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MOUVEMENTS REFLEXE.S. AUTOMATI.S.ME

que le regard passe sans cesse d'un objet à un autre et que l'œil est toujours amené en position telle que l'image des objets considérés se fasse sur le centre de la fovea, seule zone de la rétine où les images sont clairement perçues. Dans le langage courant, le mot réflexe sert à désigner les actes nerveux les plus simples et les plus circonscrits.

Mais il arrive aussi que l'excitation pénètre plus profondément dans les masses centrales du système nerveux et qu'elle atteigne le bulbe, les ganglions de la base ou même l'écorce du cerveau. Dans ce cas, l'acte réflexe se complique, ainsi que je viens d'en donner quelques exemples. Mais il ne cesse pas d'être, au fond, un phénomène de communication et de transmission de l'excitation à travers une chaîee d'éléments nerveux. Les actes les plus compliqués sont reliés aux plus simples par une gradation insensible et en dérivent.

La moelle épinière et le bulbe n'ont pas l'exclusivité d'engendrer des actes réflexes. Toutes les régions de l'écorce cérébrale sont aptes à réfléchir automatiquement les excitations. Le privilège de la substance grise de l'écorce cérébrale réside dans le nombre et la puissance de ses associations de fibres et de cellules nerveuses qui con^iitionnent et coordonnent non seulement les actes volontaires et conscients, mais aussi les mouvements réflexes les plus compliqués.

Ainsi, la notion de l'acte réflexe nous amène à celle de la coordination de tous nos actes et de tous nos mouvements par les centres nerveux supérieurs.

A quel endroit du s vstème nerveux sont élaborés les ordres qui coordonnent nos gestes, nos mouvements, nos idées?

D'abord dans la moelle épinière.

En effet, T^archanoff a observé qu'après la décapitation, un canard conserve une parfaite coordin-ation de ses mouvements sur l'eau, mais non sur le sol. La

moelle épinière de cet animal est donc le siège d'associations nerveuses suffisantes pour assurer une station régulière sur l'eau et des mouvements de natation impeccables. La station sur le sol et la marche s'accompagnent de mouvements plus compliqués qui nécessitent, pour être bien effectués, une coordination venant de plus haut.

Bien des mouvements, fréquemment répétés par l'homme, s'inscrivent dans la moelle épinière et sont exécutés automatiquement. La marche, le mouvement des bras chez le rameur, celui des jambes ckez le cycliste, sont de ce nombre. Les groupes musculaires propres à chacun de ces mouvements sont mis en jeu de telle sorte que chaque muscle intéressé accomplisse une contraction qui ne soit ni trop faible, ni trop énergique.

Mais ce sont surtout les masses nerveuses situées audessus de la protubérance annulaire, le cervelet et le cerveau, qui donnent lieu à des coordinations importantes. Se trouvant sans communication directe avec les organes périphériques, ils reçoivent des excitations déjà transformées et associées entre elles dans la moelle épinière et dans le bulbe.

Par leur situation hiérarchique supérieure à celle de celui-ci et de celle-là, et par leur organisation intérieure, ils opèrent des synthèses qui, aussi bien dans l'ordre de la sensibilité que dans l'ordre du mouvement, assurent l'unité des fonctions^ les rendent interdépendantes et les accordent harmoniquement.

C'est dans le cervelet que semble résider la fonction de coordination des mouvements et dans le cerveau, celle de coordination des idées. Après l'ablation du cervelet, la sensibilité, l'intelligence et la volonté sont conservées. L'animal se meut, mais ses mouvements, jusqu'alors ordonnés, sont devenus désordonnés et n'atteignent plus le but qui leur est assigné par la volonté ou l'instinct. Le trouble est d'autant plus accuse que les mouvements réclament un travail de coordination plus complexe : c'est le vol qui sera le plus troublé chez l'oiseau, la marche chez le mammifère, la natation chez le poisson.

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