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réaction franchement ûlcaline, due principalement aa phosphaté de soude tribaaique et aux chlorures alcalins; 2° la présence du sulfo^ cyanure de potassium, que l'on constate par une réaction rouge de b salive au contact du perchlorure de fer ; que Treviranus, Tièdemaan et Graelin avaient entrevue, et qui a été démontrée comme constante par M. Longet; 3*" la ptyaline ou diattoie salivair^^ élément fermentescible principal de la salive, que Berzelius avait signalée, et qui a été nettement affirmée et isolée par M. Hialhe.
Ualealinité constante de la salive indique que cette propriété est Béoessaire à l'action digestive, quoique cependant cette action pa* raisse se produire au sein même d'un liquide légèrement acide, comme nous le verrons. Peut-être n'est- elle qu'une condition propre à empêcher, dans la cavité buccale, la production de mn^ cédinées, qui s'y développent dès que le mucus acide y abonde» comme H. Gubler l'a démontré.
On ignore le rôle du sulfbcyanure de potassium ; mais il est remarquable que ce principe, qui vient du sang, où se trouve du sulfocyanogène, ne se rencontre que dans la salive, et que tous les autres liquides sécrétés en sont privés d'une manière absolue. Peut-^re est-ce un élément de simple excrétion.
• La ptyaline est l'élément digestif ou transmutateur des matières alimentaires soumises à la salive; on le désigne sous le nom de ferment; nous reviendrons plus loin sur ce nom. H. Cl. Bernard avait prétendu que ce principe, ne dépend pas de la vraie salive produite par les glandes parotides, sublinguales, labiales; il le considérait comme une matière purement azotée de décomposition , Tattribuait au mucus, et faisait observer que le sang, le pus et toutes les parties organiques en décomposition agissent de même. MM. Mialhe et Longet se sont élevés contre cette opinion et ont soutenu que le liquide, venant purement des glandes, agit de la même manière que la salive mixte; que si toute matière de décomposition agit d'une manière analogue à la salive sur l'amidon, celleHîi possède une action bien plus puissante et plus rapide, hors de toute comparaison. (Longet, Physiol.)
B. Le nie gastrique est obtenu pour toutes les analyses et les expériences, par une fistule établie sur l'estomac et les parois abdominales d'un animal. Spallanzani qui, le premier, s'en occupa, ne l'obtenait qu'en avalant de petites éponges, qu'il rejetait ensuite* Un Canadien ayant eu une fistule stomacale accidentelle, suite d'une plaie par arme à feu, son médecin, M. Beaumont, en profita pour obtenir du suc g^trique pur {Exper. and observ. on the
DBS ÀGTIf fteiffATIFS. 308
gaMtricjuîCê and the phyâiol. ofdtgestion^ FUitUburg, 188S). Depuis, M. Blondlot eut Vidée d'établir de semblables fistules artiftoielles sur des ohiens, et, après lui, ce procédé est devenu classique dans la physiologie expérimentale.
Le liquide ainsi obtenu est incolore, filant, d'une odeur anima* Usée, d'une densité de 1,005 chez l'homme, donnant une réacUon constamment acide. Soumis à rébullition, il s'altère et ne peut plus servir. Une fois filtré, il se consenre presque indéfiniment.
Il contient 1 po.ur 100 de matières solides, ou un peu plus, et 90 d*eau» Les sels en petite quantité sont des lactates, chlorures et phosphates de chaux, de soude, de potasse, d'ammoniaque, de magnésie et des traces de fer. La matière organique varie beaucoup de quantité, moins de 1 et plus de 3 pour 100» constituée principalement par ce que Ton nomme la pepsine. Il y a, du reste, un grand nombre d'analyses de ce liquide, et l'on n'en a pas deux qui soient d'accord, ce qui prouve qu'il est très variable dans sa composition. Nous nous tenons dans l'indication des éléments à peu près constants.
La quantité d'eau, quoique variable, parait devoir être d'une certaine utilité. Suivant L. Corvisart, si, durant la digestion artificielle de l'albumine coagulée, on ajoute de l'eau, le pouvoir du suc gastrique est accru (Études sur les aliments et les nutriments^ Paris, 1854). D'un autre côté, on sait que les acides très étendus d'eau transforment l'amidon en dextrine ; ce qu'ils ne font pas s'ils sont concentrés. HH. Bouchardat et Sandras ont fait connaître que l'acide chlorhydrique concentré dissout la fibrine et le gluten , ne les dissout plus s'il est moins concentré, et est capable à nouveau de les dissoudre s'il n'entre plus dans la dissolution que pour un demi-millième.
Le mucus du suc gastrique, c'est-à-dire le liquide sécrété par les glandes de la portion pylorique de l'estomac, n'a sur la digestion aucune influence, suivant M. Longet. Il ne servirait donc qu'à faciliter la marche du bol alimentaire.
On ne sait pas d'une manière exacte si les sels du suc gastrique ont un rôle dans la digestion. Quelques auteurs (Arnold et Hunefeld) ont cru reconnaître une propriété digestive au chlorhydrate d'ammoniaque. Lehmann et Frerichs ont trouvé qu'en ajoutant un peu de chlorure de sodium au suc gastrique artificiel^ on accroît sa vertu digestive et on accélère la digestion ; et qu'en ajoutant de 10 à 15 pour 100, on la diminue. D'un autre côté, Boudault et L. Corvisart ayant calciné du suc gastrique pour en extraire les sels, et
ZQh t>U ÂCTB8.
ajouté ceux-ci à une autre partie de suc gastrique, ce dernier avait une propriété digestive sensiblement diminuée au lieu d'être accrue.
L'acide du suc gastrique a donné lieu à des travaux et à des débats multipliés, sans qu'on soit encore arrivé à une solution. Le fait en lui-même certain, c'est que le suc gastrique est coûstamm^it acide. Ajoutons que si Ton neutralise complètement Tacidité du sac par une base alcaline, les matières albumineu^es qu'on y dépose ne s'y dissolvent plus, et bientôt même entrent en putréfaction; si ensuite on y ajoute quelques gouttes d'un acide quelconque, sulfurique, chlorhydrique , phospborique ou acétique, le phénomène digestif reparait. Il y a donc nécessité de la présence d'un acide pour la digestion gastrique. Mais quel est cet acide? Ici commencent les divergences. Prout avait trouvé dans les analyses du suc gastrique un excès de chlore, et cela lui avait fait penser que V acide chlorhydHque était l'acide du suc gastrique; mais bien des auteurs ont repoussé cette opinion, comme Licuret et Lassaigne, Gmeliu, Blondlot et Frerichs. La plupart des auteurs modernes avaient admis dans ces derniers temps, avec Chevreul, Leuret et Lassaigne, Vacide lactique. Quelques auteurs, comme Tiedemann et Gmelin, ont trouvé l'acide acétique et l'acide butyrique; mais gss acides n'appartiennent pas au suc gastrique, ils viennent des matières alimentaires digérées. On s'est demandé également si Tacide lactique, dont Liebig a constaté la présence dans la chair des animaux, ne vient pas des aliments transformés. La science en était à ce point quand M. Blondlot, dont l'ouvrage fait époque eu physiologie {Traité analytique de la digestion, Nancy, 18^3], soutint que l'acidité gastrique tient à la présence du biphosphate de chaux; mais cette opinion a rencontré des contradicteurs et soulevé d'autres avi& Schiff surtout a nié la présence du biphosphate de chaux, doilt Bidder et Schmidt ont quelquefois reconnu la présence, mais qu'ils ont rapporté à ce que le chien fournissant le suc gastrique avait été nourri avec des os. Pour M. Dumas, il y a de Vacide lactique libre; Schmidt pense que c'est de l'acide chlorhydrique; Schiff estime que c'est bien de l'acide chlorhydrique, mais qu'il n'est pas libre, qu'il est là combiné avec la pepsine, et lui donne le nom d*acide chlorhydropeptique. Ces deux derniers auteurs s'appuient^ comme Prout, sur un excès de chlore trouvé dans les analyses, et dont on ne peut expliquer la présence qu'en admettant qu'il forme un acide libre ou un sel acide.
La pepsine (de iccibi;, coction) avait été signalée et dénommée par Schwaun ; elle fut isolée pour la première fois par W^rmann {De
DBS âcibs tbgstàtifs. 305
digestione nonnulla^ etc. Berolini, 1839). Peu après, Deschamps (d'ÂvalIon) la faisait connaître sous le nom de chymosine, et l'isolait en traitant la présure par Fammoniaque {Journal de pharmacie, 1860). Payen, qui Ta appelée gastérase, a donné la meilleure manière de la préparer : on filtre le suc gastrique, puis on le traite par dix à douze fois son volume d'alcool qui précipite la pepsine brute mêlée à de Talbumine et équivalant à peu près alors à un millième de suc gastrique. En second lieu, pour l'obtenir pure, on met le précipité desséché dans de l'eau qui dissout la pepsine et laisse Talbumine : on filtre pour se débarrasser de l'albumine, puis on précipite à nouveau par l'alcool. D'après Schmidt, qui emploie un autre mode de préparation, la pepsine contient 53,0 de carbone» 6,7 d'hydrogène, 17,8 d'azote et 22,5 d'oxygène (cité par Longet). C'est une matière azotée, de nature protéique, qui,^ desséctiée sur une lame de verre forme de petites écailles translucides, un peu grisâtres, d'une saveur piquante, très soluble dans l'eau légèrement acidulée, soluble dans l'eau pure, insoluble dans l'alcool anhydre, dont la solution se conserve sans altération, et qui perd ses propriétés par Tébullition. Son caractère principal, qui la distingue des autres principes digestifs, est de pouvoir coaguler le lait sans le secours des acides. Elle parait avoir le principal rôle dans la digestion stomacale, mais elle ne peut agir sur les viandes quà la condition d'être acidulée.
C Le suc pancréatique isolé pour la première fois par Régnier de Graaf, vers 1699, a depuis donné lieu à de nombreuses recherches. Les dernières et les plus importantes sont celles d'Eberle, en 1834 (résumées par Longet dans sa Physiologie); CL Bernard {Leçons de physiologie expérimentale faites au collège de France, t. II, p. 170 et suiv.); Colin (dans sa Physiologie comparée des animaux dômestiques ; 1. 1); Bouchardat et Sandras (résumées dans le Supplément à V Annuaire de thérapeut. pour 1846).
Il est assez analogue à la salive, alcalin comme elle, et contient aussi un principe fermentescible, variété de diastase, reconnue par Bouchardat et Sandras, qui parait être son principal élément. Ti^eiDann et Gmelin qui en ont donné les meilleures analyses {Itech, expérim,, physiol. et chim, sur la digestion^ T partie. Paris, 1827) ont trouvé chez le chien 91,28 d'eau, et 8,72 de parties solides, lesquelles sont composées par moitié de matière albumineuse et azotée, puis de chlorures alcalins, d'acétate et phosphate de soude et de potasse, peu de sulfates alcalins, du carbonate et du phosphate de chaux. L'alcali qui domine est la soude. Tiedemann et
FRéDAULT. 20
3ft6 DBS ACTES.
ÛmêM eonefaëht que t<dë liquide diffère essetltietlëaiéîit dé la àalivè n , suf tôtlt par U grande qiiahtltë d^âlbUinine et de ibâtièfe ÀiôXéB, Maiâ nôUs ààVonâ, d*après Bouchafdât et Bâhdfââ, qUé le prtncitMf bcUf d(l suô pancréatique, là diôèfàsé, se Rapproché beaueôtip de delui dé la ààfive.
Di La bth est, cortinie on le sait, un liquide épàià, fllâfit, jaiine verdâlre, dont la réaction est le plus souvent alcaline , Rarement sstétde. Elle diffère remai^qtJlBblement de tous les autres liquides dlge^ llfe, en ce qu'elle ne contient pas de principe fet*ttientescible ; ce qlii autorise Toplnlon qui, tout en lui acceptant uh rOle digestif, ce qui est incontestable, en (kit paiement un liquide d^ejcctétion.
Lè^ anciennes analyses que l'on devait à Thenat*d, Berzetluâ, Tledemanrt et Oraelitt, sont aujourd'hui Considérées fcotomô noù (tVenUes, dépuis qu'on â^e^t assUfé qu'elles indiquaient des principes de décomposition biliaire. H. Detttarçay admettant l'ancienne idée que là bile est un savon, était arrivé par ses analyses, à ta considé«rer cômuië formée principalement d'Une Combinaison de soudé ttVec un acide résineux qu'il nommait adde tkùléiquc, et Contenant en outre dë^ inatières grasses, du mucus, des matières coloranteë et des selË dlveré. ( De h nature dé ta èitè, dan^ les Annales de chimie H de physique, l8S8.} Sterker, dont t'analyse est aujourd'hui généralement admise, précisa mieUt cette Opinion, fit coUnattre deui acides au lieu d'un, Vacide cholique et Yacide choléique, et permit de considérer la bile comme un composé dô tholate et de thoiéate dé soude. [De la nature de h bile, dans le Journal de pharmacie, 1 S49. J Ces deux acides choliqtle et choléiquè peuvent donner Heu à beautbup de produits ^ous l'influence dès acides et des alcalis, qui aux )feux dei chimistes se forment au Fur et à mesure que la bile se décompose en parcourant l'intestin aVec les matières de là digestion. VâXiiét choiiquf: peut donner par la réaction des alcalis, Vacide ckolalique, la glycocolle, la dyslpiwe. Vûtide tholeique peut donner par la réaction des alcalis, Vacide chùlalique, la tauHiie, la dyslysine; pttf la réaction d'acides puissants, Vacide tholoîdiqùe, la taurine, là dyêty^it^. En résumé, tinq produits nouveaux peuvent être donnés^ par là bile aous la réactiott deè alcaliê et dès acides.
La bilé contient 90 pour 100 d'eau, dU mucUs, des matières grades composées de cAo/^/^>me principalement, et deë acidéèmar- §ar(ip»è èi otéique constatés par Chevreul ; de la bilivetdine^ matière colorante indiquée par Bertelius, peut<-étre de ta bitifîtltine, oti matière colorante jaune, si, comme le pense Berielius, ce n'est pas un produit de l'art. Les matières minérales sont le chlorure de
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fioditim, dëâ phosphates, Sulfates et carbonates alcalins, de très petites quantités de phosphate et sulfate terreux, et des tracer de fer. Ghet les poissons de mer on ne trouve guère que des sels de pétasse; chez lès herbivores, au coiitraite, il tl'y a que des selsft base dé soude.
E. Le ênc intestîntd a ét6 étudié dans ces derniers temps par Frerichs, Bidder, Schmldt et Colin. Ce dernier a pu en obtenir chez le cheval une quantité sutTisante pour être analysée par Lassaigne qui y a trouvé : eau, 9,10; albumine, 0,65; chlorures de soude et de potasse, phosphate et carbonate de soude, i.UU. {Phys. comp, des animaux domest,, ù 1, I85û.) On ne peut qu'entrevoir ce qui est. Toutefois, il est certain que ce liquide offre une Réaction alcaline bonstante dans l'intestin grêle. Mais on a souvent trouvé tine réaction adde, que M. Colin attribue aux matières digérées, dans le caecum. Il parait composé de deux parties : Tune muqueuse, filante, épaisse, venant des glandes tnuqueuses; l'autre, plus fluide, venant des glandes de Lieberklihn. Y â-t-il dans la matière albtïmineuse qui s'y trouve Un priilcipe fermentescible, comme dans le suc gastrique, le suc pancréatique et la salive ? Gela paraît probable, mais ce n'est pas démontré.
IL Des iransmiitatioiia dlgeatlves. — Cette sécrétion digestive dont nous venons d'examiner les organes, le mécanisme, les causes et les produits, n'a lieu bien certainement que pour agir sur leâ matières ingérées dans le canal digestif. Il suffit d'ouvrir des anitnaux quelques heures après le repas pour se convaincre de ce fait ; \éè transtnutalions digestives des matières ingérées.
Les anciens admettaient avec la tradition hippocratique que l'estomac cuit les aliments comme le pot-au-feu cuit la viande; ils se basaient sur un incontestable développement de chaleur pendant là digestion. Pour eux cet acte était une coction. Les Arabes prétendirent que ce ne doit être qu'une fermentation sous l'influence d'un levain, provenant des matières restées des digestions antérieures, et cette explication passa dans l'école iatrochimique du xv!"" et dil xvii* siècle. D'autres iatrochimistes ne voyaient là qu'une jou/refaction venant de l'altérabilité des aliments, de la chaleur et de l'humidité de l'estomac. Les iatromécaniciend firent de la digestion une triîtarùtiùn^ s'appuyant dur les mouvements des parois stomaeales, et aussi de l'estomac très résistant des gallinacés. Une expérience de Réatimur les autorisait : il avait fait avaler des tubes métalliques contenant des graines pair des oiseaux, et les tubes avaient
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été brisés, les graines non digérées. L* Académie del Cimento, Redi, Magalotti et plus tard Spallanzani observèrent que l'estomac des oiseaux réduisait en poudre les corps durs, du verre, du grenat, une balle de plomb hérissée de douze aiguilles, même des tubes métalliques ; c'était un appui pour la théorie de la trituration.
Boerhaave admettait tout à la fois une fermentation et une trituration. Drake disait que Tair incorporé et avalé avec les alimenb les dissout et les décompose. Haller, considérant la chaleur, rbuisidité, les mouvements de l'estomac et l'altérabilité des alimeDl^ faisait de la digestion une macération.
Cependant Spallanzani revenait à l'idée de van HelmoDt qu avait admis une eau forte animale (sorte de ferment) dans l'estoiDif pour la digestion (4). Spallanzani se procura le liquide sécrété pu l'estomac, qu'il appela suc gastrique^ et obtint avec lui des digestions artificielles dans des tubes pleins de ce suc, au milieu duquel > mettait de la viande, et qu'il soumettait à une douce chaleur, i varia de différentes manières ses expériences, et conclut enfin quei suc gastrique est un dissolvant chimique antiseptique.
Dès lors on s'occupa de l'analyse chimique du suc gastrique ^ Ton commença de discuter sur la nature du dissolvant digest' Spallanzani avait dit qu'il n'est ni acide, ni alcalin ; Gosse ' Genève) et Dumas soutinrent la même assertion; Viridet, Wern^' Hunter soutinrent qu'il est constamment acide; Scopoli qui,' premier, en fit l'analyse, y trouva de la gélatine, une matière savos neuse, du muriate d'ammoniaque et du phosphate de chaux; }biquart et Vauquelin y trouvèrent de l'acide phosphorique li^ Prout prétendit que l'acide chlorhydrique était l'acide dissoins' de la digestion. Nous avons vu plus haut quels ont été les travac^ plus modernes ; comment on est d'accord aujourd'hui que le i^' gastrique est constamment acide, sans que l'on puisse dire à (\^ principe est due celte acidité; comment par Schwann et WasinsQ^ on a découvert la pepsine qui ramène la question sur le rôle ô^ ferments. Nous avons vu également que l'on connaît aujourdliis non-seulement le suc gastrique, mais encore la salive, le sucpn^ créatique et le suc intestinal, dont on attribue aussi les rôles à d^ ferments^ et que Ton possède une assez bonne analyse de la bile<
(1) Van Helmont fut un des premiers à insister sur le rôle dea ferments : Xo^ ut nuUa in schoUs jejunior, ita nuUa titiitor. Fermenti nomen, ignoiut hdflf^ filst ffi panifcis : cum autem nulla in rébus flot i^iciastiudo, aut tranmntatiif somniatum appetitum hyles ; sed duntaœat soUus fermenti opéra» (Tract. Mr fermenti impregnoa mastam semtne, § 1.)
II n*y a donc plus aujourd'hui qu'à étudier le rôle des sucs digestifs sur les divers aliments, et d'examiner quelle transmutation ils leur font subir.
Hais il faut s'entendre d'abord sur ce que Ton appelle un ferment.
On nomme ainsi une substance organique qui, en petite quantité, a la propriété d'agir sur des corps simples ou composés, pour en changer la nature en une autre isomérique^ ou pour les combiner et les décomposer : on admet que ce sont des matières organiques en décomposition; elles renferment toujours un principe albuminoîde dont l'altérabilité est extrême. Cependant il est remarquable que ces ferments isolés de^toute autre matière organique, se conservent presque indéfiniment sans s'altérer, comme la pepsine. On rapproche cette action de celle dite catalytique. Ainsi, l'éponge de platine a la propriété de faire combiner un courant d'hydrogène avec l'oxygène de l'air sans s'altérer elle-même : c'est là une action catalytique. Le ferment de la bière a la propriété de décomposer un liquide sucré en alcool et acide carbonique. La diastase que l'on trouve dans les plantes transforme l'amidon en dextrine, et la dextrine en sucre de raisin ; et chimiquement l'amidon, la dextrine et le sucre de raisin ont la même composition élémentaire, sont des substances isomériques. Nous allons voir des actions analogues dans les transmutations digestives. Examinons d'abord quelles sont les matières soumises à ce travail, en jetant un coup d'œil sur ce que sont les aliments et les boissons.
1* 7>ei aliments et des boissons. — Ce sont les matières qui pénètrent dans le tube digestif et sont destinées à la nutrition.
L — Les aliments sont aujourd'hui divisés en quatre classes :
i" Les matières albaminolides, matières aiotées.
2* Lee matières grasses , . . . )
«« , ...j, . . 4 « 1 » { matières non azotées.
3® Les mitières sacchannes et féculentes. . )
A® Les matières minérales.
On désigne souvent les matières albuminoïdes sous le nom d'a/tments plastiques^ parce qu'elles sont incoi'porées à la trame de nos tissus, et les matières grasses et saccharines sous le nom d'aliments respiratoires t parce qu'elles sont destinées à être brûlées par l'oxygène de l'air dans la respiration. Mais cette division n'est pas absolument rigoureuse, parce que les aliments plastiques peuvent être également brûlés, et que les aliments respiratoires peuvent aussi être assimilés à la trame organique. (Consultez sur tout ce sujet : Traité des substances (dimentaires, par Payen.)
^tO DBS ACTB».
A. Les matières albuminaîdes sa rapportant à trois principales: l'albumine, la fibrine et la c^séip^ ; on an reconnaît quelques autres qui ne sonl probablement que des modifications de calles-ci : la gélatine, la chQpdrioe, 1^ ^lutipe, ^ lélPW^ r^naaqdi^e, laglobuline, etc.
Valbumine se rencontre dans le sang at ^aP9 presque toutes fô fnçtières 9TiiiQala$T Cb^z le^ yégétaq^, elle a3t dissoute dans le sui des carottes, des navets, des pois, de^ tiges ()a plantes, d^ feuille; dans la farine^ dans leç ^raipes oléagineuses ; elle est soluble dac; Teau trojda- Chaz les animaux, elle est dissqute toujours dans us liquide plpalin; ^^x\& {e^ yé^jétaux, elle est dissoute d^ns un liquide neutre. •
La fibrine se trouve dan^ la chair des aniniaux, ou dissoute das: la, $érum du ç^ng Qt daps la auç des végétaux. Dès que )a saug repose à Tair ou que le suc des végétaux fraîchement exprimé tbi abandonné à lui-même, la fibrine se coagule et ^q dépose. Le sik des graminées en contient bee^ucoup.
La caséine se rancontre dftus diverses parties a^inoial^, et pm> paiement dans le lait. On la rancontre également dans les hariccib les fèves^ les pois, les lentilles. Elle est le plus souvent cooibirt^ avec une matière crasse. On sait que le fromage est çompo^ beurre et de caséine. i
La gélatine se dissout dans Teau par rébullition des ïï{0fibreuses et tendineuses. La chondrine vient du bouillQUi des cari' lages; elle contient du soufre^ tandis que ta gélatine n'an contk^ pas. La glutinç est mêlée à la fibrine et à la caséine dans les céréale ; principalement. La globuline est la matière des globules du sau La vitelline est la matière azotée du jaune d'œuf. La iégumim ?• Yamandine ne se rencontrent que dans les végétaux. Toutes ^ substances ne sont probablement que des raodifieations de 1^ bumine.
Quant à la fibrine, Talbumine et la caséine, dont la compositi*''' chimique est la même, sauf de petites variations de soufre, ce ^ sont que des modalités d'une matière commune. On les différenci«i mais il est prouvé que Tune peut devenir l'autre, et réciproquerBeR» par des transformations dont on n*a pas encore la clef. Les chimistes ont beaucoup travaillé cq sujet, comme tout ce qui rt?ga^^^ la physiologie, mais ils n'ont trouvé encore que des aperçus.
B. Les matières grasses sont, depuis le célèbre travail de Chevrefll {Recherches chimiques sur les corps gras (Vorigine animale, f^^- 1823), considérées comme composées d'une base commune, la^'J*
DKS AGTXS VÎGftTATIFS. l\%
cérine^ el d'uu «Gide ppriiculier. Ainsi la fféarine, la moryoniiCi ro/ei>ie« la caprm^^ la phocéine^ la butyrine^ sont fonnéca cUa<<UDç de glycérine et d^unacide : lea acides 9>téarique, oléique, caprique, etc. Ces matières grasses, mises avec un alcali, se saponi(ieat, cVsMf dire que leur acide s*unit à l'alcali, et produisent de la ([lycéripe^ Quelques-unes^ comme heétine et les cire«, saponifient plus diffiâlement, et donnent en outre dans cette opération de Valçool^ de Véthal et la mélmine. I^a glycérine se IransCorme en acide acétique, sous rinfluence des ferments, ou bien sous Tinfluence d^ certains composés elle dopue de l'adde formique ou des acides oj^alique e( carbonique, et par la chaleur elle donne da l'aoroléine, espèce d'al^ déhyde d'odeur pénétrante, W^u ne dissout pas les graisses, maia si elle est légèrement alcaline, elle les émulsionne, c'est^à-dirQ les divise en mol^ules presque à l'infim; Vateopl et Téther les dissolvent^
(«es poatièfes grasses sont celles qui fournissent le plus d^ char* bon k la nutrition. Ou les tir^ d^ matières animales^ lo sang, l^ tissu cellulo*adipeux» le lait« Toeiuf. Les substances végétales ca contiennent également, surtout les graines, comme celles de pavot
(50 pour 100)^ de Un (20 pour ^00), de navets (a$ i 40 pour 100), de cbanvre (25), de colza, de raais^ de ricin, de pin^ de palmier% d^ muscadier, d'amandier« de noyer, etCt Quelques racines et quelques fruits, comme ceuiL de Tolivier^du lauriery du cornouiller^ eq contiennent également.
On admet généralement que ces matières grasses coutiennent l^ charbon destiné à être brûlé par Toxygène qu*introduU U respinition, et entretiennent la chaleur* Les féculents remplissent le même rôle, et quelquefois les matières albuminoïdes.
C. Leh maiières féculMe$^ (fommeuseê et 9ficrée$ paraissent ayqir la même composition chimique. Sous l'inQuenoe de la levQire de bière» les fécules se convertissent eu dextrine. puis eu sucre^ et les matière, sucrées donnent de Talcool et de Tacide carbonique.
Les matières féculentes ou amylacées (y amidon) se trouvent dans les fruits des céréales^ comme le blé, le seigle, Torge, le mais^ Tavoine, le riz; dans les graines des l^umineuses, fèyes^ pqis^ haricots^ lentilles î dans les fruits du châtaignier^ dans les racines^ bulbes ou tubercules de la pomme de terre, du manioc, de l'orchis, de Tigname, de la patate, etQ.
Vinuline contenue dans plusieurs racines, la lichenine extraite des mousses et du l(pbeu> la cellulose^ partie fondamentale du tissu cellulaire v^étal, ni» s^Fi^t, suivant les chimistes, que des m^-
312 DKS ACTKS.
tières amylacées sous des modes spéciaux. Tout au moins les acides concentrés les transforment en amidon normal, puis en deitrine.
Les gommes sont de même composition élémentaire que ramidon. Mais, tandis que par la réaction de Tacide azotique les amylacées ne donnent que de l'acide oxalique, les gommes donnent et de Vacidt oxalique et de l'acide mucique. Avec l'acide sulfurique affaibli, ellei donnent une matière analogue h la dextrine; elles suintent d^ arbres comme un suc translucide qui s'épaissit à l'air.
Les mucilages extraits de la graine de lin, des pépins de coin^5. des feuilles, tiges et racines de quelques végétaux, comme la guimauve, la mauve, la bourrache, l'acanthe, sont une matière Taqueuse et filante qui a les mômes propriétés chimiques que raroidoo et les gommes.
La pectose extraite de la trame des fruits et de beaucoup dencines, comme les carottes et les navets, s'épaissit et se transfomf sous l'influence des acides ; c'est à elle qu'on doit la gelée des coà tures. Elle est de même composition que l'amidon, et peut se trai& former en dextrine, puis en sucre, comme on le voit dans les confitures fermentées.
Les matières sucrées sont de deux sortes : le sucre non cristail) sable, ou sucre de raisin, ou glycose, et le sucre cristallisabte, oi sucre de canne. La glycose se trouve dans certains liquides animaoi • et surtout dans les fruits, comme la groseille, le raisin, la cerise, ei> Par l'action de la diastase, ou levure de bière, elle se transforn^ en alcool et acide carbonique, mais à la condition que le ferisen: soit acide; si le ferment est alcalin, il se produit de l'acide lactique sans aucun gaz ; puis cet acide lactique se transforme en hydrogène acide acétique et acide butyrique. Le sucre de lait qui lui est analogue se rencontre dans le lait des mammifères, plus dans celui d^ herbivores que dans celui des carnivores. Le sucre de canne se reocontre dans les tiges de cette plante, dans celles du maïs, du p^* mier, du bouleau, des érables, dans les racines de betteraves, dé carottes, de navets, dans les melons, les patates douces, les Doisd« coco, le sorgho, les ananas, les châtaignes, et en général dans loos les fruits acides. Par sa composition, il ne diffère pas de la glycose anhydre, mais il polarise à droite, tandis que l'autre polarise i gauche, d'où le nom de ce dernier appelé encore sucre intercerti- Sous l'influence des ferments, le sucre de canne se convertit engljcose, puis il donne les mêmes caractères que cette dernière. Le f»'^' est formé d'un sucre analogue à la glycose.
D. Les matière$ minérales alimentaires sont le chlorure de so-
DBS ACTBS YiGÎnrATIFS. 313
dium, les phosphates de chaux et de magnésie, les carbonates de chaux et de soude, le fluorure de calcium, Tacide silicique, l'acide chlorhydrique, l'oxyde de Ter et de manganèsa II y a des peuples géophages qui font entrer dans leur nourriture des boulettes d'une terre argileuse. Le chlorure de sodium, le phosphate de chaux et l'oxyde de fer sont les principales matières alimentaires inorganiques dont il est pour ainsi dire impossible de se passer.
II. — Les boissons comprennent Yeau^ les liquides fermentes et les infusions ou bouillons.
' L'eau est la boisson nécessaire, destinée à être la base de tous les liquides du corps vivant.
Les liquides fermentes comprennent le vtn, le cidre^ la bière et les eaux-de-vie.
Le vin, produit du jus de raisin qu'on laisse fermenter dans les cuves, contient de l'eau, du tannin, des principes colorants, de la pectine, des substances grasses, des huiles essentielles, des matières albuminpîdes capables d'être ferments^ de la matière sucrée, de l'alcool et des sels, comme le bitartrate de potasse, de la silice et de l'oxyde de fer. Le vin blanc difi^re du vin rouge en c^ qu'il a moins fermenté, et qu'il contient moins de principes colorants et plus d'acide pectique. Les vins contiennent plus ou moins d'alcool, suivant leur provenance : 8 à 12 pour 100 dans les vins de Bourgogne, plus dans les vins du Midi, et jusqu'à 25 pour 100 dans les vins d'Espagne. Le tannin, principe tonique, est très abondant dans les vins du Languedoc, moins dans les vins de Bordeaux, et beaucoup moins dans les vins de Bourgogne. Ces derniers contiennent plus de tartrates acides.
Le cidre est le jus de pomme fermenté; on appelle poiré celui fait avec le jus de poires : ils contiennent de l'eau, des huiles grasses et volatiles, de la gomme, de la pectose, des acides pectique, malique, gallique, tannique, des malates alcalins, de la chaux, des matières albuminoïdes et des matières sucrées; le sucre y fermente sous l'influence des matières albumineuses, jouant le rôle de ferment.
La bière est un mélange de décoction d'orge fermentée et de décoction de houblon. On peut remplacer l'orge par le froment, par l'avoine comme en Pologne, par le maïs, le seigle, etc. Cette boisson fermentée contient ce que contiennent ces graines.
Veau-^e-vie^ ou alcool, est un produit de la fermentation sucrée; sa composition est & de carbone, 2 d'oxygène et 6 d'hydrogène; mais c'est là l'alcool pur. Les eaux-de-vie contiennent en outre
quelque çbose ^es f»f^tière$ ^vep Iç^viell^t» qn l^ 9 atténues, d surtout des huileç vplatilç^ p4P^^^^Sf l^^eou-ée-^iie se fait avec It vin, le tafia avec les niél^§§es bjpupeç, le r/mp% avec la glyco»? restant dw sucre (Je caune tr^v^ill^, le racA avec le t\i ^i les fruli; de Tareca cathecu, le kirch-tças^er ^yec les cerise^ noif^, Veau-di^ vie de grain avec le^ céréales*
Les principales infusiop^ oii décqçtioqa 3Qnt celles de thé^ & café et de chocolat^ qui contienuent chaci^ne ^^ matières volatiit-^ odorantes, des matières grasses, de Tamidou, de T^lbiiiniiie, w.^ matière albumineusie ^péci^le. la (hfine^ ]^ oapine et \^ théobromir-'-
Le bouillon, ou décoction de viandes, est, pooiin^ les iufusi^r.^
))récédentes, tout à la fois un aliment et une boisson. Il contient d: a gélatine^ de Valbumine^ dont une partie forme Técun^e et li^D. l'autre partie est dissoute, de rhéu)atosine, de la çiréfitine «t de i créatinine, qui viennent des. n^uscles; de? acides 0ra$ Yolatil^i '^ r^cide formique, de Tficide acétique ^t de ['acide inosiqqe lit>re on combiné avec la potasse, auquel est dû l'arqrae ; de Tacide lactique, du chlqrure de potassium, de? phospl|ates de squdç, dq pelasse, d^ chaux et de magnésie, du soufre. Il faut remarquer quç la insûeurt pfirtie des matières azotées de la viande pe passe |ias di^iis k bouillon^ sauf une certaine ouaqtité de gélatine) qu^^ine i)eitic quantité d*albu(pine est dissoute^ et que T^utrç, c6a([uléet tst enlevée.
in. — On ^ forterqent agité la question de savoi?" quçls |oni le aliments absolument nécessaires à \^ nutrition, et si l'homme i^ ranimai peut se nourrir avec une seule substance. La répon^*^ était facile à donner : il est clair que l'organisme a besoin, pour se nourrir, d'au(^nt de matières diverses qu'il en entre dans sa coidposition ; que, pqur réparer les matières azotées, il faut des roatièns azotées; pour réparer les niatières carbonées, de$ inatiè|fes carbopées ; pour réparer les piatières inorganiques, des matières inorganiques; des boissons pour entretenir les lic[uides évaporés; ^ scientifiquement, il fallait de$ expéj^içnces. Il est donc aujourd'h»^ démontré :
1® Que Xuia^fl exclyLsif des principes non azotés est imficot^ ^ Ventretiet^ de la vie, Magendie^ aidé de Cheyreul» pourrit Aes chiens soit nvec du sucre, soit avec de Thuile d'olive, avec de la goraro«» avec du beurre, leur donnant de Teau distillée pour boisson; ^ chiens moururent dans une période moyenne de trente-q"*^'^ jours. [Précis de physiologiç^ \. II.] Tiedemann el Gmelin expénmentèrent sur des oies: Tune^ nourrie de gomme, moarut ^^
DIS AGTIi» YifStTlTirS. M
seizième jour ; la seçoqde, nourrie de ^ucre, 6uc(x>in)m )e trente* deuxième jqur; h troisième, nourrie d'amidon sffi, inoi^rul If vingt- septième jour; 1^ q\}]^^riQ(pe^ poufrie d*a(Qi^on cuit, vécHt quarante-cinq jours. (Recherch. expérimmi^ ph^ioL ^ eÙnn. «MF /f digestion,) Chossat Qt liQtelliqr on^ pqurri d^ pigfpns e| dff tourterelles avec du sucre, La (por( a été plua rapide encore.
2" L*usage excfu^if àe$ Q(imfin(9 (i^(q e{tf égalpn^ imprime i l'entretien de la vie, -p 'J'iedçmçiWft ej, Graeliq q^^ qqurri pne Qj^ avec de ralbumipe cyitq ^xclusivenjent j elle moi|rut }e quaraptasixième jour. MaKendie nourrit de^ ct;i^n$ avac de |a fitiripe, dç l'albumine et de la g^Ulinf mélangée; il& §U0comt)èrent aprè« plua de trois p^ois.
IV. — On a aussi voulu savqir |a quantité d*alimenta eéoessair^ à l'entretien de la vie, question ppérjle, parce qu'ij q$t bieii évidepf qu'il y a de petits et ^e gros inangeur^^ et que la différepc^ entrf les extrêmes est très grande; cependant qp a vqplu calcul^, P9nQi en estimant, avec Lecaqu et Pumas, une per(e de 15 ^ramîues d*azote par les ufines., ajoutant avec Pajan 5 grammes pard^s pa? la respiration, puis comptant 31Q graipme^, §uivapt Pay^, Oi) 300 gramrpe^, ^uivapt DqmaS| de carbone consop^rp^ m vingtquatre heures, on (rouve ()U'il faut, ppur y répondre ^%W le ip^Y espace de temps, une aU^^^ntation de IQOO grammes de paip ç| 286 graïqipes de viapde çpvirûp,
2"" De racle digestif. — Examinons maiptenau^ ce que devienneu^ ces matières alimentaires soumises uu\ $uc9 digestifs. Nous avou^ à passer en revue le rôle que }0\\Çy à l-^gard des aliments, chaoun des liauides sécrétés,
l** La salive n'était considérée autrefois que comme uu liqu^d^ lubré fiant, destiné à humeder les parois d^ Ia pavité buQCale et 1^ parois de la partie supérieure du conduit digestif, de l'isthme di^ gosier^ du pbaryni^, dç Voesopttage, Cette opinion était trop r^trictive, car la salivç est biep, en ^Qet, lubrêfiarUe^ e\ ^qp rôlp e§t^ d'une très grande utilité pour les mouvem^Uts du bql aliipept^re, mais elle est, ep outre, digestive.
Leuchs indiaua pqur la première fois, en 1831^ que le ^pc ^Uvaire convertissait l'amidon en matière suprée. 3phwann, ^i\ 1836, et Sébastian, eq 1 837, confirmèrent cq premier aperçu ; ips^is Uialbe, en 1845, fit connaître compléterpent le phénomène. [Mémoire fur la digestion et l'assimilation des matières amyloides et sucrées^ lu ^ l'Académie des sciences le 31 mars.] Il niuntra que la ^live convertit d'abord l'amidon en dextrine, puis la dextrine en glycose.
SI 6 DBS ACTES.
pais il fit voir que le principe salivaire qui opère celte transformation est un ferment analogue à la diastase troavée dans îe^ végétaux, par Payen et Persoz, en 1833. Ce bit est resté assort malgré quelques objections.
En 1855, CL Bernard prétendit que tout produit animal fennentr le sang, le pus, le mucus, avait la même propriété; que le prtrtendu principe diastasique n'existait pas dans le liquide fourni par les glandes salivaîres, et que cette action de la salive n'était duqu*à l'influence du mucus qu'elle contient. La première partie :cette assertion est vraie : toute matière organique fermeatée pe-ji comme la levure de bière, transformer l'amidon en dextrine, ps.^ en sucre; mais la salive produit le même eflet à un degré bien pi!i> marqué. En second lieu, il est vrai, malgré la dernière asserth'c de Cl. Bernard, que la salive des glandes salivaires possède bien -re principe diastasique, et il n'y en a pas de meilleure preave que c^r>^ donnée par le fait d'une fistule parotidienne; le liquide qui coulai du conduit de Sténon avait la même action que la salive de la bouche. [Observation de Jarjavay et Mialhe^ dans le Cours de phym" logie de Bérard, 1850, t. II. p. /i03.)
Il reste donc comme fait assuré, que la salive digère les nutières amylacées en les transmutant en glycose, et ce fait metsbolique dépend du principe diastasique. On ignore le r61e du solft^ cyanure dépotasse. Du reste, la salive, même acidifiée, ne transmuta pas les matières albuminoîdes , mais elle agit sur les matières gnsst comme le fait le suc pancréatique. (Longet]
2* Le liquide gastrique se compose de la salive déglutie, de la sécrétion muqueuse et du suc gastrique, comme nous l'avons m L'agent principal de la digestion stomacale est, comme nous l'aToos vu également, le suc gastrique, et, en particulier^ la pepsine qn'J contient.
L'acide du suc gastrique aide à la nutrition, et probablemect active l'action de la pepsine. Dans toutes les digestions artificielle de Spallanzani et des modernes, l'adde seul blanchit et dissout les matières fibro-albumineuses ; il augmente la rapidité d'action de la pepsine. Bouchardat et Sandras ont démontré que l'acide n'agit que s'il est concentré ou très dilué; à dose moyenne, il n'agit pas
n est probable que les sels du suc gastrique aident, de leur côté, à la dissolution des aliments, mais on n'a sur leur action aucun renseignement particulier.
Sous l'influence du suc gastrique, les matières albuminoîdes sont transformées en une sorte de gelée, puis désagrégées, puis tran»-
DKS AGTBS VÉOiTATIFS. 311
formées. Le produit dernier de cette transformation a été nommé albuminose (Mialhe) ou pepiose (Lehmann) : c'est une sorte de matière neutre, commune à toute matière albuminolde, devenue soluble, et par cela même absorbable, ce qui est le principal; une sorte de liquide incolore, dont l'odeur et la saveur rappellent celles de la viande. Mialhe et Lehmann l'ont surtout bien étudiée, et l'ont trouvée très soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool, ne se précipitant ni par la chaleur, ni par les alcalis^ ni par les acides, ni par la pepsine, comme l'albumine. Mialhe a observé que si on l'injecte dans les veines d'un chien, elle ne passe pas dans les urines; tandis que l'albumine ordinaire, dissoute dans l'eau et injectée par les veines, est immédiatement rendue par l'excrétion urinaire. (Chimie appliquée, 1856, p. 125.)
Les matières amylacées, qui avaient commencé de subir une altération sous Tinfluence de la salive, continuent leur transformation dans l'estomac, mais plus lentement. Le suc gastrique n'entre du reste pour rien dans cet acte; c'est la salive déglutie qui seule opère. On avait émis l'opinion que la salive alcaline ne devait plus agir dans l'estomac, mêlée au suc gastrique acide, mais ce fut une erreur. Longet et Schrœder ont fort bien prouvé que la salive, mêlée au suc gastrique, agit encore sur les matières amylacées, mais plus lentement et moins puissamment.
Le sucre de canne se change, dans l'estomac, en glycose, puis en acide lactique; mais une partie est absorbée à l'état de glycose.
L'alcool n'est pas transformé en acide acétique comme on l'avait cru. Bouchardat et Sandras ont montré qu'il est absorbé en nature.
Les sels solubles sont absorbés directement; les métaux et les sels terreux sont dissous en partie. Schiff a montré, ce qui avait été déjà vu par Tiedemann et Gmelin, contrairement aux assertions de Blondiot, que les sels calcaires sont dissous en forte proportion, et c'est ainsi que les os eux-mêmes sont digérés, quoique très len* tement.
Quant à la durée nécessaire à la transformation des aliments dans l'estomac, ce que l'on sait de plus précis a été indiqué par les travaux de W. Beaumont^ dont nous donnons un résumé.
Ont été trouvés digérés :
Après 1 heure : du ris bouflli, des pieds de cochon marines.
Après i heure et demie : truites et saumons firits ou bouillis, soope au gruau,
pommes douces bien mûres, crues.
Après 2 heures : tapioca bouilli, lait bouilli, gruau d'orge bouilli.
BIS 0B« actes/
Aptèi i hëurei et un f^uart : tait noii bouilli, œafs frats fOtis, coq d'Inde domestique bouilli.
Après 2 heures et demie : agneau R-ais teuilUi eoq d'Inde domestilittë rdti, hachis de viande et léf ornes chauds, haricots en cosse botiUlis, i^âUiAt tendre bien cuit, navets bouillis, pommes de terre frites oïl cuites au four.
Après 2 heures et trois quarts : poulet fricassé, tarte cUite aU four, beauf bouilli au sel, huîtres fraîches.
Après 3 heures : œufs frais cuits clairs, billeck grillé, mouton frais grillé ou bouilli, soupe aux haricots, boudin aux pommes bouilli, gâteau cuit au four.
Après 3 heures et un quart : porc rébemment salé, grillé, côtelettes dé porc, mouton frais réti, pain de froment cuit au four, cairottes rouges bouillies.
Après 3 heures et demie : éadcisse fraîche grillée, bœuf maigre rôti, boeuf bouilU à la moutarde, beurre fonda, fromage fieul et fort, pain blaiic frafi cuit au four, navets doux bouillis, pommes de terre booilites, ttofo frâll cuits durs, blé vert ou fève et bettes bouillis*
Après 4 heures : saumon salé bouilli, poule bouillie ou rôtie, canard domes^tique rôti, soupe de bœuf et légumes.
Après à heures et un quart : porc récemment salé, frit ou bouilli.
Après ^ heures et demie : veau frais frit, canard sauvage rôti.
Après 5 heures et un quart : porc entrelardé rôti.
Après 5 heures et demie : graisse de bœuf fraîche bouillie.
Blondlôt a trouvé que, dans Teslomac, la fibrine était digérée en une heure et demie, le gluten cuit en deux heures, la caséine en trois heures et demie, Yalbumine coagulée en six heures, les tissus fibreux en dix heures, le mucus^ la cellulose étaient réfractaires à Taction digestive.
V" La bile, sur le rôle de laquelle on a si longtemps discuté, nest pas indispensable à la digestion, d'après les dernières et plus exactes recherches de Bidder et Schmidt (cités par Longet). D'après ces auteurs, une partie est absorbée (résorbée) dans l'intestin, une grande partie rejetée avec les excréments. Les auteurs s'accordent à reconnaître clil*elle arrête la fermentation stomacale, ralentit l'action du suc gastrique et empêche la décomposition putride, et pat cela triéme là formation gazeuse dans l'intestin. On lui attribue de rendre solubles les matières grasses, quoique le fait affirmé par Haller, Tiedeniann et Gmelin, Leuret et Lassaigne, Bouchardat et Sandras, Bidder et Schmidt, ait été contesté par Lenz.
Elle excite manifestement les mouvements du canal intestinal et ses sécrétions. Peut-être sert-elle également à exciter l'absorption.
4^ Le suc pancréatique est l'agent principal de la transformation des graisses. G^ fait| mis au Jour par Eberle eh 183fi (cité par
DIS XC^ii vli^ÏTATIFS. ^!&
Longét), à 4té depuis ëohrtfmë pai* Cl. Ëérhafd en l8&d, et ensuite par pluâieuf^ ftutreis obsèrvareurs.
Eberle dVfllt seuléttiènt pôtlsé que la it*ànsfottnàtioti si)bie par la graisse, n'est (]U*ahe sorte d'émutsion et une extrême division. CL Bernard pense que la nlatlèfe gfasse est dédoublée, c*est-à-dire décotnposée en glycèHtie et en acide gras.
On a dért1ont^è depuis qu^ la saltVé, të sue Intestinal ôl triéme le sperme (Lcngel) agissent de ihôme.
Le suc pancréatique, qui a une si grande analogie avec la salive cottime compositloti, puisqu*on y trouve les mêmes éléments, sauf le ftulfo-cyannre de potassium, agit également de même sur les sutistauces amylacées. Vsllentin Tavait d'abord Reconnu; Bouchardat et Sandras Tont confirmé.
H. Lucien Corvisart a également prétendu que les matières albuminotdes sont dissoutes et digérées, transformées, comme par le suc gastrique.
5® Le suc intestihal transformé ta fécule en glycose et émvlsionne les matières grasses, comme Frerichs l'a montré. BîJder etSchmidt ont vu le même Tait et démontré aussi que ce liquide achève de digérer les matières albuminoîdes qui ont échappé à Taction du suc gastrique. Cl. fiernard & confirmé Faction sur les matières grasses.
lu. D« i*«iiaorptioB« — Nous arrivons au troisième et dernier acte de la digestion, celui pour lequel tous les précédents ont eu lieu.
Toutes les matières naturellement solubles, comme Teau et les liquides, contenant des matières dissoutes, sont naturellement absorbées.
Les matières qui n'étaient pas dissoutes, ou qui ne sont pas naturellement solubles, et qui devaient être absorbées, ont été dissoutes par la digestion ; Tacte digestif n'a pas eii d'autre but que de reudre ces matières solubles, et par cela même absorbables, car l'ancien adage reste Vrai : Corpofa non agunt, nisi soluta.
Quant aux matières qtii n'étaient pas solubles, et qui n'ont pas été dissoutes^ elles ne peuvent être absorbées, et font partie des, m&tière§ rejetées avec les excrétions intestinales ; nous nous en occuperons plus loin.
11 nous re$te donc à examiner le phénomène seul de Tabsorption, c'est-à-dire comment les matières solubles pénètrent dans l'économie par la voie des muqueuses. Cette absorption se fait, du reste, tout le long du canal digestif , depuis la muqueuse buccale jusqu'à
320 DBS AGTIS.
la muqueuse rectale; il suffit que la substance soit dissoute pour pouvoir être absorbée, et Tabsorption se fait dès qu'une substance dissoute touche un des points du conduit muqueux digestif.
Comment se fait cettg absorption, c'est-à-dire 1" quel est son mécanisme ; 2^ quelles sont ses conditions?
l"" Mécanisme, — Le mécanisme de l'absorption n'est intéressant pour nous qu'au point de vue général ; nous n'avons donc qu'à prendre le résumé de toutes les études, de toutes les expérimentations de la physiologie spéciale.
Après de très vives discussions et des expérimentations très multipliées, on est d'accord aujourd'hui, et seulement depuis quelque temps, que l'absorption se fait tout à la fois par les veines et par les lymphatiques. Il y a quelques années seulement, les uns soutenaient encore, avec les deux Hunter, Hewson, Cruikshank» que les lymphatiques seuls absorbent, et d'autres, avec toute l'antiquité, et Swammerdam, Boerhaave, Meckel, Haller, Hagendie, soutenaient le rôle absorbant des veines presque exclusivement, II demeure démontré aujourd'hui que les lymphatiques absorbent de Veau, surtout les graisses, quelque peu de matières albuminoîdes et sucrées ; que les veines n'absorbent pas les graisses ou en absorbent à peine, mais pompent surtout les matières albuminoîdes et sucrées, les liquides, les matières salines ou acides, les substances colorantes ou odorantes, et les poisons végétaux ou minéraux. Les liquides s*absorbent surtout dans l'estomac et le petit intestin, les matières albuminoîdes dans l'estomac et l'intestin, les matières grasses et sucrées dans l'intestin.
Comment se produit cet acte? On avait cru pendant longtemps à des bouches absorbantes, à un petit appareil de succion, mais le microscope n'a laissé voir aucun pertuis à la surface des muqueuses, qui partout est tapissée d'une couche de cellules épithéliales; et d'ailleurs les vaisseaux sont clos de toutes parts; ni les veines, ni les lymphatiques ne présentent d'ouverture. Tout ce que Ton a pu voir, ce sont de petits globules laiteux et graisseux ayant pénétré les cellules épithéliales et les villosités de l'intestin.
En 1827, Dutrochet a fait connaître le phénomène de Y endosmose et de Vexosmose, qu'on a tenté de donner comme la théorie de l'absorption. Voici en quoi consiste ce phénomène : on prend un tube ouvert par les deux bouts , on le ferme à une de ses extrémités avec une peau de baudruche ou une membrane quelconque; on met dans ce tube de l'eau sucrée, puis on plonge l'extrémité bouchée de ce tube dans un vase contenant de l'eau pure. On observe alors
DIS ACTBS VÉGÉTATIFS. 321
qu'un double courant se fait, de sorte que Teau pure entre dans le tube {endomiote), et Teau sucrée sort du tube {exosmose) ; seulement le courant endosmotique est plus fdkt; le courant exosmotique devient au contraire plus fort, si Veau sucrée est dans le vase, et l'eau pure dans le tube. Si Ton emploie deux dissolutiotls salines également concentrées, le courant est égal dans les deux sens. A quoi tient ce phénomène? est-il applicable ù la physiologie?
On peut se demander si le phénomène tient aux liquides. Ce fut la première idée de Dutrochet, que le courant est dirigé' du liquide moins dense vers le liquide plus dense. Hais cette idée fut bientôt reconnue une erreur; c'est ainsi qu'une dissolution concentrée de gomme étant mise en présence d'une dissolution légère d'albumine, c'est la première qui passe vers la seconde. On a reconnu qu'il faU lait considérer non la densité des liquides, mais la qualité des sub* stances en solution ; ainsi l'albumine attire le sucre, lequel attire la gomme, laqaelle attire la gélatine. Que l'on mette une solution de sulfote de fer d'un côté, et de l'autre une solution de cyanure de potassium; l'eau seule passe du cyanure vers le sulfate^ mais le fer passe du côté do sulfate au côté du cyanure où apparaît la couleur bleue. En général, avec une solution alcaline d'un côté et de l'eau pure de l'autre, l'eau passe du côté de l'alcali; au contraire, avec une solution acide d'un côté et de l'eau pnve de l'autre, l'acide passe du côté de l'eau pure. Cependant la température fait varier les choses ; ainsi mettant une solution acide d'un côté, de l'eau pure de l'autre, si la température est élevée, le courant se fait de l'eau vers l'acide ; si la température est abaissée, le courant a lieu de l'adde vers l'eau. Do reste, la moindre trace d'acide sulthydriqae arrête tout phénomène.
La phénomène qui, comme nous venons de le voir, est manifes* tement influencé par la nature des liquides en présence, semble dépendre aussi de la nature des membranes interposées. Liebig, dans ses Recherches sur quelques-unes des causes du mouvement des liquides dans f organisme animal^ a constaté que le mouvement cesse dès que la membrane oommenee à s'altérer, de sorte qu'il faut que celle-ci conserve encore une sorte de vitalité pour le produire. C. Matteocci et Gma sont allés plus loin {Leçons sur les phénomènes physiques des corps vivants, p. 38 et suiv., Paris, 18/i7). Voici, du reste, leur résumé : a 1^ La membrane intermédiaire aux deux liquides a une part très active dans l'intensité du courant endosmotique, ainsi que dans sa direction. 2* Il y a en général, pour chaque membrane, une certaine position dans laquelle l'endosmose est plus intense ;
FRÉDAULT. 21
il &^\, ràVQ qP6 retidosmose se Tasse également avoe une membrane fraîche, quelle que soit la disposition de celte dernière par rapport aux deux liquides. S"" La direction la plus favorable à Tendosmose ^ travers les peaux est en général de leur face interne à l'externe, à Texception de la peau de grenouille, avec laquelle l'endosmose entre l'eau et l'alcool est favorisée de la face externe à la face interne. U° La direction favorable à l'endosmose à travers les estomacs et les vessies urinaires varie beaucoup plus qu'avec tes peaux, suivant les différents liquides. S"" Le phénomène de l'endosmose est étroitement lié à l'état physiologique des membranes. 6"" Avec les membranes desséchées ou altérées par la putréfaction, ou bien on ne remarque plus les différences ordinaires, selon la position des faces de celles-ci, ou il n'y a plus d'endosmosa » (Page 62.)
On a essayé ^e bien des manières d'expliquer le phénomène en* dosmotique. Poisson y a vu l'effet de la capillarité, joint à l'affinité des liquides [Annales de chimie et de physique^ t. XXXV, p. 96). Magnus a accepté cette théorie, en faisant intervenir en plus la cohésion des liquides [ibid., t. LI, p. 176). D'autres y ont vu une action électrique, et plus particulièrement Becquerel {Traité de l'électricité et du magnétisme t liv. X,' § xi). J. Béclard y trouve un effet de la chaleur latente [Recherches sur les conditions physiques de l'endos^ mose^ etc.^ dans Comptes rendus de TAcad. des scienc.^ 1851). En somme, rien d'exact et de défini.
Plusieurs physiologistes ne se servent pas moins de ce phénomène, pour expliquer l'absorption. Trécul nie cependant qu'on puissepar là expliquer l'absorption par les racines des plantes (Comptes rendus de l'Açad, des scienc, 28 septembre 1857), et M. Longet récuse complétementqu'on puisse expliquer ainsi Tabsorption chez l'homme et les animaux [PhysioL^ 1. 1, 2"^ partie^ p. /!i02). Il objecte très justement qu'on voit tous les fluides miscibles à l'eau et au sang pouvoir être saisis par l'absorption, quel que soit d'ailleurs le rapport de densité q^i existe entre eux et la partie séreuse du sang, ce qui est con* traire à tout ce que l'on sait de l'endosmose; qu'il est toute une classe d'aliments, les corps gras, pour l'absorption desquels on ne saurait assurément invoquer l'endosmose, puisqu'il est impossible de faire passer ces corps gras, ni à travers les radicelles des plantes, ni à travers l'endosmomètre. Enfin il remarque qu'il répugne au physiologiste d'assimiler des phénomènes qui se passent à travers les membranes d'un cadavre avec ceux qui ont lieu pendant la vie.
On ne peut disconvenir que les objections de H. Longet ont une très grande Xà\exxv : toutefois il me semble que les travaux de
DES ACTKS VÉGÉTATIFS. 323
Matteucci et Cima ouvrent une porte à rexplication cherchée. On y voit en effet que lorsque les membranes sont fraîches (c'est-à-dire lorsqu'elles conservent encore quelque chose de la vie à laquelle elles ont participé) , il y a une face par laquelle Tendosmose se fait plus particulièrement, et que lorsque ces membranes sont desséchées ou altérées par la putréfaction, c'est-à-dire lorsqu'elles ne conservent presque plus rien de la vie dont elles ont vécu, la position de leur face est indifférente à l'endosmose, ou même celle-ci ne se.faitplus* Il semble donc bien que la vie ajoute quelque chose à la faculté endosmotique des membranes» et que si l'endosmose est un pbéno* mène purement physique, ce peut être un phénomène transformé par la vie et devenant alors quelque chose d'analogue au premier, mais aussi de différent, d'autre. Ainsi, dans le phénomène physique, la membrane peut être un simple corps isolant et perméable entr« deux liquides, à travers lequel s'opérerout des phénomènes de capillarité et d'affinité chimique; la membrane est alors un simple corps perméable, et peut être remplacée par tout corps poreux : c'est ainsi que THermite ayant mis dans un verre une couche d'eau, puis une couche d'huile de ricin, puis une couche d'alcool, il s'est fait un courant de l'alcool vers l'oau, à travers l'huile de ricin (^liecherckes sur V endosmose^ dans Annales des scienc, nai., ii^ série, t. III). Dans ce cas, si le phénomène est simplement physique, on observe Tinfluence de la densité et de l'aftinité chimique des corps mis en expérience. Mais pendant la vie il n'en est plus de même : la membrane agit, et alors le phénomène a lieu d'un côté de la membrane, non de l'autre ; et certains liquides passent, non d'autres, quelles que soient d'ailleurs leur dureté et leurs affînités purement chimiques. En un mot, il me parait que tout ce qu'on sait de l'endosmose montre que l'absorption doit trouver son explication dans le rôle des membranes absorbantes.
Si cette vue était confirmée, on arriverait donc à ceci, que l'absorption trouve sa cause dans une puissance inhérente aux membranes absorbantes, lesquelles sont les parois des veines et des lymphatiques, comme la sécrétion dépend d'une puissance inhérente aux membranes nutritives, lesquelles sont^ et les membranes amorphes des organes de sécrétion, et la tunique amorphe des capillaires artériels.
2° Conditions, — Examinons maintenant les conditions de l'absorption que nous savons se faire par les veines et par les lymphatiques, et qui paraît tenir à une puissance inhérente aux membranes.
On admet que les corps n'agissent qu'à la condition d'être dissous {corpot^a non agunt nisi so/i/^û), et qu'ainsi des substances ne peuvent être absorbées si elles ne sont dissoutes. Hais en quoi consiste la dissolution ? C'est ce que la chimie n'a jamais expliqué nettement. On admet simplement qu'un corps dissous est celui qui est uniformément et moléculairement dispersé dans un liquide sans changer de nature, et dont les molécules sont invisibles : ainsi le sucre dans l'eau. Un corps dans ce seul état est absorbable. On n'admet pas que le charbon, quelque finement divisé qu'il puisse être, soit absorbable ; on suppose que le fer très finement pulvérisé ne peut être absorbé qu'après une combinaison chimique dans l'estomac, qui le rend soluble. Cependant la graisse qui n'est qu'émulsionnée, c'est-à^lire divisée en globules très fins, est absorbable sous cet état ; la garance, dont on reconnaît toujours au microscope les molécules très fines, est également absorbée sous cet état. Nous croyons donc qu'à un certain état de division, les corps sont comme s'ils étaient dissous.
Pour que les corps soient absorbés, il faut qu'ils soient miscibles au sérum du sang : c'est ainsi que les corps gras ne sont pas absorbés directement, et que la digestion les change, les modifie pour les rendre miscibles.
La réplétion vasculaire empêche l'absorption; la déplétion au contraire Tactive. C'est ainsi que Magendie a empêché, ou du moins retardé l'absorption des poisons en injectant un litre d'eau dans les veines d'un chien, et qu'il a ensuite activé l'absorption du poison par une saignée (Jovrnal de physioL expérim,^ t. 1). One sécrétion très abondante excite une absorption correspondante, et vice versa.
C'est par ie même motif que la privation d'aliments et de boissons augmente l'absorption, et qu'au contraire une alimentation abondante empêche une absorption ultérieure. De là chez les gros mangeurs l'usage des purgatifs pour débarrasser l'économie et permettre des absorptions ultérieures, usage d'ailleurs abusif.
On a dit que la rapidité de la circulation activait l'absorption, et que sa lenteur la retardait. Mais je crois qu'il faut moins tenir compte de cette condition que de l'état du sang dans les vaisseaux; en efiiet, l'absorption est peu facile dans les fièvres graves, alors que la circulation est cependant très rapide.
IL — Absobption cotanée. — La peau est- elle une voie d'absorption comme la muqueuse digestive? C'est là un point fort controversé ; il y a pour et contre des expériences nombreuses.
DKS ACTES VEGETATIFS. 325
Le phénomène est, du reste, très difficile à interpréter, car il y a une condition principale qui le coniplique, et dont on n'a pas toujours assez tenu compte, noéme dans les expériences les plus mo dernes : nous voulons parler de Tabsorption pulmonaire. En effet, comme nous allons le voir plus loin, tout corps gazeux ou vaporeux peut entrer par la respiration et être immédiatement absorbé ; et pour qu'on soit convaincu qu'un corps répandu sur la peau n'est pas absorbé en partie par la respiration, il faut qu'il ne soit pas gazeux ou qu'il ne puisse donner des vapeurs, ou qu'on empêche ces vapeurs de pénétrer par les voies respiratoires. Toute expérience où cette condition n'est pas remplie est par cela même entachée d'erreur.
Voici donc quelques faits qui semblent démontrer l'absorption par la peau. Collard de Martigny prend un tube de verre courbé en siphon, et dont la branche la plus courte se termine évasée en entonnoir; il verse d'abord du mercure qui se met dans l'arc d'union des deux branches; puis, par-dessus le mercure, il verse de l'eau dans la petite branche jusqu'au bord de l'entonnoir, où il applique hermétiquement la paume de la main. Au bout de sep^ quarts d'heure, le mercure avait monté dans la petite branche, c'est-à- dire que l'eau était diminuée; et elle ne pouvait être diminuée, étant hermétiquement close et toute exhalation impossible, que par l'absorption à travers la peau de la main.
Séguin met séparément sur la peau de l'abdomen, et recouverts de verres de montre, 3«',82 de mercure doux, gomme-gutte, scammonée, sel d'alembroth et émétique. Après dix heures et un quart d'expérience, il restait S»'. 78 de mercure doux, 3»%77 de gommegutte, 3»%82 de scammonée, 3«',29 de sel d'alembroth et 3»%56 d'émétique. Ronfils (de Nancy) verse sur la peau de l'abdomen plusieurs gouttes d'une solution saturée de sublimé corrosif, et les recouvre d'un verre de montre qu'il fixe avec un bcmdage. En très peu de temps, l'eau a complètement disparu, et il ne reste pas trace de sels de mercure.
Voici des expériences de Westrumb rapportées ^ar M. Longet : tt L'avant-bras est plongé dans un bain de 25 à 27 degrés Réau* mur, contenant du cyanure de potassium, du nitrate de potasse et du musc. Après trois quarts d'heure, l'odeur du musc est très prononcée dans l'haleine et dans l'urine; ce dernier liquide renferme du cyanure de potassium, mais Texistenee du nitre n'y peut être constatée. Cette même expérience est répétée avec la précaution de respirer l'air extérieur. L'odeur du musc est encore très
326 DBS ACTES.
manifeste dans Thaleine; la présence du nitre dans l'urine n'est pas mieux révélée que dans le cas précédent; mais celle du cyanure n'est pas douteuse. Un tube étant adapté à la bouche et au nez pour respirer l'air du dehors, les bras sont plongés dans une forte décoction de rhubarbe pendant une heure et quart; en même temps, on frotte les jambes avec du baume opodeldoch. Au bout de quinze minutes, l'haleine est déjà imprégnée de l'odeur du camphre, et la présehce de la rhubarbe est reconnue dans l'urine; celle du cam* phre n'y peut être démontrée.
» Toutefois M. Homolle, dans ces derniers temps, ayant pris des bains auxquels il avait ajouté du cyanure de potassium et de fer, de riodure de potassium, du chlorure de sodium, de l'azotate de potasse, du sulfate de potasse, de la belladone et de la digitaline, n'a pu en constater la présence dans Turine. 11 admet cependant que quelques-unes de ces substances peuvent être absorbées par la peau, mais en étant modifiées; et qu'alors l'absorption a lieu d comme si la peau était douée d'une propriété non constatée jusqu'à ce jour, d'une force catalytique en vertu de laquelle elle opérerait un départ entre les molécules constituantes de certains composés chimiques, pour exercer une absorption élective sur l'un des composants à l'exclusion des autres. »
La physiologie organique admet en résumé que la peau absorbe» mais elle est encore très peu avancée sur ce sujet. Contentons-nous du fait principal.
Si la peau est dénudée de son épiderme, que la substance soit mise, par exemple, sous l'épiderme soulevé par inoculation, ou sur une plaie, l'absorption se fait immédiatement; mais alors il s'agit d'une véritable absorption interstitielle^ comme celles dont nous aurons à parler plus loin. Nous rappelons seulennent ici ce fait pour remarquer que si une substance soluble peut traverser l'épiderme, elle sera dès lors absorbée ; si l'épiderme peut s'imprégner d'une substance donnée, celle-ci sera dès lors absorbable. Or, comme il y a des substances qui imprègnent plus ou moins facilement cette tunique, c'est par cette étude que l'absorption cutanée pourra être résolue définitivement et dans ses détails.
III. Absorption respiratoire. — La respiration a pour but de nourrir avec les gaz extérieurs, et c'est proprement l'absorption des matières gazeuses nécessaires à la vie.
On pensait autrefois que cet acte avait pour but de donner au
DBS ACTBS fÉOÉTATIPS. " iH
sang, en aspirant, un principe subtil de chaleur et de vie : c'était la théorie d'Hippocrate et de Galien. Plus tard, Hooke et Vésale supposèrent que rinlroduction de l'air dans les poumons a pour but (te déplisser les vaisseaux qui parcourent cet organe, et d'y favoriser le cours du sang. Enfin, Lavoisier, précédé de Mayow et de Priestley , vint démontrer que la respiration est une combustion dans laquelle l'air vital ou oxygène est absorbé, et non l'azote, comme le croyait Mayow.
Les niouvenients respiratoires dépendent des facultés animales, qui viennent ici prêter leur concours aux facultés végétatives. Ces mouvements sont de deux sortes : d'inspiration, pour absorber de l'air extérieur et le mettre en communication avec le sang à travers les parois très minces des capillaires et des cellules pulmonaires ; d'expiration, pour rejeter l'air après qu'il a servi. Ainsi, un mouvement d'expiration suit toujours un mouvement d'inspiration, en continuant tant que dure la vie.
Dans ce moment très court, où l'air est mis en présence du sang, entre l'inspiration et l'expiration, cet air est changé, et le sang est lui-même modifié. On appelle ce double phénomène Vhématose pul~ monaire. Nous examinerons ce fait en parlant du sang; ici, nous ne devons nous occuper que d'une chose : de l'un des éléments de cette hématose, de l'absorption pulmonaire.
!• Des matières absorbées, — La muqueuse pulmonaire est la voie d'absorption la plus rapide ; toutes les matières gazeuses ou volatiHsées passent dans le sang presque immédiatement, et il en est de même des liquides qui peuvent être injectés dans les poumons.
Des chats ont absorbé jusqu'à 60 grammes d'eau (Godwyn); des chiens, 250 (Ségalas); des lapins, 125 grammes (Mayer). L'eau avait été injectée dans la trachée; les animaux survivaient. Gohier a constaté que; pour tuer un cheval ou un âne, il faut injecter, par la trachée, jusqu'à 32 litres d'eau, et encore le faire' tout d'un coup, sans quoi le liquide est absorbé au fur et à mesure qu'il est ingéré.
Du sulfate de cuivre ammoniacal, du prussiate de potasse, du sulfate de fer, du nitrate de potasse dissous dans l'eau, ont été injectés séparément dans les bronches d'animaux; le résultat a toujours été le même, à peu de chose près. Au bout de deux à cinq minutes la substance était constatée dans le sang rouge d'une des artères de l'économie, et n'apparaissait que plus tard dans le sang veineux, les lymphatiques et divers organes. Ségalas a constaté qu'une injection d'alcool détermine presque instantanément l'ivresse, et qu'une
injection de 10 centigrammes d'extrait alcoplique de noi& vomîque dissous détermine la mort d'un chien en quelques secondes. Piollet ayant injecté 120 grammes d'une dissolution de prussiate de.potasae dans la, trachée, quatre minutes après le sang de Tarière crural en contenait, et après sept minutes seulement on le constatait dans la veine {Arch. gén. de méd,^ t. IX). Lé même auteur s'enferme la tête dans ,un sac contenant deis vapeurs 4^ térébenthine, puis des vapeurs d'alcool, puis des émanations putrides: dans le premiec cas, l'urine présente l'odeur de violette; dans le second, il éprouve tous les eflfets de l'ivresse ; dans le troisième^ il reconnaît une odeur cadavéreuse aux gaz intestinaux rendus.
Qn cite un fait curieux arrivé à THôtel-Dieu, dans le service de Deçau}t. Du bouillon fut introduit.chez un malade par laisonde œsophagienne : malheureusement, la spnde, au lieu de pénétrer dans l'estomac, fut introduite dans la trachée et les bronches. Il n'en résulta aucun accident, le bouillon fut absorbé.
.{jCS vapeurs de mercure, d'iode, de cuivre, du charbon, les émanations du caoutchouc et celles des matières putrides, passent avec rapidité dans le sang pa^. le$ voies respiratoires. De nos jours on a profité de ce moyen pour obtenir l'anesthosie par l'inhalation du chloroforma et de l'étirer.
2'' De l'air absorbé, -^ Hais les matières surtout et normalement absorbées ppur venir au seqours de la nutrition, sont les. substances que confient L'air atmosphérique.
L'air qui constitue l^ couche atmosphérique du globe est ainsi composé^ que 100 parties contiennent, d'après Dumas et Boussin-' gaylt :
En poîd» ? 23,01 d'oxygène :' En Tolume : 20,81 d'oxygène.
» ' 76,99 d'âiotc. 79,19 d'azote.
'; locdo 100,00
On y trouve en outre quelques millièmes d'acide carbonique, d'une manière variable; en moyenne, /i,9 sur 10 000 parties d'air, d'après Saussure. On y a constaté des. traces de gaz des marais ou hydrogène protocarburé, des traces d'azote, d'ammoniaque et de vapeur d'eau, des molécules organiques. M. Chatin y a trouvé de l'iode dans la proportion de ^ de milligramme pour 4000 litres d'air. Schœftbein y a signalé l'ozone» qui n'est que l'oxygène éleclrisé.
Un grand nombre d'auteurs se sont évertués à apprécier la quantité d'air qui pénètre d^ns le poumon, et la quantité des principes absorbés.
DBS ACnS VÉGÉTATIFS. S2d
Le spiromètre est un petit appareil inventé pour mesurer la capacité dair inspiré et expiré : Hutcbinson le construisit le premier; puis vinrent ceux de Sohepf, de Boudin et de Bonnet (de Lyon).. Celui de Hutcbinson est une sorte de gazomètre avec une échelle fixe et un indicateur mobile; celai de Bonnet n'est autre que le compteur à gaz [Gazette médicale de Paris, 1856).
Hutcbinson, qui a expérimenté sur deux mille personnes environ, a reconnu que le volume d'air dans les inspirations ou expirations forcées est m moyenne, cbez les hommes adultes, de trois litres et demi; que la capacité du poumon, qu'il appelle capacité vitale, à rétat normal, croit en proportion régulière, sinon mathématique, avec la stature; que pour les bommes dont la taille était de i"*,50 à l'^fëO, il y a 2 litres 3/^ d'air inspiré, et qu'ensuite la capacité croît de 5 centilitres par chaque 5 centimètres de plus dans la stature (Analyse dans les Arch. gén, deméd., 182i7).
Mais il s'agit là de mouvements violents et forcés, et dans les mouy^ments respiratoires ordinaires l'expiration ne vide pas complètement Je poumon. On évalue la quantité normale d'air entrant dans les poumons à un demi-litre par chaque inspiration; on a neuf litres par minute, puisqu'il y a en moyenne dix-huit inspirations par minute : ce qui fait 5/i0 litres par heure et 12 960 litres, ou par un nombre rond, 13 mètres cubes par jour. Selon quelques observateurs, entre autres M. Longet, ces chiffres seraient encore un peu exagérés ; on ne prendrait guère qu'un tiers de litre par chaque inspiration, et par conséquent six litres par minute, 360 litres par heure, 86^0 litres par jour, ou moins de 9 mètres cubes.
Mais ce qu'il in^porte surtout de savoir, c'est la quantité et la nature des éléments de l'air absorbé pour l'entretien de la nutrition par la voie pulmonaire.
Or, pour trouver cette solution, il est évident que l'étude consiste à rechercher quelle est la composition de l'air inspiré. De ce travail il résulte les quatre faits suivants : 1° absorption d*oxygène, puisqu'on en expire moins qu'on en aspire; 2° rejet d'acide carbonique, quantité inspirée beaucoup moindre que celle expirée ; 3° quantité variable de l'azote, quelquefois plus inspirée, quelquefois plus expirée; ^° rejet de vapeur d'eau, quantité expirée plus considérable que celle inspirée.
Ce qui peut se réduire à ces deux propositions : 1° absorption d'oxygène et quelque.'ois d'azote; 2° rejet d'acide carbonique, de vapeur d'eau et quelquefois d azote. La seconde proposition sera examinée quand nous parlerons de Ycxcrétion pulmonaire.
S30 BIS 1CTI8.
Lavoisier, le premier, puis Spullanzani, Allen et Pepys, Du i et Despretz, Goodwyn, Boussingault, Barrai, Dumas, V. Rei::^ jet Reiset, Andral et Gavarret, et d'autres encore, se sont oc :: d'expérimenter sur cet intéressant sujet, pour trouver d'une ma: ^ exacte la quantité d'oxygène absorbé, et la quantité d'acide • bonique exhalé. Nous renvoyons aux traités de physiologie ur: nique où ces Iravanx sont analysés, nous ne pouvons ici que'* en tenir aux résultats acquis.
En résumé donc^ chez l'homme, le phénomène varie et les t'-i tions sont comprises entre 20 et 25 litres, ou 29 à 36 gra: d'oxygène absorbés par heure. La quantité augmente en rai> : l'activité et de l'énergie des fonctions de l'économie.
Or, comme nous avons vu que l'air inspiré est de 5ti0 ou 36<' par heure, contenant en nombre rond environ 106 ou 66 d'oxygène, il s'ensuit que le tiers ou le quart est absorbé.
Du reste, on a de plus constaté à la suite de Lavoisier, f quantité d'oxygène est toujours à peu près la même, quelle qr celle qui existe dans l'air ambiant, et qu'ainsi on aurait W charger l'air d'une chambre d'une quantité supplémentaire, h sonne n'en absorberait pas davantage.
3® De l'absorption, — Venons maintenant au mécanisme de sorption pulmonaire, il se fait par les veines^ comme le mon les expériences ci- dessus indiquées, et la rapidité avec laqc opère détourne la pensée d'accorder un rdle aux lymphatiqo^ moins que la substance absorbable ne soit longtemps en conir cation avec la surface absorbante. Pour ce dernier motif je ne?'' pas étonné qu'une portion d'oxygène pénétrât dans ces vaiss^ mais c'est là un point qu'aucun physiologiste n'a encore exan
Nous nous tenons donc à l'absorption pulmonaire par lestf' fait constaté expérimentalement.
Pour l'absorption des liquides et des matières solublesquipe' pénétrer dans les voies respiratoires : elle se fait de la même rmque pour l'absorption digestivc. Ici, seulement, ces matières m' * bissent aucune transformation, elles sont absorbées directerr Le mécanisme est le même, il donne lieu aux mêmes questioDf nous avons examinées.
Mais comment se fait l'absorption des gaz ou des matières ^s: risées? il est encore assez difficile de répondre rigoureuserne' cette question. M. J. Béclard a tenté de connaître ce qu'on âp^' l'endosmose gazeuse, pour l'appliquer à l'absorption des gaz da^ poumon. Il a trouvé qu'à travers une membrane endosmotiq^i^
DES AGTB9 VÉGÉTATIFS. ^31
deux gat tendent à de mêler selon leur chaleur spécifique : ainsi celle de Tair étant 1000, celle de Toxygène 0,976, celle de l'acide carbonique 1,258, le courant s'établit de l'acide carbonique vers l'air, de l'air vers l'oxygène. A ce compte on pourrait comprendre comment l'acide carbonique s'eihale ; mais il sortirait plus d'acide car^ bonique qu'il n'entrerait d'air, et il sortirait plus d'air qu'il n'entrerait d'oxygène.
Mais il faut tenir compte de la solution de l'acide carbonique dans le sang, solution qui empêche le gaz de sortir aussi facilement, ainsi que les autres gaz dissous*
Nous ne croyons pas, avec M. Longet, à une simple endos* mose; nous ne saurions plus l'admettre pour les gaz que pour les liquides, et il nous semble qu'il doit y avoir une action particulière de la membrane des cellules pulmonaires. La physiologie organique est encore loin d'avoir le mécanisme exact de cette fonctioii«