‹ Physiologie generale de l'education physiqueChapitre 26 sur 47 · Q = -TT · texte numérisé non relu

Q = -TT

Voici un tableau indiquant, d'après Bouchard, la taille, le poids, les segments anthropométriques moyens, la graisse du segment et la graisse de tout le corps dans l'état normal.

Le poids est incontestablement le meilleur index de l'état de la nutrition, sous l'influence des exercices. Sa connaissance est indispensable, surtout chez les nourrissons et les enfants. Chez l'adulte qui fait de la culture physique, des sports, de l'entraînement, sa constance est la seule garantie de la réparation suffisante des tissus par les apports alimentaires pendant l'entraînement.

Taille, poids, segments anthropométriques moyens, graisse bu segment, graisse de tout le corps (d'après m. bou- CHARD).

Taille

Poids en

Poids du segment

Graisse

Graisse de tout

en décimètres.

kilogrammes.

en granimcs

le corps.

du segment.

7,5ii

5oo

5ii

Taille

Poids en

• Poids fiu segment.

Graisse

Graisse de tou,

en décimètres.

kilograir.mes.

en grammes

le corps.

du segment.

io,i5o

io,583

II,2l3

Il n'est pas aussi facile qu'on le croit de peser un homme. Le sujet doit être nu et à jeun. On opérera, de préférence, le matin au réveil, avant toute alimentation. La balance-bascule devra être sensible à 5 grammes par 100 kilogrammes. Pendant la pesée, le sujet se tiendra

sur le plateau de la balance, le dos tourné à la graduation et gardera une immobilité complète.

III. Élasticité thoraciquE. — La commission internationale,* réunie, en septembre igio, à l'occasion du quinzième Congrès d'anthropologie, a décidé, très judicieusement, que la circonférence thoracique serait désormais mesurée selon un plan horizontal passant par la base de l'appendice xyphoïde et que l'on prendrait la moyenne des mesures notées à l'inspiration et à l'expiration.

L'élasticité thoracique (et non l'amplitude respiratoire comme on dit presque partout) augmente sous l'influence des exercices. Elle est exprimée en centimètres par la différence qui existe entre le périmètre maximum mesuré à la fin d'un mouvement d'inspiration profonde et le périmètre minimum mesuré à la fin d'un mouvement d'expiration forcée.

Voici, d'après nos propres observations, la valeur moyenne de l'élasticité thoracique :

A six ans : i cent. 20 à 2 centimètres;

A dix ans : 3 à 4 centimètres ;

A quinze ans : 4 à 6 centimètres ;

A dix-huit ans : 4 à y centimètres ;

A vingt ans : 6 à 10 centimètres;

A vingt-quatre ans : 6 à 12 centimètres.

Il ne faut pas chercher une relation constante entre la capacité des poumons et l'élasticité thoracique. Les deux valeurs ne suivent pas toujours une progression parallèle.

L'élasticité thoracique est, de plus, indépendante de la valeur absolue du périmètre. J'ai connu des coureurs qui avaient un périmètre thoracique moyen plutôt inférieur à la moyenne; mais, chez eux, la différence attestée par le ruban métrique entre le périmètre inspiratoire et le périmètre expiratoire était considérable et allait jusqu'à i5 et même 17 centimètres.

L'élasticité thoracique est fonction de la mobilité des articulations des côtes et de la puissance des muscles de

la respiration. Des hommes qui ont un thorax de grandes dimensions ne sont pas forcément ceux qui présentent la plus grande élasticité thoracique ; un thorax de grandes dimensions, mais dont la mobilité est faible, est doué de peu d'élasticité; au contraire, un thorax de petites dimensions, mais très mobile, se dilate beaucoup et la valeur de son élasticité est importante. Elle peut atteindre un chiffre assez élevé (entre 9 et i5 centimètres) chez les sujets entraînés.

IV. ^/£..TiLATiON PULMONAIRE. — Dans l'état de repos, on évalue à o lit. 5oo la quantité d'air mobilisée par chaque mouvement respiratoire ordinaire. C'est ce que les physiologistes appellent Vair courant. Si, à la fin d'une inspiration ordinaire, nous poursuivons ce mouvement jusqu'à ses extrêmes limites, nous faisons entrer dans notre poitrine une quantité d'air supplémentaire évaluéeà i lit. 670 :c'cst l'air complémentaire. Si, d'autrs: part, nous prolongeons une expiration ordinaire aussi loin qu'il nous est possible, nous expulsons une quantité j d'air évai>iée à i lit. 600 : c'est l'air de réservé.

A la suite d'une expiration forcée, on estime, depuis Gréhant, qu'il reste encore dans les poumons une quantité d'air évaluée à i lit. 880 ; c'est l'air résiduaî qu'aucun effort, si violent soit-il, ne nous permet d'expulser.

Air courant. . . . . ) = capacité vitale.

Air de réserve. . . . r (qui exprime la ventilation

Air complémentaire. ' maxima).

On dit souvent que le spiromètre nous donne la capacité respiratoire. C'est une erreur. Ici les mots ont une signification précise et il faut la connaître. Le spiromètre nous renseigne sur la capacité vitale, c'est-à-dire sur la ventilation maxima. La capacité respiratoire, telle qu'elle a été définie par Gréhant, est autre chose. Elle comprend l'air résiduaî et 1 air de réserve. Autrement dit, c'est la capacité de l'appareil respiratoire à la fin d'une expiration ordinaire.

Le spiromètre, introduit en physiologie et en médecine par Hutchinson, est un gazomètre formé d'une cloche graduée, équilibrée par un poids et plongeant dans un vase contenant de l'eau. Un tube qui aboutit au-dessus du niveau de l'eau, au centre de la cloche, établit la communication avec l'appareil respiratoire. Le sujet procède à une grande inspiration. Ce faisant, il emmagasine l'air complémentaire, après quoi, il saisit entre ses lèvres l'embout qui termine le tube du spiromètre, expulse de ses poumons tout l'air qu'il peut et le fait passer dans la cloche, qui reçoit ainsi : L'air complémentaire ; L'air courant ; L'air de réserve.

On obtient, par lecture directe de la graduation tracée sur les parois de la cloche de verre, l'indication en litres et fractions de litre de la capacité vitale moyenne qui est de i lit. 600 (air de réserve) -h i lit. 670 (air complémentaire) + dit, 5oo (air courant) = 3 lit. 770.

Le spiromètre exprime la ventilation maxima des poumons.

Pour évaluer la capacité respiratoire (air résidual -f- air de réserve) , il faut recourir obligatoirement à une méthode d'évaluation indirecte, employée en physiologie, celle des mélanges.

La capacité respiratoire, chez un adulte bien constitué, oscille entre 3 lit. 200 et 3 lit. 400.

L'exercice accroît beaucoup la capacité vitale. Je l'ai fréquemment vue s'élever après six mois, de 3 lit. 600 à 4 lit. 5oo et plus.

A l'âge de trois ans, la capacité vitale est seulement de o lit. 400. Elle subit un accroissement annuel de G lit, 120 à o lit. i5o. Arnold a admis que la capacité vitale suivait le développement de la taille à raison de o lit. o5 ou de o lit. 04 par centimètre, suivant qu'il s'agit de l'homme ou de la femme, et à partir de la quatrième année. Je n'ai jamais pu vérifier ces données dont l'allure mathématique cadre mal avec celle des phénomènes biologiques.

Ce ne sont pas les plus grandes tailles, mais les tailles moyennes qui fournissent la capacité vitale la plus grande. Il semble, ainsi que Manouvrier l'a avancé, que les tailles moyennes scient les plus robustes, les plus musclées et qu'une évolution se produise qui tende à réduire la taille au profit de la résistance et de la robustesse.

V. Circonférence des membres. — Jusqu'à treize ou quatorze ans, les muscles restent grêles chez l'enfant et des mensurations portant sur les membres, avant cet âge, ne-donnent aucune indication importante. Chez un enfant de douze ans, normalement développé, la circonférence du mollet égale celle du cou. Vers le même âge, le périmètre thoracique xypho-sternal égale deux fois et demie, au moment de l'inspiration pulmonaire, la circonférence du cou.

Je n'insiste pas sur ces données sujettes à des variations individuelles très grandes qui diminuent beaucoup leur valeur.

Il n'en est pas de même chez l'adulte. Après six mois d'exercices, j'ai vu la circonférence des bras augmenter 89 fois sur 100, la circonférence des avant-bras 74 fois sur 100, la circonférence de la cuisse yy fois.

Le périmètre soléaire avait gagné de 2 à 4 centimètres chez tous les s v. jets.

VI. Force musculaire. — On mesure couramment la force des sujets à l'aide des dynamomètres. Ce sont, pour la plupart, des ressorts dont les déformations sont proportionnelles aux forces qui les produisent.

Le sthénomètre de Bloch est le plus usité. Dans cet appareil les déformations d'un ressort elliptique sont transmises par un pignon à des aiguilles ; la graduation esc double, l'une mesure la traction et l'autre la pression.

Les mesures de la force musculaire manquent généralement de rigueur. Tantôt il s'agit de pressions et

tantôt de tractions. Les dynamomètres sont de construction différente, de sorte que la prise des mains n'est pas identique pour tous les modèles.

La force moyenne de traction des deux mains, évaluée par Gréhant, est aux environs de 45 kilogrammes.

Les muscles du cou ne fléchissent que sous un poids moyen de 100 à 120 kilogrammes.

La « force rénale », qu'il conviendrait d'appeler plus exactement « force lombaire », exprime la puissance des muscles extenseurs du tronc (masses des muscles sacro lombaires et dorsaux). On la mesure au moyen du dynamomètre de Régnier fixé au sol à l'une de ses extrémités, tandis qu'on tire sur l'autre en se penchant d'abord, puis en se redressant. Bile a été évaluée par Quételet, suivant l'âge et le sexe. Voici les résultats rapportés par cet auteur :

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