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III. De la coloration de la peau

Nous abordons l'objection la première née, celle-là même que mit tant en vogue le rire de Voltaire, on la peut dire la plus importante.

1® lies dlTerses eolorattons de IS pea« «ont de* eametéi

aeeeMoires. — La peau de l'homme peut être diversement colorée; elle peut être blancbe, jaune, rouge^ noire, brune, cuivrée, vert olive; et il y a encore bien des nuances. On a prétendu que la couleur primitive était rouge ; telle est au moins la signification que les linguistiques ont trouvée au nom &Adam (terre rouge) ; et telle est encore la même signification du nom chinois Hoang-ti. (De Paravey, dans les Annales de philosoph. ehrêi,, février 1859.)

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D'une manière générale, on dit que les Européens sonl blancs, les Asiatiques jaunes^ les nègres noirs, les Américains rouges : mais ce n'est là qu'une vue d'ensemble qui souffre un grand nombre d'exceptions. Nous reviendrons tout à l'heure sur la dispersion des couleurs dans les races.

Si l'on prenait la couleur de la peau comme caractéristique d'espèce, il foudrait d'une part, supposer que cette vue d'ensemble est rigoureusement exacte, ce qui est faux, et il budrait n'admettre que quatre espèces humaines.

Pour nous, la couleur (le la peau est un caractère accessoire, non un caractère essentiel, et par conséquent ne peut servira distinguer des espèces. En effet, la couleur ne change rien à la nature de l'individu ; et tout le monde sait très bien qu'un cheval est toujours un cheval, qu'il soit noir ou blanc; que le chien noir est aussi chien que le chien blanc ; que le cochon noir est aussi cochon que le cochon blanc. 11 n'y a pas à insister.

Cependant quelques esprits étonnés, il y en a toujours qui s'étonnent de peu de choses, répugnent à adipettre un homme noir. Or, l'histoire naturelle démontre que le mélanisme se retrouve dans un grand nombre d'espèces animales.

Dans les espèces sauvages, on a constaté le mélanisme sur le raloH laveur^ la belette, le loup, le lion, le jaguar, le léopard, la panthère, le conguar, le chat sauvage, l'écureuil, la souris grise, le surmulot, le hamster, le campaguol des champs, le castor, le lièvre commun, le lapin, le chameau, le dromadaire, la vigogne, le daim, le chevreuil d'Europe, le mouflon, l'yack; chez les oiseaux, le faucon commun, l'hirondelle de fenêtre, l'allouette des champs, l'ortolan, le moineau franc, le pinçon ordinaire, le chardonneret, le tarin, le bouvreuil, le choucas, l'autruche; parmi les insectes, Dugès a signalé la chenille du Sphina airopas. (Godron, loc. ciL, t. I, p. 33.)

Dans les espèces animales domestiques, le mélanisme est encore plus commun : le cheval, l'àne, le mouton, la chèvre, le diien, le chat, le lapin, le cobaye, le cochon, le chameau, le lama, le buffle, la poule, le canard, et jusqu'au ver à soie, en offrent constamment des exemples.

Quant aux variations de couleur dans toutes ces espèces, elles sont nombreuses; chez les animaux domestiques surtout, elles sont incessantes et multipliées. Cependant l'espèce n'en est pas moins toujours la même, que le cheval soit blanc ou noir, ou alezan ; que le serin soit vert ou jaune; que la poule soit rouge ou noire ou

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blanche ou panachée; etc. Par quelle loi singulière Thomme ferait- il exception?

On a dit que le nègre, c'est à lui qu'on s'attaque, bien plus encore qu'à l'homme jaune ou rouge, on a dit que le nègre avait non-seulement la peau noire, mais aussi le sang plus noir. Mais qui ne sait que cela est général dans tous les cas de mélanisme, et que chez la poule noire, par exemple, la chair est brunâtre?

Enfin, on nous objecte qu'il est difficile de comprendre comment a pu se produire la couleur noire sur une peau blanche, et comment un homme noir a pu naître d'une paire blanche. C'est une question de causes qu'on soulève, abordons cette question. Et dès l'abord nous pourrions répondre par une contre-interrogation : Comment se fait-il que dans un poulailler où le mélanisme est absent, il naisse tout à coup une poule noire?

2° €ao«e Intime de la coaieur. — Nous devons nous demander ce qui produit la couleur. Y a-l-il pour la production de la couleur noire un appareil spécial?

S'il y avait dans ou sous la peau un organe particulier destiné à produire soit la couleur noire, soit la brune, soit la rouge, soit la jaune, soit la vert olive, ce serait un caractère organique d'une assez grande importance. Tout au moins, sa présence ou son absence, ses modes divers pourraient être invoqués comme des caractères organiques assez importants pour distinguer des espèces. On pourrait encore discuter la question, il est vrai, mais enfin nos adversaires auraient quelque argument à faire valoir. Si au contraire il n'y a rien de semblable, leurs prétentions tombent immédiatement.

Dutrochet, de Blainville, Weber, Breschet et Roussel, Flourens, Henle, Schwann, Simon (de Berlin), etc. , se sont occupés de la (|uestion, et il est démontré, à l'unanimité, qu'il n'y a pas le moindre organe de cploration spéciale, que la peau du nègre est la même que celle de l'homme blanc, rouge ou autre. Dans la couche profonde de l'épiderme, sur les inégalités des papilles, s'étale chez tous les hommes une couche de cellules identiques chez tous quant à la forme; les cellules ne diffèrent que par la présence d'un pigment colorant plus ou moins foncé.

Enfin, chose digne de toute attention, quand il arrive sur une peau blanche ou jaune que la coloration brune ou noire s'établisse, ce qui n'est pas rare, alors le même pigment se retrouve chez l'homme blanc que chez le nègre. Dans les taches brunes des

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femmes grosses, dans les cas de peau bronzée attribuée par Addison à une lésion des capsules surrénales, dans Téphélis qui suit l'insolation, la race européenne présente le même pigment que la peau du nègre, tandis que le nègre qui, à sa naissance, est blanc, ne présente alors aucune trace de pigment (Flourens.)

Il est donc bien certain que la peau est identiquement la môme dans toutes les races, et que, si elle devient tantôt noire, tantôt rouge ou jaune, cela ne dépend que de la présence d'un pigment qu'elle a l'aptitude d'acquérir dans toutes les races, et qu'elle acquiert sous des influences dont nous avons à rechercher In valeur.

3° De raetion des eaiwes externes. — On a invoqué pOUr

expliquer la coloration de la peau, le climat ou l'insolation, l'altitude et la sécheresse ou l'humidité, la nourriture, les mœurs; puis toutes ces causes ont été mises en doute. En réalité, il y a des raisons pour et contre.

On sait que sous l'influence du soleil la peau prend une teinte brunâtre. Les médecins savent que l'éphélis peut être plus ou moins étendu soit par l'influence de la grossesse, soit par une nourriture défectueuse, et surtout une nourriture d'aliments salés ou de poissons, soit par une aflection de l'estomac, soit par une lésion des capsules surrénales, comme le veut Addison, soit par des influences encore inconnues. « V. deBomare, dans un article cité par Blumenbach, fait mention d'une paysanne française dont l'abdomen devenait complètement noir pendant chaque grossesse, et Camper parle d'une femme de haut rang qui avait naturellement la peau blanche et un très beau teint, mais qui chaque fois qu'elle devenait enceinlc commençait immédiatement à brunir. Vers la fln de sa grossesse, ajoule-t-il, elle devenait une véritable négresse; après l'accouchement, la couleur s'effaçait graduellement. Le docteur C. Starck (Observationes médicinales de febribus intermittentibus, Ticini, 1791, in-8°) fait mention d'un homme qui devint aussi noir qu'un nègre à la suite d'une fièvre. Blumenbach dit qu'il possède un morceau de la peau de Tabdomen d'un mendiant, laquelle est aussi noire que celle d'un Africain. Ualler, Ludwig et Âlbinus ont également cité des faits de ce genre. » (Prichard, Hist, nat. de l'homme, t. I, p.llû.)

« Loschge cite un exemple de mélanisme qui, chez un homme de race blanche, s'étendait à toutes les partiesdu corps, sauf les mains, les pieds et le visage. » (Godron, lac, cit., t. Il, p. 162.)

78 DE L'DmTÉ DB L'SSPÈCB HDMAINB.

Je sais bien qu'on nous peut objecter que ce sont là des colorations accidentelles qui ne se transmettent pas par génération. Cependant plusieurs faits que j'ai vus tne portent à croire que Téphélisest héréditaire, et il suffit qu'un cas extrêmement prononcé se soit produit et transmis pour que la coloration noire ait été introduite dans l'espèce. C'est un point de la question qui n'a pas été encore soulevé, et qui demanderait une étude particulière. Je puis remarquer, entre autres, que les enfants nés en France de colons héréditairement établis dans les Indes ont la coloration brunâtre de leurs parents.

On objecte qu'il y a des blancs établis sous toutes les latitudes, en Afrique, en Amérique et dans l'Inde, et qu'ils n'y deviennent pas noirs, n'y constituent pas une race nègre. On cite, entre autres faits curieux, que Burkaert fait deux fois mention de soldats bosniaques, laissés par Sélim en Nubie, qui ont encore conservé les traits de leur pays natal, quoiqu'ils en aient oublié la langue.

Cependant il y a bien une influence de climat. « Il est remarquable, dit un missionnaire anglais, que, sans exception, toutes ces classes d'hommes (Persans, Grecs, Tartares, Turcs et Arabes, qui habitent l'Inde), après un petit nombre de générations, même sans alliance réciproque avec les Indous, prennent la teinte olive foncée s'approchant beaucoup du nègre, et qui semble naturelle au climat. Les Portugais nés dans le pays ne s'unissent qu'entre eux seulement ou, s'ils le peuvent, avec des Européens. Eh bien! ces Portugais, pendant une résidence de trois cents ans dans Tlnde, sont devenus aussi noirs que des Caffres. Certainement ceci est d'un grand poids pour combattre l'assertion que Ton pose quelquefois que le climat seul ne sufHt pas pour expliquer la différence entre le nègre et l'Européen. » {Heber's Narrative, vol. I, p. 68.)

Pour l'altitude, elle est tout autant controversée, aussi bien que l'action du froid, de l'humidité et de la chaleur, le genre de vie, etc. Il y a un grand nombre de faits qui prouvent évidemment que ces influences peuvent être sans action, mais il n'en existe pas moins d'autres qui prouvent que cette action peut être très réelle. Nous en citerons quelques exemples.

Suivant Broc, on voit dans l'Amérique du Sud des Indiens à cheveux noirs, au teint pâle et décoloré comme un cadavre, dans les lieux élevés, pendant que les Indiens de la plaine ont le teint basané et cuivré et les cheveux d'un noir fauve. {Eitai aur fe$ races humaineif p. 1 12. ) Chez les Indous, la même raoe présente des hommes tout à fait blancs et des hommes tout à fait noirs comme des

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nègres, et cela ne dépend pas des castes, puisqu'on trouve des brahmes parmi les noirs, des blancs parmi les parias. (Heber's Nar-rative,) Et, chose remarquable, les émigrations d'Indous ont perdu toute coloration brune et noire en se portant vers les lieux élevés de THimalaya, aux sources du Gange, dans la vallée de Cachemire; les Siah-Posh ou Kafirs surtout, qui habitent les hautes régions du Koristan, qui ont le type indo-germanique, qui parlent un dialecte du sanscrit, tout comme ceux de la presqu'île, ont le teint tout à <iEiit clair, des yeux bleus et des cheveux blonds. (Prichard, loc. ctY., t. I, p. 220.)

Les mœurs, la nourriture et en général tout ce qui constitue la manière de vivre influent sur les caractères accessoires, et sans doute, entre autres, sur la couleur de la peau. Ainsi toutes les espèces domestiques redevenues à l'état sauvage en Amérique, où elles avaient été transportées, ont perdu leurs couleurs variées et ont revêtu une couleur uniforme; ce qui était noir, blanc, rouge» marron, etc., est redevenu d'une couleur uniforme fauve brunâtre ou approchant, et cela pour toutes les espèces domestiques livrées à elles-mêmes dans les déserts, le cheval, le chien, le cochon, le chat. (Roulin, Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des Êciences, Paris, i8S5, t. VI.) Il a donc fallu que la domesticité ait d'abord créé toutes les variations que l'on observait dans cette condition, et ensuite que l'état sauvage ait amené l'uniformité. Quelle preuve puissante I

On a remarqué que les Lapons et les Hongrois descendent de la même famille ; il y a aujourd'hui entre eux des différences énormes : est-ce le climat, l'altitude, les mœurs, la nourriture, etc. , qui les ont produites? Tout y est peut-être pour quelque chose. On a encore observé que par la résidence dans un pays, au sein d'une race différente, une famille en acquiert à la longue plusieurs caractères ; ainsi les Juifs, qui ne se sont jamais alliés qu'entre eux, sont en Allemagne roux comme les Allemands, en Angleterre blonds avec des yeux bleus comme des Anglais, et au contraire dans l'Inde noirs comme des nègres. (Prichard.)

Du reste, il faut bioi que des causes puissent produire cette coloration noire de la peau, puisqu'elle n'appartient à aucune race en particulier, et qu'on l'observe chez des individus qu'on ne peut nullement supposer s'être alliés avec la race nègre, qui n'ont avec elle aucun caractère commun autre que le mélanisme cutané. Il y a à Gochin, sur la côte du Malabar, une colonie juive qui a oon* serré tous les caractères les plus décisifs de sa race» et dont les fis-

80 DE l'unité db l'bspècb humaine.

milles T)c s'allient qu'entre elles, selon la coutume de la nation ; eh bien! ces Juifs sont complètement noirs. (Buchanan, cité par Prichard.) On sait que les foulabs ou fellahs, en Afrique, sont d'une conformation tout européenne, avec une peau entièrement noire. Pour les Arabes Sbegga, « la couleur de la peau, dit Wadington, )) est en général d'un noir de jais, d'un noir pur, brillant, et qui, y> à mes yeux, alors certainement peu prévenus en faveur de cette D teinte, parut la plus belle couleur qui pût être choisie pour une » créature humaine. Ces hommes se distinguent complètement des » nègres par réclat de leur couleur, par la nature de leurs cheveux, » par la régularité de leurs traits, par l'expression même de leurs )> yeux humides et par la douceur de leur peau, qui^ à cet é^ard, » ne le cède en rien à celle des Européens. » (Prichard, t. I, p. 202.) De môme, il y a des Indiens, de race indo-germanique, de notre race par conséquent, qui sont complètement noirs. « Je fus » très frappé, dit l'évéque Heber, de la grande diversité de cou- » leur que me présentaient les Indiens. Dans la foule dont j'étais » entouré, je voyais des individus noirs comme des nègres, d'autres » de couleur cuivrée, d'autres qui étaient à peine plus bruns que » les Tunisiens que j'avais vus à Liverpool. Je fis part de mon éton- » nement au principal du Biskop's collège^ M. Mill, qui était venu » à ma rencontre avec M. Cowie, l'un des chapelains attachés au » service de la Compagnie, et il me dit, lui qui connait plus Tinde » que personne peut-être, qu'il n'avait jamais pu s'expliquer cette » variété qui est générale dans tout le pays, et partout frappante. )) Ce n'est pas seulement le plus ou moins d'exposition aux rayons » du soleil qui cause ces différences , puisqu'on les retrouve chez » les pêcheurs, qui sont tous également nus. Cela ne dépend point » non plus des castes, puisque même dans la caste la plus noble, » celle des brahmes, on trouve quelquefois des individus noirs, et n chez les parias des individus presque blancs. » (Prichard, /oc. cit.)

En résumé, bien qu'on ignore l'influence spéciale de chacune des causes extérieures, et qu'on se rende difficilement compte comment elles agissent; bien qu'aussi, dans un grand nombre de cas, elles paraissent sans influence , cependant il est certain qu'il y a des faits probants de leur action. Faut-il, pour expliquer cette différence, faire intervenir des différences d'aptitudes? Cela est possible. Sur vingt sujets soumis à une même cause, il peut n'y en avoir que deux ou trois qui en ressentent l'influence à des degrés divers, et un seul peut-être qui la ressentira tout entière. Mais

DES VARIÈTÂS DANS L'fiSPÈCg. d(

parce qu*uDe cause n'a pas une action absolument constante, ce serait ridicule de lui nier toute influence.

Ix"" ActioB de la sénéraiio». — La génération peut non-seulement croiser les couleurs, le jaune et le noir, le blanc et le noir, et créer ainsi des couleurs intermédiaires; elle peut encore par la spontanéité, ou comme l'appelle M. Lucas {Traité de Vhérédité\ par la loi d'innéité^ donner lieu à des dispositions toutes nouvelles que ne présenteraient pas les ascendants.

La génération peut-elle donner lieu à la spontanéité de la couleur noire, et un enfant noir naître de parents blancs?

Dans Tespëce humaine, il n'y a pas beaucoup de faits bien authentiques. A. Paré en attribue un, il est vrai, à Hippocrate : une dame blanche eut d'un mari blanc un enfant tout à fait noir, parce que, dit-on, le portrait d'un Éthiopien s*était trouvé sous les yeux de ladite dame, au moment de la conception. On en pourrait peutêtre citer d'autres encore, mais malheureusement les cas de ce genre sont toujours entachés d'une difficulté très grave : la fidélité de l'épouse qu'on peut toujours mettre en doute. Cependant Lepelletier rapporte le fait suivant : « M. G..., originaire du Grand* Lucé, dans le département de la Sarthe , né de parents indigènes blancs, offrant tous les caractères de la race caucasique, montre absolument les cheveux lanugineux et crépus du nègre, le teint et la physionomie, les formes du mulâtre, sans qu'il soit même possible de soupçonner aucune mésalliance du côté de la mère. » [Traùé de physiologie. Paris, 1835, t. IV, p. 587.)

Hais, si nous ne pouvons guère juger la question par des cas directs dans, l'espèce humaine, il n'en est pas de même pour les animaux. Ici, il y a des faits en grand nombre qui témoignent que le raélanisme peut naître spontanément par génération , et constituer une variété permanente. Cela est observé pour tous les animaux domestiques. La poule, entre autres, en ofiTre des exemples authentiques. A Bogota, il s'est constitué une variété de poules noires dans une race importée d'Europe, et qui n'en présentait pas, a Mais ce n'est pas seulement à la Nouvelle-Grenade que ces poules nègres se sont produites; elles existent encore dans d'autres contrées du globe ; on en trouve aux Philippines, à Java, à Dehli, aux îles du cap Vert, et cependant toutes celles-ci n'ont de commun avec la poule de Bogota que leur état de mélanisme , elles appartiennent k des races différentes les unes des autres. La poule nègre

FRÉDAULT. 6

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s'esl égftlemeiii déreloppée en Eorope; die n'est pes rare en Suisse dans le canton d'Argovie, en Allemagne et en Belgîqae ; die s'est produite aussi en France dans les basses-cours, où il n'en avait jamais eiisté. » (Godron, loc. et/., L i, p. ftftS.)

Pourquoi les mêmes fiiits n'eiîsleraiait-ils pas dans la raroille humaine? Il &ut d'ailleurs le bien remarquer, la couleur noire doit être nécessairement le fait ou des influences eitérieures, dont nous avons parlé plus baut, ou de la spontanéité dans la génération, car cette couleur n'est pas particuU^ à une seule race. Si les nègres ont la peau noire, les Foulahs, qui ont la tête européenne, sont également noirs ; il y a des Arabes et des Touarègues noirs, des Jaifs même qui sont noirs, des Indiens de race japhétique, des Cingalais, des Malais, des Papous ; il y avait lors de Tinvasion des barbares, des Huns blancs et des Huns noirs. La coloration noire n*est pas l'attribut d'une seule race, et il faut bien qu'elle se soit développée chez les autres que les nègres, soit par des influences extérieures, soit par la génération.

La coloration rouge, <x Téry thrisme, peut être aussi congénitale chez d'autres variétés de la famille humaine. Murgraff dit avoir vu au Brésil une négresse chez laquelle tout l'appareil cutané était de couleur rouge. Suivant Schreber, il existe sur la côte orientale d'Afrique et à Madagascar des nègres à peau rougeàtre et à cheveux rutilants. Les frères Lander ont rencontré, aux environs de Kàtunga dans l'Afrique centrale, une femme dont la peau était naturellement d'un rouge aussi vif qu'un morceau de drap écarlate. Suivant Aïkins, il existerait aussi en Afrique et à Madagascar des nègres jaunes, avec les cheveux orangés. Les frères Lander ont vu aussi, en AfVique, dans le royaume de Yarriba, un prêtre fétiche, né de parents noirs, et qui avait la peau d'un brun clair, avec les yeux de faïence. »(Godron, loc. cit., t. II, p. 157.)

5" mapentoa de» eovleitr». — Si la couleur de la peau était un caractère aussi distinctif d'espèce que le prétendent nos adver-saireSi chaque coloration appartiendrait à une espèce distincte. Gela n'existe dans aucune espèce animale, cela n'existe pas chez l'homme : partout et toujours la coloration est plus frappante dans une race que dans d'autres, mais peut également se rencontrer chez toutes.

Nous avons vu plus haut que la coloration noire du nègre pouvait se rencontrer dans toutes les races , et à un degré aussi in»

ÏÏU VABllTlft DAin L'l»tCfe. ' 8S

tensé : ches les Foulahs, les Arabes^ Im Bédouins t l6B Juift, les Huns, qui sont de race sémitique ; tout aussi bien que cheK les tn* diens, qui sont de raoe japliétique. La eoloratloh vbu^ë a été vue chez des nègres, qui présentent aussi quelquefois la coloration Jaune foncé; la coloration jaune claire] n'est pas rare chez les Européens; la couleur brun olive au Péroa, chez lés Gbiquitos et lesMozos, et la couleur jaune dans les tribus brasilio-guaraniennes- (Prtcbard, t. II, p. 17S); la couleur olive ou verdàtre, chez les indigènes dejSan-Francisco, chez les Abyssiniens, en Australie ; le teint clair avec des cbeveax blonds ou roux de l'Européen, chez le nègi^ dans des cas d'albinisrae mitigé, chez les Abipones de TAmérique du Sud (Prichard, t. II, p. 210), chez les Mandans du Missouri (ibid. , p. iS6); et il y a beaucoup d'Asiatiques dont le teint est très clair, autant qu'en Europe.

En un mot, il n*y a aucune race à laquelle on puisse donner une couleur tout à fait exclusive, et qu'on ne puisse rencontrer dans une autre. Il est impossible, et on ne l'a jamais tenté , de se servir de la coloration pour distinguer des espèces.

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