‹ Physiologie généraleChapitre 13 sur 107 · DE L'UNITÉ DÉ L'ESPÈCE HUMAINE · texte numérisé non relu

DE L'UNITÉ DÉ L'ESPÈCE HUMAINE

L'homme est un animal raisonnable^ suivant la définition (l*Aristotef la plus parfaite que l'on connaisse. On le nommait en grec Av6pci»ico;, et ce mot veut dire qui regarde en face; ce qui est effectivement Tun de ses caractères principaux. Le nom latin homo signifierait sui<vant quelques-uns, au rapport de Gastelli, que Thomme a été tire de la terre ; dicitur ita appelari ab HUMO, quia a terra creatus, (Castelli, Lexicon med.)

On a tenté beaucoup de définitions de l'homme. Saint Augustin a dit : Intelligentia corpore terreno et mortali utens ; ce que M. de Bonald a traduit ainsi : L'homme est une intelligence servie par des or* ganes* Mais cette définition manque d'exactitude philosophique; elle peut faire croire que l'intelligence est dans le corps comme un moteur, ce qui n'est pas acceptable, ainsi que nous le verrons (liv. II'). Un physiologiste moderne a proposé de définir l'homme : un mam* mifhe monodelphe bimane (P. Bérard) : c'est ne voir dans l'homme que des caractères purement physiques, le ravaler au niveau des bétes, et ne pas tenir compte de l'intelligence qui le distingue.

La définition d*Aristote, adoptée par les plus grands philosophes, est encore la meilleure. Elle donne en deux mots les deux traits caractéristi(|ues de l'homme : en le disant un animal, elle marque le ^enreauquelil appartient, et fait entendre tout de suite que par son organisation physique il tient à l'animalité; en le disant raisonnable, elle précise la différence qui le sépare de tous les autres animaux et le place au-dessus de tous. Ce dernier mot est si précis et en même temps si vaste, qu'il embrasse l'intelligence, la liberté, la parole, la religion, la politique, les arts et l'industrie; et en effet, l'homme seul est un être intelligent, libre, parleur, religieux, politique, industriel, artiste.

L'homme étant aussi nettement défini en général, il semble que toute incertitude doive cesser sur la possibilité de le reconnaître dans le particulier. Cependant des théories perverses se sont élevées, qui n'ont voulu voir dans Thomme qu'un animal un peu plus parfait

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