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chose a dû préexister, parce qu'elle n'a pu être produite par modification ou transmutation^ ou spontanéité ; et par cela même qu'elle a été créée, que sa nature exige une création; à ce titre, les types créés, les espèces réelles, les puissances ordonnées comme l'attribut essentiel d'un être, sont seuls innés et préexistants.
Les variations du type, de l'espèce, de la puissance ou de l'attribut essentiel ne sont au contraire préexistantes que dans le genre. Elles n'ont pas été créées et viennent de transformations secondaires. Leur origine est une simple possibilité d'être, et leur existence tient aux modifications d'un type selon les circonstances de son développement : à un certain égard, la puissance possède comme iniiéité des catégories de variations possibles; c'est-à-dire que ses modifica* tions se feront selon son énergie, son étendue, son expansion dans tel sens ou dans tel autre.
Or, la nature mauvaise n'ayant pas d'existence réelle, de subsistance par elle-même, n'étant pas une création en un mot, n'a pas eu» n'a pu avoir de préexistence dans la création. Elle n'y était que comme une simple possibilité aléatoire, c'est-à-dire rien. Quand elle a commencé, elle n'était pas, et en commençant même elle n'était que comme une transformation de ce qui était avant elle. , De plus, comme la puissance créée pouvait engendrer des variations, des dispositions nouvelles suivant les circonstances, il va de soi que des dispositions anormales pouvaient naître également comme des transformations de ces dispositions normales nouvelles. De même qu'une disposition normale ancienne venant à disparaître, les dispositions anormales qui la doublaient, pour ainsi dire, disparaissaient avec elles : ainsi des maladies nouvelles se sont produites avec des races nouvelles, et des maladies anciennes ont disparu avec des races anciennes disparues ou transformées.
D'où il résulte que toute disposition n'est pas de soi innée, mais bien engendrée par la puissance au contact de circonstances ; et que cependant il peut y avoir des dispositions héréditaires se transmettant par génération dans la race, et des dispositions acquises par une race nouvelle ou un particulier.
Cela dit, revenons aux productions putrides. IV. Ces productions putrides sont, nous l'avons vu, analogues aux dispositions anormales : elles ont la même nature, une nature non subsistante, non créée, non indépendante, non fixe; elles ne sont pas réellement préexistantes, mais peuvent être héréditaires ou acquises par l'individu. Ce sont en un mot des générations qui procèdent de Taclivité vitale, sont des formes anormales de génération
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organique, et viennent de dispositions acquises par la puissance formatrice.
Mais trois objections dernières se dressent devant nous.
On nous dit d'abord que ces êtres putrides peuvent se reproduire entre eux, se propager par ovulation et rapprochements sexuels; ce qui suppose chez eux une nature réelle. A cela il faut répondre que les maladies qui ne sont pas des êtres réels se propagent également par des coniages qui sont l'analogue de Tovulation putride. II faut remarquer surtout que ces êtres inférieurs représentent précisément la nature réelle, dans une sorte de parodie, jusque dans ses phénomènes les plus importants, mais qu'ils n'en sont pas moins dépendants et subordonnés; qu'ils ne peuvent naître sans une organisation vitale préalable; que c'est aux dépens de la molécule organique même qu'ils se forment, dans elle et par elle; qu'ils ne peuvent vivre sans le milieu générateur qui les donne, ne peuvent se détacher de lui, et meurent dès qu'il n'est plus.
Sans doute ils semblent avoir une vitalité propre, mais ils n'en ont réellement que la ressemblance : leur activité n'est pas autre que celle qui les a engendrés, c'est-à-dire une activité à son déclin, s'épuisant, mourante en un mot; et de là leur existence si courte, si rapidement épuisée, comme tous les observateurs l'ont constaté. Leur vitalité n'est qu'une impulsion partie d'un corps vivant, et ne dure que le temps d'achever le mouvement : c'est l'impulsion laissée par la forme active qui a quitté le corps organisé dont elle usait; ce n'est pas une forme subsistante en soi, c'est un simple mouvement.
Sans doute aussi, ces générations putrides ont des formes ani* maies et végétales différentes de celles que possédait l'être vivant sur les débris duquel on les observe. Mais pourquoi l'activité plastique ne concevrait-elle pas au contact des activités étrangères, dans une sorte de promiscuité monstrueuse, des formes anormales et hétérogènes? C'est l'homme dans son activité animale, se penchant vers les êtres inférieurs, et retraçant en lui les passions et les actes qu'il y trouve, accouplant son affection sensible à des affections animales dans une sorte de promiscuité monstrueuse, et se faisant semblable à l'animalité. Qu'on veuille bien se rappeler ce que nous avons observé au livre IV, chapitre ii, de l'influence du sperme sur toute la nutrition féminine : non-seulement l'ovule est fécondé, mais l'activité formatrice elle-même tout entière chez la femelle est imprégnée par le mftle, c'est-à-dire que l'acte formateur engendre une disposition séminale au contact d'une activité formatrice étran-