MOUVEMENTS RÉFLEXES. — ÉQUILIBRE COORDINATION. — AUTOMATISME
De nombreux actes qui nous sont habituels se passent en dehors de toute intervention de la volonté. La moelle épinière peut, à elle seule, actionner les muscles; les mouvements que ces derniers exécutent dans ces conditions sont involontaires. Quand un homme, assis devant sa table de travail, et absorbé par une lecture, fait osciller automatiquement l'une de ses jambes, reposant sur le sol par la, pointe du pied, il ne se rend pas compte de l'acte effectué. Que se passe-t-il dans ce cas? Les nerfs sensitifs du pied, ébranlés par le contact du sol, conduisent cet ébranlement jusqu'à la moelle épinière. C'est là qu'aboutissent les nerfs sensitifs chargés de recueillir les sensations; c'est de là que partent les nerfs moteurs dont le rôle est de porter aux muscles les ordres de mouvement.
Dans le cas de ce lecteur absorbé, l'impression sensitive ne quitte pas la moelle épinière ; elle ne liionte pas jusqu'au cerveau. La moelle la renvoie immédiatement, transformée en ordre du mouvement, dans la direction des muscles du mollet et du pied, par l'intermédiaire du nerf moteur. On dit que l'impression s'est réfléchie sur la moelle épinière qui apparaît bien comme un centre nerveux doué d'une activité motrice propre. L'acte que je viens de décrire est un acte réflexe. La volonté et la conscience ne sont pas intervenues dans son accomplissement.
Les actes réflexes durent autant que l'excitation qui les provoque. Mais ils ne sont pas toujours aussi sim-
pies que celui que je viens -de décrire. Il en est d'extrêmement compliqués. C'est ainsi que les excitations sensitives et sensorielles produites par les aliments sur la vue, le goût, l'odorat et la muqueuse buccale retentissent sur les organes moteurs et sécréteurs disposés le long des voies digestives. Ces excitations déterminent d'abord la mastication ; elles provoquent ensuite le flux des diverses salives qui vont humecter les mets broyés et rendre la déglutition possible. Mais les actes réflexes qui président à la digestion ne s'arrêtent pas là : la présence des aliments parvenus dans l'estomac suscite la sécrétion des glandes gastriques et les mouvements de l'estomac qui brasse son contenu. L'acte réflexe atteint ici une perfection et une complexité très grandes, puisque, sans doute par l'effet d'une expérience accumulée à travers les âges, la sécrétion de chaque espèce de glandes s'adapte et s'approprie aux actes chimiques nécessités par une transformation différente pour chaque catégorie d'aliments. Aucun de ces actes n'apparaît dans le champ de la conscience. Nous n'éprouvons qu'une sensation générale, indistincte, de réplétion de l'estomac, mais l'infinie variété des réflexes que déclanche l'acte général de la digestion nous échappe.
Un autre exemple d'acte réflexe nous est oft'ert par celui qui part de la rétine, impressionnée par la lumière, se rend dans les centres et revient à l'œil par deux sortes de nerfs antagonistes, les uns commandant aux muscles dilatateurs de la pupille, les autres aux mu.scles constricteurs. De telle sorte qu'à chaque instant, l'ouverture du diaphragme irien est adéquate à la quantité de lumière optima nécessaire à la claire vision. Les mouvements de rétrécissement et de dilatation de l'iris sont incessants ; ils échappent, comme les précédents, au domaine de la conscience.
Dans l'œil encore, c'est un autre réflexe qui commande aux changements de courbure du cristallin, et gouverne l'accommodation à la vision rapprochée et à la vision éloignée.
C'est aussi par l'effet des mouvements réflexes associés