DKS ACTES DE L'ORDRE ANIMAL
» sang est de tous les liquides, celui qui les entretient le plus long* » temps; mais le sérum de celui des mammifères arrête sur-le- » champ le mouvement vibratilc des moules, et la bîle détruit ce » mouvement. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que les sub- » stances qui agissent sur le système nerveux, comme les narco- » tiques, ne troublent en rien le mouvement vibratile, d'où l'on » peut conclure que celui-ci est un phénomène fondamental et » indépendant du système nerveux. Parkinje et Valentin ont tué des » pigeons et des lapins avec de l'acide cyanhydrique et de la strych- » nine, tantôt introduits dans le pharynx, tantôt appliqués sur des >i plaies récentes à la peau : jamais le mouvement vibratile ne parut » avoir subi le moindre changement. » (Muller, PhysioL, t. If, p. 13.) Plus on réfléchit à ce mouvement, plus il semble qu'il n'est pas tout à tait indépendant d'une irritabilité et d'une contractililé locales, se faisant sous l'influence d'excitants particuliers.
II peut être influencé par les sensations internes, les émotions, les passions ; mais l'acte qui en résulte est involontaire.
B. Le cœur est mû par des fibres particulières qui tiennent à la fois des fibres de contractilité locale , et des fibres musculaires opérant les mouvements de relations extérieures, comme pour indiquer que ses mouvements répondent à deux sortes de nécessité. D^une part, en effet, il envoie le sang destiné à toute Téconomie, et pour ce motif il est en dehors du monde extérieur ; mais d'une autre pûrt les relations extérieures exigent des mouvements qui excitent la circulation.
Les mouvements sont rhythmiques et comme dépendants d'un foyer d*activité qui serait dans l'organe lui-même.
Bicliat avait indiqué que ces mouvements étaient le fait d*une excitation locale; que le sang agissait sur le cœur comme sur les arlèreSy les veines et les lymphatiques, y développait l'acte contractile. Mais on a objecté que le cœur arraché de la poitrine et privé de sang continue encore longtemps de battre. Il n'en est plus île même des artères qui cessent de battre dès que le sang n'y arrive plus; de sorte que le cœur et les artères n'ont pas le même genre de contractililé.
En réalité, le cœur possède les deux contractilités : l'une locale, qui lui est commune avec tout le système sanguin, et l'autre rhyth* mique, qui lui est propre.
L'excitation du pneumogastrique qui lui envoie ses rameaux, non plus que celle du grand sympathique, ne peuvent modifier ses mouvements ; et comme ceux*ci contin^ent, le cœur étant arrficlié
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de la poitrine, loin par conséquent de toute relation nerveuse^ ses mouvements paraissent indépendants des centres nerveux. On a observé cependant que la stimulation galvanique appliquée aux plexus cardiaque change le rhythme des battements, et peut môme les faire reparaître après qu'ils sont arrêtés. On a dit encore que des ganglions nerveux existent dans le tissu du coeur, et sont peut-être la cause qui entretient quelque teîhps encore son activité après son arrachement delà poitrine. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'aucune action réflexe de la moelle épinière sur le cœur il 'a pu encore être saisie; on remarque bien que les mouvements des relations extérieures précipitent ses battements, mais comme ils accélèrent d'abord la respiration qui est eu étroite relation avec la circulation cardiaque, on dit aussi que c'est là simplemeni la cause.
Les passions, le$^ ^motions, les sensations internes précipitent ou arrêtent les batteinents cardiaques. Mais comment? La physiologie organique n'a pas encore saisi ce mécanisme.
C. Les mouvements respiratoires sont de deux ordres : les uns se passent dans le tissu pulmonaire, et appartiennent à la contractilité locale; les autres ont lieu dans les parois de la poitrine, au moyen de muscles semblables à ceux des relations extérieures, et sous l'influence d'une impulsion venue du centre de la moelle allongée. Ce sont ces derniers que nous enregistrons ici parmi les mouvements rhythmiques. Us dépendent d'une sensation interne, le besoin de respirer ; ils peuvent être accrus du arrêtés par les émotions^ les passions ; ils peuvent être réglés par la volonté pour^ervir aux rela* tions extérieures dans l'émission de la voix. Quoique soumis presque complètement à la volonté» ils s'effectuent cependant sans elle, et à la dernière extrémité malgré elle> par suite d'une impulsion rfaythmique qui a dans les centres nerveux un foyer indépendant.
Ils ont quelque chose d'automatique^ en ce sens qu'ils s'exécutent régulièrement comme la réflexion d'une sensation interne, à laquelle la volonté ne prend aucune part; cela se passe chez nous comme par un mécanisme qui serait indépoidant de nous, mais qui n'est en réalité qu'en dehors de notre volobté.
3° Des mouvements organiques automatiques. — Les actions qui ont pour but la déglutition des liquides ou des solides, le vomissement, l'émission du résultat de la digestion^ des fèces et des tirines, sont de véritables mouvements automatiques : l'objet de l'acte se présentant à des parties douées de sensibilité tactile déterminent le mouvement; il y a pereeption sensible quoique conftase de l'objet, détermination des eentrea à opérer le mouvementi et mouvement par
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uite de T impulsion des centres. La volonté peut opérer ellenéme, retarder le monvenientou le précipiter; mais dans l'enfance» lans le sommeil de l'enfant, ce sont des actes purement réflexes, où a volonté n'entre pour rien. Et il en est de m^éme dans l'état adulte {uand l'objet presse instamment le mouvement; il arrive un noraent où la volonté qui veut retarder le mouvement, cesse d'être a plus forte; il s'opère sans elle, même contre elle, par un mécanisme automatique , nous aidant, que nous le voulions ou non, à la déglutition, au vomissement, à la toux, à l'éternument, à la défécation^ à l'émission des urines.
Ces mouvements ont donc pour caractère : de s'effectuer par le mécanisme intérieur des opérations organiques; d'avoir lieu par l'intermédiaire de muscles en tout semblables à ceux soumis à la volonté; d'être dans une certaine limite sous la direction volontaire; mais d'être fondamentalement automatiques^ c'est-à-dire réflexes d'une sensibilité qui impose ses exigences et fait opérer, en dehors <lc la volonté, et malgré elle, si elle s'y oppose, les opérations exigibles. Dans tous ces cas, l'objet du mouvement n'est pas une partie de l'économie elle-même, mais c'est une matière soumise à son empire et dont l'organisme veut se débarrasser, ou qu'il doit mouvoir.