d'un seul pneumogastrique est suivie d'une accélération persistante du cœur (comme dans quelques cas que j'ai observés sur le chat) qu'on obtient une élévation persistante de la pression artérielle.
2° Après la section des deux pneumogastriques, la pression artérielle s'élève et reste élevée un temps assez considérable, telle est la règle bien connue ; mais cette élévation de la pression
coopés, une DOlable accéléralion du cœur avec ilévalîon de la pression quand OQpratiqiie la ligature du bout c«otral de l'un des diui aerta. H a'agil dans ces CBS, dont ta nguro 10 fournit uo axempls, d'une socéle'ralion réOexe combinée avec un rillcxe vaso-moteur consiricleur.
Fig. SO. — Gffeli Taïa-coBtlrtetatn rHIeias comblais arn un rtle\t cirdiiqee tteHtntevr ebei dk ehlrn doal lc< daui paciiniagi<irii|Dei éiaiaDl ceapti. On Ile la boal ccBlial du fBcuBDfiitilqaa E>aclia in twiui S. (P. F-, preiiioa fteottle. Xananttte élatliiiM.]
RBPLBXE8 DU BOUT GBNTftAL DIT PNBVMOGASTRIQUB. 299
consécutive à la double section des pneumogastriques, n'en est pas la conséquence directe : elle résulte, comme on le pense généralement, de Taccélération du cœur qui est liée à cette section des deux nerfs modérateurs.
Comme il a été dit plus haut à propos des effets cardiaques de la double section des pneumogastriques (p. 296), l'élévation consécutive de la pression a fait défaut chez les animaux atropinisés à un degré suffisant pour que le pneumogastrique ait perdu son influence modératrice sur le cœur, et chez lesquels Taccélération du cœur ne se produisait pas à la suite de la section des deux pneumogastriques. Ce fait paraît bien montrer la subordination de Télévation de la pression à Taocélération du cœur.
3* La pression ne s'élève pas , ou s'élève très peu, malgré Taccélération du cœur après la section des pneumogastriques quand on a fait subir aux animaux une opération comme le double arrachement des splanchniques qui ouvre un grand réseau vasculaire et permet un large écoulement du sang des artères dans les veines.