‹ Physiologie expérimentale: Travaux du laboratoire de M. MareyChapitre 83 sur 93 · EFFETS MOTEURS DES EXCITATIONS BU CERVEAU · texte numérisé non relu

EFFETS MOTEURS DES EXCITATIONS BU CERVEAU

se transmettre au côté opposé du corps ou même se généraliser (1).

C'est par ce mécanisme que se généralisent les contractions réflexes provoquées par une excitation sensitive localisée. Et en réalité nous considérons les mouvements associés produits par Fexcitation unilatérale du cerveau comme des mouvements réflexes ayant leur origine dans le cerveau, au lieu de l'avoir dans l'excitation des fibres sensitives périphériques. Dans cette hypothèse, les différences dans la valeur des retards et dans la forme des contractions musculaires s'expliquent tout naturellement : les réflexes d*origine cérébrale obéissent aux lois connues qui président à l'extension et a la généralisation des mouvements réflexes d'origine périphérique.

£• — Convulsions épilepli formes {épilepsie partielle). — Les expériences dans lesquelles on excite par des courants électriques la zone motrice corticale d'animaux supérieurs (chiens, chats) non anesthésiés, sont très souvent troublées par l'apparition de convulsions épileptiformes plus ou moins intenses et prolongées.

Ces convulsions ont été constatées par MM. Hitzig, Ferrier, et par tous les expérimentateurs qui ont cherché à répéter leurs expériences. Nous avons simplement tenté d'en préciser les caractères en appliquant à leur étude les procédés graphiques.

L'accès convulsif peut être provoqué par des excitations légères prolongées ou par des excitations intenses de courte durée. Lafacilité avec laquelle on le détermine est très variable: chez certains animaux la moindre excitation est suivie de convulsions violentes; chez d'autres, il faut multiplier les excitations ou augmenter considérablement leur intensité pour obtenir l'épilepsie, sans qu'on puisse déterminer la cause do ces différences.

L'accès peut être local, hémiplégique ou généralisé. L'accès local reste limité au groupe musculaire correspondant au centre cortical excité. Si, par exemple, l'excitation a éléappli-

(I) Nous ne pensons pas que cette association puisse se faire dans la protubérance, car noua avons retrouvé les mouvements bilatéraux par excitation du centre cortical d'un seul côté, après avoir fait la section antéro-postérieure médiane de la protubérance.

436 PKANÇOIS-FRANGK ET A. PITaBS.

quée sur le centre cortical pour le membre antérieur droit (hémisphère gauche),aprôs la cessation du passage du courant, le membre antérieur droit seul est agité de secousses convulsives. Dans la forme hémiplégique y tous les muscles volontaires d'un côté du corps sont convulsés ; enftn dans la forme généralisée les convulsions s'étendent aux quatre membres et aulx deux côtés de la face et du cou.

Le début de l'accès est presque toujours local, et si on recueille sur un même cylindre Tinscription des mouvements des quatre membres, on voit que l'extension des convulsions se fait toigours dans le même ordre. Si on excite, par exemple, le centre cortical pour le membre antérieur gauche (hémisphère droit), les convulsions envahissent successivement :

!• Le membre antérieur gauche;

2* Le membre postérieur gauche ;

3"* Le membre postérieur droit ; ., k" Le membre antérieur droit.

Dans quelques expériences nous avons obser\'é un autre mode de généralisation se faisant d'après la succession suivante :

. 1* Membre antérieur gauche ; . S' Membre postérieur gauche ;

3* Membres du côté droit.

Il est très vraisemblable que la généralisation des accidents convulsifs se fait d'après les mêmes lois que celle des mouvements associés x)u généraux provoqués par les excitations d*un seul côté du cerveau.

Quelle que soit la forme de l'accès, le type des convulsions est toujours le même. Les tracés montrent deux périodes distinctes : Tune tétanique, lautre clonique. . a. — Période tétanique. — Les muscles qui vont être convulsés entrent en tétanos. Lorsque l'excitatioii provocatrice est elle-même tétanisante, le muscle reste contracté après que Texcitation a cessé; souvent même, aussitôt après la cessation de l'excitation, le tétanos se renforce (fig. 142 T'). La durée de ce tétanos épileptique est généralement courte. Il est même à noter qu'il n'y a pas de rapport constant entre la durée ou l'intensité du tétano3 initial et la durée totale de Taccès.

EFFETS MOTEURS DBS EXCITATIONS DU CEBVBAU.

^8 PUNÇOIS-PUNCK BT A. PITRES.

b. — Période clonique. — Dans cette période, le muscle qui élaitfortement contracturé.devient le siège de petites secousses (D.flg. 142et 143), d'abord bl-éves, serrées, rapides, puis devenant de plus en plue amples et espacées, et présentant quelquefois lin véritable rythme. — Nous donnons deux eiiemples de cette forme d'accès qu'on peut considérer comme type ; la figure 142 montre surtout le renforcement de la période tonique après l'excitation corticale, la figure 143 est destinée à mettre en relief la phase de dissociation graduelle.

La durée iotalede l'accésestdes plus variables: elleest comprise entre quelques secondes et 15 ou 20 minutes, et il n'est pas rare de voir les accès se succéder et provoquer par leur répétition un véritable état de mal épileptique qui entraine la mort dé l'animal.

A côté de ce type d'accès épileptique, dans lequel la période tonique fait suite au tétanos provoqué par l'excitation corticale et est elle-même suivie d'une dissociation graduelle des secousses (fig. 142 et 143), il faut placer quelques autres formes d'accès : 1° les accès convulsifs caractérisés par l'absence de période tonique (Hg. 144); 2° ceux dans lesquels la phase toni-

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EFFBTS HOTBJIIB DIS BSCITATIOM DU CBBTBAO. 439

que est immédiatement suivie d'une période de secousses dissociées, sans transition graduelle (fig. 145). Nous nous contentons de ces exemples,

réservant pour un tra- .

vail spécial sur les =

épilepsies corticales |

l'examen des condi- s

lions dans lesquelles |

ces différents types se I

produisent. Dans le £

même travail nous ex- |

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