‹ Physiologie generale de l'education physiqueChapitre 12 sur 47 · CIRCULATION DU SANG Ô · texte numérisé non relu

CIRCULATION DU SANG Ô

mettent de parcourir la ville ; les capillaires nous font pénétrer dans les maisons, nous montrent la vie, les occupations et les mœurs des habitants, c'est-à-dire 'des cellules vivantes.

Enfin le système nerveux exerce sur le cœur et sur les vaisseaux une influence considérable. Il en règle les mouvements. Le cœur possède en propre un appareil d'innervation doué d'une autonomie suffisante pour provoquer sa contraction. C'est sous l'influence de cet appareil nerveux que le cœur continue à se mouvoir, alors qu'il se trouve artificiellement isolé, au cours de certaines expériences de physiologie, par exemple. Mais le cœur est, en outre, étroitement uni au s^^stème nerveux général, par des nerfs qui ont deux origines différentes.- Les uns sont modérateurs àe ses mouveiûents et viennent du bulbe rachidien, les autres sont accélérateurs de ses battements et viennent des ganglions nerveux sympathiques du cou. Que l'on excite les premiers: le cœur se ralentit et finit par s'arrêter ; que l'on provoque sur: les autres la même excitation, et le cœur s'accélère. Normalement, ce double mécanisme entre en jeu pour rj^thmer, selon le besoin du moment, les mouvements de l'organe.

Les artères et les veines reçoivent, elles aussi, des filets nerveux. Ils proviennent du S3^stème sympathique. Ces nerfs agissent sur les vaisseaux en les faisant, selon les circonstances et les besoins, se contracter ou se dilater. Leur rôle est important, puisqu'ils règlent le degré d'abondance du sang circulant dans les organes, et, par suite, régissent la nutrition générale dans l'économie.

Cette vue d'ensemble rapide nous permet de situer, physiologiqueuient parlant, chacun des appareils qui concourent à la fonction circulatoire. Leur rôle respectif est tracé. Il nous sera désormais facile de revenir en arrière et d'examiner en détail quelques points de physiologie circulatoire appliquée aux exercices physiques et à l'hygiène sportive.

Tensions artérielles, — Pouls. — Travail du cœur

a) DÉFINITION

Le sang se trouve dans les artères sous une certaine tension. Il s'en échappe, en effet, en donnant un jet assez fort lorsqu'une ouverture est pratiquée à l'un de ces vaisseaux. La tension du sang résulte de deux facteurs :

L'impulsion du eœur,

La résistance élastique opposée par les artères, au moment de l'arrivée de chaque ondée nouvelle envoyée par le cœur. Cette tension n'est pas uniforme ; elle oscille sans cesse entre deux points : l'un, le plus élevé, représente la tension maxima; il est atteint pendant la systole du cœur ; l'autre, le plus bas, correspond à la tension rninima ; on l'observe pendant la diastole. La tension qui sépare les tensions maxima et minima est appelée tension variable. La connaissance de l'une ne renseigne pas sur la valeur des deux autres, car les variations de ces diverses tensions ne suivent pas une marche parallèle. On devra donc les connaître toutes trois,, chaque fois qu'on voudra apprécier le fonctionnement du cœur et des artères.

La connaissance des tensions artérielles apparaît aujourd'hui comme ayant une importance de premier ordre, parce qu'elle nous permet d'évaluer d'unemanière •approchante l'état du cœur et de la circulation, non seulement pendant le repos, mais encore au cours du travail musculaire et de l'entraînement physique.

h) Mesures des tensions artérielles

On a pu, chez des blessés auxquels on devait pratiquer l'amputation d'un membre, mesurer la tension dans une grosse artère du membre condamné, à l'aide des appareils usuels en physiologie. C'est ainsi que Faivre et Albert ont trouvé que, dans un cas, la tension était de 120 mm. d'Hg dans l'artère fémorale et que, dans un

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autre, elle oscillait de 120 a I25 mm. d'Hg dans l'artère humérale.

Mais pratiquement, le problème est de mesurer de l'extérieur, sans mutilation, la tension du sang dans les artères de l'homme.

Je ne décrirai ici ni les appareils, ni les méthodes, qui sont du domaine de la clinique et de la physiologie. Je ne ferai qu'énumérer :

Le sphygmomanomètre de Potain qui ne permet la notation que de la seale tension maxima.

Le sphygmomètre, de Riva-Rocci, composé d'un manchon de caoutchouc d'une soufflerie, d'un manomètre à mercure, et auquel Vaquez a adjoint son sphygmosignal, index très sensible, qui permet de mesurer la pression maxima avec la rigueur désirable.

La méthode vihro-palpatoire (méthode deEhret), basée sur l'emploi d'un appareil de même principe que celui de Riva-Rocci, avec le concours d'un doigt explorateur placé sur l'artère humérale, au-dessous du bord inférieur du manchon de caoutchouc.

La -méthode auscultatoire (méthode de Korotkow), basée elle aussi sur l'emploi du manchon de Riva-Rocci, mais avec adjonction d'un appareil auditif {sphygmophone de Laubry) qui permet d'étudier les modifications des bruits qu'engendre le passage de l'ondée artérielle dans l'humérale, au cours de la compression effectuée par le manchon.

Le sphygynométroscope d'Amblard, basé sur la méthode des oscillations, et qui permet la mesure des trois tensions.

L'oscillomètre sphygniamétrique de Pachon, d'un usage aujourd'hui courant, et qui fournit les mêmes indications que le précédent.

Ces appareils et ces méthodes ne peuvent prétendre exprimer la valeur absolue des tensions artérielles. Ils donnent toutefois une idée assez approchée des variations de ces tensions. Si les observateurs agissaient sur une artère nue, les résultats seraient à peu près justes. Mais les appareils qu'ils emploient agissent à travers des

tissus qui, selon leur nature et leur état, se comportent différemment dans chaque cas.

De plus, ces appareils et ces méthodes donnent des valeurs de tension maxima et minima un peu différentes les unes des autres. Mais comme la tension variable demeure identique, chez un même sujet, quels que soient les appareils employés, on peut pratiquement admettre ces résultats.

Voici les valeurs généralement attribuées aux tensions artérielles normales, mesurées avec les principaux appareils en usage :

Tension 7naxima

Cm Hg.

Appareil Potain 17

— Riva-Rocci 11 à 12

Méthode de Korotkow 12 à i3

Appareil Amblard 12 à 14

— Pachon i5 à 17

Tension minima

Cm. Hg.

Méthode de Ehret 9

— de Korotkow 9

Appareil Amblard 7 1/2 à 8 1/2

— Pachon 9

On voit, à la lecture de ces chiffres, qu'une tension minima de 8 cm. Hg s'accompagne d'ordinaire d'une tension maxima de 14 cm. Hg et que dans ce cas, la tension variable est de 6 cm. Hg. Ces valeurs sont celles qu'on enregistre communément chez un sujet de vingt-cinq à trente ans bien portant et au repos.

Nombre des pulsations. — Pour évaluer le travail du cœur et des artères, les éléments précédents ne suffisent pas. Il faut faire intervenir un autre facteur : la fréquence du pouls, que l'on doit toujours étudier conjointement avec les tensions artérielles.

Les valeurs des tensions moyennes que nous venons ■d'indiquer vont de pair avec un pouls battant de soixante-

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dix à soixante-quinze fois par minute. Mais si, au lieu de considérer un sujet au repos, nous évaluons ses tensions après lui avoir fait accomplir un travail musculaire qui porte son pouls à 90 pulsations par minute, nous constatons que ses tensions auront acquis les valeurs suivantes :

Cm. Hg.

Tension minima 12

Tension maxima 20

Tension variable 8

Poursuivons l'observation. Faisons accomplir à ce sujet bien constitué un travail qui porte son pouls à 100, ses tensions vont être exprimées par :

Cm. H g.

Tension minima i3

Tension maxima 23

Tension variable 10

Augmentons encore le travail, de manière que le pouls atteigne 120 pulsations par minute, l'oscillomètre enregistrera les tensions suivantes :

Cm. Hg.

Tension minima i5

Tension maxima 3o

Tension variable i5

Poussons l'expérience à ses dernières limites, de telle manière que le pouls atteigne 180 ou 200 pulsations à la minute, nous verrons alors un événement considérable se produire : l'effondrement de la tension maxima et de la tension variable, la tension minima demeurant élevée. Les tensions, à la fin de l'expérience, auront acquis les valeurs suivantes :

Cm. Hg.

Tension minima 20

Tension maxima 2S

Tension variable 5

Ces constatations indiquent que le sujet est à bout de forces. Son cœur à fléchi. Ce fléchissement a pu se faire

brusquement (le fait est observé après un exercice, extrêmement violent, tel qu'une course de 400 mètres faite de bout en bout en vitesse), ou bien il s'est produit lentement (c'est le cas lorsque l'observation porte sur des sujets robustes et bien entraînés).

Les signes auxquels on reconnaît que le muscle cardiaque s'épuise sont donc :

U accélération considérable du pouls ;

he rapprochement des tensions maxima et minima ;

ha diminution de la tension variable .

Tant que le cœur lutte par la violence accrue de ses systoles, il maintient la valeur de la tension maxima éloignée de celle de la tension minima et la tension variable ne s'effondre pas. Lorsque le moteur cardiaque accroît beaucoup la fréquence de ses contractions, c'est en vue de compenser l'insuffisance imminente de son énergie. (Voir le graphique exprimant la courbe des tensions et du pouls.)

En consultant ce graphique qui est purement expérimental et où se trouvent inscrites les valeurs de tension ainsi que la fréquence du pouls, enregistrées au cours de quarante-neuf performances accomplies par des sujets normaux, on verra immédiatement si, à l'hypertension accusée par un athlète, à un moment donné, correspondent les chiffres moyens de tension et la fréquencedu pouls que l'on note habituellement en pareil' cas. Par exemple, un coureur ayant, après deux minutes de course de vitesse, une tension minima de 1 5 à 16 cm. Hg, un pouls battant à 120 pulsations par minute et une tension maxima de 3o cm. Hg, peut être considéré comme ayant une circulation suffisante. Il en sera tout autrement, si, pour ce même nombre de pulsations, la tension maxima se trouve aux environs de 22, 23 cm. Hg, tandis que la tension minima atteint 16 ou 18 cm. Hg ; ou encore, si le pouls s'élève à 1 5o pulsations par exemple, alors que les tensions maxima et minima sont respectivement aux environs de 23 cm. Hg et 18 cm. Hg. En

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