IV. B«s ■ri^Mrt»«« tatenac*. — Les andens phi1a6opbr>s
geaient ce que Ton nomme aujourd'hui \es sensations intérêt*: les passions du ooncupiscible et de l'irascible, dont noos occuperons au § 3. Les moralistes, comme Théophraste et Pici et les théologiens^ avaient bien observé que nous avons ooni.â >s de ce qui se passe en nous : mais c'est aux modernes que m l'idée d'avoir mis à part les sensations internes. Thomas R:i l'école écossaise semblent avoir découvert tout au monde, ra .| lant l'attention sur la conscience sensible. Toutefois les physio..: les plus accrédités de notre temps, ne sachant comment se m compte de la place qu'elles doivent occuper, se bornent à k j la faim et la soif à propos de la digestion : il leur manque c bien précisé le rôle et la place des sensations internes, ce qor i allons essayer de faire.
V Ce que sani les sensations internes. — Par les sens externe tralisés dans les sens internes, nous acquérons la connaissant objets extérieurs : pouvons-nous également avoir la oonnais^ de nous-mêmes?
Il faut remarquer que nous pouvons être nous-mêmes ïo", notre examen par les sens externes ; nous voir, nous entendre, i adorer, nous goûter^ nous toucher. De sorte qu'ainsi nouspou^ en nous objectivant, avoir de nous la même connaissance q^ tout autre objet
Mais, en outre, nous est-il possible de connaître ce qui se r en dedans de nous? Sentons-nous les actes qui se passent il nous? Le sang coule dans les vaisseaux, des mouvements s'opdansles canaux, sans que nous puissions même le sentir : ce i que lorsque ces mouvranenls ébranlent un organe sensoriel ^ nous le percevons, comme, par exemple, quand le cœur ébra! poitrine, que les mouvements de l'estomac et des intestins iir^ sionnent le toucher des parois abdominales. Nous ne sentou^ ^ les mouvements dont nous allons parler tout à l'heure. En • ' générale et même absolue, nous n'avons aucune connaissant^ l'état purement physique, de la couleur, du son, de l'odeur. (^' saveur, du tangible de notre cerveau, du poumon, du cœur foie, de l'estomac et des intestins, des reins et de la rate. glandes diverses et même des membres, en un root, d 'aucune f<<^'
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On peut donc dire que nos organes internes ne tombent pas sous nos [sens, et que nous ne pouvons les connaître comme objets de connaissance.
Cependant, certains actes nous permettent de connaître ce qui nous est nécessaire de savoir de ce qui se passe en nous ; et il nous suffit de nous surveiller, de nous analyser, pour nous en con« vaincre. Il est bien entendu que, comme nous l'avons déjà fait observer, ce que nous apprenons de ces actes n'appartient pas en entier à tous les animaux : nous le rapportons chez nous à l'ordre animal, parce que c'est de l'ordre sensible; mais nous gardons toujours cette restriction, que chez l'homme l'animalité est plus riche que dans l'animal le plus parfait
Nous remarquons donc d'une manière générale, que du moment que l'ordre animal était assez richement doté pour pouvoir être divisé en connaissancey mouvement et impulsion^ il devenait indispensable qu'il se connût lui-même dans son activité. 11 lui fallait régler son impulsion d'après sa connaissance, et ses mouvements d'après son impulsion; il lui fallait aussi connaître sa connaissance pour éclairer son impulsion. En un mot, il devait se sentir, se cormcdtre, dans son activité. Des sensations internes lui devaient être données comme contrôle de cette activité, et elles lui sont, en effet, un contrôle.
L'examen de ces diverses sensations va nous montrer la vérité de cette formule : la sensation interne est un contrôle de l'activité animale.
2^ Des diverses sensations internes. — Gomme nous le dirons plus loin, toutes les actes de l'animalité se résument dans leur centre où est leur impulsion : c'est là qu'aboutissent toutes les connaissances de la sensibilité; c'est de là que partent tous les mouvements. Or, tous ces actes étant ainsi centralisés, il devient nécessaire que ce centre possède lui-même un contrôle des connaissances qu'il reçoit, des mouvements qu'il émet, et des affections qu'il éprouve. Ce contrôle lui est donné par les sensations internes.
De là une division naturelle des sensations internes en trois classes : 1* sensation de la connaissance sensible^ ou conscience sensible ; 2® sensation des mouvements^ ou conscience d'activité musculaire: 8" sensation des affections du centre impulseur, ou conscience du moi sensible, ou sentiments.
1« La conscience sensible nous témoigne du jeu de la sensibilité. Nous avons la sensation que notre œil voit, que notre oreille entend» que notre nez odore, que la bouche déguste, que la peau touche. Il
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suffit de nous sentir seutant, pour nous'eonvaincre de ce témoignage avéré de l'objectivité sentie par nos sens extérieurs. Sans cette sensation interne , non-seulement nous ne serions pas certains de l'objectivité , mais encore nous ne pourrions diriger et appliquer nos sens à un objet que nous voulons connaître. Nous verrons dans le livre prochain comment cette sensation enrichit les sens externes.
Nous avons également la sensation interne du jeu de nos sens internes ; nous uoussentonsconcentrant dans l'imagination le résultat acquis par les sens externes ; nous avons aussi la consciejnce de l'image imaginaire que notre fantaisie peut produire, et nous distinguons les deux précédentes de celles que la mémoire rappelle. Pour bien agir, il faut se sentir agir ; et pour bien mettre en jeu notre imagination, notre sens commun, notre mémoire, notre estimativité, il nous faut sentir le jeu de ces actes.
Mais il y a une chose à remarquer, c'est que nous ne sentons pas le jeu de la sensibilité locale, ou irritabilité : elle opère dans le courant de ses actes ordinaires, sans que nous en ayons conscience ; aile se dérobe à nous comme tous les actes végétatifs pour lesquels elle est en acte. €e n'est que lorsqu'elle est troublée, et alors seulement elle parait retentir dans le centre ; ce n'est que lorsqu'elle retentit dans le centre où elle vient alors mouvoir l'affection impulsive, que nous en avons connaissance sous la forme de douleur. Nous en reparlerons plus loin.
2'' La conscience d'activité musculaire, bien étudiée par M. Duchenne (de Boulogne) {De l'électrisation localisée, 2* édition, 1861, ehap. XIl^ p. 389)^ avait été indiquée d'abord par Gh. Bell sous le nom de tens musculaire, et par des auteurs plus modernes sous le nom de sens de la pesanteur (Gerdy, Landry), ou de la résistance.
Nous le répétons: pour bien agir, il faut nous sentir agir; car pour bien régler un mouvement, il est besoin de deux forces opposées. Nous reviendrons plus tard (livre IV), sur les mouvements antagonistes, pour montrer la nécessité de ces puissances opposées, sans lesquelles un mouvement ordonné pourrait dépasser le but. L'extenseur n'agit bien et sûrement que lorsqu'un fléchisseur lui fait contre-poids, et règle l'extension, la modère selon le besoin de la puissance à déployer ; car, avec le même muscle, des efforts différents en étendue et en intensité peuvent être déployés. Il est nécessaire que le moi sensible qui détermine, ordonne, mesure et dirige l'impulsion, ait conscience de la puissance qu'il déploie et de la résistance qu'il trouve, car toute puissance n'est mesurable qoe
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par la quantité de rénstance qu'elle surmonte. Cn un mot, il est nécessaire que la conscience musculaire témoigne de l'acte que Tétre accomplit : sans elle il ne saurait, ni s'il agit, ni s'il agit bien, ni s'il agit assez, ni s'il n'agit pas trop.
Il est visible que par là cette sensation interne enrichit encore les sens externes, comme on l'a très justement remarqué, en donnant la connaissance de la pesanteur et de la résistance des corps, de leur solidité ou de leur mollesse. Mais ce qu'il faut bien remarquer, c'est que Topération est ici toute différente de celle des véritables sens externes. Ceux-ci, en effet, témoignent de la qualité absolue d'un objet extérieur ; et par eux, des individus différents peuvent s'accorder nettement pour déclarer d'un commun accord que tel corps est blanc ou rouge, acide ou salé, sonore ou non, ayant l'odeur du musc ou celle de la violette, étant lisse et poli, ou âpre et rugueux. Au contraire, la sensation interne dont nous nous occupons ne témoigne que de notre propre état vis-à-vis de l'objet extérieur; et par lui cent individus différents peuvent juger de cent manières différentes : l'un dira que ce corps est lourd, et un autre le déclarera léger; l'un dira qu'il est assez mou, et l'autre dira qu'il est assez dur. Il ne s'agit, en effet, alors que d'une appréciation de la résistance que ce corps nous oppose ; et cette résistance est différente pour chacun de nous, selon la puissance que nous pouvons lui opposer. Il en est de même pour la sensation de température.
Celte sensation interne de l'activité musculaire n'existe que pour les mouvements dont le centre est le point de départ. Au contraire, les mouvements purement locaux, qui répondent à la sensibilité locale, se tbnt comme celle-ci, en dehors des sensations internes, dans le cours ordinaire des choses ; ils peuvent nous être perceptibles, il est vrai, mais seulement dans les cas où ils sont dérangés et où ils reçoivent une impulsion du centre; nous ne les sentons, nous n'en avons la conscience que lorsque le centre agit sur eux et est affecté à leur égard, parce qu'alors nous sentons le plaisir ou la douleur éprouvés par leur action.
3^ Enfin nous sentons les déterminations que notre centre animal produit et les affections qui le déterminent. Dans le langage courant du monde, on exprime cette sensation interne en disant : nous éprouvons^ car c'est effectivement la une preuve de la détermination prise et de l'affection qui l'a mise en jeu. On dit encore : nous en avons le sentiment.
Nous avons, en effet, le sentiment que notre instînel ou notre
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volonté^ ou un quelque chose iDdépendant de notre volonté nous pousse, nous détermine à tel ou tel acte.
Nous sentons, nous avops le sentiment des besoins, nécessités ou penchants qui retentissent dans le foyer impulseur. Nous éprouvons le plaisir ou la douleur, le besoin de la faim ou de la soif, de la défécation ou de rémission urinaire, de la salivation ou de la toux, de réternument ou du vomissement, du rapprochement sexuel.
Nous avons le sentiment du besoin de connaître ou d*agîr, du penchant à l'amour ou à la haine, du désir ou de la répulsion, du besoin de repos ou d'action.
Nous avons le sentiment de la joie ou de la tristesse, de notre courage ou de notre timidité, de notre intempérance ou de notre continence, de notre légèreté ou de notre perse véranca
En un mot, nous connaissons tout ce qui se passe dans notre centre impulsif, comme ce qui se passe dans nos actes de connaissance ou d'action extérieure. Il faut, pour le détail, se rq>orter à tout ce que nous dirons plus loin de ce centre impulsif.
3® Du mécanisme des sensations internes. — Ce sujet est un de ceux sur lesquels la physiologie organique laisse encore beaucoup à désirer, malgré le pas immense que Gall lui a fait faire.
Jusqu'au commencement de ce siècle, on en était, sur ce point, aux doctrines de Platon, qui localisait le courage dans le cœur, la faim dans l'estomac, le désir sexuel dans les organes génitaux, etc. Gall enseigna que les besoins, les désirs, les penchants, les affections sensibles sont localisés dans le cerveau et y ont des places distinctes; il constitua aussi la cranioscopie^ ou pkrénologie^ sur laquelle nous nous expliquerons plus tard. Nous nous bornons à constater ici que toutes les observations ultérieures ont confirme l'opinion générale de Gall, et qu'on admet avec lui aujourd'hui que le cerveau est l'organe des afiections sensibles. Hais cette doctrine est-elle applicable à toutes les sensations internes? Par exemple, la douleur sentie dans le pied et la sensation d'activité musculaire de ma jambe sont-elles simplement des affections cérébrales? Exami* nous la question.
1* En premier lieu, nous pouvons réunir sous une même classe les sensations internes d'activité sensible et d'activité musculaire; elles sont fort analogues, se rapportant toutes à des actions qui aboutissent au centre ou en partent, mais qui s'opèrent en réalité loin de lui.
Sur ce premier point, il est difficile, ou mieux même impossible de ne paa localiser la sensation dans tout l'acte lui-même. Sans
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ulc elle retentit dans le centre, dans le foyer sensible, mais elle îst pas là tout entière : elle est partout où l'acte s'accomplit, car e téndoigne de tout l'acte, et surtout de son extériorité; elle lui t intimement liée, sous peine d'être un témoin fallacieux de l'acte l'elle doit contrôler. Supprimez l'œil en Tenleyant, ou même en >bturant, vous pouvez encore croire que vous voyez, et par l'imanation, vous pouvez imaginer voir tel ou tel objet; mais alors 3US ne pouvez avoir et vous n'avez pas la sensation de l'œil [>yant, à moins d'hallucination ou de rêve. Si la sensation interne ouvait témoigner alors que l'œil voit, elle serait forcément un ^raoin infidèle, et toute l'économie animale serait bouleversée, >ute la convenance de cet acte serait nulla
Il en est de même pour les actes accomplis : la sensation d'actilié musculaire est forcément liée à cette activité elle-même pour is mêmes raisons et pour la même nécessité. Je puis bien imaginer ^ue j'agis, croire que je meus ma jambe alors que je ne fais aucun nouvemeut, m'imaginer que je lève un fardeau alors qu'il n^en est ien ; mais ce sont là des hallucinations, des rêves dans lesquels la ensation interne est précisément suspendue. Il est absolument lécessaire, pour l'état normal et de possession de moi-même, que na conscience d'activité musculaire soit intimement liée à l'acte nôme et à cet acte tout entier.
Il en résulte que la sensation interne du sens qui agit, ou du muscle qui opère, ne peut être séparée ni de l'un ni de l'autre; qu'elle leur est liée de- la manière la plus intime, ou, pour mieux dire, qu'elle est eux-mêmes. Dans les deux cas, c'est l'acte luimême qui témoigne de son activité. En apportant au centre la qualité sensible perçue, le sens externe témoigne par une activité de l'acte qu'il accomplit, et le sens interne témoigne par son activité de l'acte qu'il opère; c'est-à-dire que le sens externe et le sens interne ont des activités nettement distinctes que le moi sensible ne peut confondre, et qui ne peuvent être mises en acte que par des causes spéciales; de sorte que cette activité elle-même témoigne de ce qu'elle est. De même, l'activité musculaire dont le centre a conscience, ne peut avoir lieu sans l'impulsion centrale qui la meut, et c'est ce qu'elle soutire en intensité, en étendue et en durée de l'activité centrale qui témoigne de ee qu'elle est
2^ Mais le mécanisme est-il le même pour ce qui regarde le foyer impulsif animal et ses affections?
Nous mettons d'abord de côté les actes qui paraissent manifestement se passer dans ce foyer même : ainsi, l'instinct, la volonté
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animale, les désirs, les penchants, la joie, la tristesse, les fMissioos.
Nous ne devons nous occuper que des sensations internes qui paraissent avoir des localisations distinctes dans Torganisme : ainsi la jouissance ou la douleur que telle ou telle partie peut nous faire éprouver; les besoins qui se rapportent partieuHèrement à Taction d'un organe, comme de boire, démanger, d'éternuer, de saliver, de tousser, d'émettre les excréments ou l'urine, de vomir, d'engendrer.
Pour le plaisir et la douleur, ils sont manifestement de deul ordres : l'un général, qui affecte le moi sensible; l'autre local, ou que, tout au moins, on rapporte à un des organes de l'économie. La jouissance et la douleur de ce dernier ordre sont-ils vraiment locaux, et ont-ils un mécanisme particulier de transmiiaion de la phériphérie au centre.
Nous répondrons : Encore bien que la jouisseuoe et la douleur paraissent être quelquefois localisées loin du centre, le imit n^est pas prouvé, et l'on ne connaît aucun mécanisme spécial servant à cette transmission. Examinons ces points.
Que la jouissance et la douleur paraissent localisées, tout le mondé l'accorde; c'est d'observation journalière qu'on rapporte telle douleur à un membre, au pied, à la janlbe, au bras, ou à un organe, un tissu, un nerf, un muscle, la peau^ même un organe profond ; on sait de plus qu'on peut manifestement isoler du centre un point douloureux, et par cela même faii^ cesser la douleur que le centre perçoit : ainsi une opération sur un doigt peni être rendue insensible par une ligature fortement serrée autour du doigt et au-dessus du point opéré, entre ce point et le centre; un ondroit douloureux accessible à des moyens de réfrigération peut être rendu parfaiteinent insensible par un froid local plus op moins intense. Je ne cite que des exemples, on pourrait noter d'autres faits; ceux-ci suffisent à montrer que le point douloureux est loin du o«Hre. . Cependant, par cette ligature, par cette réfrigération, la douleur n*est pas réellement isolée du centre seulement, elle est suspendue, même anéantie si l'on veut On a mis la partie cause de la douleur dans un état tel, qu'elle n'est plus cause de douleur; on n'a pas fait autre chose. U est bien vrai que la partie était cause de la douleur, mais était-elle vraiment le siège de la douleur? N'est-ce pas, au contraire, que l'état maladif de la partie était cause d'une sensation perçue au centre «ous la forme de douleur? de n'était pas la partie qui était douloureuse elle-même, elle était seulement dans un état anormal, et la conscience sensible que le centre avait de cet état anormal percevait cette anomalie sous forme de la douleuf .
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Il y a en faveur de cette interprétation des observations curieuses dont la physiologie doit d'autant mieux tenir compte qu'elles sont mieux avérées. On sait que les personnes qui ont perdu un membre, un pied, unejambe, une main, une oreille, etc., s(mt sujettes à ce qu'on nomme de fausses sensations* Quand une cause vient toucher le moignon, ou que le mauvais temps agit sur la cicatrice, et que par là même le tronçon nerveux qui se distribuait à la partie enlevée est affecté, le patient éprouve la sensation d'une douleur qu'il rapporte à cette partie enlevée, et il ne dit pas je souffre daqs mon moignon, mais dans mon pied qui n'est plus. De môme dans une opération où l'on touche un nerf se distribuant au loin, à la main par exemple, le patient ne dit pas qu'on touche un nerf, mais qu'on pince sa main, à laquelle en réalité on ne touche pas du tout. Ce sont là des faits bien curieux et très instructiis. Us témoignent que la sensation du plaisir ou de la douleur locale ne sont que les sensations du jeu satisfaisant ou anormal d*un acte dont le centre a conscience ; que ce n'est pas la partie elle-même qui souffre, mais que le centre souffre ou jouit à l'occasion d'une action locale, et qu'il rapporte cette sensation à la partie où l'action normale doit. s'accomplir. Le jeu d'un nerf n'est pour le centre que le jeu même de la partie où ce nerf se distribue. Et en effet dans la coordination organique, le nerf ne joue que pour la partie où l'acte s'accomplit, et l'acte ne peut s'accomplir sans le jeu du nerf ; de sorte que le centre ayant Ja sensation du jeu de ce nerf et d'un jeu satisfaisant ou anormal, a par cela même la sensation d'une jouissance ou d'une douleur dans la partie où l'acte s'accomplit
D'autres faits viennent encore assurer cette décision. Si la douleur était un acte particulier ayant son organe, il suffirait d'attaquer une partie capable de douleur pour que la douleur fût. Or, précisément on a remarqué que les muscles et les tendons peuvent être normalement tiraillés, déchirés, coupés, sans occasionner de douleur; mais du moment que ces muscles sont enflammés ou malades, ils causent de la douleur, et le patient rapporte le siège de cette douleur au lieu midade, comme étant la cause de la sensation qu'il éprouve. Il est impossible de comprendre ces faits si l'on admet qu'il existe des nerfs chargés de la sensation douloureuse. Comment agissent-ils dans un cas, et non dans l'autre? Au contraire ces mêmes faits sont très compréhensibles, si l'on se souvient de ce que nous avons dit de la sensation des actes locaux. Nous avons fait observer, en effet, que la sensibilité locale, VirritobUité et le mouvement purement local opèrent d'habitude en dehors du Cfiolre, et
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que nous n'avons, dans le cours ordinaire des choses, aucune y'. sation interne de leur opération, aucun témoignage consdenc leur activité ; mais que, comme dans quelques cas ils penveot ii appel au centre, nous avons alors, dans ces cas spéciaux, c\ science de leur activité, parce que le centre participe ainsi à :i acte. Or, précisément vous tiraillez à Tétat physiologique un me? ou un tendon. Vous ne mettez en jeu que leur irritabilité et '\ contractilité locales. Hais si ces muscles ou ces tendons sont roaU c'est un cas tout différent, où leur action fait appel au centre. Vi ne pourrez plus les touchersans que le centre connaisse leur acte le connaisse tel qu'il est^ c'est-à-dire malade: le centre perçoit r un acte anormal, et cette perception est une sensation douloor?-
En résumé, le plaisir et la douleur sont des sensations interj éprouvées par le centre animal, à l'occasion d'actes qui so^:' dans les parties bien ou mal.
Du reste, il est remarquable que le plaisir et la douleur ne> jamais causés que par des parties sensibles ou contractiles, c l'acte est ou peut être perçu par le centre. L'épideraie, les oc: les cheveux, les tendons qui ne reçoivent pas de nerfs ne soir douloureux, mais ils peuvent être cause de douleur, si la pariir' sible ou contractile qui les touche participe à leur état anormal
Revenons maintenant aux sensations de besoin de boire, deïï ger, d'éternuer, de saliver, de tousser, de vomir, de rendre excréments ou l'urine, de réunion sexuell& Comme pour kfi ou la douleur, la sensation les rapporte tous à l'organe dont r^'* est demandée par le besoin. Le besoin de boire est mpportf • gorge, qui donne une sensation de sécheresse; le besoin demi^* à l'estomac, qui souffre de la faim; le besoin d'éternuer, auo^^ besoin de tousser^ au larjpx et aux bronches; le besoin de vcc à l'estomac et à la partie supérieure du tube digestir; le beso^i la défécation, à l'anus et 4 L'intestin; le besoin d'uriner, au oïDâ l'urètbre et à la vessie ; le besoin de rapports sexuels, aux orp génitaux. Mais en réalité l'action locale n'est que la cause deb^ sation perçue dans le centre; c'est le centre qui éprouve le 1^' qui est affecté dans son impulsion à accomplir un acte auqoelii > participer.
Magendie a fait, à l'égard du besoin de vomir (et par celui-^^ peut juger des autres), une très belle expérience qui a établi dH:^ tivement la doctrine que nous venons d'exposer, et dont Gall a^^ été l'initiateur. Il enleva l'estomac d'un cliien, puis luisal^^^' une messie pleine d'eaa, ^i ayant soin de laisser libre l'ouverts-
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aesopbagieiuie; enfin il injecta de Témétique dans les veines de ranimai. Des efforts de vomissements, puis des vomissements répétés se produisirent et vidèrent complètement la vessie qui tenait lieu d'estomac. Ici ce n'était pas bien certainement Testomacqui souffrait ou qui avait envie de vomir, c'était le centre qui, influencé par l'émétique, déterminait le vomissement par tous les muscles qui ^concourent d'ordinaire à cet acte. L'acte se passait comme si l'estomac avait absorbé une partie d'émétique ingéré, et que le centre en ^ût été impressionné par suite d'absorption.
Cette question si curieuse des sensations internes a une impor* tance considérable dans le jeu de relations des divers actes de l'organisme entre eux ; elle témoigne de Tunité qui relie tous les actes ensemble.