PLAN D EDUCATION PHYSIQUE
lesse. Il n'est pas question de guérir par une gymnastique ou des sports appropriés les infirmités de la pleine sénilité, mais de reculer l'époque de la déchéance.
Kn quelques mois, on peut, dans l'âge mûr, par des moyens physiques appropriés, obtenir un rajeunissement remarquable, redresser la taille, supprimer son empâtement, donner au visage le coloris de la bonne santé, rendre aux muscles leur souplesse et à la démarche son élasticité, faire renaître le sommeil, l'appétit et les forces.
L'exercice modéré et certains sports, en régularisant la désassimilation et en excitant l'assimilation, reculent l'heure de l'appaiition de la vieillesse. A tout âge, on peut espérer une réforme heureuse d'un organisme encombré de toxines et de poisons, en employant une série de moyens et de procédés dans le détail desquels je ne saurais entrer ici.
D'une manière générale, les sujets qui auront précédemment adopté un sport continueront à le pratiquer, mais à la condition qu'ils n'eu éprouvent ni grand essoufflement, ni sensation d'angoisse, ni palpitations durables, ni fatigue prolongée. Peu à peu, avec les progrès de l'âge, ils doivent se borner à des jeux calmes ne sollicitant que faiblement le cœur et les poumons. Ici, je donne la première place au vieux jeu français de longue paume, joué avec des balles de liège, admirable exercice pour les hommes et les femmes ayant dépassé la cinquantaine. Il nécessite la mise en jeu, par une succession de détentes brusques, de toute la musculature. Mais il ne surmène jamais le cœur ni les poumons, car entre chacune de ces détentes est ménagé un temps de repos pendant lequel la balle vole vers le partenaire et revient à celui qui l'a d'abord lancée. L'aviron et le tennis pratiqués avec modération, ainsi que le golf, sont des sports de l'âge mûr. Enfin, la simple marche à pied est la sauvegarde des personnes âgées. Elle les prémunit contre lès accidents de la sédentarité si redoutables pour les vieillards. Mais il ne faut pas qu'elle soit faite à une allure trop vive. Elle ne doit amener ni essoufflement.
ni fatigue et, pendant cette période de la vie, elle doit avoir lieu, de préférence, trois quarts d'heure ou une heure après les principaux repas.
En vérité, à cet âge avancé, les pratiques du bienvivre ressortissent à l'hygiène bien plus qu'à l'éducation physique.
En résumé, les mouvements que l'homme peut accomplir sont relativement peu variés, mais il y a la manière de les utiliser, l'ordre dans lequel ils doivent se succéder, leur étendue, leur dosage aux différents âges et par les différents exercices et sports : tel est le domaine de l'éducation physique.
Si nous voulions formuler en quelques mots toute notre conception de l'éducation physique proportionnée au développement de l'organisme humain, nous dirions : l'éducation physique commencée dès le foyer, poursuivie à l'Ecole, doit s'épanouir dans les sports. Ainsi conçue, elle aiderait puissamment à la renaissance de la race française gravement anémiée par une formidable saignée.
Enfin, je le répète encore une fois, en détournant la jeunesse du cabaret et en l'exerçant au grand air, les compétitions sportives représentent peut-être le moyen le plus efficace que nous ayons de lutter contre l'alcoolisme et la tuberculose. Elles sont, par surcroît, une sauvegarde contre les tentations de toute sorte qui assaillent le jeune homme désœuvré. A ce point de vue, leur rôle moralisateur est immense.