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CHAPITRE VI

EFFETS PRODUITS PAR l'eXCITATION SIMULTANÉE, DIRECTE OU RÉFLEXE, DES NERFS IRIOO-GONSTRICTEURS ET IRIDO-DILA- TEURS.

Combinaison des effets pupillaires produits par l'excitation directe simultanée des nerfs iri do-constricteurs et des nerfs irido-dilatateurs : prédominance de r effet dilatateur pour des excitations simultanées de même intensité. — L'effet constricteur apparaît quand on augmente l'intensité des excitations appliquées aux nerfs irido-constricteurs. •— Excitations réflexes des appareils irido-constricteurs (excitations lumineuses) combinées à l'excitation directe des nerfs, irido-dilatateurs : succession du resserrement et de la dilatation.

g 1 . Excitation directe des nerfs. On isole sur le chien le cordon du sympathique cervical et les nerfs ciliaires supé« rieurs du ganglion ophthalmiqne. Après s'être assuré que la dilatation de l'iris est nettement déterminée par des excitations faibles appliquées au cordon du sympathique cervical et que le resserrement pupillaire survient quand on excite avec la même intensité les nerfs ciliaires irido-constricteurs, on dispose l'expérience de façon a envoyer simultanément la même excitation dans les deux nerfs antagonistes (procédé connu de la bifurcation des électrodes).

Dans ces conditions d'égale intensité des excitations appliquées simultanément aux deux ordres de nerfs, on ne voit survenir que la dilatation pupillaire. Cette dilatation présente son retard ordinaire avec les excitations minima ; or, comme nous le savons, dans l'intervalle qui sépare le début de l'excitation du début de la dilatation, le resserrement de l'iris aurait eu le temps de se manifester, puisqu'il présente un retard beaucoup moindre que la dilatation.

Faut-il conclure, de cette première expérience, que Tex-

citation des nerfs dilatateurs de la pupille faite en même temps que Texcitation des nerfs constricteurs annule Taction de ces derniers ?

Je ne le pense pas» et en voici la raison : si nous comparons rétendue de la dilatation pupillaire qu'on obtient en appliquant au sympathique {oui seul la même intensité d'excitation, à l'étendue de la dilatation qui survient, quand on excite simultanément le sympathique et les nerfs irido-constricteurs, on constate que la valeur de la dilatation est moindre dans ce dernier cas que dans le premier. Il y a donc atténuation de l'effet de l'excitation des nerfs irido- dilatateurs par l'effet de l'excitation simultanée des nerfs irido-constricteurs; dès lors l'excitation des nerfs irido-dilatateurs n'annule pas l'action des irido-constricteurs ; elle est amoindrie dans son effet par la tendance de l'iris à se resserrer.

Mais pourquoi, si cette action des nerfs irido-constricteurs n'est pas supprimée, ne se manifeste-t-elle pas dès le début, alors qu'elle avait le temps de le prodi^ire, tout au moins de commencer, puisque le retard du resserrement pupillaire est moindre que celui de la dilatation ?

Cecipeiit tenir à ce que, pendant la période d'excitation latente de l'appareil irido-dilatateur, il s'opère dans l'appareil irido-constricteur une modification analogue à celle qu'on admet dans les appareils constricteurs des vaisseaux sous l'influence des nerfs vaso-dilatateurs. D'après l'opinion que nous avons émise au sujet de l'interprétation du retard considérable de la dilatation de l'iris, il se produirait par la mise en jeu des nerfs irido-dilatateurs une action d'arrêt, une influence suspensive, sur les appareils irido-constricteurs: Or, le fait du défaut d'apparition du resserrement de l'iris quand on excite simultanément et avec une égale intensité les nerfs irido-dilatateurs et les nerfs irido-constricteurs, semble venir à l'appui de cette manière de voir. Notre hypothèse de la dilatation de l'iris par suite d'une interférence entre les ap- I^areils irido-dilatateurs et les appareils irido-constricteurs, aurait ravantage de rapprocher les phénomènes irions des phénomènes vasculaires et de permettre l'interprétation du fait que nous venons de discuter.

g 2. Excitation directe des iierfs dilatateur s, combinée à Vexcitation réflexe des nerf s constricteurs de Viris.

Ea appliquant au nerf sympathique du cou les excitations les plus faibles qui soient capables de faire dilater Tiris et en envoyant, en même temps, dans roèil un faisceau de lumière intense, on observe un resserrement initial de Tiris suivi d'une légère dilatation.

Ce resserrement du début est évidemment dû à Faction réflexe delà lumière sur les appareils irido-constricleurs, et^ s'il ne dure pas, c'est que les appareils irido-dilatateurs sont simultanément soumis à une excitation directe.

Voîlà donc un cas dans lequel le resserrement initial de la pupille se produit sous l'iniluehce de deux excitations simultanées appliquées à des appareils antagonistes.

Si nous cherchons à nous rendre compte de la difTérence qui existe entre celte expérience et la précédente, nous voyons qu'ici nous excitons les appareils irido-constricteurs avec une intensité beaucoup plus grande que les appareils irido-dilatateurs. Quoiqu'on ne puisse imaginer aucune comparaison entre la valeur d'une excitation lumineuse et la valeur d'une excitation électrique, il est évident cependant que la pénétration brusque dans l'œil d'un faisceau lumineux intense (point lumineux obtenu par le rapprochement de deux charbons traversés par un courant de 10 Bunsen et démasqué tout d'un coup), constitue une excitation rétinienne considérable par rapport à l'excitation électrique du sympathique qui est aussi faible que possible.

C'est donc probablement dans cette inégalité des excitations simultanées qu'il faut chercher la cause de l'apparition du resserrement de l'iris au début de l'expérience.

S'il en est ainsi, nous devons obtenir la disparition du resserrement initial en augmentant l'intensité de l'excitation des nerfs irido-dilatateurs : c'est ce qui s'observe en effet. En rapprochant graduellement la bobine induite de la bobine indue* trice, ou en augmentant peu à peu la surface du condne* sateur, nous arrivons très vite a obtenir une intensité d'excitation du sympathique telle que, malgré la conservation de

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rintensité de l'excitation lumineuse, le resserrement initial de l'iris cesse de se produire.

Voilà donc un nouveau fait qui paraît montrer que l'action des nerfs irido-dilatateurs s'exécute pour ainsi dire aux dépens de l'appareil irido-constricteur : pendant la période d'excitation latente des nerfs irido-dilatateurs, la suppression d'action des nerfs constricteurs de l'iris est d'autant plus complète que l'excitation du sympathique est plus intense.

Nous n'insisterons pas davantage sur les effets qu'on peut obtenir en combinant de manières variées les excitations des deux ordres d'appareils, constricteur et dilatateur : les exemples que nous avons donnés suffisent pour légitimer le rapprochement entre l'innervation de l'iris et l'innervation des vaisseaux ; ce parallèle ne pourrait être poursuivi davantage que dans un travail ayant spécialement cettte comparaison pour objet.

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