L'ENTRAINEMENT
Dans le langage sportif, le mot entraînement a la signification de développement d'une énergie déterminée. Elle assure à celui qui l'a acquise une supériorité dans l'exécution des mouvements spéciaux d'un exercice.
Dans le langage physiologique, le mot entraînement a un sens plus large. Il signifie la propriété générale d'un organisme de résister à la fatigue. Un sujet entraîné est celui qui :
i'' Résiste mieux aux intoxications dues à la fatigue par une neutralisation plus parfaite et une élimination plus complète des toxines produites par l'exercice ;
2° Sa nutrition générale bien équilibrée, son hématose et sa circulation plus actives assurent un entretien parfait du muscle considéré comme transformateur d'énergie ;
3° Sa masse musculaire est accrue ;
4° Il possède une coordination fonctionnelle, c'est-àdire une synergie plus grande, grâce à la perfection des ordres émanés de ses centres nerveux.
Ainsi compris, l'entraînement exprime le complet épanouissement de l'organisme dans l'ordre physiologique et anatomique.
Cet état de perfection et d'harmonie, chez un sujet entraîné, est la forme.
Comme on le verra dans les pages qui suivent, la mise en forme physiologique s'acquiert péniblement et est conservée difficilement. Au contraire, l'entraînement musculaire est rapidement obtenu. En un mois d'exer-
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cice quotidien, Aducco doubla sa puissance. Schefïer augmenta sa force de 60 p. 100 en deux mois d'entraînement musculaire et Manca, avec deux haltères, passa, en neuf semaines, de vingt-huit à quatre-vingt-quinze soulèvements rythmés.
L'étude de l'entraînement musculaire ou dynamométrique a été faite par Warren Lombard {Journal of physioL, 1893), Mosso [la Fatigue intellectuelle et physique, Paris, 1894 ; les Lois de la fatigue étudiées dans les muscles de l'homme, Arch. ital. de biol., 1890) et par Charles Henry (Recherche expérimentale sur l'entraînement musculaire, Comptes rendus de l'Acad. des Sciences, 1891). Avec des haltères de 5 kilogrammes, auxquels on pouvait ajouter successivement vingt-quatre petites masses additionnelles, Ch, Henry a obtenu une loi mathématique de l'entraînement musculaire le plus rapide.
L'entraînement provoque toujours : i" des modifications de la nutrition générale ; 2° des changements dans les rapports qui existent entre les différents tissus de nos organes. Il ne se produit pas, comme on l'a écrit, des modifications de structure qui se gagneraient très vite et se perdraient de même, mais seulement des changements dans la quantité et dans la qualité des tissus existants. La nature de ces tissus ne varie pas ; ce qui est modifié, ce sont les proportions entre leurs parties constitutives.
Voici un boxeur qui pesait 85 kilogrammes avant l'entraînement. Après l'entraînement, son poids est de 88 kilogrammes ; ce sujet paraît être, cependant, devenu plus anguleux et comme desséché. En vérité, le régime auquel il a été soumis a eu pour conséquence de faire disparaître presque entièrement sa graisse qui a été remplacée par des muscles, et, malgré son apparence, l'athlète pèse un peu plus après qu'avant l'entraînement.
Ce que recherche l'homme qui s'entraîne, ce sont: d'une part, V accroisseinent du volume et de la force des muscles par le travail ; d'autre part, la diminution de la masse des tissus mous (graisse, tissu cellulaire, eau
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interposée), à l'aide d'évacuations de toute espèce. Un entraînement rationnellement conduit comporte la provocation artificielle de sueurs profuses, un accroissement concomitant de la diurèse et quelques évacuations intestinales causées par des purgatifs salins. Cet ensemble de procédés spolie l'organisme d'une partie de son eau d'infiltration. Le besoin de réparer ces pertes aqueuses se traduit, du moins au début de l'entraînement, par une soif assez vive. Nos tissus se livrent alors à un travail osmotique considérable. Toute l'eau qui se trouve à leur portée (liquides épanchés dans les cavités naturelles ou infiltrés dans le tissu cellulaire et non encore éliminés) est résorbée par les cellules vivantes constitutives de ces tissus. Les articulations perdent leurs formes arrondies ; elles deviennent «sèches» par disparition du surplus du liquide synovial qui baigne les surfaces articulaires. Celles-ci sont lubrifiées avec le minimum de synovie. S'il existe quelque part un liquide pathologique, dans la plèvre, par exemple, il tend à disparaître, résorbé lui aussi par l'aspiration osmotique qui se fait de toutes parts vers les cellules vivantes avides d'eau.
Ce travail de résorption ne se limite pas aux liquides. Il intéresse également certains tissus mous peu stables, tels que la graisse. Les transpirations paraissent débarrasser les sujets mis à l'entraînement, non seulement de l'eau qui infiltre le tissu cellulaire, mais aussi d'une partie des matières grasses. Ces dernières, en brûlant, donnent naissance à de l'acide carbonique que les poumons éliminent et à de l'eau que les tissus résorbent.
Le premier effet de l'entraînement est donc la diminution de poids par perte d'eau et d'une très faible partie de la graisse. Tous les moyens sont employés pour le produire: bains chauds alternantavec la douche d'eau froide, frictions sèches et massages vigoureux allant jusqu'au pétrissage, enveloppements ouatés à l'aide de coton doublé de lames caoutchoutées, bains de vapeur, étuves sèches, vêtements de laine.
Ces procédés divers ont pour autre résultat de beaucoup alléger le travail du cœur en raréfiant les liquides
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interstitiels et, conséquemment, en diminuant les résistances que doit vaincre la circulation dans les territoires des vaisseaux capillaires.
Cette déshydratation énergique ne doit pas dépasser cependant une certaine limite, variable suivant les personnes. Poussée trop loin, elle s'accompagne de troubles qui traduisent l'intoxication générale du sujet soumis à l'entraînement. Il dort mal, il perd l'appétit, ses urines se raréfient et sont plus foncées ; quelquefois même elles contiennent des traces d'albumine. L'organisme n'a plus à sa disposition la quantité d'eau nécessaire pour solubiliser les déchets qui doivent être entraînés à l'extérieur. Ils ne sont plus éliminés en totalité. Une partie est retenue dans le foie, dans les reins, dans le sang.
Il faut donc ne spolier l'organisme que de l'excès, du seul excès d'eau qu'il contient. L'urine de l'athlète entraîné devra être l'objet d'un examen quotidien, qui révélera si les différents corps chimiques qui entrent dans sa composition s'y trouvent en proportion convenable.
Il faudra juger, non d'après la quantité d'urine émise, mais d'après la quantité de déchets qui doivent être quotidiennement éliminés par un homme normal, compte tenu du poids du sujet soumis à l'entraînement et du travail qu'il fournit chaque jour.
Cet ensemble de pratiques suppose que l'on s'est préalablement assuré que les organes chargés d'éliminer les résidus du travail musculaire et du fonctionnement normal de l'économie, sont, chez un tel sujet, parfaitement indemnes de toute espèce de tare pathologique ancienne ou actuelle. Le foie, les reins, la peau et l'intestin auront donc été l'objet d'un examen préalable et l'athlète ne sera mis à l'entraînement que s'il est avéré que ces quatre émunctoires fonctionnent normalement.
La peau doit être l'objet d'une attention particulière parce qu'elle élimine, par la sueur, des produits éminemment toxiques, notamment ceux qui proviennent de l'usure des muscles.
Nous savons combien l'intoxication du sang par les
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déchets de cette catégorie conduit vite à la fatigue. Pour retarder l'apparition de celle-ci, l'un des moyens les plus efficaces consistera à entretenir les téguments dans un parfait état de propreté.
Avant d'aller plus avant dans l'étude de l'entraînement, il convient que je m'arrête quelques instants à l'action régulatrice des reins, de la peau et du foie. Ces organes maintiennent l'équilibre physique et chimique du milieu organique. Les sécrétions rénale, hépatique \ et sudorale varient en effet considérablement, selon les circonstances, et assurent à la constitution du sang une remarquable fixité. Elles se chargent des substances étrangères et nocives qui doivent être éliminées.
J'ai connu un coureur qui, quoique convalescent d'une scarlatine, d'ailleurs guérie depuis quatre mois, tenta d'établir un record, malgré ma défense. Ses reins avaient été touchés par la scarlatine, fait très commun pendant le décours de cette maladie. Cette complication ne paraissait pas avoir laissé de traces. Ce coureur n'en ressentait aucune espèce d'inconvénient dans la vie ordinaire. Il courut donc. Le soir, je fus appelé à son chevet. Je le trouvai haletant ; ses pupilles étaient dilatées au maximum et des vomissements survenaient à chaque instant, signant en quelque sorte le diagnostic d'urémie suraiguë. L'infortuné était victime d'un véritable empoisonnement causé par la fermeture des reins. Les matières vomies avait une odeur ammoniacale caractéristique. L'urée s'éliminait chez lui par la salive, l'estomac et l'intestin où elle était transformée en carbonate d'ammoniaque. Peu à peu, sous l'influence du repos absolu, et d'un traitement approprié, le calme se rétablit, mais ce sujet fut mis définitivement dans l'impossibilité de se livrer à son sport favori.
La toxicité de l'urine a été étudiée par Feltz et Ritter {1881), Bocci (1882), Schiffer (i883), mais surtout par Bouchard et ses nombreux élèves. Les substances
toxiques qu'elle contient sont : des sels minéraux et surtout de la potasse, des éléments organiques provenant de la désassimilation des tissus, tels que alcaloïdes, corps amidés, pigments, etc. Les uns dérivent des aliments (substances minérales) ; les autres, des fermentations dont le tube digestif est le siège ; la plupart, de la désassimilation des tissus.
On a recherché les modifications que le travail et l'entraînement peuvent apporter dans la composition des urines. Les observations aboutissent à des résultats différents et parfois contradictoires. Les divergences s'expliquent par les conditions alimentaires qui varient d'un athlète à l'autre, par la forme et la durée du travail accompli, par des conditions physiologiques individuelles, par un état antérieur, etc. A titre documentaire, voici les résultats d'une analyse d'urines pratiquée par Sabrazès et Denigès sur le coureur cycliste Stéphane pendant son record de vingt-quatre heures sur piste :
Urée
Acide urique .
Azote total
Acide phosphorique total . .
Sulfates
Chlorures
Pendant la performance, Stéphane s'était exclusivement alimenté avec du lait.
La lecture de ces résultats nous montre que, dans tout travail intense et prolongé, l'athlète se met en état d'auto-intoxication qui deviendra effective si les émunctoires (foie, reins, peau, intestin) fonctionnent mal.
La sueur est un autre produit toxique ; elle n'est pas seulement un simple moyen de réfrigération pour l'organisme. Arloing, Charrin et Mavrojannis l'ont démontré en expérimentant sur des animaux. Dix à quinze centimètres cubes de sueur tuent i kilogramme de substance vivante. D'après Arloing, si la sueur était retenue dans
Premier
Deuxième
Kour.
)our.
grammes.
grammes.
l'entraînement 173
l'organisme, la quantité sécrétée en vingt-quatre heures serait capable d'empoisonner un homme du poids moyen de 65 kilogrammes.
La sueur provoquée par le travail musculaire est plus toxique que celle que font apparaître artificiellement les bains de vapeur ou les douches d'air chaud. De plus, la toxicité de la sueur augmente avec l'intensité du travail. Arloing a rencontré une personne dont la sueur sécrétée pendant le repos permettait la survie du chien à la dose de 22 centimètres cubes par kilogramme de poids vif, tandis qu'elle tuait un animal de la même espèce à la dose de 12 centimètres cubes seulement, lorsqu'elle était sécrétée pen-dant une longue course à bicyclette.
Une autre cause de variation de la toxicité de la sueur, au point de vue expérimental, réside dans les conditions qui président à sa récolte. La sueur prélevée directement à la surface de la peau et comprenant la partie adhérente au tégument est plus toxique que la partie vaporisée et condensée sur d'autres surfaces où on la recueille.
La bile, elle-même, produit d'excrétion du foie et dont la présence est si nécessaire dans l'intérieur du tube digestif, devient toxique lorsqu'elle est déversée dans les vaisseaux sanguins. Ce phénomène se produit chaque fois que le foie se congestionne ou qu'un obstacle mécanique (calcul) ferme les voies biliaires. La bile sécrétée par les cellules hépatiques est alors résorbée, elle passe dans le sang, les téguments jaunissent et les signes d'intoxication apparaissent.
La bile est surtout toxique par sa matière colorante, la bilirubine. Décolorée, elle perd une partie de sa toxicité. Les acides et les sels biliaires provoquent, en outre, le ralentissement du cœur par paralysie du système accélérateur cardiaque.
J'ajoute que, dans un foie qui fonctionne mal, la résorption de la bile n'est pas le seul danger. La glande hépatique a un rôle protecteur de première importance. Elle neutralise, en particulier, les produits de putréfaction qui prennent naissance dans l'intestin, les pto-
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maïnes formées en grande abondance au sein des muscles qui travaillent, les poisons microbiens nés dans l'organisme, enfin les alcaloïdes végétaux (nicotine). On comprendra sans peine qu'une lésion de cet organe annulera plus ou moins son rôle protecteur.
Mais j'en ai assez dit pour montrer la nécessité pour V athlète de n'aborder les pratiques de l'entraînement qu'après avoir acquis l'assurance qu'il n'est atteint d'aucune tare hépatique ou rénale et que sa peau fonctionne parfaitement.
La diminution de la masse des tissus mous n'est que la partie la moins importante des effets produits par l'entraînement. U accroissement du volume et de la force des muscles en est l'aboutissant essentiel. Ce résultat est obtenu par le travail qui provoque par surcroît la diminution des réserves graisseuses.
Pendant les périodes de vie ordinaire, le glycogène est fourni aux muscles par les hydrates de carbone qui suffisent à son approvisionnement. En période d'entraînement, la réserve adipeuse est, à son tour, mise à contribution ; elle se transforme en glycogène ; cela n'est pas douteux. Mais nous ne connaissons point de réaction chimique qui nous fasse assister à la naissance du glycose d'abord, du glycogène ensuite, aux dépens d'une graisse. Une telle transformation nécessite préalablement la fixation d'une quantité donnée d'oxygène sur le corps gras pour en faire d'abord un hydrate de carbone.
Ceci étant posé, il n'est pas justifié d'écrire, comme on l'a fait, que le muscle « brûle directement les graisses en les utilisant pour alimenter la contraction musculaire ». Le muscle ne brûle pas de la graisse, mais du glycogène. Les graisses se transforment en glycogène quand les hydrates de carbone deviennent insuffisants, mais nous ne connaissons pas, je le répète, la série des états intermédiaires par lesquels elles passent pour aboutir au sucre musculaire, aliment primordial de la contraction.
l'entraînement 175.
Quoi qu'il en soit, elles y aboutissent dans le cas d'un travail intense. Sous l'influence de l'entraînement se produiront donc simultanément : l'augmentation de volume et de force des muscles et la diminution des réserves graisseuses. C'est la. répétition fréquente et prolongée de la contraction musculaire qui produira ces deux résultats.
La diminution des tissus graisseux, sous l'influence du travail, nous explique pourquoi l'entraînement diminue la tendance de Vhomme à s' essouffler. L'homme entraîné n'a plus à sa disposition les graisses capables de produire une surabondance d'acide carbonique, cause principale de l'essoufflement. Nous savons, en effet, que l'aboutissant normal de la combustion intra-organique des graisses est l'acide carbonique et l'eau.
Le travail modifie directement le muscle à deux points de vue :
1° Il en fait grossir et en fortifie les fibres ;
2° Il en élimine les éléments azotés capables de donner naissance à des déchets de combustion surabondants qui engendrent l'auto-intoxication générale et la fatigue. Ces éléments azotés jouent dans la production de la courbature musculaire et de la fatigue le rôle dévolu aux graisses dans la production de l'essoufflement. Tandis que les graisses engendrent de l'acide carbonique, de l'eau et quelques autres produits riches en carbone et en hydrogène, le tissu musculaire produit, en fonctionnant énergiquement, une série de composés riches en azote, dont l'acide urique et les diverses substances extractives sont les types. L'exercice journalier fait peu à peu disparaître ces composés azotés. Un sujet qui s'entraîne régulièrement acquiert donc une véritable immunité, aussi bien à l'égard de la courbature musculaire que de la fatigue générale.
En résumé, pendant un entraînement bien conduit :
1° D'une part le travail et le mouvement, en usant les réserves azotées du muscle et les graisses, immunisent contre la fatigue et l'essoufflement ;
2^ D'autre part, les suées et les déperditions artifi-
cielles d'eau abaissent le poids, allègent le travail du cœur et contribuent aussi, partiellement, à diminuer la tendance à l'essoufflement.
Le travail et le mouvement pourraient suffire, à eux seuls, à produire tous les effets de l'entraînement. Mais, pour provoquer la déperdition aqueuse qu'on réalise si facilement par la sudation et par quelques autres moyens, il faudrait en utilisant le travail seul, dépenser une activité musculaire considérable. Chez des sujets qui ne seraient pas d'une constitution exceptionnellement robuste, une telle pratique ne tarderait pas à altérer la santé par le mécanisme du surmenage. D'ailleurs, le but serait beaucoup moins rapidement atteint. On a donc avantage à recourir, dans l'entraînement, à la fois au travail musculaire et aux moyens artificiels de déperdition.
Quelques notions importantes concernent l'alimentation pendant l'entraînement. Je ne rapporterai ici que trois d'entre elles :
1° On écartera de la consommation ce qui peut favoriser la reproduction de l'eau interstitielle. Les boissons aqueuses seront donc réduites au strict nécessaire. La ration en est variable chez chaque sujet. Elle ne doit pas, au début tout au moins, dépasser i5oo grammes. En remplaçant trop vite les pertes faites par la sueur, on diminuerait la tendance à la résorption des liquides interstitiels avides d'eau. L'abaissement du poids ne se produirait pas et le travail du cœur ne serait pas facilité par l'assèchement des tissus infiltrés ;
2° On évitera également dans l'alimentation tout ce qui peut reproduire promptement la graisse perdue. Cependant, il ne faut pas aller trop loin dans cet ordre d'idées. Nous avons vu que la graisse est capable de suppléer aux hydrates de carbone lorsqu'ils deviennent insuffisants et de donner au muscle le glycogène qui lui est nécessaire. Une certaine quantité de graisse sera
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donc permise. Pour en apprécier la quantité on se reportera au tableau de la ration alimentaire de travail ;
3° Il ne faudra jamais perdre de vue que les caractéristiques de l'homme entraîné sont :
a) L'augmentation des muscles ;
&) La diminution et parfois la disparition complète des tissus de réserve, qui ont pour rôle d'alimenter les combustions.
A V issue d'une période d' entraînement, l'homme est comparable à une machine dont les rouages sont très consolidés, mais qui ne porte avec elle qu'une provision de combustible insuffisante. C'est donc aux aliments presque seuls que l'athlète et l'homme de sport devront alors demander les matériaux nécessaires à l'entretien du travail.
S'il est vrai qu'un sujet entraîné soit devenu très résistant à -la fatigue, par contre il est dans l'impossibilité de supporter longtemps la privation d'aliments. Il est apte à fournir un travail intense et prolongé, mais il supporte mal le manque de nourriture. N'ayant plus, ou presque plus de réserves, il s'épuisera promptement si les aliments lui font défaut ou lui sont parcimonieusement mesurés. Les athlètes entraînés sont de grands mangeurs parce qu'ils vivent et travaillent presque exclusivement à l'aide de leur ration alimentaire. Je suis d'avis que, pendant une épreuve de fond, les sujets doivent absorber des h5^drates de carbone (sirop de sucre, féculents pulvérisés) et des aliments azotés promptement assimilables (lait, œufs) qui se transforment rapidement, les premiers surtout, en glycogène. Mon avis n'est pas partagé par beaucoup d'entraîneurs, mais il est étayé sur des raisons physiologiques.
L'absorption de 5 00 centimètres cubes d'eau dans laquelle sont dissous 100 grammes de sucre, provoque, au bout de dix minutes, un accroissement de la force dynamométrique. Cet accroissement cesse, en moyenne, au bout de' quarante minutes.
Vanghan Harley a démontré que l'addition de sucre au régime ordinaire d'un athlète augmentait de 9 à
21 p. 100 son pouvoir musculaire et retardait très notablement l'apparition de la fatigue. Absorbé tard dans la soirée, vers minuit, le sucre peut faire disparaître la chute diurne du pouvoir musculaire qui est enregistrée aux environs de huit ou neuf heures du matin. Il accroît toujours le maximum delà force musculaire qui se manifeste habituellement vers trois ou quatre heures de l'après-midi.
On trouvera au chapitre de V Alimentation des développements, qu'il est inutile de reproduire ici, à propos des diverses rations alimentaires, de la répartition et de la composition des repas.
La durée d'une période d'entraînement, en vue d'un exercice déterminé, est variable. On ne peut établir de règle absolue. En général, six semaines sont nécessaires pour acquérir la « condition corporelle », qu'il ne faut pas confondre avec la science sportive, laquelle ne s'acquiert qu'après de bien plus longs délais. Au bout de six semaines, les urines ont changé de caractère, les liquides interstitiels peuvent avoir complètement disparu ; les muscles ont visiblement accru leurs dimensions, et leur force, mesurée au dynamomètre, peut être augmentée du quart ou du tiers. L'immunité contre la fatigue et la courbature est acquise. Ce dernier résultat est obtenu parce que les combustions, n'ayant plus pour aliments des tissus d'une désassimilation facile, produisent moins de déchets. Nous savons qu'abondance des déchets, intoxication du corps par ceux-ci et fatigue sont toujours associées.
La mesure de l'acide carbonique expiré nous montre qu'à travail égal les poumons d'un homme entraîné rejettent moins d'acide carbonique que ceux d'un sujet sans entraînement. La peau n'exhale plus les acides gras volatils dont l'odeur est souvent pénible et caractérise la vie sédentaire. D'ailleurs, on a observé depuis longtemps que les exhalaisons du corps humain ont une