‹ Physiologie généraleChapitre 29 sur 107 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

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L'âme est la eauee formelle de l'être et de son activité , nous venons de le voir. Le corps est la cause matérielle, ou le substratum ^e cette existence active. Nous examinerons plus loin comment ce corps est disposé pour l'action ; ses organes, ses tissus,

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liquides et ses forces; c'est une étude toute différente de celle par laquelle nous devons commencer. . Il nous faut d'abord nous rendre compte de ce qu'est le corps en lui-même, en tant que simple matière ; l'étude de son organisation viendra plus tard.

C'est un très antique enseignement que le corps est un oompoêé^ ou comme on l'a dit encore, un mixie. Comment est-il composé» quels éléments entrent dans cette mixtion ? Voilà le sujet qui doit nous occuper» Bien des obscurités s'y trouvent, malgré les prétentions de la chimie dont nous devons ici réclamer les lumières ; nous chercherons d'abord à éclairer le terrain par l'histoire.

I. wiogMiM». — • 11 s'agit de l'histoire de la chimie; nous ne voulons pas l'étudier dans tous ses détails, mais nous avons besoin de la voir dans ses époques principales pour fixer l'esprit sur l'état actuel do la science. Nous nous aiderons des trois ouvrages suivants : The Hisiory of chemisiry, by Thomas Thomson, London, 1831, 3 vol. in*i2; Hittoire de la chimie^ par Hœfer, Paris* i8b3, 2 vol. in-6 ; Sssai hùtarique sur la théorie des corps simples ou ilé^ meniaires^ par M. Trouessart, thèse de la Faculté des sciences de Paris, 185A.

Les plus anciennes écoles grecques, c'est-à-dire les écoles pythar goriciennes, issues sans doute de l'Orient et de l'enseignement hébraico-égyptien, semblent avoir été l'écho de cette parole inspirée : Dieu a tout créé avec poids et mesure. Pour elles, tout dans le monde, dans le «off^ioc, n'est que nombre ; dans l'unité, dont dérivent les multiples, les proportions et les harmonies numériques, résident toutes les causes, tous les éléments. Pour l'école d'Élée, que suivirent Parménide et Zenon, la matière est l'unité qui tient en puis*sance toute la diversité ; elle seule existe et subsiste réellement et éternellement; les variétés ne sont que des apparences né|^«geables. Leucippe, disciple de Zenon, révolté de cet enseignement que contredit la sensibilité, se porta vers une doctrine diamétralement opposée. Pour lui, la diversité est tout, et l'unité est un agrégat; le monde est composé d'atomes diversement combinés. Mais ce n'était là encore que tout réduire à une unité atomistiqne.

Une autre doctrine, que l'on a plus tard appelée péripaiéticienne^ parce qu'elle fut recueillie par Aristote, mais qui fut enseignée avant lui, entre autres par Empédocle et Hippocrate , doctrine qui s'était formée du mélange des opinions, ensdgna quatre éléments constitutifs du monde : la terre, Veau, Vair et le feu.

Il ne faut pas croire, d'après cette doctrine, que les anciens s'im»-

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ginaient la terre, Veéu; l'air et le feu comme quatre corps siinples, dont les combinaisons forment tous les corps composés. On sait que les anciens entendaient par ces éléments des fermes élémentaires : la terre c'est le principe solide, l'eau le principe aqueux, l'air le principe aérifofrae , le feu le principe subtil ou fluide impondérable, comme on dit de nos jourSr^Cela était très juste ; et à la fin du siècle dernier, au moment où la chimie se complétait par la découverte des gaz, Macquer célébrait cette antique vérité: « On D^ doit, dit 41^ regarder comme démontré présentement, par les tra- » vaux de Bêcher et de Stahl, que Yeau^ la terre et le feu entrât » véritablement comme principes dans la composition des corps. Les » expériences de Boyie, de Haies, de Priestley ont fait voir que l'air y >i entre aussi comme principe, et même en très grande quantité.... » On reconnaîtra donc, avec étonnement, que nous admettons àprésem » comme principes de tous les composés les quatre éléments : le feu, .» l'air, la ternie et l'eau, qu'Aristoté avait indiqués comme tels bien » longtemps avant qu'on eût les connaissances de chimie nécessaires » pour constater une pareille vérité. — En effet, de quelque manière 9 qu'on décompose les corps, on ne peut jamais retirer que ces » substances; elles sont le dernier terme de l'analyse chimiqutiv» [Dictionnaire de chimie, art. Principes, édition de 1778.) Gela veût-ii dire qu'il n'y ait pas plusieurs terres ou solides, plusieurs éléments aqueux, aériformes ou subtils? Non sans doute! Gela veut dire seulement qu'on a beau combiner ou décomposer les corps, on arrive toujours à un principe solide, aqueux, aéiforme ou subtil. , Outre ces quatre éléments, la doctrine péripalétic^enne admettait quatre qualités premières : le chaud, le froid, le sec et Vhumide; et ainsi, disait-elle, la terre ou élément solide est sèche et froide, l'eau est froide et humide, l'air est humide et chaud, le feu est chaud et sec. Voulait-on donner l'analyse d'un corps, on disait : Il y a tant de terre (parties solides), tant d'eau (parties liquides)» tant d'air (parties gazeuses) ; il est froid et sec, ou chaud et humide, ou simplement chaud ou sec. *

Gette doctrine péripatéticienne vécut jusqu'à l'avènement de Xal^ chimie ou pour mieux dire de la chimie, dont les commencements eurent lieu avec les Arabes, et dont Geber fut le premier auteur, probablement au vui* siècle de notre ère. Avec cette sdenoe nou* velle se produisait une nouvelle doctrine que Paralœlse nomma doctrine spagirigue pour la distinguer nominalement de la doctrine d'Aristote. Elle a, du reste, singulièrement varié en se transfor* mant sans cesse depuis le xvi'' siècle jusqu'à nos jours.

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