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odeur différente suivant qu'elles émanent d'un homme qui pratique habituellement l'exercice ou d'un sujet confiné dans la stabulation.
La stabilisation de la respiration et du pouls sont, nous avons eu l'occasion d'en parler à plusieurs reprises, les deux critères de l'entraînement. Pour un même nombre de kilogrammètres effectués, en un temps donné, on comptera, par exemple, chez l'homme entraîné : 20 respirations et 80 pulsations à la minute, tandis que le sujet sans entraînement présentera dans le même laps de temps 35 ou 40 respirations et 120 pulsations.
La graisse et l'eau interstitielle, chez ce dernier, augmentent son poids inutile, son poids mort. Sa graisse sous-tégumentaire, plus spécialement, s'oppose, dans une certaine mesure, au rayonnement du calorique et, conséquemment, à la réfrigération de son corps pendant le travail ; elle augmente enfin, par la combustion de ses éléments carbonés, la production de l'acide carbonique et cause l'essoufflement.
Chez l'homme entraîné, et chez le sédentaire, les tissus de remplissage et les muscles se trouvent dans des rapports bien différents.
La masse musculaire est proportionnellement plus développée chez le premier. Les tissus mous ont presque disparu. Il en résulte que, pour un exercice donné, son travail réparti sur un système moteur aux rouages plus puissants, sera accompli avec un moindre effort. De plus, étant dépourvu d'un excès de graisse, il n'éprouvera pas les souffrances et la gêne dues à réchauffement excessif du corps et s'essoufflera peu.
Un homme entraîné s'est donc fait momentanément un tempérament particulier. Sans changer sa nature, il a acquis des aptitudes spéciales et modifié quelque peu son chimisme inlérieur. Mais s'il retombe dans le genre de vie d'où l'entraînement l'avait fait sortir, il perd assez rapidement les avantages qu'il avait acquis. On ne se
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conserve en condition qu'en persistant dans les pra-^ tiques qui ont provoqué la fonte des tissus de remplissage et le développement musculaire.
Les pratiques de l'entraînement sportif sont superflues chez les sujets qui exercent des professions manuelles exigeant une grande dépense de force. L'accoutumance au travail suffit à mettre un organisme en condition parfaite. Dans ce cas, la résistance à la fatigue est un état habituel.
La comparaison entre les animaux sauvages et ceux que nous avons domestiqués fait bien apparaître la différence qui existe entre des constitutions habituées au travail et d'autres confinées dans la vie sédentaire. Il y a loin de la musculature du loup, de ses poumons résistants, de son cœur solide, à la musculature, aux poumons et au cœur du chien de chasse, même le mieux entraînés
Ce qui est remarquable, c'est que les hommes et les animaux, soumis depuis des années à une vie continuelle de travail musculaire, ne perdent que très lentement la conformation que leur ont donnée de telles habitudes. S'il a-dvient que ces sujets soient tout à coup mis en régime de repos et de sédentarité, leurs muscles gardent longtemps leur fermeté et leur force. Au contraire, les individus qui ont suivi une méthode d'entraînement rapide et qui ont promptement acquis les qualités physiques recherchées en vue d'un certain exercice, perdent avec la plus grande facilité ces qualités acquises. Elles n'ont aucun caractère de stabilité.
L'entraînement ne permet pas seulement au sujet qui s'y soumet de faire un effort musculaire plus grand, d'être moins essoufflé par l'exercice et d'accroître la capacité fonctionnelle de son cœur. Celles de ses facultés intel-
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lectuelles et morales que l'exercice met en jeu, la volonté et le don de coordination, sont développées et perfectionnées par l'entraînement corporel. « Tout effort musculaire se doublant d'un effort de volonté, a écrit de Grandmaison, celle-ci subit, par cela même, un entraînement parallèle à celui du muscle. » Elle se fortifie chaque fois que l'entraînement lui donne l'occasion d'ordonner des mouvements énergiques.
Dans la vie ordinaire, l'homme ne met que bien rarement en jeu l'excitation volontaire maxima. Il ne va jusqu'à l'extrême limite de ses forces que si une émotion, une excitation de colère ou de peur agissent sur lui comme le coup de fouet sur le cheval. Alors, ce sentiment violent galvanise ses muscles ; le pouvoir excito-moteur de sa volonté est soudain décuplé. Tel homme s'était arrêté; il s'était déclaré incapable de marcher, se considérant à bout de forces ; mais, subitement, sous l'influence d'une cause imprévue : terreur, émotion, joie, etc. , il a retrouvé toutes celles que ses muscles avaient encore en réserve.
Un sujet entraîné n'a pas besoin de ces excitants fortuits pour imposer à ses membres l'accomplissement de tout l'effort dont ils sont capables. Sa volonté suffit. Elle est devenue plus vigoureuse en même temps que sa sensibilité s'est émoussée par l'accoutumance. Il résulte de ce double mécanisme que la sensation de fatigue a presque complètement perdu son empire sur lui.
L'entraînement ne fortifie pas seulement la volonté, il perfectionne la faculté de coordination des mouvements et, par là, fait rendreaux muscles une plus grande somme de travail sans leur demander plus d'efforts. Il n'est pas un de nos gestes qui ne suppose un travail de coordination. C'est par lui que nos mouvements sont précis et que le rendement de la machine humaine est aussi parfait.
L'homme entraîné a le sentiment de l'augmentation de ses forces. Il y puise une confiance en soit qui excite. Par une autosuggestion constamment renouvelée, les résultats matériels obtenus par l'entraînement sont sans cesse renforcés. C'est ce qui explique qu'il suffit à un
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athlète d'établir une seule fois un record pour que le souvenir de cet effort, couronné de succès, lui fasse accomplir, dans la suite une performance semblable. Mais il faut se garder d'épuiser les forces d'un tel sujet, par la répétition fréquente de l'effort maximum. Il suffit qu'il se soit prouvé à lui-même qu'il peut faire telle prouesse pour qu'il acquière le pouvoir de la renouveler à l'occasion.
Chez l'homme bien portant, cette confiance en soi-même donne la hardiesse et favorise l'expansion de la force musculaire jusqu'à ses dernières limites.
Chez l'homme souffrant, le sentiment du retour des forces, basé sur un exercice modéré et bien réglé, peut avoir une portée incalculable et devenir le point de départ d'une guérison que les remèdes sont impuissants à produire. Les malades chez lesquels un entraînement, conduit avec toute la prudence et les précautions voulues, a créé l'autosuggestion optimiste et le réconfort général qui en dérive, sont de plus en plus nombreux.
Enfin, les effets de l'entraînement peuvent se faire sentir d'une façon heureuse sur les enfants arriérés. L'exercice physique, pourvu qu'il soit attra3^ant et bien réglé, agit sur eux comme une sorte d'entrée en matières. L'apprentissage des mouvements éducatifs est très souvent, pour eux, une sorte de préambule qui les prépare aux matières des études classiques.
Quant aux enfants intelligents, mais de caractère faible, ils trouveront, « dans l'accoutumance à faire effort, dans l'habitude de supporter la fatigue, un moyen de développer la volonté, tout en atténuant la sensibilité qui vient si souvent lui faire échec ». (Lagrange et de Grandmaison.)
Le succès de l'entraînement ne tient pas seulement à l'excellence de la méthode employée et au bon état organique d'un sujet, il est également subordonné au psychisme de ce dernier. J'ai connu des sujets vigoureux, charpentés en athlètes, que l'entraîneur ne pouvait amener
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à la. condition voulue. J'en ai rencontré d'autres, infiniment moins bien doués, musculairement et organiquement, qui, très promptement, dépassaient les espérances qu'on pouvait concevoir sur eux. De telles différences dans les résultats de l'entraînement s'expliquent par le psychisme différent des individus.
Beaucoup d'hommes sont passifs et le demeurent toute leur vie. Il leur faut toujours obéir, sans s'en douter, à la suggestion de quelqu'un. Quand ils s'adonnent aux sports, l'entraîneur ou le moniteur doit les commander pour les faire agir. Ils n'obéissent volontiers qu'aux suggestions impératives. Dès qu'elles cessent, ils retombent dans leur état ordinaire et ne travaillent plus.
D'autres sujets sont dubitatifs. Ils doutent de l'efficacité de l'entraînement, de la méthode employée, de leur 'puissance, de leurs progrès, mais ilsse laissentconvaincre par le professeur et s'adonnent avec ardeur à l'exercice. Enfin, certains sont volontaires et abordent avec confiance les pratiques de l'entraînement. Ils s'y livrent avec passion. On est obligé de modérer leur ardeur ; leur volonté s'accroît en raison des difficultés. Ils se fatiguent et se surmènent.
Lesvéritables champions se recrutent dans la troisième catégorie. Elle comprend les hommes sûrs d'eux-mêmes, endurants et -courageux. Ils sont doués du plus puissant des agents dynamogènes : la volonté.
Me plaçant à un autre point de vue, je dirai que certaines conditions psychologiques indépendantes des précédentes sont nécessaires. C'est ainsi que les entraîneurs attachent une très grande importance à la tranquillité d'esprit d'un sujet. Lorsqu'un champion est en condition, il est important de le tenir à l'écart de toute préoccupation et de toute émotion dépressive. Les soucis et les peines morales déterminent un état psychique peu favorable aux progrès de l'entraînement. Les sensations trop vives sont interdites à l'athlète. La culture physique et l'entraînement doivent être une école de continence et de chasteté. Le mariage a toujours été le signal de la décadence des champions, et, plus encore, la vie désordonnée.
A ce point de vue, les pouvoirs publics seraient bien inspirés .s'ils s'efforçaient de donner à la jeunesse le goût de l'entraînement au plein air. Une légère fatigue quotidienne, due aux exercices physiques, détournerait les adolescents au tempérament nerveux, toujours en quête d'excitations, de rechercher ces dernières. Il y aurait déplacement d'activité dans les jeunes organismes, au bénéfice de la musculature et de la santé générale.
On reconnaît, à première vue, un sujet entraîné. Son regard est clair; son visage respire le bien-être physique ; son teint a une couleur uniforme ; ses joues sont un peu creuses et rosées ; sa tête est droite, bien en équilibre sur les épaules. Il plaît par sa bonne humeur et sa gaieté, témoins d'une discipline librement acceptée; il ne récrimine, ni ne critique.
Au repos, ses formes sont arrondies ; la peau adhère directement, sans interposition de graisse, aux muscles qui se dessinent â chaque mouvement. Dans l'effort, leurs reliefs peuvent être considérables. L'abdomen est effacé et légèrement rentré. Les muscles des membres sont apparents; le couturier et le biceps, notamment, dessinent avec précision leur contours.
S'il me fallait juger le degré d'entraînement d'un sujet, je m'arrêterais aux épreuves suivantes :
Une course de vitesse de 100 mètres ;
Une course de fond de 3 kilomètres ;
Trois sauts en hauteur ;
Trois sauts en longueur ;
Le lancer du poids (pratiquée trois reprises) ;
Le grimper à l'aide des membres supérieurs ;
Le lever de la gueuse ;
La natation sur 100 mètres.
Un exercice d'audace (par exemple, un saut en profondeur) .
Je jugerais d'après un barème établi, en tenant compte des meilleures performances que l'homme aurait four-
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nies. Et je ne manquerais pas de tenir compte du temps mis par lui pour effectuer toute la série des épreuves.
Les barèmes m'ont paru quelquefois défectueux. C'est ainsi qu'à un moment donné j'ai vu les distances du saut en longueur être comptées par fractions de 5 centimètres. De même les distances du lancer étaient appréciées par fractions de o m. 20, etc. Puisqu'on mesure les distances en centimètres dans le saut en hauteur, pourquoi ne point adopter ce mode de mensuratiori pour le saut en longueur et le lancer ? On devrait s'entendre, une fois pour toutes, sur la manière de mesurer les per-. formances athlétiques, comme on s'est déjà entendu sur la manière de mesurer un périmètre thoracique.: