‹ Physiologie généraleChapitre 46 sur 107 · Béa memreBieBto · texte numérisé non relu

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L'acte animal est un acte complexe, dont la sensibilité n'est pour ainsi dire que le premier terme, et dont le mouvement est la conclusion; on ne sent guère sans agir, ou sans être poussé à l'acte, et on n'agit pas sans avoir préalablement senti. Entre, ces deux termes, s'interposent la détermination et X impulsion qui lient l'un à l'autre; nous nous en occuperons plus loin. En ce moment, nous rappro* clions le dernier terme du premier pour mieux préciser la relation qui les unit ; en dernier lieu, nous parlerons de l'impulsion pour mieux préciser l'harmonie de tout l'acte complet.

Les mouvements sont de deux sortes, internes ou externes, selon qu'ils opèrent des actes de l'économie elle-même, ou selon qu'ils s'adressent à des objets extérieurs. On nomme 1^ premiers mouvements organiques ; on nomme les seconds mouvements de relations. Nous les étudierons séparément.

En physique générale, on définit le mouvement un passage de la puissance à Vacte, ou encore la transition du devenir au présent; puis on classe les diverses sortes de mouvement (1). En physiologie, on définit le mouvement animal, le seul dont nous avons à nousoccuper ici, la contractilité en acte, La contractilité n'est elle-même que la rétractilité des fibres contractiles. C'est par là que le roouve*

(1) En physique, le mouvement est divisé en action et passion : dans l'action, il y a un sujet agent qui meut, et un objet patient ou passif qui souffre Taclion ; dans la passion, ou acte passif, pris au sens physique, le sujet peut supporter lui -môme l'action qu'il opère. La passion se divise h son tour en génération ou formation, altération ou modification, et corruption ou décompoiitton.

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ment animal est nettement caractérisé, et se distingue de tout mouvement physique, comme l'acte de formation caractérise nettement l'acte végétatif et se distingue de toute mixtion chimique. Dans Tordre matériel, physique, V élasticité est ce qui approcherait le plus de Isi contractilitéy mais elle en diffère complètement; Télasticité n'est qu'une action dans laquelle des molécules matérielles sont déplacées par le choc d'un corps extérieur, et reprennent en* suite leur place après des oscillations plus ou moins nombreuses; la contractilité est un mouvement tibrillaire mis en acte par une sensation. L'élasticité ne déploie son acte qu'en raison de l'intensité du choc extérieur, et la contractilité déploie son énergie non en raison de l'intensité du choc objectif, mais en raison de l'impression déterminative purement personnelle qui résulte de la sensation ; de sorte que le même choc déterminera toujours le même mouvement dans des corps semblables doués de même élasticité, et au contraire la sensation sera suivie d'une contractilité différente, selon la détermination intérieure de l'être sensible, l'objet de la sensation étant d'ailleurs le même en nature et en énergie. Les différences sont tranchées.

Les végétaux ne possédant pas la sensibilité, ne possèdent pas la contractilité. Dutrochet avait, il est vrai, pensé découvrir la contractilité dans les végétaux comme dans les animaux [Reck. anat, etphys, sur la structure intime des anim, et des végét.^ Paris, 1824), mais il s'était trompé. Il vit dans le bourrelet qui est à la base du pé* tiole des sensitives, des cellules qui lui parurent contractiles, et il expliquait le redressement et l'abaissement du pétiole par leur contractilité. Tréviranus et Mohs ont démontré, ce qui, depuis, a été parfaitement vérifié, qu'il n'y a là qu'une turgescence cellulaire; quand le pétiole s'abaisse, les cellules supérieures du bourrelet deviennent turgides; ce sont les cellules inférieures qui le deviennent quand le pétiole se relève. En dernière analyse, il demeure constant que la contractilité est le caractère nettement distinctif du mouvement animal.

Voyons maintenant les divers mouvements accomplis par la contractilité, et qui sont, nous l'avons dit, intérieurs ou organiques, et de relation extérieure.

L Bem moovemente orf^anlques. — Ils ont pOUr but principal

de subvenir aux actes des facultés végétatives, sont presque complètement en dehors de la sensibilité, et peuvent cependant être influencés par elle; presque tous sont involontaires« et cependant

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quelques-uns peuvent être agités par la volonté. Leur but commun est de servir à un' acte de l'économie, et de ne pas s'adresser à un objet extérieur. Nous les diviserons selon leur mode d'être en trois genres : !• mouvements de contractilité locale ; 2* mouvements rbythmiques ; 8* mouvements automatiques.

!• Mouvements de contractilité locale. — Ce sont les plus nombreux. Ils s'effectuent par un tissu particulier, composé de fibres musculaires lisses, très répandues dans l'économie. Ils sont complètement en dehors de la volonté, et n'ont Heu qu'à la suite d'une excitation locale qui meut VirrittAilité, laquelle meut la contractilité.

1" Dans le conduit intestinal, depuis la moitié inférieure de l'oesophage jusqu'à l'anus, ces fibres constituent la tunique musculeuse chargée de faire progresser les aliments dans tout ce parcours. C'est la présence même du bol alimentaire qui détermine la contraction en excitant l'irritabilité qui fait elle-même entrer en acte la contractilité.

2"* Dans la trachée et toutes les bronches, jusqu'aux plus fines, le même tissu existe , pour contracter les conduits et aider à l'expulsion de l'air ; c'est l'air extérieur qui excite leur contractilité.

3<» Dans tous les conduits excréteurs des glandes, des glandes salivaires, du canal du pancréas, de la vésicule biliaire et du foie, des reins et des testicules, dans les conduits génitaux de la femme, les trompes, l'utérus, le vagin, partout en un mot où il y a un liquide à faire progresser dans un canal d'émission , ces fibres contractiles lisses se rencontrent, et la contraction s'opère par l'excitation spéciale du liquide à émettre.

U^ Dans tous les conduits vasculaires, les artères, les veines et les lymphatiques, les mêmes fibres opèrent le même mouvement pour la progression du sang et de la lymphe; c'est le liquide qui excite la contraction.

5* Dans les points oix il est nécessaire d'avoir l'érectilité, aux mamelons des glandes mammaires, aux follicules pileux de la peau, à la peau du testicule (le dartos), dans le clitoris chez la femme, et le corps caverneux chez l'homme (où l'on admet en outre un appareil érectile sanguin qui dépend de la contractilité des fibres lisses), les mêmes fibres et les mêmes mouvements contractiles se remarquent. Mais à la peau, au dartos et dans les bulbes pileux, c'est le froid qui excite la contractilité; aux mamelons et dans les corps érectiles, c'est le frottement.

6» Dans l'œil, la pupille et le tenseur de la choroïde ont le même

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mouvement et les mêmes fibres ; c'est la lumière qui est l'excitant local.

Tous ces mouvements peuvent être aussi excités par une sensa— tion interne, une émotion ressentie, une passion éprouvée dans le foyer des déterminations sensibles ; mais ce n*est que lorsque Taction locale retentit dans le centre.

2° Mouvements rhytkmiques, — Us ont pour caractère de se produire sans excitant local, et de se répéter d'eux-mêmes régulièrement, sous un certain rhythme, quand même l'objetà mouvoir n'existerait pas. Us se remarquent dans trois appareils différents sous trois modes particuliers; dans les cils vibratiles, dans le cœur, dans l'appareil respiratoire. Il faut les examiner séparément.

A. Dans un très grand nombre de points des conduits naturels, à la face interne des paupières et dans le canal nasal, dans les fosses olfactives, dans le larynx et tout le tube aérien jusqu'aux plus petites ramifications, dans les organes génitaux de la femme, les trompes la cavité utérine, dans les intestins, partout, en un mot, où la contractilité locale ne serait pas suffisante à conduire des liquides, les parois sont pourvues de cils vibratiles k\2L surface de Tépithélium. Ces petits cils sont agités d'un mouvement d'ondulation que Henle a comparé à l'agitation d'un champ de blé ondulant sous le vent.

On avait d'abord admis que le mouvement des cils vibratiles dépendait de tissu contractile situé à leur base ; mais rien n'a démontré cette première aperception. Il est constant que c'est une sorte de mouvement qui se fait en dehors de toute influence nerveuse. Peutêtre la nature du liquide qu'ils meuvent excite-t-olle leur contractilité, et il faudrait alors faire rentrer ce mouvement dans la classe précédente, mais c'est à examiner. On sait que certaines substances agissent sur lui, mais celles qui ont une action très vive sur le système nerveux, sont ici sans influence. Écoutons Muller : « Lacom- » motion d'une bouteille de Leyde ne les suspend pas dans la moule » d'étang, non plus que l'action d'une pile de trente paires de » plaques, si ce n'est au point d'application des fils conducteurs, » où leur cessation est déterminée par la décomposition chimique. >; L'acide cyanhydrique, l'aioès, l'extrait de belladone, le cachou, le » musc, l'acélate de morphine, l'opium, la salicine, la stryclmine, » la décoction de piment, ne les abolissent pas, même lorsque les • liqueurs sont aussi concentrées que possible. Les sels alcalins, » terreux ou métalliques, les alcalis, les acides, les troublent plus » ou moins rapidement suivant la force de la solution. [Cela est à » remarquer^ eu pgord aux liquides qui lubrifient les muqueuses,) Le

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