CIRCULATION DU SANG
un mot, chaque fois qu'on observera une dissociation des rapports expérimentalement établis entre la tension maxima, la tension minima et la fréquence du pouls, il y aura lieu de considérer le sujet présentant ces signes.
O'I 1.80 Pulsations
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FiG. 2. — Graphique indiquant les valeurs des tensions maxima, minima et variable, ainsi que leschangements du pouls survenus pendant une performance poussée à ses dernières limites par un sujet non entraîné.
La tension maxima s'est élevée à 29 cm. Hg puis a fléchi brusquement. La tension minima s'est élevée progressivement de S cm. Hgrà i3 cm. Hg. La tension variable s'est effondrée brusquement après avoir atteint une valeur de i5 cm. Hg. — Le pouls qui, au départ, était à 75 pul-ations par minute, s'esi élevé, au moment de l'efFon- Grv.mu.'nt delà tension artérielle, à 180 pulsations.
ou bien comme atteint d'une lésion cardio-vasoulaire latente, ou bien comme insufiisamment entraîné. Il sera prudent de ne lui faire poursuivre que modérément le genre d'exercice auquel il se livre et qui se traduit par un trouble si grave de la coordination des mouvements cardio-vasculaires.
à) DÉTERMINATION DU TRAVAIL DU CŒUR. — Tout
l'intérêt que présente l'étude de la tension artérielle réside
donc dans rappréciation des rapports qui unissent les tensions maxima, minima, variable, et la fréquence du pouls. Un autre élément, la valeur de l'ondée sanguine projetée par le cœur à chaque S3^stole, serait d'un intérêt considérable. Elle nous permettrait, étant déjà connues les valeurs de tension, d'évaluer numériquement le travail accompli par le ventricule.
Tout travail est le produit de deux facteurs :
1° Une force ;
2° Le chemin parcouru suivant la direction de cette force .
Nous savons que l'unité de travail mécanique est le travail nécessaire pour élever un poids de i kilogramme à I mètre de hauteur. Ou lui donne le nom de kilogrammètre. Si on élève i kilogramme à 2 mètres ou 2 kilogrammes à I mètre, on effectue 2 kilogrammètres.
Le travail mécanique du cœur est un « travail résistant, ce qui signifie qu'il ne s'agit pas pour le cœur de soulever une charge à une certaine hauteur, mais de faire vaincre par. cette charge une certaine résistance. Le travail mécanique est alors représenté par le produit de la charge par la résistance à vaincre. » (Gley.)
Tentons d'évaluer l'effet utile du cœur en le rapportant au kilogrammètre et essayons, très schématiquement, de donner une idée du travail du cœur :
Acceptons comme valeur de l'ondée systolique le chiffre moyen de 6o cm^; le travail absolu du cœur normal sera obtenu en multipliant 6o cm^ par la valeur de la tension dans Taorte, que nous supposerons être aux environs de i5 cm. Hg. Mais la densité du Hg étanj: telle que i5 cm. Hg correspondent à une colonne d'eau ou de sang de 2 mètres, le travail du cœur pourra -être exprimé, à chaque systole, par 6o X 2 = i2ogrammètres. Si le cœur bat soixante-dix, fois par minute, le travail de l'organe en une minute devra être exprimé de la façon suivante :
Travail = 120 X 7° = S kilogrammètres 400 grammètres. Mais de telles évaluations sont toujours illusoires.
CIRCULATION DU SANG y 5
Dans les conditions physiologiques, on ignore le débit exact du cœur. La capacité de ses cavités augmente ou diminue d'un moment à l'autre. De plus, le cœur ne se vide jamais complètement. Son débit est donc variable. . Ce qu'on peut dire, c'est que le cœur règle son effort sur la résistance qu'il doit vaincre. Mais cette résistance, nous le savons, change sans cesse. Tout effort musculaire, tout mouvement fait varier le travail du cœur, parfois dans de très grandes proportions.
Il faudrait mesurer ce travail à chaque instant : c'est impossible dans l'état actuel de la science.
Ces brèves considérations nous font apprécier les différences profondes qui existent entre les moteurs vivants et les moteurs industriels. On mesure aisément le travail de ceux-ci. Rien dans leur fonctionnement ne peut nous échapper. Mais ceux-là sont doués d'une telle souplesse d'adaptation automatique que leur effort se proportionne à chaque minute, à chaque seconde, au travail variable qu'ils ont à fournir. Il s'agit de phénomènes biologiques qui s'apprécient plus qu'ils ne se mesurent. Puisqu'il n'est pas possible de déterminer le travail du cœur, d'une manière exacte, contentonsnous d'étudier les influences générales qui le font varier. Chaque fois que la tension augmente dans les artères, la systole accroît d'abord son énergie. Si la résistance continue à grandir, le cœur se fatigue de lutter, mais il essaye de compenser l'insuffisance de son énergie par une fréquence plus grande de ses contractions.il gagne en fréquence ce qu'il perd en énergie. Il change en quelque sorte la forme de son travail.
D'autre part, lorsque, pour des raisons diverses, la pression diminue dans les veines, le cœur ne reçoit plus qu'une quantité insuffisante de sang et il n'envoie, à chaque systole, qu'une faible ondée (Marey). C'est le cas du coureur essoufflé dont les vaisseaux pulmonaires dilatés à l'extrême sont le siège d'un ralentissement considérable du cours du sang et présentent une diminution appréciable de la tension.
Quand le cœur s'accélère au delà d'une certaine
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limite (140 à i5o pulsations par minute), sa réplétion n'a plus le temps nécessaire pour s'effectuer complètement. Le travail diminue alors (Cyon-Marey), Dans ce cas, nous avons constaté que l'électrisation faradique légère de la région carotidienne ralentissait le cœur très promptement et contribuait beaucoup à ramener "en peu de temps la circulation dans un état normal. Cette application sur l'homme d'un phénomène expérimental est précieuse pour contribuer à remettre promptement en état de combattre ou de courir des boxeurs et des coureurs épuisés.
Influence du système nerveux sur le fonctionnement DU ccEUR. — Dans les conditions ordinaires des exercices physiques, le travail cardiaque tend toujours à se proportionner à la résistance à vaincre, grâce à l'intervention des centres nerveux. Ce sont eux qui assurent la continuité et la régularité du rythme du cœur et qui harmonisent son fonctionnement avec celui des autres parties du corps.
Au sein même de l'organe, autour de ses fibres musculaires, est disposé un réseau nerveux d'une richesse inouïe qui est l'aboutissant, d'une part des nerfs modérateurs qui viennent du bulbe en suivant le tronc du nerf pneumogastrique, et, d'autre part, des nerfs accélérateurs qui émanent du système sympathique. Les uns et les autres, avant d'aborder le cœur, forment des amas ganglionnaires importants, véritables relais nerveux disposés dans la concavité décrite par la crosse de l'aorte. Des nerfs nombreux et ténus en partent, qui suivent les ramifications de l'arcère coronaire, nourricière de la propre substance du cœur, et cheminent avec elles entre les fibres contractiles du m3'ocardc.
Sous l'endocarde, vernis eudothélial qui tapisse les cavités cardiaques, et sous le péricarde, sac conjonctif qui enveloppe extérieurement tout l'organe, sont ramifiés à l'infini un grand nombre àt nerfs sensiiifs.
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Ces derniers ont pour fonction, non de provoquer ou d'enrayer le mouvement, comme les nerfs précédents, mais de porter, sans trêve aux centres nerveux les renseignements nécessaires sur le degré de réplétion des ventricules et sur l'état de leur nutrition intime.
Ainsi informé par les nerfs sensitifs, le bulbe ordonne au muscle cardiaque la contraction adéquate et proportionnée au travail à fournir. Il le fait en combinant judicieusement l'action antagoniste des nerfs accélérateurs et modérateurs qui aboutissent aux fibres du myocarde.
L'action des nerfs modérateurs peut être comparée à celle d'un frein qui briderait les mouvements du cœur et empêcli'^rait les nerfs accélérateurs d'emporter l'organe dans des contractions désordonnées.
On n'est pas éloigné de croire, à l'heure actuelle, que la fonction de chaque organe est ainsi gouvernée par des nerfs antagonistes -
La régularité des phénomènes biologiques naît, sans doute, de la juste proportion du rôle dévolu aux nerfs modérateurs et aux nerfs accélérateurs. Dans un état de santé parfait, l'équilibre entre les deux influences contraires est toujours observé.
Les nerfs de la sensibilité générale consciente et inconsciente, distribués à la surface de la peau, des muqueuses, des organes des sens et même des organes' internes, lorsqu'ils sont un peu vivement excités, donnent naissance à des sensations qui peuvent énergiquement réagir sur le cœur. Au début de l'anesthésie, l'impression vive provoquée par le chloroforme sur la muqueuse nasale peut provoquer la mort par arrêt brusque du cœur. La distension forcée du poumon, chez un animal forcé à la course, peut amener l'arrêt réflexe du cœur. La distension de l'estomac chez les personnes atteintes de dilatation de cet organe, l'irritation des canaux biliaires par les calculs dans la colique hépatique, troublent également le rythme cardiaque.
Enfin, les phénçmènes psychiques ont une influence certaine sur le cœur. Les émotions, la joie, la douleur
provoquent soit son accélération, soit son ralentissement. Il en est de même de l'idéatiou agréable ou triste.
Conditions qui favorisent l'énergie du cceur. —
L'oxygène est indispensable au fonctionnement du cœur. Il a pour effet de neutraliser les substances nocives qui se forment dans le muscle sous l'influence de son fonctionnement exagéré, et qui, si elles n'étaient ni entraînées, ni neutralisées sur place, provoqueraient très promptement l'arrêt de l'organe.
L'énergie du cœur lui vient, comme pour tous les autres muscles, et d'une façon générale pour tous les tissus, des réactions chimiques qui se passent dams l'intimité de ses éléments. Ces réactions ont pour effet de libérer l'énergie que les réserves du muscle, sans cesse alimentées par le sang, avaient en provision. Chauveau a montré que la source du travail musculaire était principalement dans la combustion sur place du glycose ou sucre du sang.
L'énergie du muscle cardiaque est donc, à l'origine, une énergie chimique. Le glycose passe par une série d'états intermédiaires et se retrouve tout entier sous forme de chaleur et de travail mécanique.
L'énergie que le cœur déploie pour vaincre les résistances que les vaisseaux opposent au cours du sang, est à son tour transformée en chaleur dans les vaisseaux.
L'une des formes intermédiaires de l'énergie entre le glycogène du muscle cardiaque d'une part, la chaleur et le travail mécanique du cœur de l'autre, est l'énergie électrique développée dans le muscle pendant sa contraction. A ce moment, ce dernier est le siège de variations de tension électrique qui donnent naissance à un courant d'action.
Au repos, le cœur, comme d'ailleurs tout le corps, est en équilibre électrique. Quand la contraction ventriculaire commence, cet équilibre cesse : la pointe du cœur devient négative et la base positive. A la fin de la sys-